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Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
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MEMORIAL NATIONAL A.A.S.S.D.N. / Ramatuelle - Var ( Livre d'Or )
Biographies des Noms gravés sur le Monument: Ca-Ck
 

CALVET

Louis, François, Émile

 

 

Né le 21 août 1914  à  Graulhet (Tarn) de Emile Calvet  et de  Marie Duguet Epouse: Jacqueline, Jeanne, Joséphine Jaunaux Profession: mécanicien garagiste Décédé le 16 juillet 1944  à  Calmont (Haute Garonne) 

Réseau: S.S.M.F./T.R. (groupe Morhange)Agent P2

 

Louis Calvet était mécanicien garagiste à Pau. Mobilisé en août 1939, fait prisonnier à Bondy en juin 194O; six mois plus tard il s'évadait.

Entré dans la Résistance en janvier 1942, il est arrêté le 3 juin 1944, mais réussit à déjouer la surveillance de ses gardiens et rejoint le maquis de Quérigut (canton d'Axat, Aude) où il est chargé de la formation des cadres. En mission de liaison et de convoyage de matériel à Calmont (Haute Garonne), il est arrêté au petit matin du 16 juillet 1944 et fusillé le jour même, dans une rue de la ville, rue du Temple. Lenfant et Vidal, du réseau Morhange (maquis de Quérigut), en témoigneront. C'est ce qui ressort du dossier le concernant au Bureau Résistance.

Cependant, dans le rapport de X3, du 3 août 1944, relatant la mort de M. Taillandier, il est dit (Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°3, p.6): "Au petit jour, les Allemands et la Milice, au nombre d'une cinquantaine munis d'automitrailleuses et de voitures légères cernèrent le village et se rendirent au domicile de nos agents. Ces derniers, surpris dans leur sommeil, essayèrent courageusement de se défendre mais succombèrent sous le nombre. Lenfant et Calvet furent assassinés dans la chambre même."

Louis Calvet laisse trois enfants: Claude, 5 ans, François, 2 ans 1/2, Louis, 1 an.

Cité à l'ordre du corps d'Armée, il a recevra la Croix de Guerre avec étoile de vermeil et un témoignage de satisfaction du Field Marshal Montgomery.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Liste Fontès du 27 novembre 1997;   Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.26, n°3, p.6 et n°83, p.11.


CAMUS

Laurent, Jules, Émile

Pseudonyme: PETIT PERE

 

 

Né le 5 avril 1887  à  Champagney (Haute Saône) de Jean, François, Augustin Camus  et de   Jeanne, Honorine Charey Epouse: Germaine Picareau Profession: officier de carrière Décédé le 18 août 1944 à Mathausen 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Saint-cyrien (promotion Mauritanie), Laurent Camus a été affecté au 2e Régiment d'infanterie en octobre 1910. Il participa brillamment à la guerre 1914-1918, comme chef de section puis comme commandant de compagnie, nommé capitaine à titre exceptionnel en octobre 1914. Deux fois blessé (trois citations dont deux à l'ordre de l'Armée), il reçut la croix de chevalier de la Légion d'honneur. A la suite d'un bombardement, il fut évacué le 15 août 1917 pour contusions thoraciques et par la suite affecté au dépôt du 18e Régiment d'infanterie à Pau.

En 1928, il était à l'État-major du Groupe de subdivisions de Pau. Deux ans après, il fut promu chef de bataillon  et affecté au 18 e Régiment d'infanterie à Pau, où il habitait avec sa famille 6 place Gramont. Il avait deux filles, Béatrix et Éliane, et deux fils, Claude et Ernest-Pierre.

En 1939, compte tenu de ses graves blessures, Laurent Camus fut affecté au dépôt 183 à Bayonne et, après la défaite, atteint par la limite d'âge, il resta à Pau.

Un an plus tard, un drame devait toucher sa famille, Madame Germaine Camus mourait  brutalement à l'âge de 41 ans.

A l'automne 1942, le commandant Camus prend la tête d'une chaîne d'évasion vers l'Espagne, via Pau et le village de Billères, dans la vallée pyrénéenne d'Ossau, et d'un réseau de renseignements. A Pau, il est secondé par Joseph Chauvin, gardien du château, et Jean Fantin, employé dans une teinturerie place Gramont.

En outre, il fait installer un petit maquis de réfractaires au Service du Travail Obligatoire au col du Bénou, près de Billères.

Au début de l'été 1943, Pommiès, qui a mis sur pied un Corps Franc dans le Sud-ouest, par l'intermédiaire de Frédéric Meininger, rencontre la commandant Camus. Ce dernier accepte d'entrer au Corps Franc et de prendre à la Libération, au titre  de l'ORA, le commandement de la future subdivision militaire de Pau.

En juillet 1943, il fait passer par sa filière d'évasion ses deux fils pour leur permettre de rejoindre l'Espagne. L'aîné, Claude, 24 ans, a été reçu à Saint-Cyr, le second, Ernest-Pierre prépare la même école. Tous deux devaient mourir au combat, l'un dans les Vosges en octobre 1944, l'autre au Tonkin en septembre 1953.

Le 1er novembre 1943, Laurent Camus entre en contact avec les Services Spéciaux dans la région de Pau. Il va collaborer activement avec les T.R. en fournissant des renseignements et en facilitant les passages en Espagne. Sa fille Béatrix, 24 ans, alors connue sous le nom de "Fille du Petit Père", l'aide dans ses activités en assurant le secrétariat, des liaisons et le transport de courrier.

Conscient que son engagement a pu alerter la Gestapo paloise, Laurent Camus trouve refuge en janvier 1944 chez des amis, villa "Caprice", allée de Morlaas. Mais, le1er février 1944, exceptionnellement, il passe la nuit à son domicile où demeurent ses deux filles et, le lendemain à l'aube, le chef de la Gestapo accompagné d'un groupe d'agents surgit dans l'appartement, perquisitionne les lieux et arrête le commandant Camus.

Interné à la prison Saint Michel à Toulouse, il part le 5 avril 1944 pour Compiègne, avant d'être déporté à Mauthausen, où il meurt quatre mois plus tard.

Déclaré "Mort pour la France", Laurent Camus recevra la Croix de Guerre avec palme, la Croix du combattant volontaire de la Résistance et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation (à l'ordre de l'Armée): "Magnifique patriote arrêté pour faits de résistance le 1er février 1944, a été interné jusqu'au 4 avril 1944, puis déporté le 5 avril 1944 dans un camp de concentration où il est mort glorieusement pour la France le 18 août 1944."

 

Lieux de mémoire: Une plaque a été apposée sur le monument élevé à la gloire du 9e Régiment d'infanterie, rue Bonnat à Agen, "A la mémoire du chef de bataillon Laurent-Emile Camus (1887-1944), glorieux combattant de la guerre 1914-1918, ancien du 9e Régiment d'infanterie, en garnison à Agen de 1919 à 1928, résistant- Corps Franc Pommiès, déporté, exterminé à Mauthausen le 18-O8-1944, et de ses deux fils, morts au champ d'honneur, le lieutenant Claude Camus, Le Fréchou 1919 - Vosges 1944, le capitaine Ernest-Pierre Camus, Agen 1922 - Tonkin 1953".

Une autre plaque à la mémoire des trois officiers se trouve à Pau sur la maison où la famille a vécu de 1928 à 1953.

 

Références: documents fournis par la famille; archives du Bureau "Résistance;  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.28 et 29


CAUBET

Jacques, Paul

Pseudonymes: COUDRAY (en Algérie), PATTE (en France)

 

 

Né le 31 juillet 1919  à  Paris (XIe arr.) de Baptiste Caubet et de ? Célibataire Etudiant Décédé le 2 Juillet 1944 au cours de son transfert de Compiègne et Dachau 

Réseaux S.S.M.F./T.R., Mission spéciale D.S.M. Base E, Mission PapillonAgent P2

 

Jacques Caubet était pupille de la Nation. Après avoir passé une licence en droit, il entra à l'École coloniale.  Sursitaire jusqu'en mai 194O (il a été victime d'un accident d'automobile), en juillet 1940, entré dans l'aviation , il se trouvait en Algérie, à la base aérienne 201 de Blida.

C'est un jeune homme d'un mètre soixante, brun au teint pâle, qui porte une cicatrice au front.

En janvier 1944, il est envoyé en mission en France. Là, il contacte de nombreux agents et installe un poste émetteur. Revenant d'avoir effectué une liaison avec Marseille, grâce à son sang-froid, il évite de peu l'arrestation, alors qu'il est porteur d'armes et de courrier.

De février à mai 1944, plusieurs fois il passe chez ses parents, 6 rue Lacretelle à Paris, avec des camarades. Un jour, il amène une certaine M..., laquelle repart et revient le 27 avril, avant d'être confiée à l'un de ses parents. Le 5 mai, un visiteur insolite demande M... Trois jours plus tard, Jacques Caubet revient chez ses parents; le lendemain, le même homme reparaît flanqué de deux policiers allemands. Questions : Y a-t-il des armes, des appareils radio? Où est M...? Quel est le jeune homme qu'on vient de bloquer dans la chambre? Réponse négative pour les armes, évasive pour M..., refus de répondre à la troisième question.

Jacques Caubet et ses parents sont transférés à la Gestapo. Perquisition: on ne trouve rien. Il semble que les Allemands, cherchant M... , aient été surpris de trouver le jeune homme. Madame Caubet, interrogée, indique l'identité de son fils (qui a sur lui de faux papiers). Les trois sont transférés à Fresnes. Ses parents, libérés,  y apportent à leur fils  un colis de vêtements le 6 juin. Ils n'auront plus aucune nouvelle de lui.

Arrêté au cours d'une mission spéciale en France, Jacques Caubet "n'a rien révélé de toute l'organisation", dira son chef de mission.

Un de ses compagnons de détention, Alexis Le Douguet (de la mission Joie), témoignera du départ de Compiègne et de la suite de leur calvaire:

"Nous partons pour Compiègne.

Dès l'installation dans le car, des exclamations fusent: "Bonjour Fanfan, Mercier, Dubuc..." Le service semblait s'être donné rendez-vous, il y avait là Charles (Bellet*), Mercier, Denhaen*, Rousselin*, Dubuc*,Caubet, de Peich*, Fanfan (Le Henaff*) et moi.

Par chance, nous arrivons à Royallieu la veille du départ d'un convoi, ce qui nous faisait quinze jours à passer là.

Ces quinze jours ont été inoubliables pour tous. Le temps était beau et il n'y avait rien à faire. Nous passions nos après-midi étendus sur l'herbe, lisant un livre de la bibliothèque.

Pas d'Allemands ou peu. Quelques services rendus par notre équipe au cuisinier nous valait des carottes, de la soupe en supplément....

Mais les quinze jours délicieux eurent une fin. Le 2 juillet au matin, parmi 2 166 détenus (536 d'entre eux mourront dans les wagons, la plupart entre les 2 et 3 juillet), nous embarquions dans ce trop célèbre train qui sera appelé plus tard "le train de la mort". Nous avions réussi, malgré un appel par ordre alphabétique, à nous réunir à nouveau et nous étions tous dans le même wagon.

Dès l'installation nous nous rendîmes compte que le voyage ne serait pas de tout repos. Nous étions cent dans le même wagon et seules deux toutes petites ouvertures nous aéraient.

Le train démarre à midi. Nous nous installons tant bien que mal, encastrés les uns dans les autres. Il faut chaud. Vers quinze heures, l'atmosphère devient irrespirable. Nous nous aspergeons d'eau mutuellement pour avoir une illusion de fraîcheur. Beaucoup se lèvent pour se dégourdir un peu. D'autres somnolent. Le train avance trop lentement pour créer un courant d'air. A dix-sept heures, un orage formidable plane sur nous. Personne ne dit mot. Nous sommes tous accablés par cette chaleur. On entend des respirations haletantes. Je pense à mes narines. Charles est à un mètre de moi, assis. Il a un chapelet à la main et il prie à voix basse. De temps en temps, il regarde chacun de nous, un sourire sur sa face ruisselante de sueur: "çà va?" "ça va", lui répond-on. Puis c'est un autre qui pose la question, puis un autre.

Le nombre des dormeur augmente. Ceux qui ne dorment pas, comme moi, sont déjà inconscients de ce qui se passe. Je ne reprendrai le contrôle de moi-même que vers onze heures ou minuit.

Je touche un camarade, il est tout chaud, trop chaud pour que cela soit normal. A tâtons, dans l'obscurité, je cherche sa tête. Il ne respire plus. Une peur irraisonnée s'empare de moi.; j'appelle à voix basse d'abord, puis plus fort: "Charles, Fanfan?". Enfin j'entends Mercier et je réalise. Ils sont morts en dormant, asphyxiés par la production de gaz nocifs. Nous essayons de nous compter mais jusqu'au lendemain matin, c'est impossible.

Je m'endors, brisé. Le lendemain, le spectacle est terrible. Combien sont-ils appuyés les uns contre les autres et qui ne se réveillerons plus? Combien restent vivants? Trente six sont debout. Donc soixante quatre sont là et qu'il faut dégager, ranger dans un coin pour que les autres essaient de vivre.

Dans l'après-midi nous nous arrêtons près de Revigny-sur- Ornain près de Bar-Le-Duc. Il nous faut alors prendre les cadavres du wagon d'à côté, les mettre dans le nôtre. Puis nous repartons à cent dans les wagons rendus libres. Jusqu'à Dachau nos amis, nos camarades de lutte sont là, à côté. Puis, nous descendons, abandonnant ce train et toutes ses victimes en gare. Que sont-ils devenus? Nous restions à deux du service: Mercier et moi..."

Le lieutenant Caubet a fait partie de ceux qui sont morts le 2 juillet .

Déclaré "Mort pour la France", il recevra la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation (à l'ordre de l'Armée) : "Envoyé par Alger en mission en France en janvier 1944, a fait preuve d'un sang-froid et d'un courage à toute épreuve. A couru de grands risques sans hésiter en contactant de nombreux agents du contre-espionnage et en installant un poste émetteur. Fouillé au retour d'une liaison avec Marseille, porteur d'armes et de courrier, a, grâce à son calme, évité de peu son arrestation."

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°21, p.18, n°24, p.50; dossier "Mission Joie" (A.A.S.S.D.N.)


CAVELIER

Louis, Léon

 

 

Né le 6 avril 19OO  à  Glos sur Risle (Eure) de Hippolyte, Joseph Cavelier  et de  Léontine, Irma Loisel Epouse: Suzanne, Louise Crevel Profession: chef de gare Décédé le 25 septembre 1943  à  Rheinbach

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R.,  S.R. Kléber (Poste P2)Agent P2

 

Vétéran de la guerre 14-18, père d'une fille de 23 ans, Louis Cavelier, est chef de gare de 3e classe, à L'Aigle (Orne), où il habite, 6 rue de Becaune. Il est entré à la S.N.C.F. en mars 1918, au titre de fils de cheminot, et a été appelé jeune à la direction d'une gare importante.

Il fait partie de "Résistance Fer", s'engage dans le réseau Hector le 1er février 1941 et, à partir du 1er mars 1942, dans le S.R. Kléber (Poste P2), travaillant notamment pour son recruteur, Jean Agoutin*. Il fournit des renseignements sur les mouvements de troupes allemandes dans sa région .

Arrêté par la Gestapo, pendant son service, à 9 heures le 22 mai 1942, à  la suite d'une dénonciation dont est victime son réseau, il est interrogé très durement rue des Saussaies à Paris, puis à Fresnes.

Il passe en jugement devant le tribunal militaire allemand de la rue Boissy d'Anglas, à Paris, avec douze autres détenus, dont Georges Agoutin, André Gardes*, Jean-Marie Le Boterff*, Gaston Le Métayer*, Jean Nicolas*. Condamné à mort le 20 janvier 1943,  il est gracié en mai 1943. De Fresnes il est transféré au fort de Villeneuve-Saint-Georges, avant d'être déporté, le 23 septembre 1943, à la prison de Rheinbach. Il y mourra le 25 septembre 1943, des mauvais traitements subis  (selon les archives du Bureau Résistance), exécuté (selon les Archives d'Alger). Les Allemands préviendront sa famille qu'il est mort "à la suite d'une attaque d'apoplexie".

Déclaré "Mort pour la France", ce cheminot "intelligent et cultivé, d'un dévouement total et désintéressé" (commandant Simoneau), recevra la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation: "A fourni des renseignements de la plus haute valeur et des documents authentiques concernant les troupes allemandes stationnées et en transit dans la région de L'Aigle.

A  supporté sans faiblir les tortures  infligées" .

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Archives Nationales (dossier F 60 - 1576);  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4; Archives d'Alger (dossier 3331-57), SHAT


CAZENAVE

Andrée

 

Voir: GIRONCE Andrée


CHAIGNEAU

Jacques, Jean, Marie

 

 

Né le 12 février 1923  au  Cap Saint Jacques (Indochine) de Yves Chaigneau   et de  Jacqueline Motsch Décédé le 5 octobre 1944  à  Buchenwald

 Réseau: S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Son père était médecin en Indochine quand Jacques Chaigneau y est né en 1923. Elève de l'Ecole nationale de navigation maritime d'Alger, il a un diplôme de l'Ecole professionnelle Emile Loubet de Tunis, est compétent en mécanique radio. Il a vingt ans quand il s'engage dans la Résistance.

Raymond Durmeyer dit l'avoir connu vers le 26-27 avril 1943 à Alger. Jacques Chaigneau, radio de Jean Lavallée devait alors tenter de rejoindre la France avec lui et Durmeyer rapportera ainsi les péripéties de cette tentative à la mère du jeune radio:

"Fin juillet (26 ou 27) nous avions reçu l'ordre d'Alger de procéder à une opération de sous-marin qui devait nous apporter du matériel et qui devait embarquer le courrier et différentes personnes. Six ou sept camarades venant d'Alger devaient débarquer, nous devions les réceptionner, les emmener avec nous à Marseille, les munir de tous les papiers nécessaires et les diriger sur l'endroit qui leur avait été assigné, après leur avoir donné tous les renseignements utiles sur la vie en France. Le sous-marin est bien arrivé, nous avons pu le discerner dans la nuit, mais il ne s'était pas placé à l'endroit habituel, malgré les signaux que nous faisions il n'a pas bougé de place et nous l'avons vu repartir. Nous avons appris par la suite que votre fils, Chaigneau et notre radio Sévère étaient à bord, ils n'avaient pas vu nos signaux et ont essayé de débarquer avec deux ou trois camarades. De notre côté, ne pouvant supposer qu'ils n'avaient pas vu nos signaux, nous attendions, ignorant cette tentative. Nous avons appris que la tentative a échoué, ayant essuyé un coup de feu au moment où ils s'approchaient de la terre en youyou.

A terre, il nous était impossible de nous mettre en face du sous-marin pour faire des signaux,  celui-ci ayant stoppé juste en face d'un poste de garde italien, aussi avons-nous pratiqué nos signaux de côté en indiquant au sous-marin la position à prendre. Les signaux durèrent plus d'une demi heure aussi ne doutions-nous pas qu'ils avaient été bien interceptés et avons-nous été étonnés de voir le sous-marin partir pour ne plus revenir quelques instants plus tard ni les deux nuits suivantes.

Personnellement je n'avais pas entendu le coup de feu, mais un camarade à mes côtés avait cru percevoir quelque chose. Je pensais que c'était un effet d'imagination et que les Italiens ne sachant que faire s'amusaient à tirer le lapin; c'est ce qui vous explique que les nuits suivantes nous continuâmes à attendre le sous-marin. ...

Nous avons câblé à Alger notre étonnement...

Nous avons d'ailleurs appris par la suite en faisant cuisiner les patrouilles italiennes par le fermier qui nous servait de guide, qu'ils avaient cru voir un sous-marin à proximité de la côte et qu'un des leurs avait tiré un coup de feu dans sa direction et que - détail savoureux - ce devait être une erreur car celui qui avait tiré avait été puni par son chef."

Finalement, une note des archives d'Alger dit: "Le 17 août 1943, étaient parachutés à La Martinière, près des Herbiers,  en Vendée, le lieutenant de vaisseau Jean Lavallée*, chef de mission et le sous-lieutenant Jacques Chaigneau, radio. (La propriété de La Martinière appartenait à Mme Chaigneau, tante de Jacques. Avec son fils Jean, Mme Chaigneau rendra les plus grands services aux deux jeunes officiers).

J. Lavallée et J. Chaigneau venaient d'Alger, via Londres... Dans le même temps arrive à Londres, par avion, un agent nommé Rousselin*, surnommé le radio à la jambe raide, qui sera arrêté au début de décembre 1943 à Paris. Il avait sur lui une photographie de Henri Delattre (pseudonyme de Lavallée) et probablement aussi de J. Chaigneau destinées à l'établissement de nouvelles pièces d'identité"

Au père de Jacques Chaigneau, le 7 avril 1961, le colonel Paillole écrira: "Le lieutenant de vaisseau Lavallée avait choisi votre fils parmi de npmbreux volontaires pour exécuter plusieurs missions clandestines en territoire occupé au profit des services de renseignement et de contre-espionnage que je dirigeais depuis Alger. La Mission Sauterelle à laquelle il appartenait devait, entr'autres choses, s'efforcer de mettre au point des liaisons sous-marines entre la Métropole et la France Libre. C'est la raison pour laquelle vous avez sans doute entendu parler de sous-marin. Je voulais en effet réaliser sur les côtes atlantiques ce que j'avais réalisé en Méditerranée, là où, précisément, est édifié le Mémorial des Services spéciaux."

Le 11 décembre 1943, Jean Lavallée est arrêté sur dénonciation. Quelques jours après, poursuit la note, un certain lieutenant André  "se rend à Nantes avec Jacques et Jean Chaigneau. Rue Paul Bert, il prend le pistolet automatique, la boussole marine, ainsi que les torches à signaux et différents autres objets. Il envoie Jacques Chaigneau chercher 250 000 F qui étaient en dépôt chez M. Lechon et que celui-ci remet sur présentation d'une lettre écrite, semble-t-il, de la main d'Henri Delattre, mais signée Jean Lavallée, ce qui ne manque pas de surprendre, car il avait été convenu entre eux que le nom de Lavallée ne serait jamais prononcé.

André affirme alors aux cousins Chaigneau qu'Henri Delattre est reparti pour Londres.

Aux environs du 20 décembre (le 2 décembre d'après le dossier du Bureau Résistance), Jacques Chaigneau est arrêté à Paris. Quelques jours plus tard,  Mme Chaigneau reçoit, à Montaigu en Vendée, la visite du lieutenant André qu'elle connaissait, car il avait été envoyé à différentes reprises près d'elle par Henri Delattre. Il lui affirme que son neveu est en sécurité en Angleterre et lui présente une lettre signée Jacques Chaigneau, dans laquelle celui-ci la prie de remettre au porteur le code de Henri Delattre. Avec ce code, André (et les Allemands) continueront de contacter Londres jusqu'en avril ou mai 1944, ce qui provoquera au moins deux parachutages qui tombèrent dans un piège.

L'action néfaste de cet André ne s'est pas bornée au groupe Lavallée-Chaigneau, à Montaigu, un jeune électricien nommé Parpaillon* travaillait avec eux." Il sera également arrêté.

Paul Paillole rapporte aussi l'histoire de cette infiltration ennemie: "Depuis quelques jours la Gestapo de Marseille a réussi à infiltrer un traître d'une habileté diabolique dans notre réseau de Marseille. Il s'agit d'un agent déjà ancien de ce réseau, le belge Max Wilde. Arrêté par les Allemands, il a accepté de jouer le double jeu. Il a rencontré Lavallée et connaît la nature de ses activités. Les a-t-il dénoncées? Nous n'en avons pas la preuve...mais rien n'interdit de le penser.

Quoiqu'il en soit, fin novembre 1943, l'Abwehr arrive à introduire l'un de ses agents dans l'organisation de notre camarade. Il s'agit d'un "lieutenant André",  que hélas nous n'avons jamais pu identifier. (...)

Dès lors les événements vont se dérouler très vite. Tragiquement.

La découverte des activités de Lavallée, notamment de ses liaisons radio avec Londres,  va inspirer aux Allemands une manoeuvre d'intoxication d'envergure, d'autant plus importante qu'ils espèrent en tirer des renseignements sur nos organisations clandestines et sur les intentions de débarquement des Alliés.

La manoeuvre implique la rafle instantanée de l'équipe entière, sa mise au secret le plus rigoureux et la poursuite par substitution des contacts radios avec l'Angleterre.

Le 11 décembre 1943 à 7 heures, Jean Lavallée est arrêté à Paris. Rentré la veille de Marseille où il avait porté un important courrier, il dormait sur le lit de camp dans le petit appartement de la rue de Rivoli. Sa logeuse, Alice Martin est appréhendée aussitôt, tout comme Chaigneau et le radio Parpaillon. En quelques heures toute l'équipe tombe aux mains de l'ennemi.

La Funkabwehr (Service radio du contre-espionnage allemand) prend possession du poste émetteur et après plusieurs jours de recherches découvre les codes. Le 25 décembre 1943, le "lieutenant André" rétablit le contact avec Londres, sans éveiller les soupçons des logeurs de Parpaillon, surtout, ce qui est inexplicable, ceux des opérateurs radios de Londres (...)

Dès lors commence le jeu subtil et terrible de l'intoxication.

Faute d'avoir connaissance du drame qui vient de se dérouler, nous acceptons toujours les messages de Lavallée. Nous y répondons de bonne foi, notamment par l'envoi de questionnaires qui, à l'évidence, peuvent à terme donner des indications sur les projets du commandement allié et notre propre organisation de renseignements.

Nous frôlons le désastre... lorsqu'un miracle va se produire. Du fond de sa cellule de Fresnes, l'un de nos officiers (le capitaine Mercier, alias Von Klück), arrêté en Auvergne fin 1943 et transféré à Paris, va réussir l'exploit qui tient du prodige de savoir ce qui se passe dans la prison, d'entrer en contact avec nos camarades au secret et de nous faire passer des messages...

Le 11 avril 1944, après bien des péripéties qui ont ralenti son cheminement, nous parvient la nouvelle stupéfiante que je reproduis in extenso: "lieutenant Lavallée arrêté Nantes- stop- Poste radio continue de fonctionner".

Nous sommes consternés. Notre réplique va être immédiate. A notre tour de tromper l'adversaire. Jusqu'en juin 1944, nous continuerons son jeu, mais cette fois à notre profit. Ainsi pourrons-nous avec le poste Lavallée et l'accord des Alliés participer au plan d'intoxication destiné à laisser peser les menaces de débarquements en d'autres lieux qu'en Normandie."

Jacques Chaigneau et Jean Lavallée ont longtemps séjourné dans les cellules de la Gestapo av. Foch, puis ils ont été transférés à Fresnes pour quelques jours début 1944.

Ils font partie d'un groupe de 37 officiers déportés et seront fusillés à Buchenwald le 5 octobre 1944. Le témoignage de cette exécution sera rapporté par un rescapé, Richard Chotin,  dans un compte-rendu fait à Lille, le 5 février 1946:

Jacques Chaigneau "faisait partie d'un groupe de 37 officiers français, anglais, canadiens et belges, arrivé au camp de Buchenwald en juillet 1944. Ce groupe, contrairement à l'usage, ne fut pas placé en quarantaine dans le petit camp, mais interné au Block 17 du grand camp, qui était un block de passage.

Dans la soirée du 16 septembre 1944, 16 d'entre ces officiers, la plupart appartenant à la French Section, furent pendus dans la cave du four crématoire.  (...)

Peu de temps après, la Direction du camp décida l'affectation des 21 survivants du groupe dans les blocks du grand camp, mais avec défense expresse d'utiliser ces hommes à des travaux extérieurs au camp.

C'est ainsi que les capitaines Vellaud* et Avallard* et le lieutenant Heusch* furent affectés au block 45, et les lieutenants Rambaud*, de Séguier* et Chaigneau au block 1O, le mien. Je les fis placer à la table 5 de l'aile B, qui était la mienne.

Grâce à des complaisances, 2 ou 3 camarades parvinrent à partir en transport malgré les ordres donnés, et c'est ainsi que le capitaine J.M. Avallard fut dirigé sur Iéna.

Le 4 octobre 1944 à l'appel du soir (19 heures), 12 de ces camarades reçurent un avis d'avoir à se présenter le lendemain à 6 heures, rasés et coiffés, à la pancarte 5. Une lourde angoisse s'empara d'eux, car chacun savait que la pancarte 5 signifiait la mort. Ils nous firent leurs adieux ce soir-là, et je quittai à 20 heures (heure de rentrée dans les blocks) le capitaine Vellaud et le lieutenant Heusch, qui me prièrent de recommander leur famille au commandant Paillole. Le capitaine Vellaud fit un mot et déposa plusieurs objets personnels qui furent cachés par un Allemand actuellement à Paris, Willy Heckel, ex-agent du S.R. de Belfort, condamné en 1937 pour espionnage et incarcéré depuis cette date. Heckel était pour ceux du service un véritable ami; il se dévoua sans compter pour nous tous.

Le 5 octobre au matin, avant le départ pour le travail, vers 5 heures 30, nous aperçumes nos malheureux camarades au rassemblement près de la pancarte 5. Le capitaine Hallard et moi-même dépéchâmes aussitôt l'Allemand précité Willy Heckel pour connaître le sort de ces infortunés. Willy Heckel, qui avait 7 ans d'internement, possédait un coupe-file qui lui permettait de circuler librement entre l'usine où j'étais employé et le camp, et ce à toute heure du jour.

De son côté, le lieutenant Rambaud, qui n'avait pas été convoqué, devait suivre également le scénario d'exécution, de l'intérieur du camp.

Vers 7 heures, le lieutenant S.S. Gusse (orthographe phonétique), adjoint du Lager fuhrer, une brute dans toute l'acception du mot, vint auprès de nos amis et, de sa cravache, leur indiqua la cheminée du crématoire tout proche.

A cette insolence, tous nos camarades éclatèrent de rire et le narguèrent.

Ils furent aussitôt après enfermés dans les bunkers proches.

Ce n'est qu'à partir de 14 heures que les exécutions commencèrent au stand de tir situé à environ 100 mètres en face de l'entrée principale.

Les détenus employés aux abords du stand furent éloignés.

Le lieutenant Rambaud vit nos camarades sortir deux par deux, les mains liées dans le dos, sérieusement encadrés et dirigés vers le stand de tir.

Les détenus que l'on avait écartés du stand entendirent l'exécution qui eut lieu à la mitraillette, sans coup de grâce.

Le lieutenant Rambaud aperçut ensuite le transport des corps et leur entrée au crématoire.

Vers 16 heures l'exécution était terminée."

Raymond Durmeyer écrira à la mère de Jacques Chaigneau: "J'ai peu connu votre fils, mais Fanfan (Le Henaff) m'en a souvent parlé et m'a raconté ses exploits et m'a dit toute l'admiration qu'il avait pour son caractère...Rien ni personne ne nous rendra ceux que nous avons perdus, dont votre fils, Fanfan, Jean-Marie, Duhamel et Dubuc étaient les plus belles figures".

Jacques Chaigneau recevra la Médaille militaire, la Croix de Guerre avec palme et un témoignage de satisfaction signé Montgomery.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; ; Archives d'Alger (dossier 3331-57) et fonds privé ColonelPaul  Paillole, Service historique de la Défense. "Services Spéciaux"" de Paul Paillole (Ed. Robert Laffont, 19  );  "Les Services de renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, p.258 (Ed. Plon 1978);  le Bulletin de l'A.A.S.S.D.N.n°1,p.26


CHARAVEL

Maurice

 

 

Né le 26 février 1902  à  Bayonne (Basses Pyrénées) De Fanny, Mélanie Charavel Divorcé de Marie, Louise Barrot Décédé le 29 mars 1943  à  Cologne 

Réseaux:   S.S.M.F./T.R., S.R. Guerre clandestin, puis S.R. Kléber (Poste P2)

 

La mère de Maurice Charavel, célibataire, avait vingt-trois ans quand elle lui a donné naissance. Celui-ci avait une faible constitution, qui le fit réformer; il obtint néanmoins d'être enrôlé  en mars 1940 pour la durée de la guerre.

 Démobilisé en septembre 194O, il entre dès le 20 août 194O comme agent dans le S.R. Guerre clandestin, avec, selon le témoignage de Simoneau, "un dévouement désintéressé, allant jusqu'au sacrifice".

Ne voulant pas rester en zone occupée et risquer de travailler pour les Allemands,  il quitte le Boucau, se fixe à Pau, et ne revient au Boucau qu'en fin de semaine. Sa mère  (arrêtée le 28 avril 1941, jugée le 23 septembre 1941 à l'hôtel Métropole de Biarritz, condamnée à 22 mois de travaux forcés et libérée le 23 février 1943) dira: "Mon fils n'aurait jamais pu faire ce qu'il a fait si je ne lui avais pas servi de lieu de liaison". Il fait alors aussi, toujours selon sa mère, passer des jeunes gens en zone libre.

Arrêté le 24 juin 1942, au cours d'une mission à Labenne, dans les Landes, Maurice Charavel est déporté le 4 octobre 1942. Le Dr. Normand écrit: "Charavel, qui était avec nous fin 1942 à la prison de Wittlich, a été convoqué à Trêves au début de 1943 pour être jugé par le Tribunal du peuple de Berlin... Il m'a raconté, et du Plessis je crois me l'a confirmé, qu'il servait de passeur et de courrier. De plus, dans le sous-sol de son domicile, il cachait des prisonniers de guerre évadés."

Dans le dossier allemand concernant l'instruction du procès de Maurice Charavel, il est dit (il faut faire la part des choses, compte tenu du fait qu'il s'agit de documents allemands)  qu'il travaillait pour Jean du Plessis de Grenédan* , lequel était sous la responsabilité de Hillouin, chef du cabinet particulier du S.R. du maréchal Pétain; que Charavel fournissait des renseignements sur les régiments allemands et sur l'atmosphère générale (autonomisme breton, menées communistes en 1940); qu'il avait aidé entre autres plusieurs dizaines de prisonniers de guerre à passer la ligne de démarcation dans la région de Pau.

Le gardien de la prison rapporte qu'il " apprit sa condamnation avec tranquillité à 16h30. Il n'avait qu'un seul désir: pouvoir écrire à ses enfants": ses deux filles, Georgette et Germaine (ou Jacqueline), nées au Boucau, treize et douze ans.

L'aumônier de la prison de Cologne le décrit: "Homme de nature tranquille, il ne croyait pas à sa condamnation, mais pensait qu'il resterait en prison jusqu'à la fin de la guerre... Il désirait un livre de messe qu'on lui donna. Le dernier soir il reçut pieusement les derniers sacrements, chanta et pria tout haut trois fois "Pitié mon Dieu!" .

Charavel sera fusillé le soir du 29 mars 1943 (20h15),  à Cologne, où il sera enterré, au cimetière Ouest.

Il sera déclaré "Mort pour la France".

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Archives Nationales (dossier AJ40/1505);  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4; mairie de Bayonne


CHARLOT

Edouard

Pseudonyme: DADART

 

 

Né le 18 juillet 1903  à  Châtillon-sur-Seine (Côte d'Or) de Auguste Charlot  et de  Aimée Courtaillier Epouse: Solange Bauchet Profession: gendarme Décédé le 4 janvier 1943 à Cologne 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., Uranus du S.R. Kléber (Réseau du commandant Humm, rattaché à Kléber)Agent P2

 

Gendarme depuis 1929, affecté à la mobilisation à la Légion de Gendarmerie Départementale, Edouard Charlot est à la brigade territoriale de Reims en septembre 1941, quand il se met à la disposition du S.R. Kléber. Sa femme, Solange, est couturière; ils ont, selon des papiers officiels, quatre enfants, qui ont cette année là: 14 ans (Josette), 11 ans (André), 7 ans (Josique), Joel vient de naître. (Une note ultérieure de Madame Charlot dit trois enfants, peut-être l'un d'eux est-il décédé.)

Édouard Charlot, agent P2, chargé de mission de 3e classe, est chef de groupe, chargé de recueillir des renseignements sur les mouvements de troupes, camp d'aviation et fortifications de Berry-au-Bac (selon les informations transmises au capitaine Repiquet), de plus il recrute de nombreux agents, comme en attestera le commandant Lochard.

Arrêté à Reims, sur dénonciation, le 14 août 1942, il résiste aux interrogatoires. Il est déporté le 18 décembre 1942 à Rheinbach, puis transféré à Cologne.

Dans "les Gendarmes dans la Résistance", Pierre Accoce précise qu'il a été "trahi par un infiltré au sein de l'antenne reimoise". Il ajoute les informations suivantes: " Sa défense est assurée par un avocat alsacien, Me Heanning. Malgré les efforts de ce dernier Charlot est condamné à mort pour espionnage par le tribunal militaire allemand de Châlons-sur-Marne, le 1er octobre 1942. L'avocat a été fourni par Pierre Charles Sérignan, chef d'escadron à la tête de la section Gendarmerie des territoires occupés à Paris, qui, avec son service, portera secours à plus de 500 membres de la gendarmerie, notamment en leur fournissant des avocats. Il introduit une demande de recours en grâce, qui tient plus de l'offre d'un troc: un échange avec un agent de l'Abwehr arrêté en zone libre. Refus du maréchal Wihelm Keitel le 29 octobre. Charlot est exécuté à la hache le 4 janvier 1943 dans une cour couverte de la prison de Cologne." (En fait, une telle décapitation était interdite en Allemagne depuis 1938.L'erreur provient sans doute d'une mauvaise traduction. Les décapitations se faisaient à la guillotine, d'après les recherches de l'historien A. Gerhards.)

Il est enterré au Cimetière Ouest de Cologne.

Déclaré "Mort pour la France", Édouard Charlot, cité à l'ordre de l'Armée, a reçu la Médaille militaire, la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

*

 

Citation ( Médaille de la Résistance):

"A recruté de nombreux agents auxquels il donnait par son courage et sa ferveur le plus bel exemple de patriotisme. A transmis de façon suivie des renseignements importants sur le stationnement et l'activité des troupes allemandes dans la région de Reims.

Arrêté le 14 août 1942 par la police allemande, a eu une attitude splendide pendant les interrogatoires, ne révélant rien de l'activité du réseau."

 

Références: Archives du Bureau "Résistance; Service historique de la Gendarmerie; 'Les gendarmes dans la Résistance" de Pierre Accoce (Ed. Presses de la Cité, 2001); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


CHOUPOT

Jean-Marie, Joseph, Marcel

Pseudonymes:  CREPIN, CHABOT, CHOLET

 

 

Né le 4 septembre 1900  à  Marseille de Pierre Choupot  et de  Marie Alphandery Epouse:  Marie, Madeleine, Yvonne Folzer Profession: agent d'affaires Décédé le 20 août 1944  à  Daix (Côte d'Or) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R. , S.R. Kléber; Service National Maquis zone Nord (Brozen-Favereau); chef F.F.I.  de l'Yonne

 

Engagé volontaire à 18 ans, en août 1918, Jean-Marie Choupot a été renvoyé dans ses foyers en octobre 1919, jusqu'à l'appel de sa classe. Il s'est engagé alors pour quatre ans, au cours desquels il fit l'Ecole de Cavalerie de Saumur (1921) et rejoignit les troupes d'Indochine (1923).

Lieutenant de réserve, ingénieur agronome, il dirigeait, en 1935 une exploitation agricole en Indochine. Puis il fit l'Ecole de perfectionnement du chiffre (1937).

Capitaine de réserve, le 25 août 1939 il fut mobilisé et affecté à l'Etat-Major de la 2e division de Cavalerie à Lunéville. Il participa à la bataille des Ardennes et de la Somme. Fait prisonnier à Saint Valéry en Caux, il s'évada.

Dans une citation à l'ordre du corps d'Armée, il est dit qu'il "a fait preuve pendant les journées critiques des 10 et 11 juin 1940 des plus belles qualités militaires. A rassemblé de sa propre initiative des éléments d'infanterie débandés; les a regroupés, a constitué un point d'appui et a combattu tout l'après-midi et une grande partie de la nuit, couvrant ainsi la sortie Est de Saint Valéry en Caux. A permis par des dispositions judicieuses la destruction de deux chars ennemis."

Démobilisé le 31 janvier 1941, Jean-Marie Choupot, alors agent d'affaires, s'engage la même année dans les Services de Renseignements, à Montluçon. Sous les ordres du colonel Hugon*, en avril 1941, il dirige une antenne de renseignements dans l'Est, à Chaumont (en liaison avec Lyon). Enfin, il passe au Service National Maquis (zone Nord), puis est nommé, en mai 1944, chef départemental F.F.I. de l'Yonne (sous les ordres du colonel de Chezelles, dit Crespin, puis de Famet). Il s'emploie alors avec énergie à l'organisation des troupes, au succès des parachutages et aux opérations offensives de toutes sortes.

Arrêté par la Gestapo, à Auxerre, le 17 juillet 1944, il subit tortures et interrogatoires sans rien dévoiler, de sorte qu'aucun de ses sous-ordres ne sera inquiété par la suite.

Transféré à Dijon peu de jours après, condamné à mort, il est fusillé le 20 août 1944 dans la propriété de M. Debost (commune de Daix), et inhumé par ce dernier. Son corps est retrouvé dix jours plus tard,au lieu dit La Garenne, commune de Daix. "Il est identifié formellement grâce à son alliance de platine, gravée à l'intérieur "YF à MC 14-9-40". Son corps porte une blessure par balle d'environ 7mm65 de grande puissance", selon le P.V. établi à ce moment par le maire de Daix.

Déclaré "Mort pour la France", Jean-Marie Choupot recevra la Légion d'Honneur et la Croix de Guerre avec étoile de vermeil.

 

*

Citation (à l'ordre du corps d'Armée): "Dès son entrée dans la Résistance, il se fait remarquer par son courage, son audace et son sang-froid."

 

Références: Dossier du SHAT;  Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N.  n°24, p.46


 

 

 
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