logofb

 

 
 
line decor
Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
line decor
 

 


 
 
 

 
 
MEMORIAL NATIONAL A.A.S.S.D.N. / Ramatuelle - Var ( Livre d'Or )
Biographies des Noms gravés sur le Monument: Da-De
 

DARGENT

Maurice, Lucien

Pseudonymes: MICHEL, GRANJAN

 

 

Né le 22 janvier 1910  à  Amiens (Somme) de.... Epouse: Denise... Profession: gendarme Décédé le 15 mai 1945 (d'après le Secrétariat d'État aux Forces Armées)   "disparu" le 2 février 1943 (d'après le  ministère des Anciens Combattants)

 Réseau: S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Militaire d'active, dans la Gendarmerie, Maurice Dargent , qui parlait l'allemand, a fait la guerre de 1939-1940, a été prisonnier du 17 juin 1940 au 23 novembre 1941. Il a ensuite poursuivi sa carrière en service à Marseille, jusqu'au 31 octobre 1942,  et est entré dans  les Services Spéciaux comme agent radio (T.R. 117 bis, à Perpignan).

Le colonel Bernard (Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°103) donne les précisions suivantes: "Le premier coup dur sur T.R. 117 s'est déroulé de la façon suivante: Terres est arrêté sous le nom de Tessier. Le sergent chef Dargent donne l'alerte, mais va au garage où Terres a laissé sa voiture avec ses véritables papiers d'identité, le plan de travail du poste radio et divers papiers de service... Il est surpris avec un autre sous-officier par les Allemands, il tire, mais est capturé "(15 décembre 1942, à Toulouse).

Il résiste alors à la torture et ne donne aucun renseignement à ses bourreaux.

Il est déporté  le 16 septembre 1943 à Buchenwald, puis au camp de Lublin, en Pologne, où sa trace se perd en 1944. La date de sa mort est incertaine. Il a un enfant de treize ans au moment de sa disparition.

Déclaré "Mort pour la France", Maurice Dargent sera cité à l'ordre du régiment et recevra la Croix de Guerre 1939-1940 avec étoile de bronze.

 

*

Citation :"Malgré l'arrestation de son chef de poste et les dangers encourus, n'a pas hésité à se rendre dans un endroit qu'il savait surveillé par la police allemande, pour sauver des documents. A eu une attitude exemplaire, malgré les tortures qui lui ont été infligées n'a communiqué aucun renseignement aux services allemands".

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.26, n°21, p.19, n°103, p.7


DAROUX

Jean, Robert

 

 

Né le 5 juillet 1919  à  Sotteville- les-Rouen (Seine-Maritime) de Robert Daroux  et de  Germaine Briand Epouse:  Germaine Lemarie Profession: militaire d'active Décédé le  20 avril 1945  à  Bergen Belsen 

Réseau: S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Durant la guerre 1939-40, Jean Daroux, jeune licencié en droit, parlant l'anglais et l'allemand, fut à l'intérieur du 16 avril au 21 juin 1940, puis aux Armées à partir de cette date. Du 6 mai au 3 septembre 1940, il a suivi le cours du G.S.E.A.R. de Périgueux.

Entré en service actif dans les Services spéciaux en octobre 1943., il recueille dans la région de Périgueux de nombreux renseignements sur la Gestapo et les mouvements de troupes des Allemands.

Arrêté au cours d'une mission le 10 mai 1944, il est déporté le 4 juin 1944, et meurt à Bergen Belsen, le 10 avril 1945. Il a 25 ans, est père de trois enfants.

Jean Daroux sera déclaré "Mort pour la France".

 

*

Citation: "A fourni de nombreux renseignements sur les mouvements de troupes allemandes ainsi que sur la Milice et la Gestapo dans la région de Périgueux".

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°21, p.19


DAUM

Paul

Pseudonymes: DAN, LE COLONEL

 

 

Né le 28 octobre 1888  à  Nancy  (Meurthe et Moselle) de Auguste Daum  et de  Jeanne Constantin Epouse: Jacqueline, Cécile Baudry Profession: officier de l'armée de l'Air (à la retraite), ingénieur, président de la Fédération des Verreries Décédé le 19 février 1944  à  Sarrebruck (Allemagne)

Réseaux: S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber,  Roy (mission Lenoir)

 

Petit fils de Jean Daum, le fondateur d'une dynastie de verriers connue ("Cristalleries de Daum"), le colonel d'aviation Paul Daum, ingénieur,  était président de la Fédération des Verreries et président de l'Aéro-Club  de l'Est.

Il avait fait la guerre 1914-1918 au 39e régiment d'artillerie, observateur à l'escadrille F.35, comptant de nombreuses heures de vol et prouvant un grand courage.

En 1915 en effet, il avait été cité à l'ordre de la Division en ces termes: "A fait preuve du plus beau courage en déplaçant son poste d'observation sous le feu de  l'ennemi. A été blessé"  (à la joue droite). Il est dit (citation à l'ordre du détachement de l'armée de Lorraine) qu'"il a tenu tête à six avions ennemis et les a empêchés d'effectuer leur bombardement, son avion atteint par plusieurs balles."

En 1917, nouvelle citation à l'ordre de la Division, pour son action du 14 juillet: "Observateur de premier ordre. Chargé de contre battre une pièce à longue portée a engagé bravement le combat contre deux avions ennemis, a abattu l'un d'eux et a eu son appareil atteint. Déjà blessé et deux fois cité."

Enfin, en 1918, deux citations encore (à l'ordre de la Division) disent sa valeur: "Commandant d'escadrille ardent et brave, donnant chaque jour à ses pilotes les plus beaux exemples de sang froid et d'allant. S'est distingué le 16 mars en menant une opération avec une remarquable méthode et une très belle énergie. (A l'ordre de l'Armée) "Commandant d'escadrille d'une bravoure à toute épreuve et d'un admirable entrain, a donné pendant cinq mois les plus beaux exemples à son unité en exécutant lui-même les missions les plus périlleuses, notamment les 16 et 17 mars et le 12 avril 1918. Chef ardent, merveilleux entraîneur d'hommes."

 Promu sous-lieutenant en 1918, puis lieutenant en 1919, il devait être élevé au grade de capitaine de réserve en 1930.

En août 1939, lors de la mobilisation générale, il habitait Marseille, où il fut affecté à  l'état-major de la 3e Région Aérienne, avant d'être, en août 1940, affecté au Centre de regroupement de Lescar, avec le grade de colonel.

Quand il s'engage dans la Résistance, deux mois après sa démobilisation, le 1er octobre 1940, il habite à Paris, 62 Bd Malsherbes, avec sa famille. Ses quatre filles sont encore jeunes: Sophie, 14 ans, Marianne, 12 ans, Florence, 11 ans, Louise, 9 ans.

Il est adjoint au chef de son réseau, l'abbé Georges Lapouge.

Arrêté le 24 février 1943 , à son bureau de la Fédération des Verreries, 32 rue de Paradis, à Paris Xe, il est interné à Fresnes, puis déporté le 3 décembre 1943 au camp de Sarrebruck-Sarreguemine (camp de Neue Bremm). Il y meurt le 19 février 1944.

Le colonel Paul Daum, déclaré "Mort pour la France", sera élevé au grade de commandeur de la Légion d'Honneur et titulaire de la Croix de Guerre avec palme.

 

*

Lieu de mémoire: Le nom de "Colonel Paul Daum" a été donné en 1950 à l'ancien chemin des Grands-Moulins ainsi qu'au pont situés aux abords de la cristallerie familiale, à Nancy.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; archives du SHAA; journal "Les Ailes", n°985, 2-12-1944; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


DECHY

Maurice

 

 

Né le 8 avril 1906  à  Neuilly sur Seine de Edmond, Louis Dechy  et de  Suzanne Lesur Epouse:  Georgette Maillot Profession: agent de police Décédé le  2 octobre 1943  à Suresnes (Mont Valérien) 

Réseaux: Honneur de la Police, Alibi, groupe AV (Armée des Volontaires); S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Agent de police, Maurice Dechy est entré dans la Résistance en décembre 1940, dans l'Armée des Volontaires (en liaison avec Honneur de la Police), après avoir été contacté par Nedellec, Peltier, Piednoir. Dans les réseaux Alibi et Maurice (à partir du 1er janvier 1942) il travaille  sous les ordres du lieutenant colonel Charaudeau , comme sous-lieutenant chargé de mission. Il fournit de nombreux renseignements d'ordre militaire, transmis à Londres, distribue des tracts et des journaux clandestins, accomplit des missions de sabotage.

Soupçonné par les Allemands, il doit quitter son poste dans la police et sa famille (il a un enfant) pour gagner le maquis.

Devenu agent P2 dans le S.S.M.F./T.R., il est arrêté par la Gestapo en avril 1943 (le 15 ou le 30 avril, ou le 1er mai, un Jeudi saint), lors d'une mission à Vichy ou dans la région. Emprisonné à Moulins, il est transféré au fort de Romainville le 30 septembre 1943 et fusillé au Mont Valérien le 2 octobre 1943. (Dans son dossier du Bureau Résistance, une note de 1956 dit qu'il aurait été fusillé comme otage?). Incinéré, ses cendres seront déposées au cimetière du Père Lachaise, à Paris.

Dans la proposition pour la Légion d'Honneur du réseau Alibi, il est attesté que Maurice Dechy, déclaré "Mort pour la France", fut "un agent de renseignement de grande valeur. Dans des conditions difficiles n'a jamais ralenti son ardeur à la cause de la Police... Patriote ardent, ayant lutté sans défaillance contre l'ennemi, jusqu'au sacrifice suprême."

Il recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance;  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.26; n°21, p.19


DEHENNIN

Joseph, Laurent

Pseudonyme: JEF

 

 

Né le 15 avril 1904  à  Hougaerde (Brabant) (Son fils écrit: Hegaarde) Nationalité belge Epouse: Elisabeth Pieren Profession: commissaire de police judiciaire Décédé le 18 octobre 1943  à  Dortmund 

Réseaux: S.S.M.F./T.R. , C.L.V., C.D.L.L. (Ceux de la Libération)Agent P1 puis P2

 

Joseph Dehennin  était belge, commissaire de police judiciaire à Bruxelles. C'était un homme de 1m75, aux yeux bleus et au teint basané.

Titulaire d'un diplôme de criminologie et de police scientifique, il était, de plus, expert comptable et parlait  français, flamand, allemand et anglais.

Lors du repli de l'armée belge,"rapatrié à Bruxelles, fin juillet 1940, dit Paul Paillole, il exerce les fonctions de procureur du roi". Il se met à la disposition des services français, travaillant d'abord pour Gérar Dubot (B.C.R. 2/12), entrant ensuite en rapport avec le bureau de Limoges: Martineau et Courtaud. Celui-ci expliquera que Joseph Dehennin " entra à la Sûreté de l'État comme commissaire et profita de sa situation pour aider de toutes ses forces la Résistance française. Il s'acquitta de cette tâche avec beaucoup d'intelligence et malgré des avertissements réitérés et des perquisitions, il continua à fournir des renseignements, méprisant le danger, malgré ses deux enfants en bas âge." (Daniel quelques mois, Nadine deux ans et demi.)

"En juin 1940, selon une note figurant dans son dossier du Bureau Résistance, il fournissait à Courtaud des renseignements politiques et militaires:

1)  Rapports sur les divers partis politiques et militaires, sur les divers partis belges travaillant avec les nazis: effectifs, noms des chefs et de certains adhérents.

2)  Nom de plusieurs agents belges de la Gestapo, ce qui permit leur arrestation en zone libre française.

3 )  Renseignements sur les mouvements des troupes allemandes, leurs cantonnements; les champs d'aviation et dépôts de matériel avec plans destinés à faciliter les bombardements de ces emplacements."

"La quasi-totalité de la gendarmerie belge participe à son travail de C.E. , dit Paul Paillole, Hélas! comme beaucoup d'autres, il acceptera trop de charges en marge de sa mission. Lancé à corps perdu dans l'action résistante, Dehennin est en contact à Londres avec l'I.S. et avec le ministre belge Paul Henri Spaak. Ce n'est pas tout. Il demande à T.R. 112 de l'aider à organiser des filières pour permettre l'évasion d'officiers belges vers le Congo et de pilotes anglais vers l'Espagne et vers le Portugal. Comment endiguer ce torrent, éviter la multiplication des risques? C'est impossible. Dans ces premiers mois de l'occupation, les organisations de lutte sont rares. Celles qui semblent structurées sont sollicitées aux fins les plus diverses et les plus nobles."

Dans la note du Bureau Résistance, il est dit qu'en septembre 1941, il devait communiquer un rapport du général de la Laurencie et d'autres rapports sur des questions coloniales françaises (Martinique et Guadeloupe) qu'il montra à Courtaud, mais qu'il ne put lui remettre au complet du fait de son arrestation.

Paul Paillole écrit: "En octobre 1941, c'est une partie de notre réseau belge qui saute. Son chef Dehennin est arrêté avec huit de ses camarades. Ils sont victimes d'un provocateur; sans doute le même que celui qui a vendu le réseau Genotte. Ces arrestations entraînent celle de Ansot*".

Arrêté sur dénonciation, le 17 octobre 1941, à son domicile, devant sa femme, Joseph Dehennin est d'abord  interné à Saint-Gilles, jusqu'au 30 janvier 1942, puis déporté à Cologne et à Esterwegen, d'après une note du Ministère de la Défense  (d'autres papiers de son dossier indiquent, après Saint-Gilles: Koln, Bochum et Wuffertal). Interrogé à Cologne, il ne peut nier ses activités, des pièces à conviction ayant été saisies lors d'une perquisition chez son père; il avoue qu'il recevait les ordres d'un officier français dont il ne connaissait que le pseudonyme et pas le véritable nom.Jugé et condamné à mort vers  août ou septembre 1943,à Pelenberg, il est décapité à Dortmund.

Chevalier de l'ordre de Léopold avec palme, il recevra la Médaille de la Résistance (française), la Médaille commémorative de la guerre 1940-1945 et la Croix de Guerre avec palme.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; SHAT (Archives Paillole, dossier "Affaire Martineau"; "Services Spéciaux" de Paul Paillole, p. 261 et 332 (Ed. Robert Laffont, 1975); Mes "Mémoires" de Jean-Emile Rigaud (Voir A.A.S.S.D.N.)Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.26


DELAMOTTE

René, Gabriel

 

 

Né le 20 octobre 1898  à  La Flèche (Sarthe) de René, Pierre Delamotte  et de  Adélaïse Fontaine Epouse: Madeleine Maridu Profession: architecte Décédé le 2I avril 1945  à  Cham (Allemagne) 

Réseaux: S.S.M.F./T.R., Vénus du S.R.Kléber, MangèsAgent P2

 

rRené Delamotte, qui était architecte, fut requis en 1940 comme conducteur de travaux au Génie rural à Bordeaux et Angoulême. Il avait trois enfants: Norbert, Alain et Michel.
Madame Delamotte écrit en 1947 qu'il a été "arrêté le 20 novembre  1943  (comme terroriste) par la Feldgendarmerie d'Angoulême, après une première arrestation par la police judiciaire huit jours avant. Il devait être relâché vers fin mars, l'arrestation ayant été provoquée pour détention d'armes - qu'il avait toujours eues en sa possession depuis deux ans."  Mais, après enquête des Allemands, il fut jugé le 7 février 1944 ,à Breslau, comme espion, et condamné aux travaux forcés à perpétuité. On l'emmena alors à la prison de Brège (Silésie), dit son épouse, "ensuite prison d'Eger (Tchécoslovaquie), pour finir au camp de Flessenburg, d'où il partit en colonne, le 19 avril 1945, et fut abattu le 21 avril 1945 en bordure de la route, dans la forêt de Bavière, à 40 km  de Cham."

Madame Delamotte n'apprendra que son mari faisait partie du réseau Kléber qu'aprés sa mort, par un ami déporté qui lui a certifié l'avoir connu.

René Delamotte sera déclaré "Mort pour la France" et revevra la Médaille de la Résistance.

 

Références:  Archives du Bureau "Résistance"; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


DELAUNOY

Michel, Marie, Jacques

Pseudonyme: BERTHIER

 

 

Né le 26 mai 1921  à  Gagny  ( Seine- Saint-Denis) Célibataire Profession: officier d'active (Saint Cyr, promotion 1942) Disparu en mars 1945, officiellement décédé le 8 mai 1945, à Bergen Belsen

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., Marco du S.R. KléberAgent P2

 

Michel Delaunoy, né dans une famille de huit enfants, fait Saint-Cyr en 1942 et entre, à 22 ans, en septembre 1943, à L'ORA, dans une école de cadres du maquis, puis, le 15 janvier 1944, dans le réseau Marco, comme agent itinérant de renseignements militaires, spécialement chargé du secteur côtier de Normandie-Bretagne (plus particulièrement responsable du Calvados), jusqu'au débarquement du 6 juin 1944, puis des arrières ennemis jusqu'au 15 juillet 1944.

D'après Guy Jousselin de Saint-Hilaire, il a été recruté par Guy Vaillant, l'adjoint de Joyeux (de Saint Hilaire), et fait partie de l'équipe de Huteau. Il est de la première équipe d'agents de renseignements du réseau Marco basée au Mans.

Dans son mémoire, Emmanuelle Robert rapporte ainsi un exemple de mission effectuée par Michel Delaunoy dans le Calvados: "Elle dure une semaine, du 6 au 14 mars 1944. Son itinéraire est le suivant: départ d'Argentan le 6 mars où il passe une journée, arrivée à Falaise le 7. Le lendemain il oriente ses recherches sur la route de Falaise à Caen. Les 8 et 9 mars, il s'installe à Caen. Il gagne Bayeux le 1O et Saint Lô le 11 mars. Dans la journée du 12, il prospecte Coutances et Villedieu-les-Poeles et termine enfin sa tournée le 13 à Vire, puis retour le 14 mars. Cette tournée d'une semaine est faite à bicyclette, il parcourt une distance d'environ 200 km."

Le commandant Lochard dit que Delaunoy, chargé d'une mission dangereuse de liaison dans l'Est, le 22 juillet 1944,  est arrêté par la Gestapo, à Besançon , plus vraisemblablement lors de son retour de Besançon à Dijon.

D'après Guy Jousselin de Saint-Hilaire, le 25 juillet, après être passé à la boîte aux lettres du secteur (café de Lyon à Belfort), il disparaît. Il aurait été arrêté le 26 par la Milice, porteur de courrier, et livré à la Gestapo.

Son père écrit: "Michel a été arrêté en gare de Dijon, avec M. Thibaud qui, libéré, m'a fait parvenir ces renseignements. Ils ont quitté Dijon le 18 août pour le camp de Natzweiller, où ils sont restés dix jours, puis ont été envoyés dans un kommando de travail à Chömberg. Michel a été dispensé plusieurs fois de travailler sur le chantier pour raison de fatigue et a été désigné pour quitter le kommando parce que jugé incapable de faire 30 km par jour en cas d'évacuation; il a été dirigé sur le camp de Bergen en mars 1945."  Guy Jousselin de Saint-Hilaire dit qu'il a quitté Chömberg le 10 mars 1945 par un convoi de quatre wagons et qu'on perd là sa trace.

Les notes de l'administration, elles, retiennent pour date de décès le 25 juillet 1944.

 

Références:  Archives du Bureau "Résistance"; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4; "Le réseau Marco du S.R. Kléber" de E. Robert, mémoire de maîtrise d'histoire, Université Paris I, Oct. 1996; mairie de Gagny (Seine-Saint Denis)


DELCROIX

Marcel

Pseudonymes:  BENJAMIN, CAVIAR ET STURGEON

 

 

Né le 14 août 1897 à Wattrelos (Nord) de Achille Delcroix  et de  Elisa Rysman Epouse: Raymonde, Louise Foulon Profession: menuisier Décédé le 17 septembre 1943 à Dortmund

 Réseaux: S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber, AliFranceAgent P2

 

Marcel Delcroix n'avait que dix sept ans quand, s'étant  évadé des régions occupées,  en 1915, il a rejoint Boulogne, par la Hollande puis l'Angleterre, et s'est engagé pour la  durée de la guerre. (15e régiment d'artillerie de Douai). C'était un grand jeune homme de 1m8O, aux yeux bleus. Campagne de France, campagne d'Italie, gazé en 1918,  sa conduite lui valut la Croix de Guerre.

La paix revenue, jeune marié, il dirigeait une entreprise de menuiserie dans sa ville natale, Wattrelos.

Mobilisé en 1939 (12e régiment régional de Lille, 12e compagnie), il fut à nouveau décoré de la Croix de Guerre et cité à l'ordre de la Division. Fait prisonnier le 4 juin 1940 à Dunkerque, avec son chef, le capitaine Marc Richardot, il faussa compagnie à ses gardiens et rentra chez lui, cette fois en Belgique, 150 chaussée de Dottignies, à Estaimpuis.

Les documents d'archive le concernant laissent penser qu'il  entre dans la clandestinité sans attendre, mais c'est un homme très prudent, qui ne fait pas étalage de ses faits et gestes devant les personnes qu'il côtoie et a sans doute même recrutées. Un de ses hommes dira après la Libération: "Marcel a emporté en mourant tous ses secrets...Nous ne savons même pas encore quel était le réseau qu'il commandait et, comme les absents ont toujours tort, les survivants veulent s'accaparer son travail."

D'après un formulaire rempli par Mme Delcroix en 1946, on sait qu'il travaille très tôt dans le Nord de la France pour le réseau AliFrance (service de renseignements interallié); il est cofonfateur (avec J. Dubar, Paul Joly et J. Verbert) de ce  réseau d'évacuation vers la zone libre. Chef de secteur et agent de renseignement, il est  domicilié 5 rue Pasteur à Wattrelos à partir de juillet 1940.

Dans un certificat délivré en 1946, il est dit "fondateur du mouvement Action 40 Résistance Nord, ayant participé à la formation de groupes Corps Francs dans la région du Nord et en Belgique (frontière belge), en liaison avec Bruxelles, liaisons par Madrid avec Londres, liaisons avec Châteauroux - passage en zone libre de soldats alliés et français, officiers et hommes; renseignements militaires, formation d'une ligne (filière?); récupération d'armes et de munitions, etc."

 Ces faits sont également attestés par le Dr. Guislain, officier liquidateur du mouvement Action 4O. Ce dernier cite les "gens du mouvement connus dans la clandestinité": le colonel Manhés, MM. Barré, Bourquillon et L. Cassette, de Roubaix, M.Masselin et de Herseaux en Belgique, Dhellemmes, de Douai, Chequi, de Lens, Spriet, de Tourcoing, Guévart, Droguet, Lerat, G. Boom, Bauvers, R. Delaval, H. Bossut, R. Bourel, Laveau, Hellinch, J. Delvallée, Mlle Nelly Devienne.

Dans ce mouvement, le pseudonyme de Marcel Delcroix aurait été "Caviar et Sturgeon".

Georges Raepzaerdt, boulanger pâtissier à Roubaix, recruté par Marcel Delcroix, rapporte les activités qu'il connaît:

"Delcroix, agent S.R., alias Benjamin, était en correspondance avec Mme Perrusson, domiciliée Clos Garnier par Saint Bauld (Indre et Loire), avec M. Péon, curé de Drache, avec M. Goupil, médecin vétérinaire à La Haye des Cartes (probablement Descartes en Indre et Loire), qui faisaient parvenir les renseignements à .M. Maurice Garçonnet, hôtel des Faisans à Châteauroux. Le courrier était expédié par moi-même, sous le nom de Cousin Paul, et les papiers authentiques étaient expédiés aussi à M. Maurice Garçonnet. Nous avons d'ailleurs expédié un viseur de nuit de Messerchmitt 110, récupéré sur un avion allemand abattu et apporté à Delcroix. Il était en outre en relations étroites avec Georges Bodin au Bois d'Aix, commune d'Abilly, père de neuf enfants et fusillé sur place par les Allemands."

Les faits seront exprimés de façon plus claire par le commandant Husser, chef du Poste P3 A de Châteauroux,  rattaché au réseau Kléber, qui écrit (1947): "Marcel Delcroix a été recruté par moi en 1940 (agent P2 à partir de novembre 1940), comme passeur de prisonniers alliés et français évadés. Dès le début 1941, il a été invité à cesser le métier de passeur pour se consacrer uniquement à la recherche de renseignements." Ses capacités sont soulignées par le commandant Husser qui cite, parmi ses résultats "bien au dessus de la moyenne habituelle..., le mérite insigne de pénétrer entre autres:

- à la S.N.C.F. de Lille, pour fournir tous les TCO secrets avec identification et les documents se rapportant au rapt de nos ressources locales;

- au GQG du XV AOK, pour fournir des documents secrets d'une valeur inestimable sur l'identification, la composition, la valeur des grandes unités de cette armée.

C'est grâce à lui, dit-il, que nous avons obtenu les premiers renseignements par documents secrets sur le dénouement de la campagne de Russie; en particulier, il nous a fourni une étude sur les enseignements à tirer et leçons à retenir de la campagne en Ukraine, faite par le service de l'Intendance, de Santé et Vétérinaire."

Et il conclut ainsi: "En résumé, Marcel Delcroix a été un de mes agents les plus valeureux. Il est tombé dans les griffes de la Gestapo, non par faute professionnelle, mais par la découverte d'un organisme  de propagande où il était allé relever des tracts."

Marcel Delcroix est arrêté par la Gestapo (ou la gendarmerie allemande) le 4 (ou le 2) mai 1942, à son domicile (à Estaimpuis en Belgique, d'après un document  du Bureau "Résistance" et des documents allemands), puis interné à la prison de Loos jusqu'au 22 octobre 1942. Il est ensuite à la prison de Saint Gilles jusqu'au 10 novembre 1942. Déporté à Essen, Bochum, puis Dortmund, il est jugé  au cours des séances des 13 et 14 avril 1943 par le tribunal du Peuple, 2e Sénat, avec quinze autres accusés, dont Robert Delaval. Les documents du tribunal révèlent ce que les Allemands savent ou croient savoir, car de telles sources sont toujours à prendre avec une extême circonspection. Voici un extrait de ces textes allemands:

"En 1941, en France du Nord et en Belgique se sont constitués des mouvements de résistance dans le but d'aider les troupes anglaises et gaullistes débarquant sur la côte atlantique à chasser les troupes allemandes.

Des groupes de résistants furent formés et l'on fit des plans pour se procurer des armes.

Des tracts furent imprimés et diffusés pour préparer la population à la lutte et la gagner à la cause: exemples "La Libre Belgique" et "La Voix de la Nation" en France du Nord.

Delcroix, âgé maintenant de 45 ans, marié, citoyen français, a suivi les cours d'une école industrielle et a été propriétaire d'une entreprise de construction à Estaimpuis en Belgique, près de la frontière française.

En août 1941, il fit connaissance, au café Baré de Roubaix, du nommé Delaval et prit part à la formation d'un groupe de résistance gaulliste. Il assurait la liaison entre Delaval et la nommée Devienne, qui réalisait la feuille dénommée "La Voix de la Nation".

Il se rendit par deux fois à Bruxelles avec Delaval et Varrasse pour des entretiens avec Van Dorre et Van Gute qui appartenaient à l'organisation de Résistance de Bruxelles.

Fin 1941, il apprit que le professeur de mathématiques Van Comelbeke, d'Estaimpuis, détenait un appareil émetteur radio abandonné par les troupes belges lors de leur retraite; il demanda à Van Comelbeke de le lui remettre et le mit en dépôt chez le nommé Henneuse (de Roubaix).

Par deux fois il reçut de Delaval des rouleaux de papier contenant des renseignements à caractère politique et économique.

Il s'était présenté à Delaval comme officier du 2e Bureau.

Fin 1941, Lavaud apprit d'un correspondant qu'il avait mis au point un modèle de torpille et qu'il avait montré ses plans au ministère français de la Guerre à Paris début mai 1940. N'ayant pas reçu de réponse des Français, par suite des événements, il cherchait à vendre son invention. Lavaud en fit part à Paul Deltête qui se présenta avec Delcroix au bureau de Lavaud. Delcroix affirma en présence de l'inventeur qu'il avait la possibilité de faire vérifier si les Anglais étaient déjà en possession du brevet de cette torpille. Il se fit donner les numéros des documents enregistrés au ministère de la Guerre et les nota sur une feuille de papier. Puis il les donna à Delaval."

Jugé pour "espionnage et complicité avec l'ennemi", Marcel Delcroix est condamné à mort et décapité le 17 septembre 1943. Ses cendres seront rapatriées en 1948 et une inhumation aura lieu au cimetière de Rouges- Marcq-en -Baroeul.

Il sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Croix de guerre avec palme et la Médaille de la Résistance. Le gouvernement belge lui a décerné la Médaille commémorative de la guerre 1940-1945 et l'a nommé chevalier de l'Ordre de Léoplod II avec palme.

 

*

Citation:  "Agent de renseignement en territoire occupé. Résistant de la première heure, animé du patriotisme le plus fervent, très actif, a fait évader de nombreux Français et alliés. A entraîné dans la voie de la Résistance de nombreux Français. A été un bon agent de renseignement. Arrêté, déporté, a été condamné par le tribunal de Bochum le 16 avril 1943 à la peine de mort. Est disparu depuis cette date."

 

*

 

Lieu de mémoire: une plaque commémorative a été apposée sur le mur du cabinet du Dr. Guislain, 55 Bd Gambetta à Roubaix, rappelant la raffle effectuée par la Gestapo. Il y est écrit: "Français, souviens-toi, ici le 3 mai 1942, 17 patriotes du réseau "Action 40" ont été arrêtés par l'ennemi." Parmi les noms qui suivent, figure celui de Marcel Delcroix.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Archives nationales.


DELFOUR

Eloi, Louis

 

 

Né le 19 juillet 1898  à  Frontenas (Lot) de Jean-Baptiste, Philibert Delfour  et de  Héloïse Fargues Epouse:  Léotitia Lutun Profession: employé des Postes Décédé le  28 avril 1946  à  Paris 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R.Kléber (Poste P2 du S.R. Guerre clandestin)Agent P2

 

Engagé volontaire en novembre 1916, Eloi Delfour a reçu la Croix de Guerre avec deux citations pour son action au cours de la guerre 1914-18.

En 1939-40, il s'est encore brillamment conduit et se met, dès les premiers jours en relation avec la Résistance.

Divorcé de Louise Delaye, il s'est remarié avec Léotitia Lutun (employée) et a deux enfants. Le premier est né en 1915, le second l'année même  du début de son activité pour le Poste P2 du S.R. Guerre: 1941.

Sa profession d'employé des Postes ambulant facilite son rôle d'agent de renseignement, de liaison et de transmission. Son épouse dit que son action résistante  était quotidienne, même pendant ses congés des P.T.T. au cours desquels il effectuait des missions de recherche de renseignements militaires.

Il  assure en effet l'acheminement régulier de courriers spéciaux à travers les lignes ennemies. Volontaire, en outre, pour des missions particulièrement dangereuses dans la région lilloise , il fournit, sur l'ordre de bataille ennemi dans cette zone, des précisions d'une valeur indiscutable.

Le liquidateur du S.R. Kléber précise que, arrêté à Paris (à son domicile: 8 rue du Loing, XIVe), le 22 février 1943 "à la suite de dénonciations effectuées par plusieurs agents doubles, dont certains ont été depuis condamnés à mort et même exécutés, et de renseignements recueillis au cours d'enquêtes de police et de perquisitions, M. Delfour fut identifié par la police allemande comme agent actif d'un réseau de renseignements clandestin, le S.R. Kléber. La Gestapo ayant effectué en janvier et février 1943, une série d'arrestations, M. Delfour se trouva du nombre et, de ce fait, arrêté et inculpé d'espionnage contre l'Allemagne".

Dans la proposition pour la Croix de Guerre il est ajouté qu'"il a supporté sans faiblir les tortures les plus pénibles".

Interné à Fresnes, puis déporté le 28 novembre 1943 à Sarrebruck, Buchenwald, Natzwiller et Dachau. Il en reviendra le 16 mai 1945, mais pour mourir quelques mois plus tard d'une affection imputable à la déportation.

Eloi Delfour a reçu la Médaille de la Résistance.

 

Références:  Archives du Bureau "Résistance; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


DELMAS

Jean

 

 

Né le 1er octobre 1908 Epouse: Eva Bernard Profession: officier de gendarmerie (Saint-Cyr, promotion 1928-1929) Décédé le  9 décembre 1944 à  Melk (Autriche)  

Réseau S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Fils d'un officier de gendarmerie, Jean Delmas est entré à Saint-Cyr le 6 octobre 1928. "A  la sortie de l'École, dit son camarade d'École et ami le colonel Bernard, nous avons tous deux choisi une affectation au 16e Bataillon de chasseurs à pied (Metz puis Saint Avold). Nous avons servi tous deux à ce bataillon pendant cinq ans, jusqu'au jour où Delmas a été reçu à l'École de gendarmerie (Versailles)...Il s'était marié avec Mlle Eva Bernard, fille d'un notaire de La Réole.

A sa sortie de l'École de gendarmerie, il choisit la Garde mobile et effectua à ce titre  de très nombreuses missions de maintien de l'ordre car, à l'époque, les escadrons de la Garde mobile effectuaient fréquemment plus de deux cents jours de déplacements par an.

En 1939 l'escadron de Delmas (capîtaine depuis 1938) donna naissance à un Groupe de reconnaissance divisionnaire. Delmas se montra brillant au feu. J'ignore à quelle date il fut nommé capitaine, mais je sais qu'il avait été cité au moins une fois ou deux.

Après l'armistice, il fut choisi pour un poste jugé, à l'époque, particulièrement honorifique: le commandement de la Garde personnelle du Maréchal."

En novembre 1942, Delmas avait toujours ce commandement, "mais cette fonction lui pesait. Je lui ai expliqué combien notre métier était passionnant et il a décidé de nous rejoindre, ce qu'il fit quelques jours plus tard."

Le 11 septembre 1942, Verneuil affecta Jean Delmas au T.R. 117, à Toulouse. " Il y servit sous les ordres du capitaine Roger (arrêté le 14 juin 1943) puis du capitaine Bonneval (arrêté le 30 novembre). Il prit alors la direction du poste..., puis, entièrement grillé dans son secteur, il fut obligé de changer d'air".

Au printemps 1944, Jean Delmas, chef d'escadron,  "se retrouva affecté à l'État-major de son arme, dans le brain-trust (dirions-nous aujourd'hui) du sous-directeur de la Garde, le lieutenant-colonel Rémi Robelin*", qui était le frère d'un de ses camarades de promotion à Saint-Cyr et le beau-frère du commandant Paillole.

"Mais le 7 juillet 1944, la Gestapo de Vichy, accompagnée de miliciens et de la brigade française de la Gestapo (équipe Batissier) procéda à une rafle brutale à l'hôtel "Radio", siège de l'Etat-Major de la Garde. Bilan: 50 arrestations dont une vingtaine concernant des officiers appartenant effectivement à la Résistance et, parmi eux, Robelin et Delmas."

Le 7 juillet, dit  le colonel Claude Cazals dans son livre paru en juin 1987 (une synthèse en est parue dans le Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°186, p.12), tous les officiers se trouvent à Vichy au siège de la Gestapo. Le 9, ils sont conduits à Clermont-Ferrand. Les aveux sont obtenus tant par la guerre des nerfs que par la torture.

"Le capitaine Delmas, dit le colonel Bernard, survécut aux interrogatoires et fut déporté au sinistre camp de Mauthausen. Affecté au non moins sinistre Kommando de Melk, il y décédera, quelques semaines plus tard d'un érysipèle dégénérant en gangrène."

Jean Delmas recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Service historique de la Gendarmerie; "Services Spéciaux" de Paul Paillole, p.503 et 514; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°57, p.3, n°103, p.7, n°186, p.12; "les Gendarmes dans la Résistance" de Pierre Accoce (Ed. Presses de la Cité, 2001)


DEMENGE

André

 

 

Né le 26 mars 1896  à  Paris VIIIe de Valère Demenge  et de  Jeanne, Marie Bellon Epouse:  Antoinette Germain Profession: industriel (Ecole Polytechnique, promotion 1919) Décédé le 16 avril 1943 ou fin 1943  à  Buchenwald 

Réseaux S.S.M.F./T.R. , Uranus du S.R. Kléber Agent P1 et P2

 

André Demenge, fils d'un ingénieur civil, s'est engagé pour la guerre à 19 ans, en1915. Prisonnier devant Douaumont le 2 avril 1916, il subit, du fait de tentatives d'évasion, plus de 40 jours de cellule et des arrêts de rigueur à deux reprises et passa en conseil de guerre pour faux et usage de faux. Rentré en France en janvier 1919, il fut reçu à l'École Polytechnique au mois d'août de la même année, à Strasbourg.

En 1939-40, il était capitaine adjoint d'un groupe de 155.

Après l'armistice, devenu directeur général des établissements Charpentier-Goguel à Montbéliard (Doubs), "il prit contact avec les services de renseignements pour continuer la lutte, en exploitant les possibilités de sa situation industrielle en zone occupée, comme l'atteste le commandant Lochard. Dès avril 1940, il faisait parvenir ou apportait lui-même des renseignements extrêmement précis sur l'ordre de bataille dans le Territoire de Belfort et en Alsace, et sur les fabrications de guerre dans ces départements. Peu à peu, il devint la cheville ouvrière d'un important réseau couvrant cette région frontière, et le point d'appui de nombreux agents du service". Sachant l'intérêt de l'ordre de bataille de l'armée allemande, il n'a pas hésité par deux fois à risquer sa vie (juin et septembre 1941) pour se procurer des documents d'une extrême importance, qu'il a pu passer lui-même en zone libre au mépris de tout danger. "Victime de son grand courage, dit le commandant Lochard, il fut arrêté le 19 octobre 1941 (à Montbéliard), par la Gestapo et mis au secret à Belfort en raison de son importance."

Pendant son internement, son frère, Robert Demenge, directeur général adjoint de l'Union des Mines, a tenté d'avoir de ses nouvelles par l'intermédiaire d'un avocat français, puis d'un avocat allemand. Il a alors appris que M. Marconnet, nommé directeur de la société après André Demenge, ainsi qu'un ingénieur de la même société avaient été interrogés par la Gestapo.

Le 25 août 1943, la Société Goguel de Montbéliard reçoit un mandat de 46 000 F adressé à Mme Demenge. Il vient de l'administration allemande. Le frère  d'André Demenge, après enquête auprès des banques dans lesquelles ce dernier avait un compte, apprend qu'il devait avoir sur lui, lors de son arrestation, 45 000 F qu'il avait retirés du CIAL et un bon du trésor souscrit à la Société générale.

Déporté à Lorrach (Bade), Francfort-sur-le -Mein et Buchenwald, André Demenge ne donnera plus jamais  signe de vie.  Les dernières nouvelles dateraient d'octobre 1943 Ses enfants, Chantal, Guy et Patrick ont alors  18, 14 et 12 ans.

Déclaré "Mort pour la France", officier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre 1914-1918,  André Demenge recevra la Croix de Guerre 1939-1945 et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


DENHAENE

Paul, Henri

 

 

Né le 31 juillet 1912  à  Wasquehal (Nord) de Richard, César Dehaene  et de  Pauline, Héloïse Vallée Epouse: Madeleine, Augustine Martin Profession: officier d'active Décédé le 2 juillet 1944 dans le train de Compiègne à Dachau 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Né dans une famille du Nord, dont le père était employé de commerce, Paul Dehaene avait un frère et une soeur. A dix neuf ans, ce jeune homme de taille moyenne, aux yeux bleus, s'est engagé dans l'armée et se trouvait en 1931 à l'intendance militaire de Lille. Il a ensuite fait l'École militaire d'artillerie de Poitiers en 1932 et à nouveau en 1935 (rang de sortie: 1er sur 102). Sous-lieutenant d'active en 1936, lieutenant en 1938, il parlait  l'anglais et l'allemand.

En 1939, il fut appelé au 219e régiment d'artillerie, puis en mai 1940 au 95e R.A., et se trouvait au 404e R.A. au moment de l'armistice. Il avait été à Forbach en 1939, en Belgique et en France en 1940, cité à l'ordre de la brigade en ces termes: "Excellent orienteur, ayant déjà rendu en Belgique les plus grands services dans les conditions les plus délicates. Officier très énergique et d'un dévouement remarquable, allant jusqu'à la limite de ses forces pour assurer constamment et sans défaillance la mise en place du groupe. A notamment mené à bien une reconnaissance le 21 juin malgré un bombardement aérien."

Promu capitaine en 1942, il sera commandant à titre posthume.

Au cours de sa carrière militaire, ses chefs successifs s'accordent pour lui reconnaître de grandes qualités d'intelligence, de réflexion, de ténacité; ses capacités de commandement et ses remarquables qualités d'instructeur sont soulignées à plusieurs reprises, ainsi que son excellente éducation, son dévouement et sa valeur morale.

En 1940, il se trouve à l'État-major de la 2e Division à Bourg-en-Bresse; Henri Navarre précise qu'il est responsable du B.M.A. 7. Puis il fait partie des T.R. de la  S.S.M.F., en novembre 1942, en qualité d'agent P2, assurant les fonctions de chef de réseau de moyenne importance.

Henri Navarre explique qu'au début de l'été 1943 le T.R. doit être réorganisé. Sont alors créés des postes plus nombreux et plus légers. Pour la zone Nord, Verneuil désigne le capitaine Mercier (dit "le grand Mercier"); parmi les postes qu'il dirige, celui de Lille, dit "Narcisse" dont le responsable est le capitaine Denhaene.

Arrêté à Paris le 30 mars 1944, il réussit à prévenir le Service.

Il sera déporté.

Un de ses compagnons de détention, Alexis Le Douguet (de la mission Joie), témoignera du départ de Compiègne et de la suite de leur calvaire:

"Nous partons pour Compiègne.

Dès l'installation dans le car, des exclamations fusent: "Bonjour Fanfan, Mercier, Dubuc..." Le service semblait s'être donné rendez-vous, il y avait là Charles (Bellet*), Mercier, Denhaene, Rousselin*, Dubuc*, Caubet*, de Peich*, Fanfan (Le Henaff*) et moi.

Par chance, nous arrivons à Royallieu la veille du départ d'un convoi, ce qui nous faisait quinze jours à passer là.

Ces quinze jours ont été inoubliables pour tous. Le temps était beau et il n'y avait rien à faire. Nous passions nos après-midi étendus sur l'herbe, lisant un livre de la bibliothèque.

Pas d'Allemands ou peu. Quelques services rendus par notre équipe au cuisinier nous valait des carottes, de la soupe en supplément....

Mais les quinze jours délicieux eurent une fin. Le 2 juillet au matin, parmi 2 166 détenus (536 d'entre eux mourront dans les wagons, la plupart entre les 2 et 3 juillet), nous embarquions dans ce trop célèbre train qui sera appelé plus tard "le train de la mort". Nous avions réussi, malgré un appel par ordre alphabétique, à nous réunir à nouveau et nous étions tous dans le même wagon.

Dès l'installation nous nous rendîmes compte que le voyage ne serait pas de tout repos. Nous étions cent dans le même wagon et seules deux toutes petites ouvertures nous aéraient.

Le train démarre à midi. Nous nous installons tant bien que mal, encastrés les uns dans les autres. Il fait chaud. Vers quinze heures, l'atmosphère devient irrespirable. Nous nous aspergeons d'eau mutuellement pour avoir une illusion de fraîcheur. Beaucoup se lèvent pour se dégourdir un peu. D'autres somnolent. Le train avance trop lentement pour créer un courant d'air. A dix-sept heures, un orage formidable plane sur nous. Personne ne dit mot. Nous sommes tous accablés par cette chaleur. On entend des respirations haletantes. Je pense à mes narines. Charles est à un mètre de moi, assis. Il a un chapelet à la main et il prie à voix basse. De temps en temps, il regarde chacun de nous, un sourire sur sa face ruisselante de sueur: "çà va?" "ça va", lui répond-on. Puis c'est un autre qui pose la question, puis un autre.

Le nombre des dormeurs augmente. Ceux qui ne dorment pas, comme moi, sont déjà inconscients de ce qui se passe. Je ne reprendrai le contrôle de moi-même que vers onze heures ou minuit.

Je touche un camarade, il est tout chaud, trop chaud pour que cela soit normal. A tâtons, dans l'obscurité, je cherche sa tête. Il ne respire plus. Une peur irraisonnée s'empare de moi.; j'appelle à voix basse d'abord, puis plus fort: "Charles, Fanfan?". Enfin j'entends Mercier et je réalise. Ils sont morts en dormant, asphyxiés par la production de gaz nocifs. Nous essayons de nous compter mais jusqu'au lendemain matin, c'est impossible.

Je m'endors, brisé. Le lendemain, le spectacle est terrible. Combien sont-ils appuyés les uns contre les autres et qui ne se réveilleront plus? Combien restent vivants? Trente six sont debout. Donc soixante quatre sont là et qu'il faut dégager, ranger dans un coin pour que les autres essaient de vivre.

Dans l'après-midi nous nous arrêtons près de Revigny-sur- Ornain près de Bar-Le-Duc. Il nous faut alors prendre les cadavres du wagon d'à côté, les mettre dans le nôtre. Puis nous repartons à cent dans les wagons rendus libres. Jusqu'à Dachau nos amis, nos camarades de lutte sont là, à côté. Puis, nous descendons, abandonnant ce train et toutes ses victimes en gare. Que sont-ils devenus? Nous restions à deux du service: Mercier et moi..."

 Paul Denhaene est de ceux qui sont morts le 2 juillet. Il laissait un enfant, une fille (d'après les papiers du SHAT) ou deux enfants (d'après ceux du Bureau Résistance).

Il  sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Croix de Guerre 1939-1945 avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation: " Officier volontaire pour participer au service clandestin de C.E. en France occupée. A dirigé pendant plusieurs mois dans une région difficile le poste qu'il avait créé. Arrêté, a fait preuve d'un moral excellent et a réussi à faire prévenir le Service."

*

Paul Denhaene a été choisi comme parrain d'une promotion de la D.P.S.D. en 2000.

 

Références: Dossier du SHAT; "le Service de renseignement 1871-1944" de Henri Navarre , p.258-262; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.26, n°24, p.51, n°106, p.17


DESREUMAUX

Paul, Albert, Émile

 

 

Né le 19 octobre 1921  à  Houplines (Nord) de Émile, Louis, Joseph Desreumaux  et de  Anne, Marie Quéméner Profession: mécanicien outilleur et garçon de courses Décédé le 18 avril 1942  au camp de Souges (Gironde)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Guerre clandestin (Poste P3 ou P9)

 

Paul Desreumaux , dont le père était maçon, était trop jeune pour faire la guerre de 1939-40. Mais, dès novembre 1940, alors mécanicien outilleur et garçon de courses, il s'engage dans la Résistance.

Il fait partie des sept jeunes gens de 17 à 20 ans qui se groupent à  Armentières  cette année-là dans un esprit de résistance. Cinq d'entre eux le paieront de leur vie : Paul Desreumaux*, Roger Barbry*, Henri Leclercq*, Germain Lepoivre*  et Ernest Lombart*.

Ils pensent d'abord à récupérer les armes et les munitions abandonnées après des combats entre chars allemands et troupes anglaises dans la région de Steenwerck (où habite le frère de Ernest Lombart). Puis, voulant faire plus, sans prévenir leur famille, ils quittent la ville dans l'intention de rejoindre l'Angleterre par l'Espagne. Après avoir fait 650 km à bicyclette, ils arrivent à Montmorillon, entre Poitiers et Limoges, et veulent s'engager auprès d'un bureau de recrutement. Deux des sept seulement sont acceptés, Auguste Rio et Louis Catiau, qui partiront pour l'armée d'Afrique. Les autres sont recrutés par un officier de renseignement.

Paul Desreumaux fait de la recherche de renseignements, avec Ernest Lombart, dans le sud de la France.

Arrêté début 1942, il est interné au fort de Hâ, à Bordeaux, où le retrouveront Roger Barbry et Ernest Lombart. Ces deux derniers sont jugés le 1er avril et condamnés à mort par le conseil de guerre allemand au camp de Souges (à 20 km de Bordeaux). Mais Paul Desreumaux ne peut comparaître en même temps que ses camarades: atteint d'une crise d'appendicite, il est opéré le 21 mars 1942. Durant cette hospitalisation, il écrit à sa famille:

"Que le jour de ma libération sera beau pour moi: respirer l'air pur du dehors, voir des gens marcher, je crois que cela sera pour moi une deuxième naissance; tout va m'émerveiller, tout me semblera nouveau et meilleur."

Pourtant, sorti de l'hôpital, le 7 avril, il est jugé à son tour et fusillé le 18 avril au camp de Souges. Dans sa lettre d'adieu à sa famille, il exprime l'intensité de son patriotisme.

"Bordeaux, le 18 avril 1942

Bien chers Parents,

J'ai une grande peine à vous annoncer, mais ne vous en faites surtout pas car c'est pour notre patrie "La France".

Quand vous recevrez cette lettre j'aurai cessé d'exister. Je suis fusillé aujourd'hui, mais j'ai toujours espoir en Là-Haut.

Je vous demanderai de dire des prières pour moi et de faire dire des messes pour moi. Je suis aidé par Monsieur l'abbé Mabille, qui est l'aumônier de la prison.

C'est peut-être malheureux de mourir à vingt ans, mais je mourrai sans crainte, en bon Français que je suis et en bon chrétien, et Là-Haut je prierai pour vous.

Je viens de me confesser et de communier ce matin et avec beaucoup de courage; j'en aurai jusqu'au bout. Enfin c'est le destin et l'on ne peut rien y changer.

Toutes mes affaires vont vous être retournées, gardez les précieusement et pieusement en souvenir de moi. Pensez souvent à moi, priez pour moi.

J'aurais bien voulu vous voir avant, mais malheureusement cela m'est impossible. J'ai eu espoir jusqu'au bout, mais je n'ai même pas pu voir mon grand camarade Ernest Lombart.

Adieu à tous les amis et à toute la famille. Pensez à moi très souvent et priez pour moi.

Quand la guerre sera finie, vous aurez une très grande pension pour moi qui servira à élever mon petit frère.

Adieu chers parents, je vous reverrai Là-Haut plus tard, où nous nous rencontrerons plus tard.

Je vous demanderai de toujours considérer ma fiancée comme votre fille, car elle m'aimait beaucoup et vous aimait beaucoup sans vous connaître. Écrivez souvent à ma fiancée, d'ailleurs je vais l'avertir et lui demander qu'elle vous écrive aussi. Laissez lui quelques unes de mes affaires en souvenir, car je l'ai beaucoup aimée.

N'ayez pas de peine pour moi. Vous aurez l'honneur d'avoir un fils qui est mort en défendant sa patrie, en faisant le sacrifice de sa vie pour elle.

Adieu, chers Parents, adieu, Guette! Je penserai à vous et à elle jusqu'au bout. Adieu, Gilette! adieu, Muguette! adieu, cher petit Claude! adieu, les amis et amies!

Votre fils qui, jusqu'au bout, pensera à vous et mourra en bon Français et en bon chrétien et qui priera pour vous.

Votre fils: Paul Desreumaux."

Le préfet de Gironde, à la suite d'une demande de renseignements le concernant, répond au préfet du Nord, en juillet 1945: "La Feldkommandantur de Bordeaux m'a informé que M. Paul Desreumaux, né le 19 octobre 1921, à Houplines, de religion catholique, demeurant à Périgueux, 35 rue de Limogeaux, condamné à mort pour espionnage avait été fusillé le 18 avril 1942 (à 18 h 39) au camp de Souges, commune de Martignas. Ce décès a été inscrit sur le registre d'état civil de cette commune. Le corps a été inhumé dans le cimetière de la commune voisine de Saint-Jean d'Illac".

Paul Desreumaux, que le commandant Lochard qualifie d'"agent magnifique, résistant de la première heure",sera fait chevalier de la Légion d'Honneur etrecevra la Médaille de la Résistance.

 

*

Lieu de mémoire: Le nom de rue des Fusillés a été donné à l'ancienne rue de Flandres, à Armentières, en mémoire de Paul Desreumaux et de ses quatre camarades morts pour la France. Une plaque commémorative y a été apposée.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4;  mairie d'Armentières; "La Voix du Nord", 11 et 15 septembre 1999


DESSERÉE

Marc

Pseudonyme:  DRASENT (?)

 

 

Né le 14 janvier 1922  à  Drocourt les Mines  ( Pas-de-Calais) de René, André Desserée  et de  Marthe Briffaut Célibataire Profession: pilote Décédé le 5 novembre 1941 à Suresnes (Mont Valérien) 

Réseau:  S.R.Air 40 (Aéroclub de Béthune)Agent P2

 

Marc Desserée est un pilote d'une extrême jeunesse. Dans le témoignage de la Commission d'homologation de la Résistance intérieure française, est écrit: ""Recruté dès octobre 1940 par le S.R. Air, n'a cessé de faire montre, malgré sa jeunesse (18 ans), d'un courage et d'une abnégation totale. S'acquittait parfaitement de la surveillance, dont il était chargé, d'une vingtaine de terrains d'aviation. Il fournissait, de plus, tous les renseignements qu'il pouvait obtenir sur l'activité ouverte de l'ennemi."

Il faisait partie du groupe créé en Normandie. "Déjà, dit le général Bézy dans "S.R. Air", de nombreux jeunes gens parcouraient les routes à bicyclette, longeant les terrains d'aviation, relevant les numéros d'unités, les plaques indicatrices, les types d'avions, leurs lettres d'identification, etc. Marc Desserée donnait l'exemple."

Il fut arrêté le 27 février 1941, dans le studio qu'il habitait dans "le Home montmartrois", 6 bis rue du Chevalier de la Barre, Paris XVIIIe, qui servait de point de rendez-vous.  Artois-Nicol, qui était dans le même hôtel, le croisa dans l'escalier, menotté et encadré de deux agents de la Gestapo. Artois-Nicol s'en tira, réussit à disparaître avec l'aide de Rupied et ce dernier prévint leurs camarades.

L'attestation citée ci-dessus ajoute que Marc Desserée "n'a rien livré malgré  les tortures sur ses chefs et l'organisation du S.R. A  eu une attitude magnifique lors du procès, reconnaissant les faits qui lui étaient reprochés."  Ce procès eut lieu en avril 1941.

Il a été fusillé au Mont Valérien "lors d'une des premières exécutions collectives d'otages faites par les Allemands à titre de représailles. Nous sûmes plus tard, dit le général Bézy, qu'il avait été étonnamment courageux." Il avait vingt ans.

Me Joseph Haennig, avocat à la Cour, annonçant sa mort à Me Legros pour que celui-ci en fasse part à la famille, écrit: "J'ai rencontré l'aumônier qui m'a dit que M. Desserée était allé à la mort en chantant, très courageux et très gai. D'après les indications de l'aumônier, il a désigné lui-même aux soldats la place de son coeur."

Déclaré "Mort pour la France", Marc Desserée sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Croix de Guerre avec palme.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";   "Le S.R. Air" de Jean Bézy, p. 64 (Ed. France Empire, 1979); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°24, p.47.


 

 

 
Début
 

 

Avec les autorisations des "Ayants droit", de l'Auteur du Livre d'Or et de l'Editeur AASSDN

 

Dépot légal - Copyright

Enregistrer pour lecture hors connexion.

Toute exploitation, de toute nature, sans accords préalables, pourra faire l'objet de poursuites.

Lire l'Article L. 122-4 du Code de la propriété intellectuelle. - Code non exclusif des autres Droits et dispositions légales....