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Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
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PAGES D'HISTOIRE & " Sacrée vérité "
Les Services Spéciaux de la Défense Nationale pendant la guerre 1914-1918
 

Article paru dans le Bulletin N° 59

 

Le SR

Hommage rendu par le Colonel Paul Paillole lors de l’Assemblée Générale de l’AASSDN du 16 novembre 1968

« …. II est pourtant une catégorie de soldats que l'Histoire ignore et qu'il nous appartient de sortir de l'ombre où leur modestie, leur discrétion et l'ingratitude nationale les a laissés depuis la fin de la dernière guerre.
Combien en ce 50e anniversaire ont eu une pensée pour les combattants et victimes de la 1 ère Guerre Secrète Mondiale?
Combien, dans l'euphorie de la Victoire ou dans l'évocation de ses anniversaires, se sont souvenus de ce qu'ils devaient au « S.R. ou au C.E. de papa » ?


Avec beaucoup de mal, je vais tenter d'en donner un aperçu.


Certes les récits abondent des exploits d'H.21 (MATA-HARI, fusillée le 15 octobre 1917), de Mlle DOCTEUR (Anne-Marie LESER, qui a fini ses jours dans un asile d'aliénés), du Commandant LADOUX aussi, dont on dit qu'il fut sa dernière victime.
Ainsi fleurissent après toutes les guerres les littératures romancées et les souvenirs hagiographiques.


La vérité n'y trouve pas toujours son compte si les auteurs y trouvent quelques profits.


A ma connaissance, rien de sérieux n'a retracé après 1918 ce que fut l'existence du S.R. et des Services de C.E. Il eût fallu des témoignages comme celui d'ANDLAUER. Hélas, la 2e Guerre Mondiale a suscité et libéré un même torrent de littérature et conté les exploits de réseaux que je qualifierai parallèles sans mettre dans cette expression le moindre soupçon péjoratif.


Les chefs, sans qu'on le leur demande, se sont abondamment expliqués, justifiés, leur modestie n'en a jamais souffert. Et dans ce déferlement nos Services eussent sans nul doute, comme ceux de 1914-1918, été totalement méconnus sinon méprisés, sans la réaction de notre Association et les oeuvres courageuses de quelques auteurs consciencieux et objectifs, au premier rang desquels je place notre ami Michel GARDER.


Mais revenons à la 1re Guerre Mondiale.


L'affaire DREYFUS avait contraint le Ministre de la Guerre GALLIFET à limiter à la recherche du Renseignement les attributions du Bureau Spécial rattaché au 2e Bureau de l'E.M.A.


La Sûreté Générale avait hérité de la totalité du C.E. et du recrutement des informateurs destinés à la recherche.


A la déclaration de guerre notre activité de recherche était réduite à sa plus simple expression. Elle portait essentiellement sur les ouvrages fortifiés de l'ennemi et les garnisons allemandes de l'Ouest.
Son efficacité était essentiellement fonction du zèle des Commissaires Spéciaux chargés du recrutement et, je leur rends hommage, ce zèle était absolument remarquable. L'activité des postes militaires de recherche de Belfort, Verdun, Nancy, était prolongée par des antennes à l'étranger (Belgique, Hollande, la plus importante était en Suisse dirigée par le Lieutenant Colonel PARCHET.


Les Officiers de renseignement, peu nombreux, étaient fort dynamiques, et on se souvient de l'aventure qui advint au Capitaine LUX en 1909 qui en allant photographier le zeppelin à Friedrischaffen fut arrêté, interné à GRATZ d'où il s'évada. II est décédé il y a, je crois, deux ans.


Attachés militaires et navals, consuls facilitaient souvent la tâche du Service de Renseignement, ainsi les Colonels FARRAMOND à Berlin, PAGEOT à Berne, DUPONT à Bruxelles, MM. Pascal d’Aix à Genève, FUCHS et tant d’autres.

Enfin je ne saurai trop souligner l'aide considérable apportée par les Alsaciens - Lorrains au domaine de la recherche. Au cours des trois années qui ont précédé la Guerre, sur 800 arrestations effectuées en Allemagne, pour espionnage : 400 étaient le fait de la France et d'une majorité d'Alsaciens - Lorrains.


A la mobilisation de 1914 un 5e Bureau est constitué à l'Etat-Major Général pour traiter des questions de recherches et de Sécurité sur le théâtre d'opérations.
L'Armée a retrouvé des pouvoirs de police en matière de C.E.


A Paris le Commandant LADOUX reprend les mêmes attributions sur le plan territorial et devient le chef du C.E. et du renseignement. Des Bureaux Centralisateurs de Renseignement (B.C.R.) sont créés dans toutes les régions territoriales. Des Postes de Surveillance Militaire (P.S.M.) sont créés aux frontières et notamment à Hendaye.


La lutte contre l'espionnage est très efficace et sur ce plan comme sur beaucoup d'autres dans le domaine des Services Spéciaux l'analogie avec les événements de 1939-1945 est flagrante.


Le Colonel NICOLAI, Chef des Services Spéciaux Allemands, avoue dans son livre « Forces Secrètes » :...« Les secrets militaires importants, ceux qui nous intéressaient étaient fort bien gardés »... et il ajoute :...« Pourtant la société française commençait à se ressentir de l'internationalisme croissant et la femme jouait trop souvent son rôle »... « La trahison, ajoutait-il, n'est pas chose rare en France et en temps de paix », et il donnait comme exemple l'affaire DREYFUS.


Je pourrais du reste retourner le compliment à NICOLAI, car à la veille de 1914 le S.R. français avait dans sa manche un certain nombre d'officiers allemands qui le renseignaient.
Comme en 1940, le Commandement de 1914 a négligé l'éventualité d'un passage des troupes allemandes à travers la Belgique. On sait ce qu'il en advint.


Alors avec la prolongation du conflit, avec l'occupation de nombreux territoires par les armées allemandes, le combat secret sort de son cadre étroit du champ de bataille. Le Service de Renseignement Français, comme du reste le Service de Renseignement Allemand, doit faire place à une organisation nouvelle, au champ d'action à la fois imprévu et illimité. Il doit connaître de tout : des affaires, du commerce, de l'industrie, de la politique et bien entendu des choses militaires.
Il doit prendre sa part aussi de la lutte économique, de la propagande intérieure et extérieure, en même temps qu'il mène une lutte impitoyable contre l'espionnage.


A défaut de bilan précis établi par les autorités françaises, j'ai dû rechercher dans les souvenirs du Colonel NICOLAI, quelques faits, quelques chiffres qui illustrent les efforts de nos anciens en Allemagne.


A cours des trois premières années de la Guerre :
- 1.785 personnes furent arrêtées en Allemagne pour port d'uniformes allemands (la plupart travaillaient pour la France).
- 384 faux officiers furent identifiés derrière les lignes.
- 500 personnes furent passées par les armes dont la moitié travaillait pour la France.

En 1918 :
- 33 condamnations furent prononcées pour sabotage dont 32 pour la France.
Dans la seule année 1917 :
- 1.000 arrestations.
- 177 condamnations à mort.


De leur côté les Suisses nous arrêtaient plus de 200 personnes. Ils en condamnaient 140 à la peine de prison.


La recherche du Renseignement se faisait à la fois en prenant pour base les pays neutres (Suisse, Hollande) en utilisant à fond les Alsaciens - Lorrains, enrôlés de force, ou restés derrière les lignes, en usant enfin de procédés que la guerre de 1940 à 1944 n'aurait pas désapprouvé, car à partir de mai 1915 des avions déposent régulièrement nos agents derrière les lignes ennemies.

 

Ils correspondent avec leurs employeurs au moyen de pigeons voyageurs ou rentrent en France en passant soit par la Suisse soit surtout par la Hollande, et là se distingue Edith CAVELL qui organise ce réseau de passage entre la Belgique, la Hollande et les pays alliés.
Les Allemands reconnaissent avoir ainsi arrêté 12 espions français et saisi 6 avions dans l'année 1916.


En 1917 le Service de Renseignement français intensifie encore son action. Les aviateurs redoublent d'audace et vont jusqu'à tenter de recueillir ceux qu'ils ont déposé il y a plusieurs semaines ou plusieurs mois.


D'autres agents sont envoyés par ballons et vont ainsi dans les lignes ennemies jusqu'à 600 kms de profondeur. Ce sont des ballons de 8 m 50 de diamètre et qui transportent ainsi un agent et le lâchent où il estime nécessaire de se poser.


On lâche des pigeons aussi que l'on envoie avec des parachutes dans des paniers. A l'intérieur des paniers on met la manière de s'en servir et un peu de nourriture pour le volatile.

 

La population répond en masse. Dans le seul mois de décembre 1917 les Allemands reconnaissent avoir arrêté ainsi 63 personnes qui avaient répondu aux questionnaires envoyés par les pigeons. 41 en janvier 1918, 45 en mars et à partir d'avril 1918 des agents avec appareils émetteurs radio sont déposés derrière les lignes. Ce sont des appareils MARCONI, et il faut développer une antenne de 30 m. Les appareils ont 50 kms de portée.


On utilise aussi les prisonniers de guerre. Chaque prisonnier de guerre ou tout au moins un certain nombre reçoivent dans les colis qui leur sont adressés, dans des boîtes, des consignes de recherche de renseignement, la façon de transmettre ces renseignements à l'autorité française, et un énorme effort de propagande est fait sur le moral des troupes et de l'arrière allemand.


Dans la seule journée du 15 juillet 1918 une armée allemande engagée sur le front dont je vais vous parler de suite a reçu 300.000 tracts où les Français exposaient en langue allemande le sort qui attendait l'Allemagne.


Cet effort du S.R. s'appuie sur une technique sans cesse perfectionnée. On a monté une école du S.R. à DIJON. Il y a une école alliée qui fonctionne à Londres où Anglais et Français sont formés dans la recherche du Renseignement et le travail qu'ils doivent accomplir derrière les lignes.
On invente la micro - photographie ; sur des micro - photographies de 1 mm2, on photographie des documents d'une importance exceptionnelle.


On emploie toutes sortes d'astuces pour transmettre des informations : on écrit sous les timbres, sur les cordes qui servent d'emballages aux colis, à l'intérieur des colis, et puis on utilise systématiquement les documents et notamment les papiers d'identité que l'on saisit sur les déserteurs, allemands qui sont extrêmement nombreux. Et les Allemands trouvent la parade : ils mettent une colle adhésive à ce point qu'on ne peut plus enlever la photo pour mettre à la place la photo du nouveau détenteur de la pièce d'identité.


Alors les Français trouvent un moyen : ils inventent un produit dissolvant qui dissout l'image, rend le papier de nouveau sensible et permet l'impression de la photo de l'agent qui va repartir avec les papiers allemands.


Et enfin ce que nous avions pu et cru découvrir dans les années qui ont précédé la guerre « l'agent de pénétration » fleurissait déjà en 1918, et l'on cite cet exemple étonnant du Commissaire de Police WOEGELE qui, pendant toute la guerre, a appartenu au Grand Quartier Général Allemand, à Spa en particulier, et travaillait pour la France.


Les populations des pays occupés fournissent ainsi des légions de résistants et écoutez cet éloge de leur principal ennemi, le Colonel NICOLAI :...« Leur conduite fut héroïque. Ils mouraient sans baisser les yeux en acclamant leur Patrie... ».


Et le résultat, me direz-vous ? Qu'est-ce que tout cela a donné ? Il y a bien sûr des résultats négatifs. Négatifs, en effet, ces renseignements fournis pas nos postes de Belfort et de Suisse, dès janvier 1916 et qui signalaient des concentrations au Nord et à l'Est de Verdun. Le Commandement français incrédule et résolu à poursuivre son idée d'attaque sur la Somme, continua imperturbablement à désarmer les ouvrages fortifiés qui entouraient Verdun. Seul le Colonel DRIANT, informé par LADOUX, envoya à Paris, mais vainement un cri d'alarme.


15 jours plus tard la plus terrible des batailles éclatait ! et le Commandant LADOUX écrit : ... « Depuis trois mois nos Services ne cessaient d'en ressasser l'éventualité... » L'un de ses amis, un Colonel de l'E.M. du Général JOFFRE à Chantilly, à qui il allait quotidiennement répéter ce renseignement, lui disait :...« Mais laissez donc tomber cette histoire-là. Vos tuyaux vont directement au panier, on n'y croit pas... »


Et je pense aux renseignements de même ordre qu'en avril 1940, le Général RIVET et moi-même, allions porter à La Ferté-sous-Jouarre. Renseignements qui annonçaient l'éventualité d'un passage par la Belgique et surtout d'une attaque sur Sedan. Ils connurent le même sort !


Voilà du négatif, mais voici du POSITIF.

 

Et c'est sans aucun doute le plus spectaculaire exemple qui puisse être donné de l'efficacité de l'oeuvre des Services Spéciaux et de l'oeuvre totale, aussi bien dans le domaine de la recherche que dans le domaine de la sécurité.


Avec une extraordinaire précision, une extraordinaire maîtrise, ils furent en 1918 à l'origine de ce que l'Histoire a appelé « le coup de poing de FOCH » qui détermina l'effondrement allemand de 1918.


Au milieu de 1918 l'Allemagne à conscience qu'il faut qu'elle obtienne une décision victorieuse dans les premiers mois de l'année. Pourquoi ?
500.000 grévistes ont déjà montré que la population allemande était à bout de forces.
L'Autriche-Hongrie, la Bulgarie, la Turquie, n'en peuvent plus. L'Empereur Charles I" est allé à Spa voir Guillaume II et lui a fait comprendre que l'Autriche-Hongrie était décidée à traiter seule si l'Allemagne n'arrêtait pas les hostilités.
Les Etats-Unis viennent d'entrer en guerre et le Commandement Allemand sait que dans les mois qui vont venir, l'apport des troupes américaines sera considérable.


Et puis, surtout, il y a cette chose extraordinaire : le redressement Français, dû à Clemenceau. Depuis la fin de 1917, Clemenceau a repris la barre. Il a commencé par châtier les traîtres, faire arrêter les gouvernants indignes ou incapables - ce fut le cas de MALVY. Il a réprimé les propagandes défaitistes. Il a galvanisé l'effort national. Il a lancé un Emprunt - Emprunt de la Victoire - qui en quelques semaines a produit 3.000 mi!liards de nos francs actuels.
Tous les week-ends il va sur le front ; il se mélange aux poilus. Il dit à la troupe sa conviction de la Victoire. Et il amène avec lui, chaque fois, des députés, des sénateurs, des parlementaires, qui, mon Dieu, le suivent quelquefois avec une certaine appréhension, car ce n'est pas drôle d'aller dans les tranchées.


Et puis, il y a le redressement militaire, opéré par PETAIN.

 

Et enfin, il y a le commandement unique des armées alliées sous la direction de FOCH qui doit mettre un terme aux zizanies entre les alliés et coordonner les opérations militaires.


Tout cela fait que le commandement allemand, HIDENBURG et LUDENDORFF sont absolument décidés à en terminer avant la fin du printemps 1918.


Le 21 mars 1918, à 9 h. 40, c'est l'attaque à la charnière entre les armées françaises et anglaises, en Picardie, dans la région de Péronne.
Le 27 mai 1918, c'est la bataille du Chemin des Dames. Le front français recule, mais il tient. Paris n'est plus qu'à 60 kms des troupes ennemies ! Le commandement cependant reste confiant car il sait que l'ennemi jette ses dernières forces dans la bataille et il sait qu'il peut compter sur ses réserves.


Mais voici où interviennent d'une façon décisive les services de renseignement.


« Le 7 juin 1918 et les jours suivants parviennent à l'Etat-Major du Général FOCH, et là c'est WEYGAND qui parle, des renseignements d'un intérêt capital. Les Allemands ont décidé pour un temps un arrêt momentané des opérations militaires. Absence de menace en Argonne. On remet à la mi-juillet toute action importante et on constate des indices d'attaque sur le front de Champagne. »


Le 10 juillet, le 11 juillet, le 12 juillet toute une série de renseignements extrêmement précis dévoilent la totalité du programme de LUDENDORFF. Trois armées allemandes (la 7°, la 11e, la 3°) sous les ordres du Kronprinz Impérial attaqueront à l'Ouest de Château-Thierry sur un front de 80 kms. L'opération doit débuter le 15 juillet à l'aube, et l'offensive allemande initialement prévue dans les Flandres est ajournée.


FOCH, alors, décide d'engager toutes les réserves des armées alliées pour stopper l’ennemi et déclencher une contre-offensive, qu’il espère victorieuse.

 
Des mesures draconiennes sont prises pour assurer le secret des opérations et WEYGAND les décrit avec un luxe de détails extraordinaires dans son livre « Idéal Vécu ». On déjoue les recherches ennemies, en maintenant le système des permissions, et on rapporte cette histoire d'un officier arrivé le 17 juillet chez lui, alors que la bataille fait rage et qui dit : « J'étais engagé, je ne comprends pas, on m'a laissé partir ! »


La 4e Armée, avec GOURAUD, la 5e Armée, avec BERTHELOT, sont placées en défense. La 10e, avec MANGIN, et la 6e, avec DEGOUTTE, seront en réserve, prêtes à l'offensive avec 2.000 pièces d'artillerie, et 500 chars.


Le 14 juillet, à 23h., toute l'artillerie du groupe de l'Armée Française se déchaîne, et écrase la préparation ennemie. On entend le canon jusqu'à Paris, et même sur la Loire. - « Cette nuit de juillet 1918, écrit GENEVOIX, je l'ai vécue, loin du front. Grand blessé, mutilé, j'étais venu passer quelques jours dans ma bourgade du Val de Loire. Vers 11 h. j'étais descendu jusqu'au fleuve, seul. C'était la paix d'une tiède nuit d'été. Par intervalle le glissement d'un poisson à fleur d'eau éveillait un chuchotis fluide dont s'amplifiait encore le silence de l'immensité. Il me parut soudain qu'un bourdonnement puissant battait là-bas sous l'horizon. Appuyé d'une paume sur le sable, j'écoutais. Etait-ce mon sang que je sentais battre ou ces pulsations de l'espace qui sourdement ébranlaient le monde ? Je ne pouvais plus en douter. J'étais rejoint et traversé par les ondes d'un bombardement monstrueux. La distance n'y faisait rien. Cela dépassait toute mémoire. J'étais là-bas, sous ce bombardement où mes sens bien avant moi reconnaissaient l'aboi des obusiers, les salves galopantes des canons de campagne, l'enfoncement aux entrailles du sol. Mes camarades, mes camarades vous étiez là et vous gagniez la guerre !!!... »


Le 15 juillet à 4h.40, bien que traumatisée l'infanterie allemande, mécanique réglée, s'élance. Elle tombe dans le vide. Les premières lignes françaises ont été évacuées. Elle s'arrête, puis repart sous un déluge de feu. Mais rien ne flanche dans le dispositif défensif des Français. LUDENDORFF alors s'arrête... Quelques temps après il écrira :...« Jusqu'au 15 juillet je n'avais jamais douté de notre victoire... »


Le 18 juillet, MANGIN et DEGOUTTE s'élancent, percent le front ennemi.

 

Et, le 8 août, c'est l'offensive victorieuse, dont LUDENDORFF dira : « Ce fut le jour de deuil de l'Armée allemande ».


Quant au Colonel NICOLAI, qui attribue l'effondrement allemand autant à la propagande défaitiste lancée depuis des mois par les Français et les Alliés en Allemagne et aux Armées qu'à la force des armes, il écrit dans ses souvenirs... « L'attaque allemande sur Reims et Château-Thierry du 15 juillet 1918 se trouva en présence d'un ennemi préparé. Comment fut-il prévenu ? Nous l'ignorons toujours... »


Dans le livre de WEYGAND « Idéal Vécu » dont je vous parlais tout à l'heure, j'ai trouvé une sorte de conclusion à cette démonstration magistrale de l'efficacité de nos services et le propos est de NAPOLEON :..
« La guerre est fille de Dieu et d'une mortelle. L'art de la guerre contient une part matérielle, - les armes, les forces militaires, et une part divine, spirituelle : la lumière qui permet au chef de lire chez l'adversaire... »

 

 

 

 
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