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Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
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MEMORIAL NATIONAL A.A.S.S.D.N. / Ramatuelle - Var ( Livre d'Or )
Biographies des Noms gravés sur le Monument: Cl-Cz
 

CLAUDEL

Eugénie

Née BOLZINGER

 

 

Née le 10 décembre 1885 à  Veymerange (Moselle) de Jean-Baptiste Bolzinger  et de  Madeleine Weynant Epouse de  Henri, Joseph Claudel Décédée le 12 avril 1945  à  Ravensbruck 

Réseau:  S.S.M.F./T.R. (T.R. 113,Clermont-Ferrand, Capitaine Johannes)Agent P2

 

Engagée en novembre 1942 par les Services spéciaux,les premiers mois de 1943, Eugénie Claudel offre sa maison de Murols (Puy de Dôme)pour abriter l'installation d'un poste d'émission clandestin.

Arrêtée le 9 juillet 1943, chez elle, elle est internée à Clermont-Ferrand et à Romainville, puis  transférée à Compiègne et déportée à Ravensbruck. Elle y meurt le 2 avril 1945, dans la chambre à gaz, à cinquante neuf ans.

Déclarée "Morte pour la France", Eugènie Claudel recevra la Croix de Guerre avec étoile de vermeil.

 

*

Citation : "A mis sa demeure à la disposition du service radio d'un poste de contre-espionnage clandestin en zone occupée, dès les premiers mois de 1943".

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°21, p.19


CLECH

Joachim

 

 

Né le 28 janvier 1899  à  Crozon (Finistère). de Pierre, Marie Clech  et  de  Rose, Joséphine Parlier Epouse:  Caroline Laugié Profession: officier de gendarmerie Décédé  le 11 avril 1945  à  Bergen Belsen 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R.,  S.R.Kléber  (Vénus , Bruno)

 

Né d'un père  gendarme, Joachim Clech, lui-même issu du C.L.A. (Cadre Latéral Artillerie), avait aussi fait carrière dans la Gendarmerie (sous-lieutenant en 1925, lieutenant en 1927, capitaine en 1933, chef d'escadron en 1941, lieutenant colonel en juin 1944). Il s'était marié en 1921 à Constantinople,

Selon le témoignage du commandant Stroup , il "a été, à partir de 1941, un précieux auxiliaire à Riberac (Dordogne), puis à Périgueux. Il avait donné l'ordre à toutes ses brigades de gendarmerie de m'aider par tous les moyens." Le maire de Tours dit de son côté: "le lieutenant colonel Clech a organisé dans sa zone un service de renseignements très intéressant...Grâce à son activité, à son énergie et aux méthodes employées, plusieurs centaines de jeunes gens, d'Israélites, de femmes et d'hommes plus ou moins traqués par le Boche ont pu venir se réfugier en zone libre."

Joachim Clech est arrêté par la Gestapo (le S.S. Meyer) le 6 juillet 1943, dans son bureau, à Périgueux. Le commandant Stroup pense qu'il l'a été à sa place, car la Gestapo le prenait pour son successeur désigné.

Il est interné à Périgueux, puis au Pré-Pigeon d'Angers et à Compiègne. Enfin, le 24 janvier 1944 , il est déporté à Weimar, Buchenwald, Dora et Bergen Belsen.

Un compagnon de déportation, M. Maheu, dentiste à la Guerche de Bretagne, témoignera de sa fin. Tous deux se sont connus en janvier 1944 au camp de Compiègne. Dans le même wagon vers Buchenwald, ils furent séparés et se retrouvèrent à Ellrich. "A partir de février 1945, dit M. Maheu, nous étions dans le même block et nous travaillions au même kommando." Le 4 avril au soir, devant l'avance des Alliés, le camp fut évacué.

Mme Clech écrit qu'alors son mari "ayant eu un phlegmon, atteint de dysenterie, dans un état déplorable, fit cinq jours et cinq nuits d'exode devant l'avance alliée."

"Au moment du débarquement, dit M. Maheu, un camarade me prévint que Clech voulait me parler... J'ai trouvé mon ami sur le quai, extrêmement amaigri, atteint d'une forte dysenterie. Il me dit alors qu'il était sur le point de mourir. Il voulait que je sois le confident de ses dernières pensées et que j'aille, si j'avais la chance de retourner en France, les transmettre à Mme Clech... Je l'exhortai à faire encore un effort... Courageusement, à mon bras, il prit rang dans la colonne. Après une marche très pénible, nous arrivâmes au camp de Bersen Belsen ... Nous vivions alors une quinzaine de Français dans une chambre qui pouvait en contenir trois au maximum. Le 11 au matin, un infirmier étant venu voir s'il y avait des malades, Clech se déclara. Il est parti. Je ne l'ai plus jamais revu." M. Maheu trouva alors son nom parmi ceux des morts dans le registre du camp.

Déclaré "Mort pour la France", Joachim Clech, Croix de Guerre 1914-18, sera fait chevalier de la Légion d'Honneur, et recevra la  la Croix de Guerre 1939-45 et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance; Service historique de la Gendarmerie;  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4; mairie de Crozon (Finistère)


CLERC

Pierre, Émile, Martial

 

 

Né le 3 avril 1898  à  Chassigny (Haute Marne) de Jean-Baptiste, Théophile Cler  et de  Marie, Eugénie Gallot Epouse: Victoire, Denise Renevey Profession: gendarme Décédé  le 17 février 1945  au kommando de Melk-Mauthausen (Autriche)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., Réseau ActionAgent P2

 

Pierre Clerc, engagé volontaire en 1917, puis en Orient en 1919, devint gendarme auxiliaire à la Force publique à Constantinople en 1920 , puis à la prévôté de la Division de marche d'Orient.

En 1939-40, il resta à son poste en prévôté à la brigade de Languyon.  Lors du repli, il fut fait prisonnier, le 17 juin 1940,  et libéré vingt-et-un jours plus tard.

En septembre 1941, il s'engage dans les Services spéciaux, fait partie du réseau Action, avec le colonel Schock (Armée Secrète de Lorraine) et avec le commandant Cosson (responsable du Nord de la Meurthe et Moselle).

Arrêté le 24 mars 1944 à Longuyon, pour ses activités , il est déporté et  meurt le 17  février 1945 au kommando de Melk-Mauthausen.

Pierre Clerc était père de six enfants.

Il avait reçu la Médaille de la victoire (1922), la Médaille militaire (1932), la  Croix du combattant, la Médaille commémorative de la Grande Guerre et avait été fait chevalier de l'ordre du Cambodge (1933). Il sera fait chevalier de la Légion d'Honneur.

 

*

Lieu de mémoire: Le nom de Pierre Clerc est inscrit sur le monument aux morts de Chassigny.

 

Références: Archive du Bureau "Résistance;  Service historique de la Gendarmerie; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.28-29; mairie de Chassigny (Haute Marne)


CLIPET

Jules, Gaston, Henri

 

 

Né le 21 juillet 1901  à  Douai (Nord) de Jules Clipet  et de  Louisa Bomble Epouse: Marcelle... Profession: officier de marine de réserve Décédé le 6 octobre 1943 à Dora-Buchenwald 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R. , S.R. Marine

 

Jules Clipet, dont le père était ingénieur, était lieutenant de vaisseau et fut mobilisé en 1939.

Il est dans le S.R. Marine à Dunkerque, puis dans le S.S.M.F./T.R. à partir de juillet 1942.

Henri Navarre  écrit qu'en 1943 le  général Giraud avait créé un "Service Action rattaché à son cabinet, dont le responsable fut, après le commandant Lardin, le commandant Clipet".

Arrêté à Andorre au cours d'une tentative pour rejoindre les F.F.L. en Afrique du Nord, ce dernier est interné le 3 mai 1943. Déporté quatre mois plus tard, il meurt le 6 octobre 1943 à Dora.

Déclaré "Mort pour la France", Jules Clipet recevra la Légion d'Honneur, la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; "Histoire mondiale du Renseignement" Tome1, 1870-1939, de R. Faligot et R. Kauffer, p. 508 (Ed. Robert Laffont, 1993); "Le Service de Renseignements 1871-1944" de  Henri Navarre, p.203 (Ed. Plon, 1978); "Histoire de la Résistance" de F. Georges Dreyfus, p.370 (Ed. de Fallois, 1995); "L'ORA" du colonel A. de Dainville (Ed. Lavauzelle, 1974).; mairie de Douai (Nord)


CLOAREC

Marie-Louise, Joséphine

Pseudonyme: LECLECH, LESAINT

 

 

Née le 10 mai 1917  à  Carhaix (Finistère) de Louis, Pierre, Marie Cloarec  et de  Jeanne, Joséphine Le Clech Célibataire Profession: infirmière-puéricultrice Décédée le 18 janvier 1945  à  Ravensbrück 

Réseaux:  B.C.R.A., S.S.M.F./T.R., F.F.C.Agent P2

 

Marie-Louise Cloarec était pupille de la Nation, à la suite de la mort de son père, Louis Cloarec, commerçant, médaillé militaire et décoré de la Croix de Guerre.

Devenue infirmière-puéricultrice, elle avait 23 ans en mai 1940 lorsqu'elle a quitté le Finistère pour la zone libre dans l'espoir de "faire quelque chose" pour son pays. A Grenoble, elle travaillait comme puéricultrice chez un officier prêt à rejoindre son poste à Alger et décida d'accompagner cette famille comme gouvernante.

Le 11 janvier 1943, à Alger elle réalise son voeu et s'engage pour la durée de la guerre. Elle est dans le corps féminin des Transmissions, fait partie , comme Eugénie Djendi*, Pierrette Louin* et Suzanne Mertzizen*,  de celles qu'on surnomme les Merlinettes (du nom du chef des Transmissions, le colonel Merlin). Un centre d'entraînement a été installé à Staouëli, près d'Alger.

C'est alors que Paul Paillole, chef de la D.S.M. à Alger, dit Mireille Hui (qui fut des Merlinettes), contacte Le général Merlin pour recruter des spécialistes radio.

Avec Suzanne Mertzizen, Pierrette Louin et Eugénie Djendi, elle est volontaire. Recevant les jeunes femmes, Paul Paillole ne leur cache pas l'extrême danger des missions à effectuer, mais elles persistent dans leur engagement.

Fernand Louin, cousin de Pierrette Louin, décrit cette dernière comme "petite, brune, visage rond, léger accent oranais, très simple, sans maquillage" et Marie-Louise Cloarec comme "plus grande, plus forte, également sans maquillage".

En janvier 1944, elles sont dirigées vers le Bureau Central de Renseignement et d'Action  d'Alger (B.C.R.A.A.) puis à Londres (B.C.R.A.L.) pour suivre des stages d'instruction d'opératrices radio. Mireille Hui précise que ce stage dure deux mois. Il a lieu en Grande-Bretagne, à Saint Albans et à Ringway, près de Manchester. Le programme: renseignement, topographie, identification des effectifs et matériels ennemis, repérage des objectifs à bombarder, sport de combat, séances de tir, maniement des explosifs, conduite et mécanique auto et moto, parachutisme, transmissions (émettre de France plus de trente minutes sans changer de longueur d'onde ou de lieu est suicidaire).

Marie-Louise Cloarec est parachutée dans la nuit du 5 au 6 avril 1944, avec Pierrette Louin, Suzanne Mertzizen, Philippe Cravat et Pierre (?), dans la région de Limoges. Mais, d'après la synthèse de "l'affaire Louin", faite à Paris le 22 février 1945 (Arch. d'Alger), le parachutage aurait eu lieu près de Limoges ou d'Angoulême, et selon Albert Falquet, cousin de Marie-Louise Cloarec, en Dordogne. Les trois jeunes femmes sont regroupées par leur réseau à Jouac, dit Mireille Hui. Puis elles gagnent Paris où elles sont hébergées à l'hôtel Lefèvre rue Clerc, puis chez un cousin de P. Louin, Fernand Louin, horloger-bijoutier, 88 rue Saint Dominique.

Celui-ci, interrogé (même synthèse de "l'affaire Louin, en date du 7 novembre 1944), dit: "... Je n'avais vu Pierrette ni ses parents depuis l'exposition de 1937... Vers le 1O avril 1944, Mlle Pierrette Louin s'est présentée vers 4 h. Elle m'a demandé un entretien particulier et m'a aussitôt raconté qu'elle venait d'être parachutée de Londres et qu'elle désirait que je l'héberge pendant deux ou trois jours. Elle est repartie et a ramené avec elle une de ses amies, Mlle Marie-Louise Cloarec... J'ai continué à les héberger jusqu'à leur arrestation, le 27 avril 1944. ...

Elles m'ont dit avoir été parachutées en compagnie de camarades (trois filles et deux hommes)... Suzy s'est présentée à ma boutique vers midi. Son signalement: assez grande, assez chic, légèrement maquillée, châtain, yeux foncés. Le même jour, j'ai eu la visite d'un de leurs compagnons dont j'ignore le nom, mais dont le signalement est le suivant: moyen, très brun. Ils m'ont raconté que l'opération de parachutage avait été effectuée dans la région d'Angoulême; que les chefs de police locale se seraient occupés du convoyage... Elles avaient chacune une grande valise et des sacs de moindre importance. Pendant leur séjour chez moi, j'ai été frappé de leur imprudence... Ma cousine avait une carte d'identité à son nom, faite à Londres et portant comme adresse celle de mon magasin, rue Saint Dominique. Elle avait également des cartes d'alimentation à son nom. Les autres étaient également munies de pièces d'identité en règle.... Je recevais des coups de téléphone me demandant Mlle Lesaint (pseudonyme de M.-L. Cloarec), qui a reçu très souvent sa soeur Anne-Marie jusqu'au 23 avril, date à laquelle celle-ci a quitté Paris."

D'après le témoignage de Albert Falquet, cousin de Pierrette Louin, qui avait rencontré la soeur de M.-L. Cloarec, cette dernière lui a dit que Pierrette disposait d'une somme assez importante qu'elle avait remise à l'un de ses chefs.

Le frère de Fernand Louin, Marcel, a également témoigné (10 novembre 1944): "J'ai reçu à dîner mon frère et les deux jeunes filles qu'il hébergeait... Ces personnes m'ont dit venir de Londres où elles avaient passé six mois pendant lesquels on leur avait fait suivre un entraînement spécial dont trois sauts en parachute. Elles nous ont montré leur cartes d'identité qui m'ont semblées parfaitement en règle. Je ne me souviens plus du nom qui figurait dessus mais je pense que c'était le leur. Nous avons remarqué qu'elles avaient des Gauloises légèrement plus grandes que le modèle français. Je sais que pendant leur séjour chez mon frère elles ont accompli plusieurs missions ou tout au moins qu'elles ont quitté Paris. Je les ai revues une deuxième fois dans le but de leur faire faire une façon de costume tailleur avec un tissu venant d'Angleterre et qu'elles auraient apporté avec elles. Lors du premier repas étaient présents: ma femme, mon frère, mon fils Paul Louin et un garçon que je cachais qui portait le nom fictif de Claude Brun et dont l'identité réelle est Adrien Dussol. Ces jeunes filles avaient déclaré qu'elles devaient changer d'adresse tous les jours ou tous les deux jours. C'est pourquoi j'étais inquiet de voir leur séjour chez mon frère se prolonger."

Cependant, Mme Madeleine Fillon, qui avait travaillé chez Fernand Louin une heure par jour de début mars à fin avril 1944, dit n'avoir pas su qu'il hébergeait des jeunes filles.

Mme Saisset (gardienne de l'immeuble?), elle, le savait et dira avoir remarqué qu'elles menaient "une vie très mouvementée et qu'un grand nombre de jeunes gens allaient et venaient sans arrêt."

Marie-Louise Cloarec va voir Albert Falquet, cousin de Pierrette Louin, le 25 avril; il rapportera: elle "m'a dit qu'elle s'occupait de transport d'armes et de postes et que notamment un jour, sur le pont de l'Alma, elle a été arrêtée en compagnie d'un jeune homme, alors qu'ils portaient tous les deux des valises assez lourdes, et l'un des agents a demandé que les valises soient ouvertes, ce qui heureusement n'a pas eu besoin d'être fait. Je sais qu'elle effectuait d'autres transports aussi dangereux par métro.

Elle m'a dit avoir pris contact avec un chef de son réseau qu'elle appelait le Colonel. Etant donné qu'elle traversait le pont de l'Alma j'en déduis que le matériel devait être entreposé rue Saint Dominique. Mlle Anne Cloarec, soeur de Marie-Louise, est arrivée à Paris le 12 octobre 1944. Elle est venue pour savoir où était sa soeur et quel sort lui était réservé. C'est ainsi que nous avons été chez M. Louin qui m'a fait une impression assez équivoque...J'ai appris que M. Louin avait une certaine tendance à la boisson mais que ses sentiments patriotiques étaient bien connus."

Fernand Louin dit: "Nous allions manger au restaurant "Le Petit Panama", rue Amélie... Je crains qu'il y ait eu une délation devant venir de certains habitués de ce restaurant..."

On pense aussi que les jeunes filles auraient été dénoncées par un agent ennemi infiltré dans le réseau.

Fernand Louin poursuit: "Le jeudi 27 avril 1944, vers midi, un homme est entré demandant Mlle Pierrette. Je l'ai appelée au téléphone. Elle est descendu avec Marie-Louise. Elles sont ressortie sur le trottoir avec le dit individu et sont rentrées presque aussitôt, poussées par cinq individus revolver au poing. On a passé les menottes aux deux jeunes filles tandis que le premier rentré me tenait en respect avec son revolver en me priant de faire comme si de rien n'était. Ma cousine et son amie ont été poussées dans l'arrière magasin, puis ont été montées dans l'appartement...

Le policier allemand m'a demandé de lui signaler immédiatement l'arrivée de la troisième personne que je connaissais (il savait donc qu'il y avait trois personnes)... Tout l'après-midi il m'avait répété que je devais signaler l'arrivée de la troisième femme, faute de quoi ma femme et mes enfants seraient embarqués...

Comme à 7 h Suzy n'était toujours pas arrivée, il m'a dit de fermer le magasin ... Puis environ un quart d'heures après, je vis arriver Suzy (sans doute prise dans une souricière établie près du magasin), accompagnée de deux autres individus."

Mme Saisset dira: " Ces jeunes filles ne reçurent aucun courrier à l'exception d'une dépêche au nom d'une jeune fille qui venait très fréquemment mais qui n'habitait pas là. Cette dépêche a été portée le jour de l'arrestation et refusée par moi... La Gestapo se trouvait dans l'appartement. J'ai vu monter cette jeune fille (Suzy), j'ai voulu la prévenir mais j'ai hésité."

Alors, dit Fernand Louin,"nous partîmes tous pour l'avenue Foch...

Arrivés Av. Foch, on nous fait monter au 7e. On m'a fait entrer dans un cabinet de toilette où j'ai entendu l'interrogatoire d'identité de Pierrette, disant venir de Londres." Fernand Louin dira aussi à son frère  avoir été surpris lors de son interrogatoire de constater que la Gestapo était déjà au courant de tout et que les jeunes filles paraissaient avoir été suivies depuis leur parachutage. Et Marcel Louin se souvient qu'elles " prétendaient que la préfecture de Limoges était au courant et que le parachutage avait été très bien organisé".

Fernand Louin poursuit: "Le lendemain matin vers 9 h 1/2, ils me firent descendre avec Pierrette et me ramenèrent rue Saint Dominique, Pierrette dans l'appartement, moi au magasin. J'avais l'interdiction de sortir... Le soir j'ai fermé mon magasin à 7 h et suis monté à l'appartement où l'on m'apporta également à dîner avec Pierrette et deux gardiens... Le lendemain matin j'ai pu rouvrir le magasin...puis vers 6 h1/2 un des gardiens descendit, me disant: Pierrette partie avec chef allemand, vous pouvez partir avec votre femme"

Le vendredi matin, lendemain de l'arrestation, a midi, Pierrette Louin a pu montrer à son cousin un papier où étaient écrits ces mots :"Chefs arrêtés, sommes considérés comme prisonniers de guerre".

Si leur chef avait bien été arrêté, cela pouvait expliquer l'attente prolongée des jeunes filles rue Saint Dominique.

La Gestapo a trouvé dans leurs chambres deux postes émetteurs et quatre revolvers.

Lors de son interrogatoire, après la Libération, l'interprète allemand Ernst Vogt  dira qu'après l'interrogatoire d'Eugènie Djendi, "trois autres jeunes filles appartenant au même service d'Alger furent parachutées en France. L'interrogatoire de ces trois jeunes filles ne nous apporta aucun fait nouveau. Elles ne connaissaient rien de leur futur travail ni de l'organisation en France. Aucune arrestation ne fut opérée à la suite de leurs déclarations." Il s'agissait de Pierrette Louin, de Marie-Louise Cloarec et de Suzanne Mertzisen.

Ernst Vogt ajoute: "L'une d'entre elles, Suzy,ou celle dont j'ai oublié le nom, m'a déclaré le jour de son arrestation ou le lendemain avoir un rendez-vous vers midi au jardin du Luxembourg avec un agent de l'organisation de France. Je l'ai accompagnée à ce rendez-vous avec un camarade. Nous l'avons laissée se promener pendant une heure environ, en la surveillant à distance. Personne n'est venu". (La jeune fille avait-elle fait un signe conventionnel de prudence?)

Elles sont internées à Fresnes avant d'être déportées à Ravensbrück, probablement dans le convoi parti de Compiègne le 8 août 1944. Là, elles retrouvent Eugènie Djendi.

Une fiche du ministère de la Défense dit: " Après avoir demandé plusieurs fois au commandant du camp, Fritz Suhren, leur transfert dans un camp de prisonniers de guerre, les jeunes femmes sont convoquées le 18 janvier 1945 vers 16h au bureau du camp.  A partir de là, les témoignages laissent place à des suppositions.

Mme Postel-Vinay (témoignage du 20 septembre 1949, Arch. d'Alger) a connu personnellement au camp Jenny Djendi et surtout Suzy Mertzisen  qui était devenue la meilleure amie de sa camarade tchèque Miléna Seborova. Celle-ci avait réussi à la faire embaucher dans la petite colonne de travailleurs qu'elle dirigeait, le Hilfskommando II, véritable entreprise de sabotage, où S. Mertzisen bénéficiait de conditions de vie exceptionnelles.

"Deux mois avant leur disparition, les quatre jeunes filles avaient été appelées à la Schreibstube, pour un interrogatoire d'identité. C'était l'usage avant les exécutions, mais pas invariablement. Ces femmes croyaient d'ailleurs qu'il s'agissait d'une réponse favorable à leur demande de transfert dans un camp de prisonniers militaires britanniques, d'autant que l'Allemand qui les avait reçues avait été très aimable et s'était inquiété de la santé de Djendi Jenny.

Le 18 janvier 1945, elles ont été à nouveau convoquées au bureau. Elles s'y sont rendues joyeusement, toujours convaincues qu'elles allaient être transférées dans un camp moins pénible.

Miléna Seborova, inquiète cependant, a suivi Suzy Mertzisen à distance. Elle l'a vue, en compagnie de ses trois camarades, sortir du bureau. Toutes les quatre avaient remplacé leurs chaussures par des savates légères." L'Allemande Ruth Neudecker, toujours volontaire pour les exécutions, les accompagnait.

Dans "Ravensbrück" (Ed. de la Braconnière, Neuchâtel), il est écrit:"A la même heure, la route qui passait devant le Crématorium et conduisait chez Siemens fut barrée par les S.S." Mme Postel-Vinay et ses camarades ont alors supposé qu'elles avaient été pendues, car elles croyaient savoir qu'un gibet avait été construit dans le courant de l'année 1944, à côté du Crématorium...

En fouillant l'immense tas de vêtements des mortes, Miléna Seborova a retrouvé le manteau gris de Suzy Mertzisen et celui d'une autre, qui contenait encore dans la poche sa carte à son nom."

Rosane (Renée Lascroux), professeur de C.E.G., camarade de Pierrette Louin au lycée d'Oran, déportée à Ravensbrück et libérée à Bergen-Belsen (cité dans le Bulletin du Club Austerlitz, repris dans Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°184), rapporte: "Le 18 janvier 1945, le bloc français prend le deuil.  Dès l'appel du matin, Pierrette Loin et Marie-Louise Cloarec, nos petites parachutistes, ainsi que Suzy et Jenny leurs compagnes radio (...) sont averties qu'elles doivent se tenir à la disposition du commandant avec interdiction formelle de sortir du block jusqu'à l'heure fixée - seize heures et demie.

Peu d'entre nous savent la nouvelle, l'on n'ose imaginer le drame, il est prudent de se taire pour les petites et pour nous-mêmes. J'ai passé la journée avec elles. Pierrette et Marie-Louise sont des enfants. Pierrette, à vingt-deux ans, reçut ses galons à Alger, elle aime l'Afrique où elle a préparé le débarquement américain. Marie-Louise est une vaillante bretonne de vingt-quatre ans, elle fait la guerre, et Suzy, de Metz, est maman d'une fillette de six ans. Jenny adore le risque.(...) Seront-elles traitées en soldats?

Le coup fatal éclate, quelle stupeur s'empare de nous, les mieux prévenues. Le soir nous attendons leur retour au block, sans espoir. Marie-Louise a imaginé mille conjectures, pleine d'illusions encore, elle a emporté plusieurs adresses. Pierrette n'a dit mot, elle pensait. Cependant, elles ont été fusillées. La nuit survient, le block ferme, les petites ne coucheront pas là. Le lendemain nous faisons d'adroites recherches. Sur un registre figure à côté des quatre matricules, la mention vague et classique: "transport sans destination". C'est étrange. Entre ses dents, une femme murmure: c'est ainsi que l'on indique les fusillés."

Les témoignages ne se recoupent pas, les quatre jeunes femmes auraient été fusillées à 18h30 dans une baraque proche du crématoire ou pendues au gibet du camp.

Miléna Seborova, affectée à la buanderie, pense qu'elles auraient été pendues: il n'y avait pas de traces de balles ni de sang sur leurs vêtements.  Même écho de Mme Lindell, rescapée du camp, qui dit (Archives d'Alger, document des Renseignements généraux du 18 Mai 1949)) que Mlle Kate Johansen, norvégienne affectée au magasin d'habillement, a reçu les vêtements de quatre Françaises sans avoir remis de vêtements civils en échange. "Au moment où Mme Lindell constatait que ces défroques ne portaient aucune trace de balles et de sang, est-il dit dans le relevé de témoignage, un Allemand dont elle n'a pas connu le nom, employé au magasin d'habillement, a porté la main à son cou pour indiquer que ces femmes avaient été pendues."

Un rescapé hongrois d'Auschwitz, le Dr. Nyisli, rapporte qu'il existait aussi des balles de plomb de très petit calibre, tirées dans la nuque.

Mireille Hui indique qu'elles ont été assassinées sur ordre de Berlin, d'après le témoignage du commandant S.S. du camp, Suhren, et de son adjoint, Schwartzhuber, interrogés après leur arrestation par les Alliés.

Leurs corps ont été brûlés ou enterrés dans une fosse commune de la forêt.

Déclarée "Morte pour la France", Marie-Louise Cloarec recevra la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

*

Lieu de mémoire: Le nom de Marie-Louise Cloarec est gravé au mémorial du Mont Valérien.

 

Références: "Les Merlinettes" de Mireille Hui (Ed. Livre à l'unité, 3e édition mars 2000); "Les Chemins de la mémoire" n°47, février 1995; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°3, p.38, n°18, p.107, n°143, p.23, n°166, p.18, n°170, n°184, p.12;  "Terre de Cendres" de Rosane (Renée Lascroux), Ed. Oeuvres françaises, Paris 1946; "Ravensbrück", auteur: Mme Postel-Vinay? (Ed. de la Braconnière, Neuchâtel, Coll. Les Cahiers du Rhône); Archives d'Alger (n° 3331 65); mairie de Carhaix (Finistère)


CORBUSIER

Marcel

Pseudonyme: Marcel LEBLOND

 

 

Né le 30 mai 1911  à  Neerpelt-Limbourg (Belgique) de Victor, Nicolas Corbusier  et de  Marie, Catherine Keunen Célibataire Fonctionnaire Décédé le 5 octobre 1944  à  Weimar 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R. , D.G.E.R.

 

Secrétaire aux  affaires indigènes à Hagora (Maroc Sud), Marcel Corbusier parlait l'anglais, l'allemand et le flamand. Son père, d'origine belge, s'était fait naturaliser Français en 1938.

Venu d'Alger,  il "aurait été parachuté de Grande-Bretagne vers la fin de mars 1944 pour le compte de la Section Action, écrit le capitaine Moreau, et aurait été fait prisonnier en France au cours de sa mission". Dans son dossier du Bureau Résistance, il est précisé que son arrestation a eu lieu le 10 avril 1944 à Sully-sur-Loire, et il est dit "disparu" à partir de là.

Seul élément concernant son internement, une note du capitaine Liger, chef du bureau liquidateur de la France Combattante, qui mentionne les "inscriptions relevées sur le mur des cellules, 84 av. Foch à Paris, occupées par des agents français et alliés en mission en France et arrêtés par la Gestapo.

Cellule 5O

Leblond M.

Parachutiste français."

(Marcel Corbusier a pour pseudonyme Marcel Leblond.)

Le dossier du B.C.R.A. d'Alger ne contient aucun document relatif à sa disparition. Cependant, le Dr. Balachowsky témoignera du fait qu'il a été fusillé  le 5 octobre 1944, à 16 heures, à Weimar.

 

Références: Archives du Bureau "Résistanc


CORTICCHIATO

Jean, Fulbert

Pseudonyme:  CORTI

 

 

Né le 9 avril 1900  à  Cuttoli-Corticchiato (Corse) de Dominique Corticchiato  et de Madeleine Benielli Epouse:  Mireille Roujolle  Profession: inspecteur de police Décédé le 3 janvier 1945  à  Neuengamme (Autriche) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R.,  S.R.KléberAgent P2

 

Engagé volontaire à 17 ans, ancien combattant de 1914-1918, Jean Corticchiato était officier au 33e régiment d'infanterie en 1939. En mai 1940, il était dans la Somme et, fait prisonnier, s'évada pour rejoindre la Résistance.

Il est  inspecteur de police à Cambrai (où il habite 49 av. du Quesnoy), père de deux enfants, Jacques et Michel, quand il est contacté par les Services spéciaux et mis en rapport avec Mme Yvonne Pagniez et le capitaine Pierre de Froment par Ernest Gaillard avec lequel il a déjà organisé des filières d'évasion d'officiers français et anglais. A partir de juillet 1941, il fait partie du S.R. Kléber et son action se déroule dans le Nord de la France. Son chef de réseau soulignera "son dévouement total allant jusqu'au sacrifice".

Ernest Gaillard est arrêté le 27 octobre 1942. Jean Corticchiato est à son tour pris par la Gestapo à Cambrai, sur dénonciation locale, le 12 février 1943, en même temps que Pierre de Froment, Joseph Foyer*, Jean Averlon*  et tous les chefs du secteur Nord. Le 19 avril, il est condamné à mort avec tous ses camarades par le conseil de guerre siégeant à Fresnes. Leur attitude leur vaut le respect de leurs juges qui commuent leur peine en déportation le 20 avril.

Après être passé par Neuebremen, Kassel, Francfort et Hanovre, Jean Corticchiato arrive au camp de Hambourg- Neuengamme en septembre 1943 (?), classé "Nuit et Brouillard". C'est là qu'il meurt le 3 janvier 1945, épuisé par les travaux forcés et "sous les coups de lanières et d'effroyables supplices". Ses cendres sont dispersées dans les champs au bord de l'Elbe.

Déclaré "Mort pour la France", l'inspecteur Corticchiato sera décoré de la Légion d'Honneur, recevra la Croix de guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4, n°50, p.41, n°74, p.6O, n°121, p.26; documents fournis par son fils, Jacques Corticchiato.

 

Légende photo:  Portrait de Jean Corticchiato dessiné par son camarade Ernest Gaillard au fort de Romainville en 1943.


COSTES

Claude, Théophile, François

Pseudonyme: CLAUDE

 

 

Né le 3 novembre 1910  à  Oran (Algérie) de Jean-Baptiste Costes  et de  Ernestine Colin Veuf de Rose Marti Décédé le 13 janvier 1945  à   Ellrich (Dora) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., Marco du S.R. Kléber, Marco PoloAgent P2

 

Né en Algérie, Claude Costes, qui a été enfant de troupe, a fait la guerre de 1939-40 dans la cavalerie, au 5e chasseur d'Afrique. Il est veuf, père de deux enfants.

Dans la Résistance, où il est entré le 1er janvier 1944,  il doit exercer les fonctions deradio auprès de Vignaud, avec lequel il est venu d'Alger en avril 1944. Mais, arrivé à Perpignan, Costes égare son poste émetteur (G. de Saint Hilaire, dossier Marco). Tous deux reçoivent la mission de créer un secteur de renseignements à Reims.

Fin mai 1944,  Guy de Saint Hilaire organise le départ d'une partie de ses agents menacés pour une mission en Aveyron. Il est alors entouré d'un petit état-major dont fait partie Claude Costes, qui a pour la circonstance quitté son activité d'agent de liaison du secteur de Reims et repris ses véritables fonctions de radio. Ce petit état-major parvient le 18 mai à Villeneuve d'Aveyron. On espère qu'en le rapprochant de Perpignan Costes va y retrouver son poste d'émission radio. Ne l'ayant pas retrouvé, il est renvoyé à Paris. Mais là, avant même d'avoir pu prendre ses fonctions, il est arrêté, le 1er juin 1944, quinze jours après Vignaud.

Il mourra en déportation le 13 janvier 1945.

 

Références: Archives du Bureau Résistance;  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4; "les Liaisons extérieures de l'ORA", de Laurent Philipona, mémoire de Coëtquidan 1999, p.41; "Réseau Marco du S.R. Kléber" de E. Robert, mémoire de maîtrise d'histoire, Université Paris I, oct. 1996


COUCHE

Marcel, Auguste

 

 

Né le 17 janvier 1906  à  Seloncourt (Doubs) de Charles Couche  et de  Juliette Montzer Epouse:  Elisabeth Ligier Profession: inspecteur d'assurances Décédé le 15 mai 1945  à  Mauthausen (Autriche) 

Réseau:  S.S.M.F./T.R. (Poste 114) Agent P2

 

Marcel Couche, inspecteur d'assurances à Besançon, père de deux enfants, s'engage dès 1940 dans les Services Spéciaux. Il est agent de liaison.

Dénoncé par un Français, il est arrêté par la Gestapo à Besançon le 15 septembre 1942. Déporté le 16 avril 1943, il meurt après deux ans de camp de concentration, le 15 mai 1945.

"Mort pour la France", il fera l'objet de deux citations, dont une à l'ordre de l'Armée britannique, et recevra la Croix de Guerre avec étoile de vermeil et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N.  n°24, p.50


COUPLAN

née MAHE

Jeanne

Pseudonyme : JEANNETTE

 

 

Née le 5 août 1916  à  Rennes (Ille et Vilaine) de Albert Mahé  et de  Amélie Rouzel Epoux: capitaine Henri Couplan Profession: employée des Chemins de fer Décédée le 26 mars 1945  à  Ravensbrück

 Réseaux: S.S.M.F./T.R., Turquoise du S.R. KléberAgent P2

 

Jeanne Couplan devient, le 2 février 1944, agent de renseignement du réseau Turquoise.

Le secteur de ce réseau, créé par Yvon Jézéquel* (réseau qui travaille aussi avec d'autres comme Résistance-Fer) comporte toute la zone côtière du Mont Saint Michel à Saint Malo, région stratégique essentielle pour le débarquement allié. Il s'agit de fournir des renseignements sur les effectifs et armements allemands (43 750 hommes recensés), mouvements de trains (6 à 12 par jour), résultat des sabotages des groupes Action, bilan des bombardements alliés. Pour ces opérations, le code de Turquoise est Blavet.

Jeanne Couplan distribue des cartes d'identité aux patriotes et réfractaires. Elle héberge le radio Marcel Ardon, de son réseau, des responsables du réseau, Yvan Jézéquel et l'officier canadien Robert Vanier.

Mais en avril 1944, le principal local d'émissions du réseau, rue Gutemberg à Rennes, est indiqué par dénonciation à la Gestapo. Celle-ci y tend une souricière.

Arrêtée le 13 avril 1944  à Rennes, Jeanne Couplan est déportée le 3 août 1944 et meurt à Ravensbrück le 26 mars 1945, laissant un petit garçon de six ans, Jean-Pierre.

Citée à l'ordre du régiment,elle sera déclarée "Morte pour la France" et recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance; Bulletin de l'A.A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


COURTIOL

Jean, André

 

 

Né le 22 septembre 1902  à  Paris XVIIIe de Jean-Baptiste Courtiol  et de  Louise Pernol Profession: employé des Chemins de fer Décédé le 25 avril 1944  à  Rostock (Allemagne) ou à Auschwitz (Autriche) 

Réseaux :  S.S.M.F./T.R. , S.R.KléberAgent P2

 

Employé de la Cie des Wagons-lits, père de deux enfants, Jean Courtiol a été mobilisé en janvier 1940 et réformé trois mois plus tard.

Il s'engage en juin 1941 dans le S.R. Guerre, Poste P2 (qui deviendra le réseau Kléber), avec, dira son chef de réseau,un "dévouement absolu et désintéressé".

Arrêté le 21 février 1943, il est déporté le 29 novembre 1943 et meurt cinq mois plus tard : à Rostock, selon certain papier (non identifiable de son dossier du Bureau Résistance); à Auschwitz, block 20, sous le n° 6 652, selon le liquidateur du S.R. Kléber.

Déclaré "Mort pour la France", Jean Courtiol sera cité à l'ordre du corps d'Armée et  recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


COUTE

Clovis, Ludovic

 

 

Né le 15 novembre 1892  à  Tours (Indre et Loire) de Clotaire Coute  et de Angèle Rideau Epouse Elise Piard Profession: employé de l'Assistance Publique Décédé le 5 février 1943  à  Paris 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R.Kléber (Poste P2)Agent P2

 

Clovis Coute est un homme de 1m66 , à la barbe noire.

Le 21 septembre 1914, il a été blessé dans la Meuse, à Cierge, et est retourné ensuite aux armées du 8 juin 1915 au 24 août 1919 (cité à l'ordre du régiment le 1er février 1916).

En 1939, il a 47 ans, n'est pas mobilisable et poursuit son activité d'employé de l'Assistance Publique à Paris. Mais il se met au service du réseau Kléber en juillet 1941.
La Gestapo se présente le 2 février 1943,  à son domicile, 30 rue de Seine Paris VIe, et l'abat sur place.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


CUENOT

Henri, Emile

 

 

Né le 23 octobre 1897  à  Pont de Roide (Doubs) de Paul Cuenot  et de Adèle Paumier Epouse: Geogette Feuille Profession: commissaire de police Décédé le  25 avril 1945  à  Ravensbrück 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Incorporé en août 1916, Henri Cuenot a été prisonnier du 29 mai 1918 au 14 janvier 1919 .  Après la guerre, en novembre 1919, il est devenu gardien de la paix dans la police parisienne .

En 1935, il était lieutenant dans les troupes coloniales et se trouvait, en 1939, affecté à la Sûreté aux Armées. Il a ensuite poursuivi sa carrière dans la police en devenant professeur à l'École de Police de Lyon en 1940, puis, l'année suivante, commissaire central à Lyon.

C'est alors qu'il est recruté, le 1er  janvier 1942, par les Services Spéciaux. Cette année là, il devient  commissaire divisionnaire à Nice. Son fils a 24 ans, sa fille 23 ans.

Sa position lui permet d'offrir à son chef de poste toute facilité de circulation dans sa circonscription et de  recueillir de précieux renseignements sur les mouvements de troupes des Allemands et les défenses qu'ils édifient sur la côte Sud.

Le 16 mars 1944, il est arrêté dans les locaux de l'Intendance de Police, victime d'une dénonciation. Déporté le 4 juin 1944, il meurt à Ravensbrück le 25 avril 1945.

Déclaré "Mort pour la France", Henri Cuenot sera cité à l'ordre du corps d'Armée et proposé pour la Légion d'Honneur.

 

*

Citation:  "Accepte d'emblée de prêter son concours à un réseau clandestion de contre-espionnage, installé en France occupée.A fourni sur les mouvements de troupes et les travaux de défense édifiés par l'ennemi sur la côte Sud des renseignements qui ont été très appréciés du commandement. A donné toutes facilités à son chef de réseau  pour lui permettre de circuler dans l'étendu de sa circonscription administrative."

 

Références: Dossier du SHAT; archives du Bureau "Résistance"; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.29, n°24, p.50


 

 

 
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