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Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
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MEMORIAL NATIONAL A.A.S.S.D.N. / Ramatuelle - Var ( Livre d'Or )
Biographies des Noms gravés sur le Monument: Pf-Pz
 

PLAYOULT

Henry, René

 

 

Né le 30 juillet 1918  à  Thonon-les-Bains  (Haute-Savoie) de Fernand, Camille, René Playoult  et de Juliette, Marguerite Pierre Célibataire Décédé le 20 octobre 1942  à  Troyes (Aube) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Uranus)Agent P2

 

Henry Playoult, dont le père était directeur du Comptoir national d'escompte à Thonon-les-Bains au moment de sa naissance, a 22 ans quand il s'engage dans le S.R. Kléber le 1er janvier 1942.

Il est arrêté le 26 août 1942 et fusillé le 20 octobre 1942 à Troyes.

"Agent remarquable. Arrêté et sauvagement torturé, n'a jamais rien révélé." C'est en ces termes que, déclaré "Mort pour la France", il sera proposé pour une nomination dans l'ordre de la Légion d'Honneur et pour l"attribution de la Croix de Guerre. Il recevra  la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4; mairie de Thonon-les-Bains (Haute Savoie)


POINTURIER

René

Pseudonyme: Raoul PÉRÉS

 

 

Né le 14 juin 1901  à  Honfleur (Calvados) de Jean, Joseph, Ernest Pointurier  et de  Marie, Françoise Vernier Epouse:  Alice Victoria... Profession: officier d'active  Décédé le 15 juin 1944  à  Mauthausen

 Réseaux C.D.M. (R4), S.S.M.F./T.R. -Groupe MorhangeAgent P2

 

Après avoir fait la guerre de 39-40 dans l'artillerie,René Pointurier est entré volontairement au C.D.M. le 1er octobre 1941.

Puis il fait partie des premiers élèments d'un groupe créé par Marcel Taillandier dès la fin de 1942. Ce  groupe est destiné à la lutte contre les services de renseignements ennemis et la Gestapo. Au début de 1943 Taillandier se fixe à Toulouse.

Pierre Saint-Laurens raconte que ce dernier prend alors "comme couverture la gérance du bar "Frascati", un petit café situé au milieu des allées Jean Jaurès. Au centre de la ville, ce bar devient le lieu de réunion et le P.C. du C.D.M. et du groupe de résistants dont Marcel prend la tête, sous le pseudonyme de Ricardo. Ayant l'oreille de la Gendarmerie, et après avoir mis au pas ceux qui ne sont pas trop francs du collier, il entreprend de pénétrer la Police. En même temps, il pose des jalons pour cacher des gens, et leur faire traverser les Pyrénées."

Mais, à partir de mars 1943, les Allemands, bien renseignés, passent à l'attaque. S'ensuit une série d'arrestations et l'affaire Frascati. Le 24 juin, à l'appel de Taillandier, rapporte  Gilbert Gardiol, celui-ci se rend avec Pointurier et Candau au café Frascati, "pour une réunion de travail. Sur délation, une souricière est tendue par le chef de la Gestapo, le sinistre Muller. Taillandier réussit à s'enfuir par la toiture de l'immeuble, Pointurier, Candau, Gardiol et Lily ( la compagne de Taillandier) sont arrêtés." Les trois hommes seront déportés, seul Gardiol reviendra. Lily, libérée, ne partira pas en Allemagne.

Au Bureau Résistance, l'arrestation de René Pointurier est datéedu 26 juin 1943, il est déporté le 6 avril 1944  et trouve la mort à Mauthausen le 15 juin 1944.

Déclaré "Mort pour la France", lieutenant-colonel, il recevra la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance avec rosette.

 

*

Citation: "Est entré volontairement au C.D.M., faisant sans la moindre hésitation le sacrifice d'un poste avantageux. Technicien remarquable, animé d'une foi patriotique ardente, s'est donné corps et âme à sa mission. N'a cessé de rendre les services les plus précieux et les plus loyaux, tant par sa valeur technique que par ses qualités de caractère et de coeur. Bien que se sachant compromis par de multiples démarches personnelles effectuées à l'occasion de son service dans tous les milieux, est resté à son poste, ne prenant nul souci de sa sécurité. "

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°3, p.9; "Conte de faits, de Pierre Saint Laurens.; "Le 2e Bureau sous l'Occupation" de Philip John Stead (Ed. Fayard, 1966); mairie de Honfleur (Calvados)


de PONTAC

Marie, François, Gabriel

Pseudonyme:  Gael PIMONT

 

 

Né le  29 juillet 1910  à  Saint Pardon (Gironde) de Agénore de Pontac  et de  Germaine de Sigalas Epouse:  Elisabeth... Profession: officier d'active (Saint Cyr 1931) Décédé le  15 mai 1945  en déportation

 Réseaux:  S.R. à Tunis, S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Incorporé à l'Ecole spéciale militaire de Saint Cyr en 1931, Marie-François de Pontac, plus connu sous le nom de Gabriel de Pontac, fut nommé sous-lieutenant en 1933 et affecté à l'Ecole d'application de cavalerie de Saumur, avant de l'être au 2e bataillon de dragons en tant qu'officier de peloton. En 1935 il fut nommé lieutenant et obtint deux ans plus tard le brevet d'observateur en avion qui lui valut de pouvoir faire un an de stage à la base aérienne d'Orly. Affecté à l'état-major des forces aériennes de la 7e armée le 2 septembre 1939, il fut admis dans l'Armée de l'Air en avril 1940 et nommé capitaine peu après. C'est ainsi qu'il a participé aux combats de 1939-40 comme observateur à l'escadrille 2/23.

Il reçut alors la Croix de guerre avec palme, accompagnée de la citation suivante: "Officier observateur de tout premier ordre, joignant à de solides connaissances militaires une haute idée de son devoir. A rapporté de ses reconnaissances profondes en territoire ennemi des renseignements de la plus haute importance, tant en vol rasant qu'à très haute altitude.

Le 12 mai 1940, a découvert le point de chute de nombreux parachutistes ennemis. Le 19 mai 1940, au cours d'une mission en vol rasant de 350 km en territoire ennemi, l'avion étant touché par le feu intense de la défense anti-aérienne, a poursuivi sa mission.

Le 26 mai 1940, a accompli une reconnaissance avec protection de chasse; cette formation étant attaquée par 24 avions de chasse ennemis, a réussi à regagner sa base en vol rasant, attaquant à la mitrailleuse les colonnes ennemies en y semant le plus grand désordre, rapportant au commandement de précieux renseignements sur l'activité ennemie."

Gabriel de Pontac est recruté par les Services de renseignements en janvier 1941. Il a alors trois enfants.

Affecté à l'état-major de Tunis en décembre 1941, il est ensuite observateur et chef du service photo du groupe de reconnaissance 2/33. Enfin il est à la base Dépôt du personnel à Toulouse, d'où il est détaché auprès du général commandant la 12e région militaire à Limoges, avant d'être mis en congé d'armistice le 10 mars 1943.

Le général Navarre précise qu'il est responsable du B.M.A. 12 à Limoges (chacune des huit divisions militaires de la zone Sud a son Bureau des Menées Antinationales après l'armistice). A ce titre, il est notamment en rapport avec le capitaine Jean Gatard*.

Arrêté le 17 août 1943 à Foix, en tentant de franchir les Pyrénées, parce qu'un jeune l'accompagne sans papiers mais porteur d'une grosse somme d'argent, il est interné au fort du Ha à Bordeaux puis transféré à Compiègne. Déporté le 3 septembre 1943, à Buchenwald puis évacué vers Dachau, il  serait mort pendant son transfert, abattu à la mitraillette.

Déclaré"Mort pour la France", Gabriel de Pontac recevra la Croix de Guerre avec palme.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; "le Service de Renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, p.182; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.29


PONTAL

Pierre, Henri, Aristide

Pseudonymes: PETRUS, PORTES

 

 

Né le 25 mai 1918  à  Cholet (Maine et Loire) de  Marie, Joseph, Ernest Pontal  et de  Marie, Jeanne, Léonie, Marguerite Catalan Célibataire Profession: officier d'active (Saint Cyr, promotion 1937-1939) Décédé le 26 avril 1945  à Sandbostel, kommando du camp de Neuengamme

 Réseaux:  B.C.R.A.,  S.R. Air (Villon),   ORA (collaboration avec l'OMA de l'Hérault)Agent P2

 

Pierre Pontal, dont le père était directeur honoraire de la Banque de France, était le troisième enfant d'une famille de quatre et se destinait à une carrière militaire.

Jeune saint-cyrien (promotion 1937-1939), il a suivi le cours de formation islamique des officiers des corps de troupe indigènes.

Il fut affecté comme sous-lieutenant,  au 141e RIA le 2 septembre 1939 et se trouva à la disposition du général commandant la 19e Région le 27 octobre 1940.

Ses notes de cette année-là, signées du colonel Granier, disent qu'il s'est alors "magnifiquement comporté à la tête de sa section au cours des combats de mai et juin (...) D'un sang-froid superbe, d'une grande bravoure personnelle, le sous-lieutenant Pontal a su acquérir sur sa section un ascendant considérable.

Jeune officier qui possède dès maintenant ce qui fait un chef: le tempérament."

Il reçut alors la Croix de Guerre avec étoile d'argent et la citation qui l'accompagnait disait qu'il "s'est fait remarquer par son sang-froid et sa fermeté au combat que sa compagnie a eu à soutenir à Crépy en Valois, dans la nuit du 10 au 11 juin 1940, contre un ennemi qui lui coupait la retraite. A gardé sa section en main, lui a fait ouvrir le feu en réponse aux sommations de se rendre et est parvenu à la ramener toute entière dans nos lignes."

En décembre 1940, il embarqua pour l'Algérie, affecté d'abord à Tebessa, puis ,  en 1941(nommé lieutenant en août) et 1942, il assura les fonctions de commandant d'armes de la place d'El Oued, territoire de Touggourt.

Venu en permission en France le 6 octobre 1942, il ne peut repartir du fait de l'interruption du trafic avec l'Algérie, et est démobilisé le 28 novembre 1942.

 Il se trouve alors à Montpellier où, après avoir participé à la tentative de résistance sur place du général de Lattre de Tassigny, il recherche un moyen de rejoindre son unité en s'évadant à travers l'Espagne. Pourtant, il entre en février 1943 au B.C.R.A. et le 1er avril au S.R.Air, recruté par Henri Pascal*.

Jean Bézy écrit, dans "Le S.R. Air", qu'il accepta alors  "de faire de la recherche de renseignements et d'organiser à partir de Montpellier un réseau axé d'abord sur le secteur de Montpellier-Nîmes.

En juin, Gervais pu recruter pour lui deux jeunes sous-officiers radios de l'armée de l'air, François Ceccaldi et Gérard Hubière, et leur fournir, un peu plus tard, des postes radios, plans et codes, pour assurer la liaison, d'abord avec Londres, plus tard avec Alger.

Le réseau de Pontal, réseau "Pétrus", se développa considérablement."

Le lieutenant-colonel Michel, chef du S.R. Ai,r attestera que Pierre Pontal,"initialement chargé de la surveillance de la zone de Montpellier, a rapporté des plans renseignés d'une façon précise sur la côte méditerranéenne de Narbonne au Rhône, notamment sur les défenses de Sète, et fait parvenir au commandement français des rapports mensuels sur la situation générale de tout son secteur, rapports particulièrement bien étudiés. Il a été chargé de la mise en place de postes radio clandestins  pour le compte de son chef de secteur. A l'arrestation de celui-ci par la Gestapo, le lieutenant Pontal a pris immédiatement sa succession, édictant les mesures de sécurité qui ont permis de maintenir sur place tout le personnel et d'assurer la continuité du renseignement.

Assimilé au grade de capitaine le 13 novembre 1943, le lieutenant Pontal a montré au cours de son commandement ses qualités de chef courageux et tenace. Plusieurs fois sollicité par ses camarades pour quitter le S.R. et entrer dans des groupes de Résistance, il s'est consacré à la tâche ingrate et méconnue de la recherche de renseignements.

En liaison radio avec Alger et Londres, réseau mis en place sous sa direction,  le lieutenant Pontal a tenu le commandement français au courant des modifications à apporter à l'ordre de bataille mensuel envoyé par courrier, par ses soins, et a transmis des renseignements qui ont reçu les félicitions du Q.G. allié."

Dès le début de ses activités pour le S.R. Air Pierre Pontal a quitté le domicile de sa famille pour s'installer dans un studio, villa Ker Armor, puis, à la suite d'un accident de bicyclette (fêlure du crâne et hospitalisation), "il se réfugia chez ses parents, 34 rue de l'Aiguillerie, dit Jean Bézy; et c'est à ce moment-là qu'il entreposa dans l'appartement une ou plusieurs armes et des documents, qu'il y prépara ses courriers et utilisa son frère Jean qui devint l'un de ses principaux agents.(...)

A partir de début 1944, Pierre Pontal s'occupa lui-même du secteur Languedoc-Roussillon, ordre de bataille des troupes allemandes et plan d'implantation de la défense côtière, nombre et calibre des pièces d'artillerie, effectifs, et chaque fois que possible emplacement et importance des réserves de munitions.

Il s'attachait à déceler et à signaler également les nombreuses installations factices destinées à détourner les coups de l'adversaire. Beaucoup d'entre elles étaient fort soigneusement camouflées, mais Pierre Pontal était officier d'active et donc plus apte à ne pas se laisser abuser par ce genre de feintes (...)

Beaucoup de renseignements étaient transmis par radio mais tous les sites reconnus faisaient l'objet de plans détaillés constituant de véritables dossiers d'objectifs et acheminés par courrier via l'Espagne."

 Le 27 mai 1944, ayant senti une surveillance s'établir autour d'eux, les deux frères Pontal, avec l'aide de leur soeur Marie,  déménagent, par une porte arrière de l'immeuble, tout ce qui peut être compromettant de l'appartement de leurs parents. L'alerte semble se calmer et l'activité des deux frères se poursuit. Le 4 juin, une vacation régulière avec Londres a lieu de la Villa Ker Armor. Pierre Pontal se rend alors à un rendez-vous.

Arrêté par la Gestapo, seule la propriétaire de la Villa le reverra, vers 8h30 en compagnie de plusieurs jeunes gens. Il "ressortit quelques minutes plus tard sans que son allure ait montré quoi que ce soit d'anormal, rapporte Jean Bézy. Il revint une demi-heure plus tard accompagné d'au moins quatre personnes, il était sans lunettes, la figure et les vêtements dans un tel état que la propriétaire" ne le reconnut qu'à sa voix. Il semble qu'il ait été dénoncé.

Dans la soirée du 4 juin 1944, sa famille est également arrêtée: son père, sa mère (libérés dix jours plus tard), sa soeur et son frère, candidat à Saint-Cyr, ne sont pas relâchés.

Le lieutenant colonel Michel dit: "Digne des traditions d'honneur de l'École spéciale militaire, le lieutenant Pontal n'a rien dévoilé de l'organisation dont il était le chef, permettant à ses camarades de mener la lutte jusqu'à la libération du territoire pour les uns, jusqu'à la victoire finale pour les autres."

Et dans une appréciation: "Officier de valeur qui a fait preuve d'un patriotisme ardent, plein d'initiative et très discipliné. Placé à la tête d'un secteur du S.R. Aviation s'étendant de Toulouse au Rhône a organisé la recherche et la transmission radio des renseignements au milieu des difficultés particulières à sa prise de commandement (arrestation de son chef). A acquis l'entière confiance de ses subordonnés par son exemple. A ainsi exercé de novembre 1943 à juin 1944 un commandement équivalent au grade de capitaine et reçu les félicitations de son chef. Mérite d'être nommé à titre rétroactif avant la date de son arrestation."

Transféré à Compiègne fin juin 1944, Pierre Pontal est déporté.  Du train, il jette un papier sur le ballast, celui-ci est récupéré par un cheminot et envoyé à sa famille avec une lettre disant: "Madame, Pierre est passé en chemin de fer dans les environs de Laon le 17 juillet, il a quitté Compiègne pour l'Allemagne le 15 juillet. Il m'a chargé de vous prévenir en jetant un bout de papier, avec l'adresse de Rivoire à Castelnau par Aignan (Gers) et la vôtre. J'envoie ce bout de papier à l'adresse de Rivoire dans l'espoir que vous recevrez ce petit mot.

Recevez Madame mes sincères salutations. Un employé de la S.N.C.F."

Sur le morceau de papier déchiré était écrit: "Prévenir Pontal 34 rue AIGUILLERIE MONTPELLIER (Hérault) que Pierre a quitté Compiègne pour l'Allemagne le 15 juillet 1944.

Merci la France! et à bientôt!"

Il resta un mois à Neuengamme, dit Jean Bézy, "fut envoyé avec 450 autres Français à Brême dans un chantier de la Kriegsmarine et le 7 avril 1945, devant l'avance alliée, évacué sur le camp de prisonniers de Sandbostel. Le voyage dura sept jours dans des wagons fermés sans eau et sans nourriture. Dix mille déportés y arrivèrent en même temps." Pierre Pontal, comme beaucoup d'autres, meurt de faiblesse et d'inanition. "Ses parents, dit Jean Bézy, ont de nombreux témoignages de son courage, de sa fierté et de son abnégation tout au long de sa détention."

Déclaré "Mort pour la France", il sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra  la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la résistance.

 

*

En 1993, un dossier a été déposé en vue de donner son nom à une promotion de Saint-Cyr.

 

 

Références:  Dossier du SHAT;  archives du Bureau "Résistance"; "Le S.R. Air" de Jean Bézy, p.152 à 307 (Ed. France Empire, 1979); Bulletin de l'A.S.D.N. n°1, p.27, n°168.


POTTIER

Léon, Henri

 

 

Né le 24 juillet 1907  au Mans (Sarthe) de Léon Pottier  et de  Léonie Tiercelin Epouse:  Marcelle, Renée Touchet Profession: journaliste Décédé le Ier septembre 1944  au  Struthof

 Réseaux: S.S.M.F./T.R., AllianceAgent P2

 

Journaliste à "La Sarthe", Léon Pottier a été mobilisé le 2 septembre 1939 dans l'infanterie. Fait prisonnier le 7 juillet 1940, il rentra de captivité le 20 janvier 1943 et reprit son activité professionnelle. Le 5 juillet de la même année, il entre dans la Résistance, comme agent P2 dans les T.R., et travaille pour le réseau Alliance.

Arrêté le 9 mars 1944, il est déporté le 16 juillet.

Léon Pottier, déclaré "Mort pour la France", recevra la Croix de Guerre à l'ordre de l'Armée et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation:"Patriote d'un grand courage . Arrêté et massacré au Struthof en même temps que son groupe."

 

 

Références: Archives du Bureau "Résistance;  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p27


POUKHLIAKOFF

Wladimir

 

 

Né le 11 novembre 1911  à  Novotcherkassk (Russie) de Constantin Poukhliakoff  et de  Vera Melnikoff Epouse:  Ludmilla... Profession: sous-officier d'active Décédé le 9 février 1945  à  Wolfen Buttle (Allemagne)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R. , Hector, AllianceAgent P1 et P2

 

Un camarade d'escadron et de lutte clandestine évoque ainsi Wladimir Poukhliakoff (Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°38):

"Issu d'une vieille famille militaire russe, fils d'un officier des Cosaques du Don, Wladimir Poukhliakoff, arrivé tout jeune en France à la suite de la révolution bolcheviste, avait décidé, comme tant d'autres émigrés russes, de servir sa patrie d'adoption: la France. Engagé par tradition familiale dans la Cavalerie, il avait débuté dans le 8e Chasseurs à Orléans, puis s'était fait muter au 11e Cuirassiers, à Paris. Sportif accompli, cavalier hors pair, il était considéré comme un sous-officier plein d'allant." Son capitaine commandant de 1935 à 1938 précise: "Doué pour les arts comme pour les sports, Wladimir Poukhliakoff était un cavalier intrépide et un tireur d'élite; rompu aussi aux exercices de voltige où il déployait de véritables qualités d'acrobate, que de compétitions régimentaires ne fit-il remporter à son escadron! Escadron dont d'ailleurs il avait décoré le casernement de fresques militaires d'une inspiration magnifiquement guerrière.

Svelte, sec, ardent, connaissant et aimant son métier, il incarnait dès le temps de paix, le tempérament du combattant qu'il fut jusqu'au sacrifice suprême."

Son camarade poursuit: "Maréchal des logis de carrière en 1939, il devait, en raison de ses dons pour le dessin, se voir affecter au P.C. du Colonel commandant le régiment en qualité de chef de l'équipe des observateurs et, à ce titre, participer à la campagne de 1939-40. Cité pour sa belle conduite au feu en mai 1940, il devait, en juin, avec les débris du régiment encerclé à Saint-Valéry-en-Caux, connaître l'amertume de la captivité. Celle-ci ne devait pas durer longtemps car, pour un soldat de la trempe de Poukhliakoff, le premier devoir était de chercher à s'évader pour reprendre le combat. A Paris, où il devait retrouver des camarades de régiment, lesquels venaient de constituer une antenne du S.S.M./T.R., Poukhliakoff acceptait avec enthousiasme de travailler avec eux.

Affecté à la liaison avec les réseaux du Colonel Heurteaux, il se consacra à fond à sa tâche jusqu'au jour où, en 1942, ces réseaux furent démantelés par la Gestapo. Ayant échappé de peu à l'arrestation, Poukhliakoff, mis en sommeil pendant quelque temps, reçut d'autres missions. En 1943, en dehors de son activité de renseignement, il exerçait les fonctions d'archiviste de l'antenne, constituant un remarquable fichier des services spéciaux allemands et de leurs agents."

Un rapport de la D.G.E.R. pour le réseau Hector dit que Wladimir Poukhliakoff, "mis en rapport avec le chef de réseau au début 1941, se mit à sa disposition pour établir les cartes d'après les croquis fournis par les agents de renseignement. A donné toute satisfaction par sa ponctualité, son dévouement et son ardeur"."

En septembre-octobre 1943, l'antenne Paris du S.S.M./T.R. devait à son tour connaître la catastrophe à la suite de la trahison de l'un des siens.

Son camarade dit: " Arrêté, Wladimir Poukhliakoff se trouvait impliqué dans deux affaires en même temps: celle du T.R. et celle des réseaux Heurteaux. C'est au titre de cette dernière, pour laquelle l'instruction était en cours depuis 1942, qu'il devait être extrait de Fresnes et transféré à la prison de Cologne. "

Le rapport de la D.G.E.R. dit encore:

 "Arrêté en même temps que l'un de ses camarades, en août 1943  (le 29 septembre d'après la suite de la citation). Ce dernier ayant fait des aveux complets, Poukhliakoff fut obligé de reconnaître l'exactitude des faits mentionnés par ce collègue compromettant gravement de ce fait son chef de réseau. A la suite de ces déclarations, il fut déporté à la prison de Düsseldorf et fut confronté avec son chef le 31 janvier 1944. A la question qui lui fut posée par le commissaire de la Gestapo sur sa connaissance de son vis-à-vis, il répondit négativement et maintint cette position, prétendant même que ce n'était pas le colonel Heurteaux qu'il avait rencontré à Paris. Quelque temps après, dans un couloir de la prison de Düsseldorf, le colonel Heurteaux remercia Poukhliakoff qui lui répondit :"J'ai fait mon devoir. Mon colonel, comptez sur moi jusqu'au bout". Condamné à mort, il maintient cette position et le Volksgerichtshof a abandonné les poursuites contre le colonel Heurteaux."

"Après une longue captivité, dit son camarade, il devait se voir condamné à mort par décapitation. Transféré à la prison de Wolfen-Beutel (ou Wolfen-Buttle en Allemagne), il devait y attendre de longs mois l'application de la terrible sentence."

Dans le Bulletin de l'A.A.S.S.D.N., on lit: " Face à la mort, Wladimir Poukhliakoff donna toute la mesure de sa grandeur d'âme. Profondément croyant, il a laissé un journal écrit au jour le jour, malgré la surveillance toute spéciale dont il  faisait l'objet. Cette relique a été remise à sa famille après la guerre par un de ses compagnons de captivité, employé comme homme de corvée à la prison de Wolfen-Butel. L'élévation de pensée, l'élan de foi chrétienne, confinant à la sainteté, qui se dégagent de ces lignes tracées par un homme enchaîné attendant la mort avec la sérénité des martyrs de l'Église, ne peuvent être rendus. Pardonnant à ses ennemis, dominant les révoltes ou les faiblesses de son enveloppe charnelle, Wladimir Poukhliakoff s'y adressait surtout aux siens... à ses enfants dont il était sans nouvelles."

Pendant ce temps sa famille vivait un autre drame. En voici le récit, bouleversant de simplicité, par sa fille Irène:

"Le 8 juin 1944, une colonne allemande a encerclé tout le village de Rouffillac, près de Calux, en Dordogne, et y a mis le feu.

Je me trouvais dans ce village avec ma grand-mère, ma tante et ma soeur âgée de huit ans qui ont péri brûlées vives.

Je suis la seule survivante de ce massacre. J'avais sept ans. Nous avons supplié les Allemands de nos pleurs et de nos cris de ne pas nous tuer. Leur seule réponse fut: Tout le monde kaput. Nous n'étions, ma soeur et moi, que des enfants. Les Allemands nous ont fait entrer dans la salle de restaurant tenue par les Marty, ils nous ont mitraillés, arrosés d'essence puis ont mis le feu et sont partis.

J'ai réussi à passer par la fenêtre avec des brûlures sur tout le corps et une balle dans la cuisse. J'ai appelé, personne n'a répondu. Alors je me suis traînée dans la maison où nous habitions. Là, dans une chambre, je suis tombée évanouie et, pendant une journée et une nuit, je suis restée sans connaissance.

Le lendemain, des résistants m'ont trouvée par terre et m'ont aussitôt dirigée vers l'hôpital de Sarlat où je suis restée entre la vie et la mort pendant deux mois.

Comme j'avais perdu la mémoire, ma mère n'a été prévenue que six mois après."

Ces événements se passérent le 8 juin 1944. La division allemande Das Reich (20 000 hommes, 200 chars, 3 000 véhicules) tentait depuis l'avant veille de relier le front de  Normandie. Mais la voie ferrée Toulouse-Paris, sabotée, étant inutilisable, la division, qui empruntait la route, était harcelée par les F.F.I. A Rouffillac, un barrage avait été mis en place par "Bernard" de Garlux et des hommes du groupe "As de Coeur", venus en renfort de Corrèze. Dans un texte du Conseil Général de Dordogne, on lit : "La colonne surgit, tiraillant par rafales en tous sens, précédée par un éclaireur motocycliste. Le motocycliste s'écroule. Le tir d'un bazooka endommage sérieusement l'automitrailleuse qui suit, mais la partie n'est pas égale, les résistants doivent décrocher. Treize personnes (seize selon l"L'Essor Salardais" du 14 mai 1999), sont alors poussées à l'intérieur d'un restaurant (restaurant de Mme Laborderie), dont huit femmes et trois fillettes ( quatre d'après le même journal, parmi elles, Tanéara et Irène Poukhiakoff). Les S.S., après les avoir blessées à la mitraillette, les arrosent d'essence et l'ordre est donné de mettre le feu au restaurant et aux maisons du voisinage." Après Rouffillac, la Das Reich continuera son chemin: quatre-vingt-dix-neuf pendaisons à Tulle et le massacre d'Oradour.

Wladimir Poukhliakoff  est exécuté le 9 février 1945 (en décembre 1944 d'après la citation).

 Déclaré "Mort pour la France", il recevra la Médaille militaire, la Croix de Guerre 1939-40 et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation: "Agent de renseignements du service clandestin du .C.E. en France occupée depuis février 1944, s'est consacré activement et sans réserve aux missions qui lui furent confiées, faisant preuve, en maintes occasions, d'un grand sang-froid et d'un courage remarquables. A fourni au poste qui l'employait des renseignements de bonne valeur qu'il s'est  procurés dans des conditions difficiles et délicates."

 

 

Références:  "Les travaux Ruraux en 1940-1942" de Olivier Zajec, mémoire de Coêtquidan 1999; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.27, n°2, p.15, n°24, p.57, n°38, p.74; archives du Bureau "Résistance"


POURCHET

André, Paul

 

 

Né le 8 juin 1897  à  Lille (Nord) de Charles Amédée Pourchet  et de  Louise Ernestine Gentilhomme Epouse: Marie Thérèse Rekn Profession: pharmacien Décédé le 21 décembre 1944  à  Hambourg Altona

 Réseaux: S.S.M.F./T.R., Mithridate, F.F.I., F.F.C.Agent PI et P2

 

Paul Pourchet était un ancien combattant:  affecté dans l'artillerie le 8 janvier 1916,  il avait terminé la guerre comme maréchal des logis, cité à l'ordre du régiment en ces termes: "Très brave et dévoué, s'est distingué aux attaques de Champagne le 16 avril 1917, de Verdun, de Lorraine, de la Somme en juin 1918, de l'Aisne en juillet 1918 et dans les Flandres."

C'est avec le grade de sous-lieutenant qu'il fut mobilisé en 1939, en tant que pharmacien auxiliaire, puis démobilisé en novembre 1939, comme père de quatre enfants .

Rentré en zone interdite en juin 1941, il est pharmacien à Nancy où ses affaires sont florissantes et, à partir de cette date,  participe à l'organisation de la résistance dans la région, pour divers réseaux. Il est en relation avec M. Chailley-Bert, le Dr Weber et le capitaine Richard (pharmacien) pour la mise sur pied du service médical de la Résistance de la Région C. Il est également chargé de stocker des médicaments.

Entré dans le Service de contre-espionnage le 27 novembre 1942, il participe à la constitution du service de Sécurité militaire clandestin dans la région de Nancy, tout d'abord avec le commandant Pauly* , puis avec le commandant Debrosse. Son officine, 10 rue Raugraff, à Nancy, sert de lieu de rendez-vous et de boîte aux lettres. Il collecte lui-même les renseignements de sécurité militaire et, durant quelques semaines, héberge chez lui le commandant Pauly, arrivé d'Afrique du Nord en sous-marin. Enfin, il participe à l'évasion de prisonniers et les met à l'abri, dans le cadre de l'organisation de la Maison du prisonnier.

Le commandant Flouquet (réseau Mithridate, DS.DOC) témoignera de ces activité en ces termes: "Fin 1943, j'ai été chargé par T.R. clandestin d'installer un poste dans la région de l'Est. A mon arrivée j'ai pris contact avec le commandant Pauly, chef du S.M. clandestin régional, qui avait une chambre chez M. Pourchet. Avant mon arrivée, M. Pourchet avait accepté que sa maison serve de boîte aux lettres et de lieu de rendez-vous pour tous les camarades de la Résistance. Assistaient à ces réunions: Pauly, Flouquet (T.R.), Lutz (alias Perra; chef du B.C.R.A., réseau Mithridate), M. Chailley-Bert (en 1945 commissaire de la République à Nancy)."

Lorsque le commandant Pauly, recherché par la police allemande, doit quitter Nancy et reçoit le commandement du poste S.M. clandestin de Lille, le commandant Debrosse est désigné pour lui succéder. Pauly lui recommande alors de s'adresser à M. Pourchet pour régler les questions omises au cours de leur entretien, ce dernier étant au courant de son activité et connaissant ses correspondants. Pauly spécifie que Paul Pourchet est son adjoint désigné et qu'il envisage sa promotion au grade de capitaine à titre temporaire, dans les conditions prévues dans la clandestinité.

Le  lieutenant colonel Verneuil, chef du réseau clandestin de contre-espionnage en  France occupée certifiera en décembre 1945, que M. Pourchet, agent P2, chargé de mission de 1ère classe, avait une fonction assimilée au grade de capitaine.

Malgré les dangers qu'il court, Paul Pourchet ne fuit pas et continue à déployer une vive activité.

Après une surveillance de deux mois environ de la part des services allemands, la Gestapo l'arrête le 8 juin 1944. Il est mis en cellule à la prison Charles III de Nancy. Le 18 juillet 1944, il est transféré à Compiègne et déporté à Neuengamme la première quinzaine d'août, dans un train qui transporte des résistants du réseau Mithridate et des otages. Maître Fournier, notaire et maire de Badonviller, son compagnon de cellule à Nancy, rescapé de Buchenwald, dira que Pourchet lui a confié avoir été arrêté pour avoir hébergé la commandant Pauly.

En fait, début 1944, un informateur du commandant, arrêté par la Gestapo, a reconnu avoir eu rendez-vous avec des officiers venant d'Alger (Pierson, pseudonyme de Pauly), chez M. Pourchet. Il est aussi écrit que des révélations auraient été faites par des camarades de la Maison des prisonniers.

Paul Pourchet est affecté à un kommando de Neuengamme qui emploie quelque 2 000 détenus à des travaux de déblaiement et de construction navale. Il meurt le 21 décembre 1944.

Déclaré "Mort pour la France", il revevra la Croix de Guerre et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation: "Patriote convaincu qui n'a cessé pendant l'occupation allemande de participer par tous les moyens à la lutte contre l'envahisseur. A apporté son concours à de nombreuses organisations. Quoique se sentant menacé d'arrestation, n'a pas voulu fuir pour continuer son oeuvre.

Arrêté le 8 juin 1944, déporté en juillet, n'a fait aucun aveu, sauvant ainsi de nombreux camarades de résistance. Est mort martyr après avoir soutenu admirablement le moral de ses compagnons de déportation."

 

Références: Archives du Bureau "Résistance; Société d'entraide des membres de la Légion d'Honneur (section Nord)


PREVOST

Madeleine

 

Voir: FLOQUET

 


PROTON

Louis, Joseph, Marie

Pseudonyme: LE LAGOUAROUX

 

 

Né le 25 janvier 1908  à  Tassin-la-Demi-Lune (69) de Claude, Antoine Proton  et de  Blanche, Henriette, Marie Berliet Epouse:  Denise, Marie, Jeanne Lambert Profession: officier d'active puis ingénieur Décédé le 23 novembre 1944  à Kehl

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., AllianceAgent P2

 

Louis Proton, dont le père était doreur, avait obtenu le Certificat d'études supérieures de physique industrielle de la Faculté des Sciences de Lyon et parlait couramment l'anglais et l'espagnol.

Incorporé dans l'armée en novembre 1928, il fit l'École militaire d'artillerie de Poitiers en 1929.  Libéré en mars 1930, sous-lieutenant de réserve, il accomplira par la suite deux périodes militaires (en 1931 et 1934), promu lieutenant entre temps. En 1938, il fit un stage à l'École d'application d'artillerie de Fontainebleau et fut admis en 1939 dans l'armée active. Il reçut cette année là des félicitations du général Doumenc, commandant supérieur des Forces terrestres et aériennes, "pour l'appareil qu'il a réalisé permettant à des unités d'artillerie non spécialisées d'effectuer des déterminations précises et rapides de routes d'avions par l'utilisation des données d'un appareil de conduite de tir voisin".

En août 1940, il fut affecté au régiment d'artillerie de la 16e Région, à Castres, et au Service du matériel en décembre 1940.

Mis en congé d'armistice en mars 1942, avec le grade de capitaine, il est ingénieur à la Centrale Lyonnaise, quand il entre, en juillet, dans la Résistance. Il est au B.M.A. 17 de Toulouse et, à partir de septembre 1942, dirige le T.R. 117 de Toulouse, jusqu'en février 1943.

Dans le Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°106, Paul Paillole écrit: "Il était droit, dévoué et travailleur. Ses idées étaient nettes et saines. Un regard très bon derrière de grosses lunettes.

Un matin de fin novembre 1942, il m'avait donné la mesure de son sang-froid. Tandis que nous bavardions près de la fenêtre de son bureau et que le pauvre Michel Reynard s'affairait autour d'un poste radio émetteur récepteur compliqué, une Citroën noire de la Gestapo s'était installée avec des appareils radiognoniométriques devant notre porte. Calme, Proton faisait partir Reynard et sa femme, mettait dans sa poche les documents et les objets les plus compromettants, et filait...à l'anglaise.

A quelques jours de là je le revis toujours maître de lui, appliqué et sérieux. J'orientai sa mission principale vers l'Espagne et les liaisons avec l'A.F.N. Il prenait les contacts qu'il fallait avec tact et prudence, s'assurait facilement les concours nécessaires, car il donnait l'exemple du courage et du désintéressement. Malgré la présence de l'ennemi aux Pyrénées, il organisait ses filières, aidait les passages des hommes et des renseignements. En bref, il dirigeait avec intelligence son poste de C.E. Tandis que son chef direct, Daubray, envoyé d'urgence en Afrique depuis octobre 1942, était affecté à une autre mission.

Ainsi livré à lui même jusqu'à la fin de l'hiver 1942, Proton affirmait une autorité et une technique dont l'ennemi n'ignorait plus les effets. Une imprudence de l'un de ses subordonnés devait amener l'arrestation de son précieux adjoint Michel Reynard*. Verneuil, pour lui éviter le pire, le mit en sommeil et l'abrita hors de son champ d'action méridional.

Mais Proton aimait trop la France et son métier pour rester inactif. Conscient de l'insuffisance de nos moyens de contre-espionnage dans le Nord-Ouest, il sollicite à plusieurs reprises l'honneur d'y constituer un nouveau réseau. Il finit par vaincre les hésitations de Verneuil et, en juillet 1943, il quitte de nouveau sa nombreuse famille pour se consacrer entièrement à sa dangereuse mission. Très rapidement "Oeillet" est créé.  Il envoie des courriers de renseignements impressionnants: identification d'agents ennemis, informations d'ordre militaire et de contre-espionnage, etc. En même temps il aide à l'implantation des Services de Sécurité Militaire Précurseurs.

Hélas, il est implacablement traqué.

La Gestapo retrouve dans l'Ouest la trace de l'homme qu'elle cherche vainement depuis de longs mois."

Arrêté au cours d'une mission, au titre des S.M. Précurseurs, le 8 mars 1944, au Mans, "il fut considéré à tort par le S.D. comme membre du réseau Alliance et confié à la Gestapo de Strasbourg chargée de centraliser les affaires Alliance," dit le colonel Bernard (Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°162).

Déporté, il est massacré au bord du Rhin par la Gestapo avec une dizaine de détenus de sa prison, le 23 novembre 1944, et son corps  jeté dans le fleuve. Le dernier de ses six enfants a quelques mois.

 Déclaré "Mort pour la France", Louis Proton sera nommé capitaine à titre posthume et chevalier de la Légion d'Honneur; il recevra la Croix de Guerre et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation: "Officier de haute valeur morale, prêt à tout sacrifier pour son Pays"

 

Références: Dossier du SHAT;  "Le Service de renseignements  1871-1944" de Henri Navarre, p.258 (Ed. Plon, 1978); L'ORA" du colonel A. de Dainville (Ed. Lavauzelle, 1974); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°6, p.35, n°106, p.16, n°162, p.19.


PUNTIS

Léontine

 

Voir: BORDES Léontine

 

 

 

PY

Juliette

 

Voir: ROUX Juliette


 

 

 
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