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Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
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PAGES D'HISTOIRE & " Sacrée vérité "
Les Services Spéciaux de la Défense Nationale pendant la guerre 1939-1945 ( SR Air )
 

Article paru dans le Bulletin N° 46

 

Le S.R. AIR

Après les études sur les S.R. des Armées de Terre (Bulletins 43 et 44) et de Mer (Bulletin 45) nous terminons par un aperçu sur l'activité du S.R. AIR.


Aperçu trop bref, dont nous nous excusons. Il nous a été impossible de recueillir à temps pour paraître dans le présent Bulletin tous les témoignages que nous souhaitions. Mais nous aurons du moins atteint l'un de nos buts en rendant hommage à la mémoire de ce Chef exemplaire, de ce grand soldat, de ce grand Français, que fut le Général RONIN.


Passionné par la recherche du renseignement, meurtri par la défaite de 1940, hanté par le désir de chasser l'envahisseur, RONIN fut l'âme du S.R. AIR, dans la Résistance, et aussi l'un des premiers fondateurs de cette Résistance dans l'Armée en juin 1940.


Entreprenant, dynamique, volontaire, il rétablit en quelques semaines ses moyens de recherches dispersés par l'invasion. Son exemple, autant que son attrayante personnalité suscitèrent de multiples concours. Ainsi se créèrent les premiers groupes de la vrai Résistance au premier rang desquels figurèrent les HEURTEAUX, les MEDERIC.


L'ancien sous-lieutenant de l'Escadron de GIRONDE ne pouvait qu'inspirer les plus nobles vocations. Autour de lui se forgea une équipe S.R. animée par la passion de servir et l'esprit de sacrifice.


On ne saurait évoquer RONIN sans rappeler ceux qui avec lui ou à côté de lui furent les héros, hélas disparus aujourd'hui, de son prestigieux service :


- PEPIN, ardent, généreux, tué en 1940 au cours d'une mission aérienne ;
- LACAT, l'organisateur du S.R. AIR en Tunisie ;
- STEFF, plein de foi et de dynamisme, animateur incomparable des Services de Sécurité AIR ;
- SEROT, enfin, qui créa le Service de Sécurité AIR, après avoir été pendant vingt ans le véritable ancêtre du S.R. AIR.

Les notes qui suivent n'ont d'autre prétention que de situer le S.R. AIR dans le cadre général des Services Spéciaux pendant l'occupation.
Nous espérons donner plus tard des détails plus précis sur l'oeuvre admirable de ce service.



LE S.R. AIR


Jusqu'en juin 1940 1e S.R. AIR a été une branche du S.R. GUERRE (E.M.A. 2ème Bureau).
Le Colonel FERRAND l'avait longtemps dirigé, et avait été remplacé, lors de sa mise en congé, par le Colonel RONIN dont l'Adjoint fut le Capitaine PÉPIN.

En octobre 1939, le Colonel FERRAND fut rappelé à l'activité et le Colonel RONIN alla prendre le commandement d'une unité de Lioré 45.


Après l'Armistice le Colonel FERRAND repartit dans ses foyers et le Colonel RONIN décida dès août 1940 de remonter une organisation clandestine pour continuer la lutte contre l'Allemagne.
Il reprit sa place dans les Services Spéciaux et s'installa près de Vichy.


Tout en restant en étroite liaison avec le Colonel RIVET, Chef des Services Spéciaux, le Colonel RONIN mit sur pied une organisation Air autonome, avec l'appui du Général BERGERET, son camarade de promotion.


Sans négliger le Renseignement Militaire Général, qui était obtenu et apporté par de nombreux H.C., il s'était spécialisé dans deux tâches essentielles, la localisation des escadres d'aviation allemandes et l'activité des industries aéronautiques allemandes et italiennes.


Pour répondre au premier objectif, il avait organisé un réseau d'écoutes goniométriques et une équipe de décryptement capable de remonter rapidement les codes utilisés par la Luftwaffe pour ses indicatifs d'escadre, de terrain et de météo.

Une liaison radio directe entre Vichy et Londres (I.S.) doublée d'une liaison Vichy-Madrid-Londres, permettait la transmission de tous ses renseignements.

Le Capitaine LACAT à Tunis, recoupait directement ses écoutes et informations avec Malte. Ceci permettait de réduire le nombre des agents opérant en zone occupée, puisque leur mission essentielle se limitait à la vérification périodique des renseignements d'écoute.

Malgré cela, le S.R. AIR eut le triste privilège de compter l'un des tout premiers agents français, fusillés par les Allemands, le jeune Desserie.


L'antenne de Marseille - Nice était spécialisée dans l'information sur l'industrie italienne. C'est par un H.C. remarquablement introduit auprès des hautes sphères de PIAGGIO que le S.R. AIR eut les renseignements les plus complets et périodiquement mis à jour sur les plans de charge des industries italiennes et leurs connections sur l'industrie allemande.


En novembre 1942, la plupart des bases fixes du S.R. AIR étaient connues des Allemands, grâce aux équipes radio - goniométriques qu'ils avaient pu introduire en France.

Il fallut les replier en A.F.N. Seule la base de Marseille refusa de suivre le mouvement assurant qu'elle avait un P.C. de rechange d'où elle pourrait continuer à travailler. Les deux hommes qui la composaient furent arrêtés peu après.


A Alger, le Colonel RONIN, et ses collaborateurs (BEZY, CHENELIERE, MICHEL, etc.) se placèrent sous la direction du Général RIVET.

Par une antenne recréée à Vichy avec des hommes nouveaux et par des antennes installées à Madrid et en Corse, le S.R. AIR put maintenir le contact avec les réseaux travaillant en France et participer d'une manière efficace au transfert à travers la frontière espagnole et l'Espagne des spécialistes militaires dont l'Armée de l'Air d'A.F.N. avait un besoin urgent.

Au cours de l'été 1943, LAUZIN remonta en France et contacta CHALLE qui devint le Chef du S.R. AIR en France occupée jusqu'à la Libération.


Vers mars 1944 le S.R. AIR d'Alger fut incorporé dans la direction des Services Spéciaux que dirigeait M. SOUSTELLE.

Le Général RONIN fut très chaudement félicité par les Alliés pour les résultats magnifiques obtenus par ses réseaux d'écoutes et ses services de recherches au premier rang desquels figure le Réseau CHALLE.


C'est ainsi qu'à la veille du débarquement de juin 1944 et pendant 8 heures consécutives le réseau radio clandestin du S.R. AIR métropolitain put transmettre avec une étonnante précision tout l'ordre de bataille de l'aviation allemande.

Le Colonel SEROT ( ), spécialiste de la recherche depuis de nombreuses années avait été adjoint dès 1941 au Colonel PAILLOLE pour traiter des questions de sécurité et de C.E. de l'Armée de l'Air.


Ainsi fut créé en 1942 le Service de Sécurité de l'Armée de l'Air, tandis que le Commandant MAYEUR participait à l'organisation du T.R.

La droiture et le caractère de l'homme ( ndrl : RONIN ) ne permettaient aucune compromission. Sa fidélité, sa loyauté au commandement Militaire responsable des opérations de guerre, apparaissaient insupportables aux nouveaux maîtres du Gouvernement provisoire.


Pour des raisons dont l'Histoire sans doute fixera l'origine et notera le caractère, RONIN après avoir succédé quelques mois au Général RIVET à la tête des Services Spéciaux de l'Armée à Alger, fut écarté à son tour au début de 1944.


Sans doute ne lui était-il pas pardonné l'initiative et la maîtrise audacieuses avec lesquelles il avait amené le Général GIRAUD à prendre pied en Corse et à préparer la glorieuse libération de l'Ile.

 

 

 
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