Il y a 23 ans, disparaissait Paul Paillole, figure majeure des Services spéciaux français

Paul Paillole en 1995

Le 15 octobre 2002 s’éteignait à Paris le colonel Paul Paillole, figure majeure des services de contre-espionnage durant la deuxième guerre mondiale. Vingt-trois ans après sa mort, son parcours reste un témoignage essentiel et un héritage toujours vivant des services spéciaux français.

À travers ses ouvrages (Services spéciaux 1935-1945Notre espion chez HitlerL’homme des services secrets) et par la création de l’AASSDN, Paul Paillole a contribué à expliquer l’action historique des Services spéciaux entre 1935 et 1945, à entretenir la mémoire de ses agents morts pour la France et à rendre hommage à leur action.

EN SAVOIR PLUS

Revoir l’entretien de Paul Paillole chez Bernard Pivot en 1995, où il apportait un éclairage sur le rôle des Services spéciaux français durant la deuxième guerre mondiale.

Voir la vidéo sur Youtube

Voir des documents biographiques de l’AASSDN sur son parcours :
une vie au contre-espionnage par JC Petermann




Nouvelle revue “Services Spéciaux” : Défendre la souveraineté : le combat de notre avenir

La revue de rentrée de l’AASSDN parait alors que l’Europe découvre la réalité d’une Amérique qui impose sa vision manichéenne du monde tant pour la paix que pour l’économie. L’Union européenne qui a laissé passer sa chance alors qu’elle était globalement la première économie du monde et une puissance géopolitique majeure se retrouve marginalisée et étale son impuissance. Les déclarations volontaristes de nos dirigeants ne sont plus que des paroles qui s’envolent dans le vent d’un monde qui change car le vrai pouvoir est dorénavant ailleurs.

Pour faire face à cette situation notre pays doit mettre toute son énergie pour s’adapter à ce qui a toujours fait sa force : l’affirmation de sa souveraineté et des valeurs qu’il a sans cesse cultivées.
Dans les années 60, le général de Gaulle s’en était servi pour affirmer notre spécificité et c’est dorénavant le devoir de tous d’y contribuer pour construire l’avenir de nos enfants. Les membres actifs de l’AASSDN, fonctionnaires civils ou militaires ont servi leur pays, quelle que soit la couleur politique des dirigeants de l’époque, car ils travaillaient pour la France éternelle et ce qu’elle représente. Aujourd’hui nous devons être des ambassadeurs de ces valeurs auprès de nos concitoyens de tous âges, qui les ont oubliées sous la pression des modes, du laxisme ambiant, et des idées venues d’ailleurs.

Voyant nos principes malmenés pour des motifs divers, nous avons le devoir de contribuer à faire connaitre les analyses de nos camarades de tous bords. Dans nos métiers, nous avons appris à ne pas faire confiance à l’idée qu’on impose, cette pensée unique issue de l’influence, qui nous éloigne de la vérité. Il faut savoir regarder le dessous des cartes. A côté de notre devoir de mémoire, c’est le but de cette revue et son seul objectif à travers des articles factuels et documentés.

L’été a vu disparaitre deux figures de notre monde de l’ombre. Le colonel Grué, ancien Directeur du renseignement du SDECE et combattant d’exception qui avait si bien écrit sur son long séjour comme prisonnier dans le camp n°1 des vietminhs. Vous découvrirez que ce légionnaire, par son humilité, sa ténacité, et son esprit d’ouverture, était un exemple pour nous tous. Eric Denécé, que nous avions accueilli au Congrès de Bon-Encontre, était un des meilleurs connaisseurs du renseignement sur lequel il avait écrit près de 30 livres. Disposant d’un réseau international impressionnant, il savait beaucoup de choses et n’avait pas peur de les écrire. C’est sans doute de ce côté-là qu’il faut chercher les raisons de sa disparition brutale.

Après le numéro spécial de 2025 sur la désinformation, nous commençons à mettre en chantier le numéro spécial qui sortira pour le Congrès de Granville. Le thème choisi, pour intéresser tout le monde, est l’influence mondiale, une ambition française. Nous y parlerons également de l’homme du renseignement que nous souhaitons mettre en valeur. Après André Sérot ce sera le colonel Fille Lambie, dit Morlanne, qui fut, entre autres réussites, le créateur du Service Action. Si nos moyens le permettent, nous voudrions faire un film sur lui, comme nous l’avons fait pour d’autres ; mais cela coûte cher

Vous avez tous accueilli avec des commentaires élogieux notre revue mais vous vous doutez qu’elle a un surcoût par rapport à l’ancien bulletin. Vous avez également apprécié notre film mémoriel sur le colonel Sérot qui représente un lourd investissement. C’est pourquoi, au-delà des cotisations, nous avons besoin de dons, qui sont partiellement déductibles des impôts, par des membres ou des amis, et recherchons des partenaires, pour des pages de publicité, afin de continuer à financer ces projets.

Je compte sur chacun de vous et vous souhaite une excellente lecture.

Alain JUILLET
Président de l’AASSDN

Extrait de la revue et sommaire




1944 : la « bombe volante » d’Hitler ou la naissance du drone de combat

Le 13 juin 1944, un étrange nouvel avion apparut dans le ciel anglais. Alors que la Royal Air Force était habituée à effectuer des vols d’urgence pour intercepter les chasseurs et bombardiers allemands en provenance d’Europe continentale, cette nouvelle menace était différente. Il était sans pilote. Décrit par des observateurs perplexes comme un « avion sans pilote », il était équipé d’ailes, d’un réacteur et d’une ogive qui provoquait des dégâts explosifs considérables à l’impact. Son moteur s’est arrêté en plein vol peu avant de s’écraser sur ses cibles. Il était autoguidé. Il s’agissait du Fieseler Fi 103, ou Vergeltungswaffe 1, plus connu sous le nom de « bombe volante » V-1, souvent qualifié de premier missile de croisière. Mais le V-1 pourrait plus précisément être décrit, dans la nomenclature actuelle, comme un véhicule aérien sans pilote (UAV) – et plus précisément, comme le premier drone suicide.

Comme les drones actuels, le V-1 était peu coûteux à fabriquer et simple à assembler. Son prix abordable, ainsi que les dégâts et la terreur qu’il pouvait infliger, expliquent pourquoi le Troisième Reich a choisi d’investir dans sa production alors que la guerre s’éternisait. La pénurie de main-d’œuvre, une économie sous pression, croulant sous les coûts de la guerre, et une baisse générale du moral de la population civile affaiblissaient la capacité de l’Allemagne à soutenir son effort de guerre. Adolf Hitler espérait que le V-1 se révélerait une véritable Wunderwaffe, ou « arme miracle », capable de renverser la situation face aux Alliés et de remporter une victoire rapide.

Une arme en avance sur son temps Le V-1 était sophistiqué pour son époque. Il était préprogrammé pour trouver sa cible et pouvait corriger sa trajectoire automatiquement. Un système de pilotage automatique avancé, réglé avant le lancement, permettait de programmer la portée, l’altitude et même les conditions de vent auxquelles il devait s’adapter, selon le Deutsches Museum allemand. L’avion pouvait ajuster sa trajectoire en vol grâce à un altimètre barométrique, un compas magnétique et un gyroscope intégrés. Un télémètre, entraîné par son hélice, l’aidait à atteindre sa cible. Le V-1 était équipé d’une ogive de 820 kg et se déplaçait à une vitesse pouvant atteindre 640 km/h. Surnommé « bombe bourdonnante », il était tristement célèbre pour son bourdonnement, qui devenait ensuite mortellement silencieux avant l’impact. Il lui fallait entre 15 et 30 minutes pour atteindre une cible. Une seule explosion pouvait raser des bâtiments et tuer des centaines de personnes d’un coup. Outre son autonomie, le V-1 présentait d’autres similitudes avec les drones actuels. Comme plusieurs variantes de drones modernes, dont le Kratos XQ-58A Valkyrie, le V-1 pouvait être lancé via une rampe inclinée. Comme c’est souvent le cas dans la guerre moderne des drones, il était déployé en essaims. De même, comme beaucoup de drones actuels, les V-1 pouvaient être lancés depuis d’autres avions en vol. Selon la chaîne d’information Norddeutscher Rundfunk, des centaines de V-1 ont été lancés avec succès depuis des bombardiers Heinkel 111 pendant la guerre.

(…)
Lire la suite dans Military Times

Zita BALLINGER FLETCHER
Publié sur Military Times
26 septembre 2025

Zita Ballinger Fletcher a précédemment été rédactrice en chef des magazines Military History Quarterly et Vietnam, et historienne à la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine. Elle est titulaire d’une maîtrise en histoire militaire avec mention.

Légende photo : Gros plan sur la « bombe volante » V-1 utilisée par l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Son ogive contenait plus de 820 kg d’explosifs. (Archives d’État polonaises)




Vidéo : Hommage à Paulette Duhalde engagée dès 1941

Paulette Duhalde

Paulette Duhalde (1921-1945), jeune employée de banque à Flers, s’engage dès 1941 dans le réseau de résistance « Jeanne », lié aux services spéciaux britanniques. Sous le pseudonyme « Jojo », elle assure des missions de liaison et de transmission essentielles au renseignement : acheminement de courriers, collecte d’informations, contacts avec des agents opérant à Caen, Alençon et Paris. Son action contribue directement au travail de contre-espionnage mené contre l’occupant allemand. Arrêtée par la Gestapo en décembre 1942 à la suite d’une trahison, elle est incarcérée à Fresnes, puis condamnée à cinq ans de forteresse par un tribunal militaire allemand.



Déportée en 1944, d’abord à Aix-la-Chapelle puis à Cottbus, elle est finalement transférée au camp de Ravensbrück. Elle y meurt d’épuisement le 23 avril 1945, quelques jours avant la libération. À titre posthume, la France lui décerne la Légion d’honneur, la Croix de guerre avec palmes et la Médaille de la Résistance. Son nom demeure associé aux femmes et hommes des services spéciaux qui, dans l’ombre, ont risqué et sacrifié leur vie pour entraver le renseignement ennemi et défendre la souveraineté nationale.




Mémoire vivante : Hommage aux « Merlinettes »

Hommage aux « Merlinettes » à Jouac en Limousin
Le 1er juin 2025

Ce dimanche matin en plein bois, côtoyant une clairière où furent parachutées dans la nuit du 5 au 6 avril 1944 trois Merlinettes, sous-lieutenantes opératrices–radio du Corps Féminin des Transmissions d’Afrique du Nord : Marie Louise Cloarec, Pierrette Louin et Suzanne Mertzisen-Boitte, se sont rassemblés 70 patriotes et 14 drapeaux d’associations dont la FNP de la Creuse, de la Vienne et de la Haute-Vienne, venus s’incliner devant la stèle inaugurée à leur mémoire le 30 septembre 2017 par Jean-Georges Jaillot-Combelas, neveu d’une autre Merlinette parachutée.

Elles seront arrêtées à la fin du mois d’avril 1944 à Paris où leur sœur d’armes Eugénie-Malika Djendi, parachutée au sud d’Orléans et arrêtée à l’atterrissage, les rejoindra dans la capitale.

Toutes les quatre seront déportées et exécutées dans le camp de Ravensbrück en Allemagne le 15 janvier 1945.

Etaient présents : les Maires de Jouac et de Saint-Léger-Magnazeix, le Délégué de Libre Résistance SOE F et la fille d’une Merlinette Huguette Colombeau.

Une gerbe fut déposée par la sous-préfète de Bellac, Mme Françoise Slinger-Cecotti, qui présidait la cérémonie,

Le général François Mermet, président d’honneur de l’Amicale, accompagné de Dominique Hennerick, vice-président de l’UNP et président de Bagheera, de M. Jean-Georges Jaillot-Combelas et de M. Hedy Belhassine déposa une gerbe au nom de notre Amicale.

Ensemble, nous n’oublierons jamais leur courage, leur exemple, leur abnégation et leur patriotisme.

Général François Mermet
Président d’honneur de l’AASSDN




La guerre du récit : quand l’information devient champ de bataille

La guerre de l’information a pris un rôle central dans les stratégies de l’Occident, se transformant d’un simple soutien aux objectifs de guerre plus larges en une fin en soi. L’objectif principal est désormais de contrôler le récit gagnant, considéré comme plus crucial que d’affronter la réalité des faits sur le terrain.

Dans cette perspective, la victoire virtuelle obtenue par la manipulation des perceptions publiques est jugée plus significative que tout succès concret sur le champ de bataille.
Cette stratégie vise à créer une réalité imaginée qui résonne avec le public, tant au niveau national qu’international, grâce à des médias complaisants et des récits simplifiés. L’objectif est d’aligner idéologiquement les sociétés occidentales contre un ennemi commun, présenté comme extrémiste et une menace pour la démocratie et les valeurs partagées. Cette approche crée un alignement social et politique rigide, qui rend difficile toute déviation de la ligne officielle et piège les gouvernements dans de fausses attentes.

Un exemple significatif de cette stratégie est l’incursion de l’OTAN dans la région de Koursk, choisie pour sa forte valeur symbolique. L’opération, si elle avait réussi, aurait permis aux forces ukrainiennes d’obtenir un levier de négociation important, forçant peut-être la Russie à réduire sa présence dans le Donbass.
Cependant, l’échec de l’incursion a renforcé la détermination de la Russie à poursuivre ses opérations en Ukraine, augmentant encore la méfiance envers l’Occident. L’utilisation d’équipements militaires allemands dans une zone historiquement significative comme Koursk a évoqué des souvenirs des invasions passées, alimentant le sentiment de menace existentielle perçue par la population russe.

[…]

Giuseppe GAGLIANO
Source : Cf2r
Dossier “Désinformation” publié dans la “Revue Services spéciaux” de l’AASSDN
Juin 2025

Pour lire la suite de cet article dans son intégralité, cliquez ICI.


Informations sur l’article :

Titre : “La guerre de l’information”
Auteur : Giuseppe GAGLIANO
Pages : 2
Extrait du dossier : Désinformation
Paru dans la revue : Revue Services spéciaux
Numéro : 271
Périodicité de la revue : Juin 2025
Revue de : AASSDN
Prix de la revue : 15€ (10€+5€ de frais de port)
Où acheter la revue : Sur la boutique de l’AASSDN dans la boutique (pour y accéder, cliquer ICI)




Guerre cognitive et influence 3.0 : Les nouveaux champs de bataille

Qu’elle soit menée à l’intérieur d’un État ou sur la scène internationale, l’influence peut être catégorisée selon son caractère moral ou non. Les opérations classiques s’adressent au conscient d’une cible qu’il s’agit de convaincre au travers d’une argumentation courtoise fondée sur des idées et des références, ou à son inconscient via la persuasion qui emprunte un chemin cognitif plus sophistiqué mais encore éthiquement acceptable. Elles autorisent toujours la capacité pour la cible de dire non.

Plus nombreuses, les opérations indélicates vont de la manipulation à la menace, en passant par l’intimidation et le chantage, toutes mâtinées de la notion de contrainte requérant une stratégie de contre-influence très élaborée pour contrer la loi de Brandolini1. Dans tous les cas, l’influence agit sur les perceptions des cibles visées afin de parvenir à l’objectif final qui est de modifier leur comportement ou leur décision.

Cela, c’était hier, du temps d’une influence « soft » 1.0. où, somme toute, les rapports de force se neutralisaient. Au début des années 1980, une influence 2.0 a vu le jour et a induit un bouleversement sociétal qui a profondément modifié les équilibres sociaux en Occident. Aujourd’hui, le retour au pouvoir de Donald Trump à la Maison blanche, la montée du populisme en Europe et la guerre en Ukraine redistribuent brutalement les cartes d’un jeu d’influence 3.0 qu’il s’agit de décrypter.

Général de brigade aérienne (2S) Bruno MIGNOT
Auteur de huit ouvrages dont cinq consacrés à l’influence
Dossier “Désinformation” publié dans la “Revue Services spéciaux” de l’AASSDN
Juin 2025

Pour lire la suite de cet article dans son intégralitécliquez ICI.

Vous pouvez également lire l’article “La guerre de l’information” dans son intégralité en cliquant ICI.


Informations sur l’article :

Titre : “Vive l’influence 3.0”
Auteur : Général de brigade aérienne (2S) Bruno MIGNOT, Auteur de huit ouvrages dont cinq consacrés à l’influence
Pages : 6
Extrait du dossier : Désinformation
Paru dans la revue : Revue Services spéciaux
Numéro : 271
Périodicité de la revue : Juin 2025
Revue de : AASSDN
Prix de la revue : 15€ (10€+5€ de frais de port)
Où acheter la revue : Sur la boutique de l’AASSDN dans la boutique (pour y accéder, cliquer ICI)




Désinformation : Les vraies origines de la colonisation française en Algérie

La conquête de l’Algérie par la France en 1830 fait toujours l’objet d’une désinformation par omission du fait majeur qui a poussé Charles X à se lancer dans cette expédition. La version officielle qui est mise en exergue se rapporte à une sordide affaire de dette relative à un marché de fourniture de blé que le Directoire avait conclu avec le dey d’Alger en 1797.

La transaction avait été gérée par deux commerçants véreux d’Alger, Bacri et Busnach, qui entretenaient des relations frauduleuses avec un groupe de pirates. Lorsque les exportations de céréales vers la France commencèrent, les deux négociants corrompus communiquèrent pour chaque opération aux bandits des
mers le trajet et la date précise des convois. Les pirates pouvaient alors s’emparer des cargaisons de blé puis les revendre aux deux truands qui, à leur tour, réexpédiaient les produits rachetés vers leur destination. Le blé, objet d’un juteux trafic, arrivait finalement en France après de multiples péripéties et un long séjour dans des cales humides qui le rendaient impropre à la consommation. Dans ces conditions, on comprend les fortes réticences de l’acheteur à payer de telles marchandises. Les dettes prirent de l’ampleur et le contentieux entre la France et le dey d’Alger s’envenima jusqu’en avril 1827 lorsque le roi Charles X chargea le consul de France Pierre Deval de présenter au dey des explications sur cette situation intolérable. L’entrevue orageuse se termina par un coup d’éclat : dans un accès de colère, le dey frappa le représentant de la France avec son chasse-mouches, un acte considéré comme un affront au monarque français. La France humiliée devant l’absence d’excuses réagit en soumettant Alger à un blocus maritime. Mais l’expédition militaire ne sera lancée que trois ans plus tard par Charles X: la conquête de l’Algérie débute le 14 juin 1830 par le débarquement de troupes à Sidi Ferruch, une baie située à l’ouest d’Alger.

[…]

Michel KLEN,
Essayiste et auteur de plusieurs ouvrages dont “La tragédie de l’Algérie
Dossier “Désinformation” publié dans la “Revue Services spéciaux” de l’AASSDN
Juin 2025

Pour lire la suite de cet article dans son intégralité, cliquez ICI.

Vous pouvez également lire l’article “Vive l’influence 3.0” dans son intégralité en cliquant ICI.

Vous pouvez également lire l’article “La guerre de l’information” dans son intégralité en cliquant ICI.


Informations sur l’article :

Titre : “Les vraies origines de la colonisation française en Algérie”
Auteur : Michel KLEN, Essayiste et auteur de plusieurs ouvrages dont “La tragédie de l’Algérie
française, Les ravages de la désinformation et La guerre du bluff est éternelle”
Pages : 4
Extrait du dossier : Désinformation
Paru dans la revue : Revue Services spéciaux
Numéro : 271
Périodicité de la revue : Juin 2025
Revue de : AASSDN
Prix de la revue : 15€ (10€+5€ de frais de port)
Où acheter la revue : Dans la boutique du site de l’AASSDN (pour y accéder, cliquer ICI)




Volaille importée du Mercosur : le sacrifice du monde rural sur l’autel du libre-échange

Les agriculteurs se mobilisent à nouveau contre le projet d’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Derrière l’importation de produits étrangers aux normes contradictoires, c’est un modèle de vie qui est en jeu, explique notre chroniqueur Jean-Étienne Rime.

Pauvre poulet ! On le mange à toutes les sauces et sous toutes les formes : salade César, nuggets, filets et même jambon, rillettes ou saucisses de volailles. Il se trouve dans tous les supermarchés, présenté de mille façons. Il est à la carte des restaurants les plus huppés et des spécialistes de burgers qui l’accommode à coups de crèmes sucrées et autres condiments. Il a été la nourriture de base des athlètes et leurs accompagnants aux Jeux olympiques de l’an dernier, nourriture consensuelle s’il en est et appréciée de tous les continents, toutes les religions ou convictions à l’exception des végétariens, végétaliens et autres adeptes du renoncement à la viande animale.

Des normes exigeantes

D’où vient ce poulet ? Bonne question en effet ; une grande majorité de consommateurs ne font pas le lien entre ce morceau de viande emballé dans un film plastique ou enroulé dans une panure croustillante, et l’animal qui vit huit semaines — douze pour les poulets fermiers qui pourtant sort bien d’un élevage qualifié d’”industriel” par ses détracteurs. C’est vrai, ce système n’est pas idéal mais l’on ne peut guère revenir à ce qui se faisait autrefois avec le poulailler de la ferme et ses volailles qui mangeaient restes alimentaires et vers de terre, car notre gallinacé est omnivore. 

Qui accepterait d’élever ainsi quelques volatiles et qui accepterait de payer trois ou quatre fois le prix pour être certain d’avoir un vrai poulet de ferme ? Personne. Les éleveurs se sont adaptés, ils ont créé des conditions d’élevage plus respectueuses de l’animal avec des parcours extérieurs par exemple, une limite du nombre d’animaux, mais pour une production qui reste à grande échelle. Les fermiers de notre temps sont attentifs à la santé et au bien-être de leurs animaux, condition essentielle pour que leur croissance se déroule bien. Ils sont aussi des investisseurs, ils nourrissent la vie locale : fournisseurs d’aliments, vétérinaires, installateurs de bâtiments et artisans de la maintenance. Ils produisent français, dans des normes infiniment plus exigeantes que celles pratiquées ailleurs et mettent dans nos assiettes des produits sains, sûrs et bons.

La folie du Mercosur

Oui, mais voilà. Si l’industrie française s’est externalisée à l’autre bout du monde au prétexte de la mondialisation, l’agriculture française et particulièrement l’élevage risquent de subir le même sort, pour tenter de sauver la construction aéronautique ou un autre pan de notre économie. Le poulet va venir du Brésil ou des pays d’Amérique du Sud, ceux qui déforestent pour semer du soja ou produire de l’huile de palme. Nous n’aurons plus aucune garantie sanitaire sauf celles décrétées par des administrations locales laxistes ; les questions de bien-être animal seront biffées d’un trait sans appel, l’écologie idem, sans parler des dépenses d’énergie liées aux transports longs, à la congélation, bref, tout ce qui ne fait pas le bien du consommateur.

Le poulet ne sera pas le seul élevage concerné ; bœuf et porc seront importés aussi de ces pays sans contrôle pour être vendus à bas prix en Europe. La folie du Mercosur est portée par des technocrates totalement déconnectés des réalités rurales, qui veulent réglementer, contraindre et faire plier plus encore une profession qui souffre alors qu’elle est essentielle et porte de si belles valeurs ancestrales et modernes à la fois. Ils annoncent des garanties, des volumes limités d’importation auxquels eux-mêmes ne croient pas. On a fait de même pour l’industrie et l’on voit le résultat.

Le terreau d’un style de vie

Nous avions la chance en France d’avoir une agriculture variée, d’une incroyable qualité et surtout excédentaire. Ce n’est plus le cas. Les paysans sont à la fois idéalisés et conspués, ils sont pourtant les tenants du conçu et produit et en France. Ils sont à l’amont d’emplois, non délocalisables et essentiels à nos campagnes. Ils sont les garants du goût, de la santé, de ce qui fait une richesse incomparable de notre pays, la gastronomie. Les agriculteurs ont manifesté ce 26 septembre, ils recommenceront dans une certaine indifférence. Nous sommes tous concernés. À travers ces mouvements, ce ne sont pas les seuls exploitants agricoles qui s’expriment mais toute la France attachée à un modèle rural, à une production variée qui se retrouve sur nos tables, celles du goût, celles de tous les jours à la cantine ou à l’hôpital, celle des fêtes et des rencontres de la famille et des amis. La production agricole française est le terreau d’un style de vie, préservons-là et mieux encourageons-là, soyons solidaires de ces paysans, ces éleveurs passionnés et passionnants, indispensables à notre pays.

Jean-Étienne RIME
Site : ALETEIA
29 septembre 2025




Vidéo : La guerre face au retour des mercenaires ?

mercenaires

Dans cette émission, Claude Medori et Alain Juillet accueillent Valère Llobet, analyste et chercheur en géopolitique, pour découvrir l’ampleur du phénomène des mercenaires au 21ème siècle dans les guerres modernes. Après la mise en lumière du groupe Wagner ou de Mozart et BlackWater, nous découvrons toute l’importance de ces sociétés militaires privées dans les conflits actuels au profit des politiques impérialistes des grandes puissances.

Où se situe la France dans ce mouvement irréversible des armées privées ? Réponse dans cette émission.

Date de mise en ligne :  24/09/2025
Durée : 00:45:55
Compte YouTube : Open Box TV