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Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
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MEMORIAL NATIONAL A.A.S.S.D.N. / Ramatuelle - Var ( Livre d'Or )
Biographies des Noms gravés sur le Monument: Ua-Vz
 

VAILLANT

Henri,Pierre, Adolphe

 

 

Né le 22 février 1901  à  Toulon (Var) Epouse:  Alice, Marie... Profession: officier de marine Décédé le 3 avril 1945  à  Wattenstedt (Allemagne)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. MarineAgent P1  (1er février 1943), P2 (18 janvier 1944)

 

Capitaine de frégate, Henri Vaillant devient agent permanent du S.R. Marine à partir de février 1943. Il a alors quarante deux ans, est père de trois enfants.

Arrêté le 18 janvier 1944, il est déporté en Allemagne le 27 mai 1944, et meurt à Wattenstedt le 3 avril 1945.

Déclaré "Mort pour la France", il recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°157, p.13


VANIER

Bernard, Pierre, Fernand

Pseudonymes: Bernard GUY, FLANDRIN

 

 

Né le 26 juin 1922  à  Caen (Calvados) de Gaston Vanier  et de  Thérèse Bidet Célibataire Etudiant Décédé le 23 août 1944  à  Chenoise (Seine et Marne)

 Réseaux:S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber,  S.R. Air (Samson) Agent P2

 

Bernard Vanier est étudiant, il a  21 ans lorsqu'il s'engage pour une mission dans le S.R. Air, comme agent P2, à partir du 1er mars  1944.

Dans "Le S.R. Air", Jean Bezy raconte les circonstances de sa mort.

La couverture du territoire était à ce moment "très dense jusqu'à l'Aisne et la Champagne, plus irrégulière au-delà et, devant l'avance alliée, Aubry songea à établir un poste plus en arrière dans la région de Nancy... Les pertes furent sérieuses et l'avance alliée fut tellement rapide que les éléments mis en place eurent à peine le temps de récolter quelques informations utiles...

C'est le capitaine de corvette Gauthier qui reçut le commandement du groupe. Il disposait d'un échelon précurseur composé d'Aubert, lieutenant de pompiers de Rouen, et d'un jeune agent de liaison, Vanier...

Les deux membres du groupe précurseur furent arrêtés par les Allemands, jugés sur place et fusillés le 23 août à Chenoise."

Déclaré "Mort pour la France", Bernard Vanier recevra la Médaille militaire et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation:  "Agent de liaison de mars à août 1944. Arrêté le 23 août 1944 avec son chef à Chenoise et fusillé le jour même."

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  "Mémoires d'un agent secret de la France Libre", tome 2, de Rémy, p.240 (Ed. France Empire); "Le S.R. Air" de Jean Bezy, p.199 (Ed. France Empire, 1979)


VANUXEM

Jean, Albert

Pseudonyme: Dubois

 

 

Né le 18 décembre 1999  à  Bailleul (Nord) de Cyrille, Jules Vanuxem  et de  Gabrielle Cointe Epouse: Marie, Louise Rault Profession: officier d'active Décédé le 17 juin 1944  à  Cusen (kommando de Mauthausen, Allemagne) 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Le lieutenant colonel Jean Vanuxem était officier de cavalerie et parlait l'allemand et l'anglais. Il avait un enfant.

Il avait fait la campagne d'Allemagne de décembre 1917 à novembre 1918, avait été ensuite en occupation jusque en 1923, puis dans les Pays rhénans (1924-1925) et au Levant (1936-1937).

Lors de la seconde guerre mondiale, il avait fait la campagne d'Allemagne de septembre 1939 à juin 1940 et avait été blessé le 31 mai 1940 dans la Somme.

En février 1943 fut créé le "Service de Sécurité Militaire Précurseur", sous la direction du lieutenant colonel Navarre, dans le but, dit ce dernier "d'avoir en France, au moment de la Libération, un organisme capable de prendre immédiatement en main toutes les mesures relevant normalement de la Sécurité Militaire en temps de guerre", rôle défini par une note signée du commandant Paillole et approuvée par le général Giraud. Deux P.C. furent alors  créés, l'un pour la zone Nord, l'autre pour la zone Sud.

Le commandant Vanuxem rejoint le groupe de commandement de Paris, comme chargé de mission. Il met à la disposition du réseau comme lieu de rendez-vous le bureau de l'office commercial "Socolino" que dirige son épouse (témoignage de Mme Vanuxem).

Henri Navarre précise qu'il est son "adjoint immédiat d'avril à décembre 1943, date de son arrestation".

Le 3 décembre 1943, en effet, rapporte-t-il, le capitaine de Peich dit Laprune, envoyé en mission à Alger, est arrêté avec sur lui un carnet d'adresses où figure Jean Vanuxem et celui-ci est à son tour arrêté, à Paris, 12 rue Bassano, le 10 décembre 1943. Vanuxem connaît les adresses personnelles de Navarre et du capitaine de Rémur, son adjoint. Aussi l'un et l'autre doivent-ils pendant quelques semaines changer de domicile. "Mais Vanuxem ne parlera pas", dit H. Navarre.

Interné à Fresnes, il est déporté en mars 1944, à Mauthausen. Il es affecté  au Kommando de Gusen qui relève du camp de Kaisheim et où les détenus sont astreints à creuser des galeries souterraines dans des carrières de granit, pour permettre l'installation de chaînes de montage d'avions. Les conditions de travail et d'hygiène sont particulièrement dures.  Disparu au kommando de Cusen, Jean Vanuxem est officiellement décédé le 17 juin 1944.

Déclaré "Mort pour la France", chevalier de la Légion d'Honneur, décoré de la Croix de Guerre 1914-1918, de la Croix de Guerre 1939-1940, de la Médaille interalliée, de la Médaille commémorative et de la Médaille de Syrie Cilicie, il sera cité à l'ordre de l'Armée et recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";Société d'entraide des membres de la Légion d'Honneur (section Nord); "Le Service de renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, p.273-278 (Ed. Plon, 1978); "Le Temps des Vérités" de Henri Navarre, p.131 (Ed. Plon, 1979);  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.28, N°61, p.16


VEIT

Henri, Antoine, Albert

Pseudonyme: VEBALI (pour Veit-Bâle-Lyon)

 

 

Né le 7 septembre 1906  à  Belfort (territoire de Belfort) de Gustave, Adolphe Veit  et de  Marie, Christine Mayer Epouse: Fanny, Germaine Cler Profession: cadre d'entreprise Décédé le 13 septembre 1944 (?) à Belfort

 Réseaux: ORA , F.F.I., réseau Martial, Etat-Major de la sous-région D2., S.S.M.F./T.R.Agent P1 puis P2

 

Henri Veit était né dans une famille originaire de Colmar, établie à Belfort après la défaite de 1870.

Il était commis d'enregistrement et se maria en 1929. En 1932, il devint fondé de pouvoir.

En 1939, lieutenant de réserve, il fut mobilisé au 371e régiment d'infanterie à Belfort, où il fut officier de renseignement, puis il fut envoyé dans les Vosges, avant de rejoindre son foyer le 25 juin 1940.

Il devient alors directeur adjoint de "Danzas-Belfort" et ses nombreux déplacements professionnels facilitent ses activités de résistant. Il fait en effet partie de l'ORA, est capitaine des F.F.I., agent P1 (1er janvier 1942) puis agent P2. Il est membre du réseau Martial qui, avec le réseau Ajax, assure pour l'organisation alsacienne de l'ORA une liaison directe avec Londres et qui donnera naissance à la brigade Alsace-Lorraine commandée par André Malraux.

Lors d'une cérémonie à sa mémoire, on lit dans la presse qu'il devient le représentant du réseau à Belfort, travaillant à faire le lien entre la résistance alsacienne et la résistance franc-comtoise.

Nommé par le colonel d'Ornant, il est rattaché à l'État-major de la sous-région D2 des F.F.I., dont le chef est le colonel Morin. "Ses activités sont multiples car il est dans une position stratégique", dit son fils Pierre (devenu secrétaire général de Danzas-France à Paris): évasions de prisonniers de guerre par la Suisse, renseignements, préparation d'actions armées. Il participe notamment à l'évasion du général Giraud en 1942.

Se sachant recherché par la Gestapo, Henri Veit tente, en vain, de passer la frontière Suisse et finit par gagner Lyon, où il reste cinq mois avant de revenir à Belfort poursuivre ses activités. Mais le 13 septembre 1944, il est arrêté par la Gestapo de Dijon, chez lui, 29 Fbg de Montbéliard, où il laisse trois enfants (Bernard né en 1931, Pierre en 1932 et Marie-Odile en 1941) et sa femme enceinte du quatrième qu'il ne connaîtra pas (Michel naîtra en 1944).

Amené pour interrogatoire au siège de la Gestapo, 55 Fbg des Ancêtres, il y aurait été détenu trois jours, selon la presse, et, considéré comme un chef terroriste, fusillé le 16 septembre (l'acte de décès dit: "le 13 septembre, date de l'arrestation et de la disparition"). Son corps n'a pas été retrouvé.

Déclaré "Mort pour la France", Henri Veit sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Dossier du SHAT; archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.28, n°163, p.29


VELLAUD

Paul, Félix

Pseudonyme: TOTO, PAULO

 

 

Né le 27 décembre 1907  à  Saint Amé (Vosges) de Paul, Alfred Vellaud  et  de  Marie-Victoire Negel  Epouse: Jeanne, Anne, Emma Noutre Profession: officier d'active Décédé le 5 octobre 1944  à  Buchenwald 

Réseau: S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Quand Paul Vellaud est né, en décembre 1907, son père était mort depuis quatre mois, c'est Félix Negel , son grand-père maternel, qui l'a déclaré à la mairie. Son tuteur, M. Houberdon, était chef du génie à Kehl.

Après une jeunesse studieuse et un début de carrière dans le secteur privé, il fut très vite attiré par l'Armée. Incorporé à 21 ans au 158e Régiment d'infanterie, il suivit le cours spécial des officiers de réserve à l'École spéciale militaire (1928-29) et servit, comme sous-lieutenant de réserve en situation d'activité, jusque en 1931. Rendu à la vie civile pour un an, il se retira en Saône et Loire, avant de rejoindre le Centre de mobilisation d'infanterie, autorisé à servir de nouveau en situation d'activité. En 1935, il fut affecté au Ier Bataillon de chasseurs à pied à Strasbourg.

Une note de son chef de Bataillon, de décembre 194O, témoigne de ses qualités: "Nommé capitaine de réserve à titre temporaire, cet officier a commandé sa compagnie en Belgique en mai 194O. Embarqué à Dunkerque avec son corps, débarqué en Bretagne, il a combattu en Normandie. Fait prisonnier en juin avec son chef de corps, s'est évadé avec lui et est rentré en zone libre....A rejoint le 1er Bataillon de chasseurs à pied réformé le 10 octobre 1940."

Son action pendant les combats est reconnue par plusieurs citations.

Citation à l'ordre du régiment: "Réel entraîneur d'hommes, a pris personnellement le commandement de six patrouilles et embuscades dont une dans des conditions particulièrement délicates."

Citation à l'ordre du bataillon: "Commandant de compagnie remarquable, ayant sur ses chasseurs et sur ses cadres un ascendant très marqué qui ne cesse de s'affirmer depuis l'entrée en campagne." Le 18 mai "a réussi, après avoir contenu l'attaque ennemie, à réaliser sous le feu un décrochage particulièrement délicat avec un minimum de perte."

Citation à l'ordre de la division: " Officier dont le courage, le calme et le sang froid se sont affirmés au cours des combats de la Bassée le 27 mai 194O. A réussi malgré un violent bombardement et des réactions ennemies à ramener dans le plus grand ordre son unité fortement éprouvée. A lutté pied à pied pour résister à l'avance ennemie. Véritable chef de guerre dont la bravoure peut être citée en exemple."

Yves Costeur rapporte que Vellaud, "à Salomé, près de La Bassée, au sud de Lille, le 27 mai 1940 à la tête de la 1re Compagnie du 1er Bataillon de chasseurs à pied, a résisté toute une journée sur le canal d'Aire jusqu'à son écrasement par les blindés de Rommel... C'est sur le territoire de Salomé que se déroulèrent les affrontements les plus meurtrier, puisqu'ils firent 51 morts".

Paul Vellaud aura le grade de lieutenant à titre définitif en mars 1942.

Dès sa mise en congé, en novembre 194O, cet homme d'action rejoint le S.R. de la 14 e Région militaire où il seconde le Colonel Hugon à Lyon.

Toto:, "je l'avais baptisé ainsi , dira le colonel Paillole, non seulement parce qu'il devait créer le T.R. Jeune, mais parce qu'il y avait en lui une enthousiasme juvénile, une extraordinaire pureté et une gentillesse d'enfant.

C'est le 23 septembre 1942 que je l'avais vu pour la première fois, à l'hôtel Saint-Mart à Royat. Je l'avais fait appeler parce qu'il fallait protéger Giraud. Nous venions d'apprendre que l'Abwehr voulait attenter à ses jours. Vellaud était depuis plusieurs mois affecté à notre poste de Lyon, passionné par son métier, actif endiablé: Hurel (Hugon), avare de compliments, m'en avait dit le plus grand bien..;"tu peux avoir confiance en lui, fais attention seulement à son excès d'enthousiasme".

Je vis arriver cet élégant officier de 30 à 35 ans, souriant, grand, bien sanglé dans son uniforme sombre de chasseur à pieds qu'il avait revêtu pour cette circonstance. Il en était si fier. Un claquement sobre des talons, et Vellaud, attentif, s'entendait confier la mission de veiller sur Giraud, avec d'autant plus de vigilance que le général ne cachait à personne ses sentiments et ses projets, et que les événements d'A.F.N. étaient proches.

Le 4 janvier 1943, je retrouvais Vellaud au Palais d'Été à Alger. Toujours souriant et impeccable dans son bel uniforme.

- Mission accomplie, mon commandant!"

Vellaud  est alors chargé de trouver et de former des volontaires pour aller en France assurer les liaisons avec l'A.F.N. et Londres.

"Mission remplie... que de fois l'ai-je entendu, depuis, ce compte-rendu joyeux et bref du chef du T.R. Jeune, poursuit le colonel Paillole.

Vellaud, à tout prix avait voulu reprendre sa place dans le T.R. métropolitain. Il y avait tant de bonne volonté en lui, tant de force de persuasion, que j'avais accepté de le renvoyer en France; j'avais besoin d'un tel entraîneur d'hommes pour mettre en place le T.R. Jeune, lui insuffler les principes traditionnels du contre-espionnage, assurer les contacts avec les anciens, assimiler les méthodes de liaisons et de transmissions les plus modernes et les plus sportives.

Avec des volontaires recrutés en A.F.N., il crée un centre d'instruction et d'entraînement. Après quelques mois de travail, le premier il se fait parachuter en France. Il installe cinq postes, se rend compte des difficultés, des besoins, et revient en A.F.N. à la fin de 1943. "Mission accomplie", me dit-il joyeux en descendant du ciel.  (Fin janvier 1943, dit ailleurs Paul Paillole, une vingtaine d'officiers et autant de sous-officiers et de civils sont recrutés.)

Il façonne d'autres équipes à son image, les met en route vers la France, veille sur elles après leur mise en place..."

Le colonel Paillole poursuit: "Mars 1944 nous apporte la certitude que la délivrance est proche. La répression ennemie est à son paroxysme. Véllaud veut repartir. je refuse car je l'estime brûlé et je redoute pour lui un parachutage hasardeux. Son visage change, s'assombrit. Je sais qu'il souffre horriblement d'être absent du combat, de la crainte d'avoir perdu ma confiance.

Avallard, "Larva", chef adjoint des T.R. Jeunes dans la métropole est arrêté à Marseille. Cette fois Vellaud, suppliant, me convainc de la nécessité de son départ. Je l'autorise, sous la réserve que le parachutage sera organisé d'A.F.N. et que sa mission sera rigoureusement limitée dans le temps et dans l'espace. Une tentative a lieu. Paul Vellaud et ses compagnons échappent miraculeusement à une catastrophe: l'avion qui les transportait perd un moteur au-dessus de la Méditerranée et rentre de justesse à sa base. Mauvais présage. Je renonce à ce procédé.

Je fais partir Toto par sous-marin jusqu'à Barcelone. De Barcelone il rejoint la France par notre filière la plus sûre des Pyrénées et fonce vers son destin.

Hélas! il n'a jamais pu me dire cette fois: Mission remplie".

Arrêté le 20 avril 1944  (d'après une citation de 1956) oule 26 avril (Bureau "Résistance" ) ou en juin 1944 (d'après Madame Vellaud), par la Gestapo à Paris, il est interné à Fresnes,avant d'être déporté le 1er juillet 1944 (citation de 1956), ou le 1 octobre 1944  (Bureau "Résistance"),à Buchenwald.

Sa fin sera relatée en ces termes par Richard Chotin, rescapé de Buchenwald, dans un compte-rendu fait à Lille, daté du 5 février 1946:

"Le capitaine Vellaud faisait partie d'un groupe de 37 officiers français, anglais, canadiens et belges, arrivé au camp de Buchenwald en juillet 1944. Ce groupe, contrairement à l'usage, ne fut pas placé en quarantaine dans le petit camp, mais interné au Block 17 du grand camp, qui était un block de passage.

Dans la soirée du 16 septembre 1944, 16 d'entre ces officiers, la plupart appartenant à la French Section, furent pendus dans la cave du four crématoire. Parmi eux, Robert Benoit, coureur automobile notoire, et le lieutenant Leccia, un Français d'origine corse, que l'avais connu à Limoges.

Peu de temps après, la Direction du camp décida l'affectation des 21 survivants du groupe dans les blocks du grand camp, mais avec défense expresse d'utiliser ces hommes à des travaux extérieurs au camp.

C'est ainsi que les capitaines Vellaud et Avallard* et le lieutenant Heusch* furent affectés au block 45, et les lieutenants Rambaud*, de Séguier* et Chaigneau* au block 1O, le mien. Je les fis placer à la table 5 de l'aile B, qui était la mienne.

Grâce à des complaisances, 2 ou 3 camarades parvinrent à partir en transport malgré les ordres donnés, et c'est ainsi que la capitaine J.M. Avallard fut dirigé sur Iéna.

Le 4 octobre 1944 à l'appel du soir (19 heures), 12 de ces camarades reçurent un avis d'avoir à se présenter le lendemain à 6 heures, rasés et coiffés, à la pancarte 5. Une lourde angoisse s'empara d'eux, car chacun savait que la pancarte 5 signifiait la mort. Ils nous firent leurs adieux ce soir là, et je quittais à 20 heures (heure de rentrée dans les blocks) le capitaine Vellaud et le lieutenant Heusch, qui me prièrent de recommander leur famille au commandant Paillole. Le capitaine Vellaud fit un mot et déposa plusieurs objets personnels qui furent cachés par un Allemand actuellement à Paris, Willy Heckel, ex-agent du S.R. de Belfort, condamné en 1937 pour espionnage et incarcéré depuis cette date. Heckel était pour ceux du service un véritable ami; il se dévoua sans compter pour nous tous.

Le 5 octobre au matin, avant le départ pour le travail, vers 5 heures 30, nous aperçumes nos malheureux camarades au rassemblement près de la pancarte 5. Le capitaine Hallard et moi-même dépéchâmes aussitôt l'Allemand précité Willy Heckel pour connaître le sort de ces infortunés. Willy Heckel, qui avait 7 ans d'internement, possédait un coupe-file qui lui permettait de circuler librement entre l'usine où j'étais employé et le camp, et ce à toute heure du jour.

De son côté, le lieutenant Rambaud, qui n'avait pas été convoqué, devait suivre également le scénario d'exécution, de l'intérieur du camp.

Je joins un croquis de la disposition des lieux, afin d'éclairer le lecteur.

Vers 7 heures, le lieutenant S.S. Gusse (orthographe phonétique), adjoint du Lager fuhrer, une brute dans toute l'acception du mot, vint auprès de nos amis et, de sa cravache, leur indiqua la cheminée du crématoire tout proche.

A cette insolence, tous nos camarades éclatèrent de rire et le narguèrent.

Ils furent aussitôt après enfermés dans les bunkers proches.

Ce n'est qu'à partir de 14 heures que les exécutions commencèrent au stand de tir situé à environ 100 mètres en face de l'entrée principale.

Les détenus employés aux abords du stand furent éloignés.

Le lieutenant Rambaud vit nos camarades sortir deux par deux, les mains liées dans le dos, sérieusement encadrés et dirigés vers le stand de tir.

Les détenus que l'on avait écartés du stand entendirent l'exécution qui eut lieu à la mitraillette, sans coup de grâce.

Le lieutenant Rambaud aperçut ensuite le transport des corps et leur entrée au crématoire.

Vers 16 heures l'exécution était terminée.

Le lendemain, des S.S. allèrent chercher à Iéna le capitaine Avallard et un autre camarade dont je ne connais pas le nom, pour les fusiller également au stand de tir l'après-midi.

Le lieutenant Rambaud devait être fusillé le 12 octobre 1944. C'est un détenu employé à l'Arbeit Statistik qui vint le chercher vers midi. Il fut exécuté dans l'après-midi.

Je dois ajouter que j'ai pu récupérer les objets et le mot laissés par le capitaine Vellaud à l'adresse de sa femme. Un camarade belge les ayant ramenés, je suis allé les chercher à Bruxelles il y aura bientôt 3 mois."

Le colonel Paillole écrit: "Son dernier message rédigé en hâte, d'une main ferme, quelques instants avant d'être fusillé à Buchenwald, témoigne de sa crânerie et de sa sérénité devant la mort: "Je pense à toi, à vous tous... A bientôt, là-haut!... Paulo"
Déclaré "Mort pour la France", Paul Vellaud a reçu la Croix de Guerre 1939-194O avec étoile d'argent et la Médaille de la Résistance, à titre posthume.

 

*

Citation (28 octobre 1943, Alger):

 "Vient d'accomplir volontairement une mission périlleuse en territoire occupé par l'ennemi. Avec un courage et une énergie admirables, triomphant de tous les dangers et de toutes les difficultés, a organisé méthodiquement un service délicat et des liaisons essentielles pour le Commandement. Dans les circonstances les plus tragiques, a toujours donné l'exemple du plus grand sang-froid et des vertus militaires les plus pures."

 

Citation ( Paris, 1956): "Arrêté le 20 avril 1944, a été interné jusqu'au 1er juillet 1944, puis déporté."

 

Références: Dossier du SHAT; archives du Bureau "Résistance";  "Services spéciaux" de Paul Paillole, p. 437, 451, 505, 558 (Ed. Robert Laffont, 1975); "Historique de la mission Joie" de Yves Costeur, p.26_28 (A.A.S.S.D.N.); Bulletins de l'A.A.S.S.D.N. n° 24, p. 59 et n° 166, p. 18


VERGNE

Lucien, Robert

 

 

Né le 26 mars 1915  à  Clermont-Ferrand (Puy de Dôme) de Antoine Vergne  et de  Antoinette Combre Epouse: Antoinette Chauny Profession: mécanicien-garagiste Décédé le 15 mars 1944  à  Dora ou à Mauthausen 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Lucien Vergne était mécanicien-garagiste à Clermont-Ferrand. Sa femme, Antoinette, était également garagiste.

Les dates et lieux avancés concernant les dernières étapes de sa vie sont diverses et contradictoires.

En janvier 1942, il entre dans les Services spéciaux comme agent P2. Il transporte des courriers clandestins à travers la ligne de démarcation et abrite plusieurs agents du Service. Il poursuit son activité malgré le danger accru après l'invasion totale de la France.

Il est arrêté par la Gestapo à Billom (P. de Dôme), le 17 décembre 1943, selon Mme Vergne (en juin 1943 dans une attestation signée Verneuil) et déporté le 17 janvier 1944 (Mme Vergne) ou le 12 mars 1944 (papiers administratifs), à Dora (acte de décès) ou à Mauthausen (notification d'homologation de grade). Les dernières nouvelles de lui seraient parvenues à Mme Vergne vers le 29 juillet 1944. Il serait décédé quelques jours avant la libération du camp.

Déclaré "Mort pour la France", Lucien Vergne recevra la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation : "Dès janvier 1942, en contact avec le Service clandestion du C.E. en France occupée, en qualité d'agent de liaison, a donné asile à plusieurs agents du Service et a contribué aux transports de courriers clandestins à travers la ligne de démarcation. Après l'occupation totale de la France, a continué à servir avec un dévouement redoublé, n'hésitant jamais à accomplir les missions les plus dangereuses, malgré les risques d'arrestation qui pesaient sur lui."

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°9, p.110, n°24, p.59


VIADIEU

Achille

Pseudonyme: GINOU

 

 

Né le 11 mars 1911  à  Castelnau-Durban (Ariège) de Pierre Viadieu  et de  Elisabeth Escaïch Épouse:  Aline Nigoul Profession: employé des Chemins de fer Décédé le 2 juin 1944  à  Toulouse

 Réseau: S.S.M.F./T.R. - groupe MorhangeAgent P2

 

Achille Viadieu est employé de chemin de fer à Toulouse, il vient de faire la guerre dans les Aérostiers à Toulouse et ses deux enfants , Éliane et Pierre, ont cinq et six ans quand il s'engage, en décembre 1940, dans la Résistance.

Il devient le premier adjoint du chef du groupe Morhange, Marcel Taillandier* (alias Morhange). Ce groupe, rattaché au contre-espionnage, avait pour but la mise hors d'état de nuire des agents ennemis et des traîtres français. "Les hommes de Morhange, dit le colonel Paillole, vont s'introduire dans le P.P.F., le R.N.P. et même la Gestapo. Achille Viadieu, en août 1943, réussira ce tour de force." Les Allemands s'apercevront plus tard "que Viadieu, l'homme du R.N.P., l'ami de Déat, le V Mann de la Gestapo et de l'Abwehr de Toulouse, était depuis près de deux ans un agent de pénétration du C.E. français".

Parmi les multiples activités d'Achille Viadieu, Henri Navarre rapporte que, le 20 janvier 1944, il accompagne, avec Taillandier, le capitaine Bertrand et Monique Giraud, toute jeune fille, dont l'évasion avait été décidée pour qu'elle rejoigne son père à Alger, qu'elle échappe ainsi à la Gestapo et que le général en chef soit soustrait à une éventuelle tentative de chantage allemande. L'évasion devait suivre l'itinéraire suivant: Toulouse, Carcassonne, Capendu, Estagel, Prades, puis train jusqu'à Saillagouse et passage de la frontière à Llivia.

Le capitaine Bertrand relate ainsi une partie de sa mission: "Taillandier et son adjoint Achille Viadieu, avec qui j'avais pris contact à Toulouse, nous accompagnèrent dans la 11 CV d'Achille, discrètement mais fortement armés et munis d'un Ausweiss qui couvrait les passagers et la marchandise. Le voyage fut sans histoire jusqu'à Prades, où Achille et Taillandier nous quittèrent, chaudement remerciés par nous."

Fin mai 1944, Achille Viadieu va avec Taillandier à Barcelone pour prendre les consignes de Paul Paillole et des subsides. En l'absence des deux hommes, dit Pierre Saint Laurens, "Aline Viadieu, l'épouse d'Achille Viadieu, était allée, à la demande de Pierre Rous, voir l'Oberschar fuhrer Lehmann. A son grand étonnement, elle avait été reçue par Schweiss, qui lui avait déclaré tout net qu'en raison des activités terroristes de son mari, actuellement en Espagne, il était obligé de la mettre en état d'arrestation. Pressée de questions, Aline se voyait perdue, lorsque Lehmann- certainement de mèche avec son collègue- fit son entrée dans le bureau. Feignant ne rien savoir, il se porta garant d'elle et la conduisit en voiture à son domicile, lui demandant avant de la quitter de lui ménager une entrevue avec les messieurs qu'elle avait dernièrement invités à sa table en même temps que lui.

Juste le temps de ramasser quelques affaires et de mettre en place- à l'intention de son mari- le dispositif convenu pour indiquer que la maison était "grillée", Aline Viadieu reprenait la porte et s'en allait chercher refuge ailleurs. A son retour d'Espagne, mis au courant de la situation, Morhange donna pour instruction à Achille Viadieu de quitter Toulouse avec son épouse, et de partir illico à Barcelone en compagnie de Jacky Combatalade, qui l'emmènerait en voiture jusque aux Pyrénées. Mais au lieu de partir comme prévu, le 2 juin, ils se laissèrent entraîner par les camarades et restèrent avec eux pour prendre part à l'opération qui devait se dérouler, le soir même, place du Capitole, contre le transfuge Pujol, soupçonné d'avoir procuré à ses nouveaux employeurs des informations à notre sujet." C'est au cours de cette opération que Viadieu sera tué.

Achille Viadieu sera élevé au grade de capitaine à titre posthume.

 

*

 

Lieu de mémoire:Une rue de Toulouse porte le nom de Achille Viadieu

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; liste Fontès; "Services Spéciaux" de Paul Paillole, p.515, 525 (Ed. Robert Laffont, 1979); "Le Service de renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, p.281 (Ed. Plon, 1978); "Conte de faits", de Pierre Saint Laurens; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.28, n°121, p.33; "Toulouse, mémoire des rues", édité par la mairie de Toulouse.

 


VIATTE

Pierre, Jacques

Pseudonymes: ÉDOUARD, KOENICH

 

 

Né le 26 avril 1912  à Belfort (Territoire de Belfort) de Armand Viatte  et de  Célina Voelin Epouse:  Madeleine Tison Profession: officier d'active Décédé le 5 septembre 1944  à  Eloie (Territoire de Belfort)

 Réseaux: S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Uranus) Agent P2

 

Après avoir obtenu son baccalauréat, Pierre Viatte, qui parlait l'allemand et dont le père était officier, s'était engagé dans l'armée en 1934 et avait fait l'École militaire d'artillerie en 1939.

Nommé au grade de sous-lieutenant en décembre 1939, il fut alors affecté dans l'artillerie à Dijon puis, en avril 1940, à l'État-major du 3e groupe du 181e RALT.

Il reçut la Croix de Guerre avec palme, accompagnée de cette citation: "Jeune officier plein d'allant, d'entrain  et de courage, le 10 juin, à Nanteuil, sous un bombardement ennemi a assuré une liaison importante avec des éléments voisins et rapporté des renseignements précieux."

Promu lieutenant d'active en août 1941, il est affecté à l'Ecole militaire d'artillerie, puis démobilisé (décembre 1942) et mis en congé d'armistice (mars 1943).

Il est contrôleur des oléagineux, quand il entre  dans les Services spéciaux, sous les ordres du commandant Simoneau, du sous-lieutenant Jean Peuget (agent de renseignements de l'annexe de Lyon du réseau Uranus) et du capitaine Mercier.

Le lieutenant colonel Lochard, liquidateur du S.R. Kléber, donne les précisions suivantes: "Dès juillet 1943, au contact d'un chef de sous-secteur de renseignements, comme agent de liaison. Perd le contact par suite de l'arrestation de son chef de secteur le 11 décembre 1943. Quelque semaines plus tard, reprend un contact avec un nouveau chef de secteur du réseau Uranus qui l'immatricule agent P2 le 1er juin 1944. Est rapidement l'un des meilleurs agents de la région de Belfort et de Lure, assumant les responsabilités confiées avec une conscience et un dévouement exemplaires. Plus particulièrement chargé de reconnaître les travaux exécutés par les Allemands dans les Vosges en août- septembre et la mise en défense des forts."

Jean Peuget attestera que "le lieutenant Pierre Viatte a été pendant les mois de juin, juillet, août 1944, un des meilleurs agents dans la région de Belfort et de Lure où il a recueilli des renseignements allemands intéressant le commandement... Il a accompli toutes les missions qui lui étaient confiées avec un mépris total du danger...

Il avait été chargé de trouver les P.C. de la Division ou de régiments dans le territoire et avait pu trouver deux numéros de régiments. Il avait été chargé du camp d'aviation de Luxeuil et était entré en contact avec des personnes travaillant au camp. Il me signalait toute la circulation ferroviaire de la frontière d'Alsace à Montbéliard."

Pierre Viatte est fusillé le 5 septembre 1944 par les F.T.P.F. locaux, "par erreur, dit le lieutenant colonel Lochard, au cours d'une mission de reconnaissance accomplie dans la région de Belfort." Il ajoute qu'il a été "victime de son respect du secret de la mission à lui confiée".

Dans les archives d'Alger figure le témoignage de Jean Peuget, de l'annexe de Lyon (réseau Uranus), qui l'a très peu connu mais dit: "Le lieutenant Viatte a fait preuve d'un sang froid magnifique. Il a accompli toutes les missions qui lui étaient confiées avec un mépris total du danger. Il a travaillé bénévolement mû par un ardent patriotisme et par le désir de servir la cause de la Résistance".

Sa veuve, restée dans une situation difficile avec trois jeunes enfants (François 1 an, Noel 2 ans, Jean 4 ans), devra multiplier les démarches pour la réhabilitation de son mari. (Un article sera publié à ce sujet par les soins du préfet Lucien Laumet dans "La République de Belfort" du 14 avril 1946. )

Madame Viatte écrit en septembre 1945: "Bien que l'origine de la mort de mon mari soit certaine et l'erreur démontrée, ma situation reste confuse, car aucun groupe de résistance à Belfort ne prend aujourd'hui la responsabilité d'une aussi terrible erreur". Et, en juin 1947: "La Croix de Guerre attribuée à mon mari a certainement eu d'heureux effets sur l'opinion publique. Mais je sais aussi qu'elle n'a pas suffi à détruire les préventions de certains esprits à l'égard de mon mari. Et cette pensée m'est insupportable. les doutes ne cesseront de subsister que le jour où l'erreur sera reconnue par ceux-là mêmes qui l'ont commise." Et dans une autre lettre: "La mort de mon mari a donc été, par son caractère si injustement ignominieux, deux fois plus cruelle pour moi."

Déclaré "Mort pour la France", Pierre Viatte sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation (à l'ordre de la division):

"Agent de renseignements consciencieux et dévoué de la région de Belfort. A fourni des renseignements très intéressants concernant les activités ennemies dans la région, les mouvements de troupes, les camps d'aviation et le trafic ferroviaire".

 

Références: Dossier du SHAT; archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4;  Archives d'Alger (dossier DG 3230 pièce 9 - DG 3151 R3, 3230-28)


VIDAL

René, Émile, Jean, Marie

 

 

Né le 6 avril 1915  à  Montauban (Tarn-et-Garonne) de Paul Vidal  et de  Virginie Périés Épouse:  Marcelle, Paulette, Mercédés Darse Profession: officier de police Décédé le 16 juillet 1944  à  Calmont (Haute-Garonne) 

Réseaux: S.S.M.F./T.R. - groupe Morhange, BrutusAgent P2

 

 D'après un apport du commissaire divisionnaire des Renseignements généraux, René Vidal, qui deviendra chef de la garde motorisée du chef de l'Etat, "est entré dans la police urbaine de Toulouse en 1941 comme gardien-motocycliste détaché à la Commission d'armistice franco-allemande (Hôtel Régina).

Ardent patriote, il fut un des premiers adhérents de l'équipe Morhange. Il accomplit avec succès plusieurs missions périlleuses, s'occupa de camouflage d'armes et de véhicules avec une compétence indiscutable, à l'entière satisfaction de ses chefs.

Le 6 juin (1944), en tête d'un petit convoi, il partit au maquis de Quérigut, malgré plusieurs barrages sur la route, il arriva sans encombres au but qu'on lui avait désigné.

Pendant un mois il assura son commandement de sous-lieutenant avec zèle et bonne humeur.

René Vidal, toujours volontaire pour les missions dangereuses part le 15 juillet en service commandé pour Calmont avec le lieutenant Lanfant et le sous-lieutenant Calvet".

Le rapport du chef de réseau (base E, D.G.E.R./ Morhange) précise qu'il s'agit de prendre à Calmont notamment de l'armement, apporté de Toulouse chez M. Marcel Faure, boucher dans la ville, dont la maison sert de relais et de boîte aux lettres au groupe Morhange.
Vidal, Lanfant et Calvet logent à l'hôtel qui se trouve contigu à la boucherie.

Le samedi 16 juillet, vers 7h30 du matin, une quinzaine d'automobiles, occupées par des S.S., des membres de la Gestapo et de la Milice, cernent le pâté de maisons. René Vidal n'a pas le temps de sortir de son lit. Les Allemands et les miliciens l'emmènent avec ses compagnons dans les bois des environs pour obtenir la désignation de lieux occupés par le maquis. Sans résultat.

Le rapport dira que Lanfant* et Calvet* sont alors exécutés.

"Les miliciens pendirent Vidal sur la place du village à un bec de gaz, à l'angle de la route de Pamiers (une plaque commémorative y sera apposée).

Vidal fut pendu avec l'inscription "Je suis un déserteur de la Police, je travaillais pour les terroristes".

La corde s'étant cassée peu après la pendaison, un milicien logea une balle dans la tête de Vidal et le rependit. Interdiction fut ensuite donnée au maire, sous peine de représailles sur sa personne, de dépendre le corps et de l'inhumer avant le lendemain soir" (52 heures).

Déclaré "Mort pour la France", René Vidal recevra la Médaille de la Résistance.

 

*

 

Lieu de mémoire: Une plaque commémorative au nom du gardien de la Paix René Vidal a été apposée dans le commissariat de police, boulevard de l'Embouchure, à Toulouse.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; : liste Fontès du 27 novembre 1997; "Conte de faits" de Pierre Saint Laurens; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.28, n°56, p.7


VOEGTLI

Louis, Charles

 

 

Né le 30 décembre 1896 à  Wintzenheim (Haut-Rhin) de Michel Voegtli  et de  Mélanie Volmar Epouse:  Céline Michelin Profession: boulanger Décédé le 29 juillet 1944  à  Wittig (Bonn)

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Uranus -Alsace) Agent P2

 

Louis Voegtli, de la classe 1916, avait fait la guerre dans les gardes territoriaux. Il était maître boulanger à Riquewihr (Haut-Rhin).

Quand il s'engage dans la Résistance, en février 1941, sa fille Louisette a huit ans et Marie-Thérèse et Micheline, des jumelles, quinze ans.

Dès l'arrivée des Allemands, il fait tout ce qu'il peut pour les prisonniers de guerre: en sa qualité de maire, il leur fait distribuer un stock de vêtements militaires, il ravitaille les stalags en grandes quantités de pain, etc. Rapidement il organise la fuite de ceux de la région de Colmar, fournissant lui-même les vêtements civils, effectuant dans sa voiture des convoyages jusqu'au passeur. Par la suite, à la demande du S.R., il s'adonne de façon intense au recueil de renseignements.

Arrêté le 10 octobre 1941, il est libéré le 29 septembre 1942, mais pour être repris par la Gestapo le 15 décembre 1942. Traduit devant le Tribunal de Berlin, avec Paul Gasser* et Clément Helfer*, il est condamné à mort pour espionnage et haute trahison (condamnation prononcée le 3 novembre 1943 à Strasbourg). Par suite d'un sursis d'exécution, il est affecté au désamorçage des bombes. C'est en désamorçant la vingtième qu'il est tué le 29 juillet 1944 à Wittig (Bonn).

Madame Voegtli, elle-même agent P1, a été libérée après avoir été internée du 15 août au 2 décembre 1943.

Déclaré "Mort pour la France", Louis Voegtli sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra  la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Archives Nationales (AJ 40/1522); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


VUILLARD

Charles, Rémy, Aimé

 

 

Né le 27 juin 1899  à Saint-Amarin (Haut-Rhin) de Lucien, Jean Vuillard  et de  Anne-Catherine Roesch Epouse:  Jeanne Mockers Profession: industriel Décédé le 25 février 1945  à  Zwickau, Kommando de Flossenbürg (Allemagne) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Uranus, Mauer-Cremer)Agent P2

 

Charles Vuillard, industriel à Strasbourg, est père de six enfants.

Entré dans le réseau Uranus le 1er août 1941, il est arrêté par la Gestapo à son domicile, 49 avenue des Vosges, le 25 juin 1942.

Interné à Offenbourg puis, en février 1943, à Kehl, il est condamné à mort pour espionnage le 13 mars 1943  par le conseil de guerre de Berlin siégeant à Strasbourg.

Sa peine commuée, il est déporté à Bruchsal (Bade), de là à Ludwigshafen et à Zwickau, kommando de Flossenbürg, où il meurt d'épuisement le 25 février 1945.

Fait chevalier de la Légion d'Honneur, il recevra la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance avec rosette.

 

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Lieu de mémoire: Une rue de Saint-Amarin porte le nom de Charles Vuillard.

 

Références:  Bulletin de l'A.S.D.N. n°13, p.4; mairie de Saint-Amarin (Haut-Rhin)


 

 

 
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