Actualité : Un légionnaire valide l’excellence de sa formation

Formé à la Légion

José Olger Melo Charry, caporal colombien de la Légion étrangère française, a réussi à échapper aux dissidents des ex-FARC qui le retenaient dans le sud-ouest de la Colombie.
En permission dans son pays, il avait été enlevé le 6 août dans le département de Nariño.

Après avoir réussi à fausser compagnie à ses ravisseurs, le militaire a passé quatre jours, seul, dans la nature avant de rejoindre par ses propres moyens un poste de police dans la soirée de samedi, rapporte le quotidien colombien El Tiempo.

Dimanche matin, il a été «héliporté d’El Ejido à Pasto, capitale de l’État de Nariño. Arrivé à Pasto, il a été conduit dans un centre médical où il demeure sous observation, accompagné de sa famille», précise le journal.

La guérilla de l’EMC, principale dissidence issue des anciennes FARC, avait revendiqué l’enlèvement du caporal, capturé alors qu’il circulait sur une route de Nariño.

Le Figaro
Lundi 07 septembre 2026




Mercosur : La France à perdu sa souveraineté alimentaire

Accord UE / Mercosur :
Epilogue d’un désastre annoncé

Comme on pouvait le prévoir, la Commission européenne a décidé de mettre en vigueur à titre provisoire l’accord signé, avec les pays du Mercosur sans qu’il ait été ratifié par le Parlement Européen et avant même que la Cour de Justice ait examiné le recours dont elle a été saisie. Ce n’est malheureusement pas une surprise pour qui connaît l’obstination idéologique et l’impérialisme institutionnel de la Commission.

Elle n’aime ni la démocratie, ni les états-membres (sauf quand ils sont « dociles »), ni les peuples (a fortiori quand ils s’expriment). Elle est en train de devenir une institution illibérale et, par voie de conséquence, dangereuse. D’une part parce qu’elle n’hésite plus à s’affranchir des Traités (dont elle est pourtant la gardienne) dès lors qu’ils font obstacle ou qu’ils sont susceptibles de faire obstacle à l’extension de son pouvoir. D’autre part parce qu’elle ne conçoit plus et n’admet plus qu’il puisse y avoir le moindre frein, pour ne pas dire la moindre opposition, aux initiatives qu’elle prend, le plus souvent par esprit de système et sans même avoir pris la précaution élémentaire d’en évaluer si peu que ce soit les conséquences potentielles. C’est une « machine » que plus personne n’est réellement en mesure de contrôler, a fortiori depuis que l’élargissement à marche forcée de l’Union Européenne a augmenté inconsidérément le nombre des états-membres.

Loin de n’être qu’un déni de démocratie, la décision prise par la Commission doit également être considérée comme une véritable gifle pour notre pays. D’abord parce qu’elle n’a tenu aucun compte ni des réserves exprimées, ni des avertissements lancés par un certain nombre d’états-membres, la France en tout premier lieu, pour la dissuader de passer outre la saisine de la Cour de Justice. Ensuite parce qu’elle a pris soin de mettre les Autorités françaises devant le fait accompli en ne les informant de la décision qu’elle avait prise que juste avant qu’elle soit rendue publique. Enfin parce qu’elle l’a prise et l’a fait connaître alors même que le Salon de l’Agriculture n’avait pas encore fermé ses portes, ce qui montre, s’il en était besoin, le peu de cas qu’elle fait de nos agriculteurs et, plus encore, le mépris foncier qu’elle leur voue. Comment peut-on encore compter sur la Commission pour défendre si peu que ce soit les intérêts de notre agriculture, ceux de nos éleveurs notamment, dans les négociations à venir ? Son objectif étant, par construction et comme d’habitude, de conclure à n’importe quel prix, elle n’hésitera pas plus à les sacrifier pour y parvenir qu’elle ne l’a fait dans le cadre de la négociation avec les pays du Mercosur.

[…]

Pour lire l’article dans son intégralité, cliquez ICI

Informations sur la revue dont est extrait l’article

Nom de la revue : Services Spéciaux
Numéro : 275
Dossier principal : Les différentes dimension de l’influence : profilage des comportement, diasporas, langues, religions …
Thème de la revue : 
Influence
Parution : Juin 2026
Pages : 128

Vous souhaitez acheter la revue de l’AASSDN ? Rendez-vous dans la boutique en cliquant ICI




DIOR : Un nom qui allie sacrifice et excellence française

Catherine DIOR :
Une héroïne de la résistance rescapée des camps

Ginette Dior, dite Catherine Dior, naît à Granville en 1917. Sœur cadette du célébrissime couturier Christian Dior, elle intègre le réseau de résistance franco-polonais F2 en 1943. Arrêtée par la Gestapo un an plus tard à Paris, elle est torturée mais ne cède pas. Déportée à Ravensbrück, en Allemagne, elle en réchappe en mai 1945 et revient en France.

Catherine Dior intègre le réseau de résistance franco-polonais F2 en 1943.

Tout commence à Granville, en Normandie. Les parents de Catherine, Alexandre Maurice Louis Dior et Marie-Madeleine Dior, mènent une vie aisée et paisible entourés de leurs quatre premiers enfants, dont Christian, le second, grâce au commerce d’engrais et d’eau de Javel dans lequel s’enrichit le père de famille. Les Dior vivent dans une vaste villa, Les Rhumbs, face à la Manche. Catherine, benjamine de ses frères et soeurs, naît en 1917 et connaîtra, contrairement à sa fratrie, une enfance parisienne, la famille ayant déménagé à Paris sept ans avant sa naissance.

Les années qui suivent sont difficiles. Le krach boursier de 1929 contraint la famille à déménager dans le Sud, dans le petit village varois de Callian, à 800 kilomètres de la capitale. Ruiné « en quelques jours », racontera plus tard Christian Dior, Maurice Dior perd ensuite brutalement son épouse en 1931, à l’âge de cinquante-deux ans. Le frère de Catherine, Bernard, est quant à lui interné pour schizophrénie. À 18 ans, Catherine Dior se rend à Paris à l’invitation de son frère Christian et travaille auprès de lui. Malgré leurs douze ans d’écart, ils s’entendent à merveille et partagent une même passion pour les fleurs et les jardins, héritée de leur mère, mais aussi pour la musique et l’art. Catherine est par ailleurs la seule à qui Christian Dior confie son homosexualité.

Cinq ans plus tard, le grondement des canons de la Seconde Guerre mondiale contraint la jeune femme à retourner auprès de son père dans le Sud. Elle s’installe dans son petit mas sans confort ni électricité, Les Naÿssès, acquis par Maurice Dior suite à la vente de sa propriété granvillaise. « En ces temps de guerre, Catherine Dior y vit sans électricité ni agrément, cultivant sur le terrain qui entoure la maison de son père quelques haricots verts et petits pois pour leur subsistance. Des dispositions difficiles qui sont pourtant bien loin des enfers qui l’attendent », souligne un article de Madame Figaro qui lui est consacré en 2024. Christian est quant à lui mobilisé en septembre 1939, rejoignant la 47e compagnie du génie.

[…]

Pour lire l’article dans son intégralité, cliquez ICI

Informations sur la revue dont est extrait l’article

Nom de la revue : Services Spéciaux
Numéro : 275
Dossier principal : Les différentes dimension de l’influence : profilage des comportement, diasporas, langues, religions …
Thème de la revue : 
Influence
Parution : Juin 2026
Pages : 128

Vous souhaitez acheter la revue de l’AASSDN ? Rendez-vous dans la boutique en cliquant ICI




Douanes : Un outil essentiel pour mener la guerre impitoyable contre la drogue

Moyens, méthodes et valeurs de la douane française

L’administration des douanes exerce des missions variées : lutte contre les trafics et la criminalité organisée, accompagnement personnalisé des entreprises évoluant à l’international, contrôle des marchandises à l’import et à l’export. Elle possède des moyens humains et matériels adaptés à la spécificité de ses missions et une charte des valeurs pour atteindre ses objectifs.

Les moyens et méthodes

Les moyens humains

Plus de 16 000 agents (toutes catégories confondues), dont 38,5 % de femmes et 61,5 % d’hommes

Les agents des douanes sont répartis en deux branches d’activité :

  • 52 % d’agents en civil exerçant dans le domaine du contrôle des opérations du commerce international et de l’administration générale ;
  • 48 % d’agents en uniforme et armés affectés à des missions de surveillance du territoire.

Les agents des douanes sont répartis en deux branches d’activité :

  • 52 % d’agents en civil exerçant dans le domaine du contrôle des opérations du commerce international et de l’administration générale ;
  • 48 % d’agents en uniforme et armés affectés à des missions de surveillance du territoire.

Les moyens matériels

La douane dispose également d’équipements en constante modernisation :

  • un armement et un habillement adapté (gilets pare-balles) ;
  • des scanners fixes et mobiles, densimètres, appareils à rayons X ;
  • un parc terrestre : motos et véhicules routiers ;
  • une flotte navale : patrouilleurs garde-côtes, vedettes de surveillance ;
  • une flotte aérienne : avions et hélicoptères.

[…]

Pour lire l’article dans son intégralité, cliquez ICI

Informations sur la revue dont est extrait l’article

Nom de la revue : Services Spéciaux
Numéro : 275
Dossier principal : Les différentes dimension de l’influence : profilage des comportement, diasporas, langues, religions …
Thème de la revue : 
Influence
Parution : Juin 2026
Pages : 128

Vous souhaitez acheter la revue de l’AASSDN ? Rendez-vous dans la boutique en cliquant ICI




Souveraineté énergétique : L’Allemagne contre La France

OPÉRATION ATOME ZÉRO
Comment l’Allemagne a méthodiquement torpillé le fleuron énergétique français, et comment la France contre-attaque

Il existe des guerres que l’on ne déclare pas. Des guerres sans uniformes, sans canons, sans traités de paix. Des guerres où les armes sont des fondations politiques, des ONG-relais, des directives européennes savamment rédigées, des bourses universitaires, des colloques bienveillants et des campagnes médiatiques soigneusement orchestrées.

La guerre que l’Allemagne mène depuis trente ans contre la filière nucléaire française est de cette nature-là : une guerre de l’influence, totale dans ses ambitions, furtive dans ses méthodes, dévastatrice dans ses effets. Ce n’est plus la guerre militaire d’autrefois. L’ Allemagne, après avoir perdu deux conflits mondiaux en 1918 et en 1945, a troqué les Panzer et les divisions blindées contre une arme bien plus insidieuse et durable : la guerre économique et énergétique.

Une forme de revanche froide, calculée, menée non pas sur les champs de bataille mais sur le terrain de l’énergie, de l’industrie et de la souveraineté. Une vengeance qui ne dit pas son nom, habillée des oripeaux de la « transition écologique », mais qui vise, avec une détermination belliqueuse, à effacer l’avantage stratégique que la France s’est construit grâce à son nucléaire civil et militaire. Je l’ai documentée dans mes livres. Je la dénonce depuis des années sur les plateaux de télévision, devant les commissions parlementaires, dans les colonnes des revues qui acceptent encore de publier ce qui dérange. Et je dois reconnaître, avec une satisfaction mêlée d’amertume, que la France commence enfin à ouvrir les yeux. Trop tard pour Superphénix. Trop tard pour Fessenheim. Peut-être pas trop tard pour ce qui reste — si nous agissons vite, lucidement, et avec la fermeté qu’exige la défense d’un intérêt stratégique vital.

[…]

Pour lire l’article dans son intégralité, cliquez ICI

Informations sur la revue dont est extrait l’article

Nom de la revue : Services Spéciaux
Numéro : 275
Dossier principal : Les différentes dimension de l’influence : profilage des comportement, diasporas, langues, religions …
Thème de la revue :
Influence
Parution : Juin 2026
Pages : 128

Vous souhaitez acheter la revue de l’AASSDN ? Rendez-vous dans la boutique en cliquant ICI




Géopolitique : Le Liban cherche l’appui du Vatican face à Israël

Au Vatican, Joseph Aoun demande l’appui de Léon XIV face à Israël

Le pape Léon XIV a reçu le président libanais Joseph Aoun au Vatican ce 20 août. Le président libanais a demandé au Pape de soutenir diplomatiquement le Liban pour parvenir au “retrait israélien complet des territoires libanais occupés” et l’arrêt des “agressions quotidiennes qui visent particulièrement les civils”.

Alors qu’une partie du sud du Liban est occupée par l’armée israélienne et que la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) devrait quitter le pays dans les prochains mois, le président libanais Joseph Aoun a été reçu par Léon XIV au Vatican ce 20 août 2026. L’homme d’État a appelé le pontife américano-péruvien à soutenir diplomatiquement le Liban face à “l’occupation et aux agressions israéliennes”.

Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, la présidence libanaise a indiqué que Joseph Aoun avait remercié le Pape “pour tous les efforts qu’il déploie” afin de soutenir le Liban face à “l’occupation et aux agressions israéliennes contre son territoire”. Le président libanais a demandé au Pape de soutenir diplomatiquement le Liban pour parvenir au “retrait israélien complet des territoires libanais occupés” et l’arrêt des “agressions quotidiennes qui visent particulièrement les civils”.

“Cette visite était éminemment politique”, glisse à I.Media Fadi Assaf, l’ambassadeur du Liban près le Saint-Siège, qui voit dans cette rencontre “une étape très importante, étant donné les relations existantes entre le Saint-Siège et le Liban”. “Le Saint-Siège est pour nous une superpuissance morale, mais également un poids lourd diplomatique”, insiste-t-il. Outre la question du respect du cessez-le-feu par Israël, le diplomate explique que les deux chefs d’État ont échangé sur les chrétiens du Liban : le Pape “ne conçoit le Liban que comme un modèle de coexistence et de tolérance”, assure Fadi Assaf.

La rencontre privée entre les deux hommes a duré une demi-heure. Ils ont échangé en anglais. Joseph Aoun était accompagné d’une délégation restreinte, composée de deux conseillers politiques. Il a offert au pape une statuette représentant le patriarche Élias Hoayek et contenant des reliques de cette figure centrale de l’histoire nationale libanaise. Celui qui fut patriarche maronite de 1899 à 1931 a été béatifié le 25 juillet dernier.

Retrait prochain de la Finul

Le président libanais a également été reçu en secrétairerie d’État où il a rencontré le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, et Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États. Leurs échanges ont “essentiellement porté sur le Trilateral Framework Agreement, signé par les États-Unis, Israël et le Liban […] afin de parvenir à une paix juste et durable”, a indiqué un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège. Si le Saint-Siège s’est félicité de la signature de ce document, il a également “fait part de ses vives préoccupations face aux difficultés rencontrées dans sa mise en œuvre”.

Le 21 juillet dernier, l’ambassadeur du Liban près le Saint-Siège avait rencontré le cardinal Parolin. “Il y a un suivi et un dialogue régulier », souligne Fadi Assaf. Il remarque que les diplomates du Vatican “sont toujours aussi bien informés des évolutions au Liban et dans la région” et “maîtrisent parfaitement bien les dossiers concernant le Liban et son environnement.”

Face au refus d’Israël de prolonger le mandat de la Finul – force internationale de maintien de la paix présente dans le Sud-Liban depuis 1978, dont le retrait est prévu le 31 décembre 2026 -, l’Italie et la France ont proposé en juin la création d’une coalition internationale composée de troupes européennes. Face à l’opposition d’Israël à cette initiative, Joseph Aoun est en quête de soutiens internationaux. Lors de ce passage à Rome, le président libanais rencontrera ainsi le président italien Sergio Mattarella et la Première ministre Giorgia Meloni. À la fin du mois de juillet, il s’était rendu à la Maison-Blanche pour s’entretenir avec le président des États-Unis, Donald Trump, et avait été reçu quelques jours plus tard à Ankara par le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Au printemps, Israël et le Liban avaient entamé des négociations de paix à Washington sous égide américaine. En juin, elles avaient abouti à la signature d’un accord-cadre qui prévoyait le désarmement du Hezbollah et le retrait progressif des troupes israéliennes du sud du Liban. Des négociations s’étaient poursuivies à Rome durant l’été.

Bombardements réguliers

Malgré le cessez-le-feu en vigueur, des bombardements réguliers ont continué d’avoir lieu dans la région frontalière, provoquant régulièrement la mort de civils. Après un retrait temporaire à la suite de l’accord, des troupes israéliennes occupent à nouveau une partie du territoire libanais. Ces dernières heures, des bombardements israéliens se poursuivaient dans plusieurs localités du sud du pays, selon des médias libanais.

Il s’agissait aujourd’hui de la troisième visite au Vatican de Joseph Aoun depuis le début du pontificat de Léon XIV. L’homme d’État, président depuis janvier 2025, s’était rendu à la messe d’installation du 267e pape le 18 mai 2025 puis avait été reçu en audience privée le 13 juin 2025. Le successeur de Pierre s’était, pour sa part, rendu au Liban du 30 novembre au 2 décembre 2025 au terme de son voyage apostolique qui l’avait d’abord conduit en Turquie pour la commémoration du Concile de Nicée. À son départ, le président Aoun avait décrit le Pape comme un “père” venu réconforter le peuple libanais et lui rappeler que le monde ne l’avait pas oublié.

Depuis le début de son pontificat, Léon XIV alerte régulièrement sur la situation au Liban. Dans un message diffusé le 7 avril dernier, le Pape avait exprimé “sa proximité et sa tendresse paternelles” aux chrétiens du Sud-Liban pour Pâques. S’adressant plus particulièrement aux habitants de Debel, un village alors encerclé par l’armée israélienne, le Pape avait souhaité que “malgré les sentiments de peine, d’angoisse et de deuil”, les fidèles libanais puissent connaître “une joie profonde” en célébrant la résurrection de Jésus.

La Croix
20Août 2026

Source photo : Vatican Media

Légende de la photo : Léon XIV et le président libanais Joseph Aoun, ce jeudi 20 août




Cérémonie : Commémoration du débarquement de Provence à Ramatuelle

Commémoration du débarquement de Provence à Ramatuelle
par les membres de l’AASSDN

Samedi 15 août 2026, comme chaque année depuis 1959, fidèle à la tradition inaugurée par le colonel Paul Paillole, président fondateur de l’ASSDN, les représentants de notre association se sont réunis au monument de Ramatuelle, érigé en mémoire du débarquement de Provence le 15 août 1945.

Notre délégué régional Provence, le général de Corps d’Armée (2s) Gilles Lillo, ancien sous-directeur à la Direction du renseignement militaire, ancien gouverneur militaire de Metz, a déposé une première gerbe Boulevard Patch, près de la plage de Pampelonne, puis une deuxième au mémorial national. Il était entouré de madame Catherine Paillole, fille du colonel, d’Alain Henri Bonnaure, délégué au Mémorial national, et de Jonathan Vaissiere, membre de notre association et de notre porte-drapeau Moussa Camara.

L’ensemble des participants s’est ensuite déplacé vers le cimetière de Ramatuelle où Jean-Charles Meyer et Marc Debare, major de police en retraite, tous deux membres de l’AASSDN ont déposé la gerbe de notre association.

La messe de l’Assomption de la Vierge Marie, en ce 15 août, fut célébrée à 10h30 par l’abbé Antonio Araque Bernal, curé de Ramatuelle, à la mémoire de nos soldats morts pour la France, en l’église Notre Dame de l’Assomption au cœur du village. Tous les membres de l’AASSDN présents y ont participé.

Un apéritif convivial réunit les participants à l’école Gérard Philipe où monsieur Jean-Pierre Fresia, maire de Ramatuelle prit la parole. Il nous invita ensuite à un déjeuner amical au restaurant « Le Vesuvio » avenue Georges Clemenceau, qui clôtura cette belle journée.

Lors de son intervention, Le général Lillo souligna trois points importants, à retenir en ce jour du Souvenir : (extrait)

« – A Granville, lors de notre dernier Congrès national, une citation attribuée au général Eisenhower, inscrite sur un blockhaus, attira mon attention : « Lors de la libération de la France, la résistance intérieure joua un rôle aussi important que plusieurs divisions US».

– Un rôle tout aussi important incomba aux « armées de l’ombre », à savoir les Services spéciaux de la défense nationale dont les noms des 326 héros sont inscrits en lettres d’or sur ce mémorial.

– Ma troisième idée s’adresse aux jeunes générations afin qu’elles n’oublient pas que si nous vivons en Paix aujourd’hui, c’est grâce aux sacrifices de ces héros et martyrs et qu’une situation de paix demeure toujours très fragile”.

Alain-Henri BONNAURE,
Délégué AASSDN au Mémorial national.




Géopolitique : Éric DENECE, l’homme libre qui manque

Un an après sa disparition, la géopolitique française
manque toujours d’une voix indépendante, patriote et iconoclaste

L’Édito de Roland LOMBARDI , directeur du Diplomate média

Dans quelques jours, cela fera tout juste un an que disparaissait Éric Denécé. Le temps a passé, les crises se sont succédé, le monde a continué sa folle accélération, mais certaines absences demeurent étonnamment présentes et pesantes. Celle d’Éric est de celles-là.

Je pense souvent à lui. Non pas avec la nostalgie facile que suscite parfois la disparition d’une personnalité connue, mais parce que nos échanges me manquent terriblement. Dans un univers intellectuel où les conversations sont devenues trop souvent des affrontements stériles entre militants et agents d’influence déguisés en experts, discuter avec Éric relevait encore du plaisir de l’intelligence. Nous n’étions pas d’accord sur tout. Loin s’en faut. Sur le Moyen-Orient notamment, nos analyses divergeaient régulièrement. Nous pouvions avoir des désaccords francs, parfois vigoureux – et oui, un débat entre un Breton et un Corse en désaccord peut faire des étincelles… Mais précisément, c’est ce qui rendait ces discussions passionnantes. Elles reposaient sur une chose devenue rare : le débat constructif, le respect mutuel et la recherche honnête et sincère de compréhension.

Je me souviens encore parfaitement où j’étais lorsque j’ai appris sa disparition. Comme beaucoup de ses amis, j’ai d’abord cru à une erreur. Puis est venu le choc. Un vrai choc. Pas seulement parce qu’un expert reconnu venait de disparaître, mais parce qu’un ami s’en allait brutalement. Quelques jours plus tard, j’eus quelques échanges particulièrement émouvants avec son papa. Il me remercia pour l’humble hommage que je lui avais consacré dans Le Diplomate. Je garde encore le souvenir d’une immense dignité, mais aussi d’une profonde tristesse. Une tristesse que je partageais alors, mêlée à une certaine colère que seuls comprennent ceux qui perdent brutalement un proche.

Car avec sa disparition, ce n’est pas seulement un expert reconnu qui nous quittait. C’était une certaine manière d’aborder les affaires du monde qui s’est un peu éteinte avec lui.

Une espèce en voie de disparition

Dans la géopolitique française contemporaine, Éric Denécé occupait une place singulière. Fondateur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), spécialiste reconnu des questions de renseignement et de sécurité, il avait surtout cette qualité devenue presque subversive à notre époque : il refusait les conformismes et les doxas.

Il ne raisonnait pas en fonction des modes intellectuelles, des injonctions idéologiques ou des intérêts de carrière. Il analysait les faits, les rapports de force, les intérêts des acteurs. Bref, il faisait de la géopolitique.

Cela paraît banal. Cela ne l’est plus.

Depuis plusieurs années, le débat stratégique français s’est considérablement appauvri. La chape de plomb idéologique dans le monde de la recherche et depuis peu, les réseaux sociaux ont transformé de nombreux observateurs en procureurs permanents. Les plateaux de télévision regorgent désormais de « spécialistes » instantanés capables d’expliquer en quelques minutes des régions qu’ils ne connaissent pas ou à peine, des peuples dont ils ignorent souvent l’histoire, les langues, les logiciels mentaux et des conflits dont ils ne maîtrisent ni les coulisses, ni les ressorts profonds. La géopolitique est devenue un spectacle. L’expertise, une posture. L’analyse, un exercice de communication.

Et oui, les cons, ça ose tout comme disait l’autre… Aujourd’hui, ils ont même des chaînes d’information continue, des comptes certifiés et parfois pire, des postes d’enseignants pour le faire.

Éric avait une autre envergure et il appartenait à une autre génération. Celle qui considérait encore que comprendre exigeait du travail, du terrain, des lectures, des archives et parfois même de l’humilité. Une qualité devenue presque aussi rare dans certains milieux que le bon sens dans un colloque européen sur la gouvernance inclusive…

Nos discussions ne portaient d’ailleurs pas uniquement sur la géopolitique. Nous évoquions souvent nos parcours respectifs, nos expériences militaires et de terrains, nos lectures, nos souvenirs, nos rencontres… Éric aimait les hommes d’action autant que les hommes de réflexion, sans doute parce qu’il avait compris qu’en matière stratégique les seconds parlent souvent de ce que les premiers vivent.

Je repense souvent à l’une de nos dernières conversations téléphoniques. C’était à peine une ou deux semaines avant son décès. Nous parlions évidemment de l’actualité internationale, de nos activités du moment, d’un projet commun sur un nouvel ouvrage collectif – qui ne verra jamais le jour malheureusement – et également de notre fatigue respective, mais aussi de choses beaucoup plus simples. Il me disait avec enthousiasme qu’il attendait avec impatience sa pause estivale pour suivre le Tour de France, une passion qui remontait à son enfance. Rien d’extraordinaire me direz-vous. Justement. Ce sont souvent ces détails-là qui restent lorsque les grands débats s’éteignent.

Je repense aussi à un autre souvenir qui me fait encore sourire. Après l’un de nos entretiens réalisés pour Le Diplomate média – qu’il a soutenu et aidé dès les premiers jours –, je lui avais envoyé la vidéo et le teaser montés par notre équipe. Quelques minutes plus tard, mon téléphone sonne. Au bout du fil, un immense éclat de rire. Notre monteur, inspiré par son charisme, son regard bleu et acier ainsi que son passé dans les affaires de renseignement, l’avait présenté comme « le Daniel Craig de la géopolitique française » ! À vrai dire, la comparaison n’était pas totalement usurpée tant Éric avait parfois quelque chose du célèbre acteur britannique dans son physique, son maintien et sa prestance. Lui trouvait cela irrésistible. « Vous abusez quand même », me dit-il en riant de bon cœur de cette ressemblance flatteuse. Et c’était aussi cela, Éric Denécé : un homme extrêmement sérieux dans son travail, mais qui ne se prenait jamais au sérieux. Une qualité rare. Car dans notre petit monde de l’expertise, certains se prennent déjà pour Kissinger ou Brzeziński après trois passages à la télévision. Lui pouvait être comparé à James Bond et en rire comme un gamin.

Un homme libre dans un monde aligné

C’est sans doute pour cette raison qu’il dérangeait autant. Car les hommes véritablement libres sont toujours inconfortables. Ils ne récitent pas les catéchismes du moment. Ils refusent les alignements automatiques. Ils ont le mauvais goût de rappeler que la réalité résiste aux slogans.

Dans le très bel hommage – le plus beau jusqu’ici – de notre ami commun, Tigrane Yégavian, publié par Afrique-Asie après sa disparition, Éric Denécé est décrit comme « l’un des derniers samouraïs du patriotisme français ». Tout est dit ! Une formule juste. Très juste même !

Car son patriotisme n’avait rien à voir avec les caricatures habituelles. Ce n’était ni un fonds de commerce ni une posture médiatique. C’était une exigence intellectuelle. Il considérait simplement qu’un analyste français devait réfléchir d’abord aux intérêts de la France. Cette idée qui paraissait évidente à Raymond Aron est devenue presque révolutionnaire dans certains cercles contemporains où l’on confond désormais morale abstraite, communication et politique étrangère.

Cette liberté lui valut aussi son lot d’attaques voire de harcèlement. Les accusations de « complotisme » lancées contre lui ces dernières années – et même après sa mort, abjecte et pitoyable ! – relevaient souvent davantage de l’anathème paresseux que de la critique argumentée. Dans la France contemporaine, il suffit parfois de poser les mauvaises questions ou de sortir du récit dominant et du politiquement correct pour être immédiatement rangé dans une catégorie infamante. Éric connaissait parfaitement le mécanisme. Et il s’en amusait souvent davantage qu’il ne s’en inquiétait.

Son indépendance lui coûta également une partie de son exposition médiatique. Longtemps invité et star incontournable des plateaux de télévision et des grands médias, il fut progressivement marginalisé après certaines de ses prises de position, notamment sur la guerre en Ukraine. Beaucoup l’ont remarqué. Lui aussi évidemment. Mais là encore, cela ne semblait pas l’obséder et le contrarier outre mesure.

Éric n’était pas un homme de cour. Il n’appartenait à aucun clan. Il ne cherchait pas à plaire. Loin de là ! Cette indépendance lui a probablement fermé certaines portes. Elle lui a surtout permis de conserver ce qui compte le plus : son indépendance et sa liberté de jugement.

Et c’est peut-être cela qui me revient le plus souvent à l’esprit lorsque je repense à nos conversations. Nous pouvions nous chamailler sur Trump, Israël ou l’Iran. Puis finir autour d’un verre à parler histoire, renseignement, stratégie ou simplement de la France. Aujourd’hui, beaucoup ne débattent plus : ils excommunient. De même, ils ne cherchent plus à comprendre : ils cherchent à appartenir à un camp ou pire, servir la soupe à un maître…

Les silences, les polémiques et le respect

La disparition d’Éric a évidemment, à juste titre, suscité des interrogations, des commentaires, parfois des spéculations. Certains ont voulu y voir plus qu’un drame personnel. Soit. D’autres ont immédiatement voulu clore toute question. Je ne rentrerai pas dans ces débats.

D’abord par respect pour sa famille et ses proches. Ensuite parce qu’Éric aurait probablement détesté devenir un objet de récupération ou de fantasmes.

Quoi qu’il en soit, une chose est certaine en revanche : sa disparition a révélé quelque chose de notre époque. Elle a montré à quel point les figures indépendantes deviennent rares… et dangereuses dans le paysage intellectuel français. Et combien leur absence laisse un vide visible.

Il faut d’ailleurs rappeler une évidence que certains oublient : Éric Denécé n’avait pas besoin des médias pour exister. Contrairement à tant d’autres dans notre petit milieu, il ne passait pas son temps à solliciter les rédactions ou à courir après les invitations. Il ne faisait pas partie de cette catégorie d’experts qui mesurent leur importance au nombre de passages télévisés de la semaine. Dans les métiers de l’image comme ailleurs, les divas ne manquent pas. Oh que non !… Certaines sombrent même dans une forme de dépression lorsqu’un plateau cesse de les appeler et qu’elles ne sont plus sous le feu des projecteurs. Éric était à l’opposé de cela. Il savait ce qu’il valait et n’avait nul besoin de la lumière pour s’en convaincre. Son humilité était à la mesure de sa compétence.

Les polémiques passeront. Les rumeurs aussi. Ce qui restera, ce sont ses travaux, ses livres, ses analyses, ses interventions et le souvenir laissé à ceux qui l’ont connu.

Ce qui manque aujourd’hui

Lorsque j’observe les bouleversements internationaux actuels – l’Ukraine, le Moyen-Orient, la fragmentation de l’ordre mondial, le retour brutal des rapports de force, l’effacement progressif de l’Europe stratégique – je me surprends souvent à imaginer ce qu’aurait été son analyse.

Non parce qu’il détenait une vérité absolue. Il aurait été le premier à s’en méfier. Mais parce qu’il apportait toujours un regard original, documenté et souvent à contre-courant des réflexes pavloviens qui dominent aujourd’hui le débat public.

Au fond, ce qui me manque le plus, ce ne sont même pas seulement nos discussions.

C’est leur possibilité…

La certitude qu’il existait encore quelque part une voix indépendante capable de sortir du prêt-à-penser géopolitique.

Et il n’y a pas que l’homme qui manque. Son CF2R manque également. Pendant plus de vingt ans, ce centre fut l’un des rares et meilleurs think tanks français réellement indépendants, capable de produire des analyses sérieuses sur les questions de renseignement, de sécurité et de stratégie, loin des effets de mode et des financements orientant parfois les conclusions avant même le début des travaux. Avec Éric, c’est aussi cet outil précieux qui a disparu. Et le vide qu’il laisse dans le paysage intellectuel français est loin d’avoir été comblé…

Car aujourd’hui, on l’a dit, les analyses abondent. Les experts pullulent. Les commentaires débordent.

Or les esprits véritablement libres deviennent rares.

Et c’est précisément pour cela que l’absence d’Éric continue de se faire sentir.

Un an après

Les hommes passent. Les idées demeurent. Mais certains laissent derrière eux davantage qu’une œuvre ou des publications. Ils laissent une empreinte humaine. Une manière d’être. Une certaine idée de l’intelligence, du débat et de la liberté.

Au fond, c’est peut-être cela qui manque le plus aujourd’hui. Pas seulement l’expert, le directeur du CF2R ou l’analyste reconnu. Mais l’homme. Un homme libre, cultivé, patriote, parfois rugueux, souvent iconoclaste, toujours sincère. Un homme qui n’avait pas besoin d’être sous les projecteurs pour éclairer les autres.

Un an après sa disparition, Éric Denécé continue d’incarner cela.

Et dans le paysage intellectuel français actuel, cette absence se voit. Elle s’entend. Elle se mesure même parfois au niveau général des discussions géopolitiques contemporaines.

Disons-le franchement : quand les hommes libres disparaissent, les perroquets prospèrent.

Nous ne t’oublions pas mon Cher Éric.

Et nos discussions me manquent toujours…

À lire aussi :
Le Grand Entretien avec Éric Denécé – Les conséquences géopolitiques de la guerre d’Ukraine.
–  ANALYSE – Ukraine : Les aspects de la désinformation selon Éric Denécé

Roland Lombardi est docteur en Histoire, géopolitologue, spécialiste du Moyen-Orient et des questions de sécurité et de défense. Fondateur et directeur de la publication du Diplomate.

Il est chargé de cours au DEMO – Département des Études du Moyen-Orient – d’Aix Marseille Université et enseigne la géopolitique à Excelia Business School de La Rochelle.

Il est régulièrement sollicité par les médias du monde arabe. Il est également chroniqueur international pour Al Ain. Il est l’auteur de nombreux articles académiques de référence notamment : « Israël et la nouvelle donne géopolitique au Moyen-Orient : quelles nouvelles menaces et quelles perspectives ? » in Enjeux géostratégiques au Moyen-Orient, Études Internationales, HEI – Université de Laval (Canada), VOLUME XLVII, Nos 2-3, Avril 2017, « Crise du Qatar : et si les véritables raisons étaient ailleurs ? », Les Cahiers de l’Orient, vol. 128, no. 4, 2017, « L’Égypte de Sissi : recul ou reconquête régionale ? » (p.158), in La Méditerranée stratégique – Laboratoire de la mondialisation, Revue de la Défense Nationale, Été 2019, n°822 sous la direction de Pascal Ausseur et Pierre Razoux, « Ambitions égyptiennes et israéliennes en Méditerranée orientale », Revue Conflits, N° 31, janvier-février 2021 et « Les errances de la politique de la France en Libye », Confluences Méditerranée, vol. 118, no. 3, 2021, pp. 89-104. Il est l’auteur d’Israël au secours de l’Algérie française, l’État hébreu et la guerre d’Algérie : 1954-1962 (Éditions Prolégomènes, 2009, réédité en 2015, 146 p.). Co-auteur de La guerre d’Algérie revisitée. Nouvelles générations, nouveaux regards. Sous la direction d’Aïssa Kadri, Moula Bouaziz et Tramor Quemeneur, aux éditions Karthala, Février 2015, Gaz naturel, la nouvelle donne, Frédéric Encel (dir.), Paris, PUF, Février 2016, Grands reporters, au cœur des conflits, avec Emmanuel Razavi, Bold, 2021 et La géopolitique au défi de l’islamisme, Éric Denécé et Alexandre Del Valle (dir.), Ellipses, Février 2022. Il a dirigé, pour la revue Orients Stratégiques, l’ouvrage collectif : Le Golfe persique, Nœud gordien d’une zone en conflictualité permanente, aux éditions L’Harmattan, janvier 2020.

Ses derniers ouvrages : Les Trente Honteuses, la fin de l’influence française dans le monde arabo-musulman (VA Éditions, Janvier 2020) – Préface d’Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement et de sécurité de la DGSE, Poutine d’Arabie (VA Éditions, 2020), Sommes-nous arrivés à la fin de l’histoire ? (VA Éditions, 2021), Abdel Fattah al-Sissi, le Bonaparte égyptien ? (VA Éditions, 2023).

Vous pouvez suivre Roland Lombardi sur les réseaux sociaux :  FacebookTwitter et LinkedIn

Roland LOMBARDI
Directeur du Diplomate média
Publié sur le site Diplomate Media
06 juin 2026




Parution du N°275 de la revue “Services Spéciaux”

Après un numéro spécial sur la désinformation (Revue “Services spéciaux” N274), le thème de celui-ci est l’influence.

Issue de la nuit des temps, l’influence a pris une importance inédite au 21e siècle avec le numérique et les nouveaux médias. Cette action souterraine, est devenue un mode d’action privilégié dans la guerre hybride menée à des degrés divers par tous les pays, par certains grands groupes, et par des organisations criminelles. Sa finalité est de rallier à des objectifs particuliers, degré ou de force, une cible déterminée, en façonnant ses perceptions.

C’est un sujet difficile, compte tenu de l’extrême diversité des moyens employés, des ressorts psychologiques mis en jeu (fausses informations, sensibilité émotionnelle…), de l’origine des attaques (directes, ou par des sous-traitants, de l’extérieur ou de l’intérieur de nos frontières)… Les conséquences en sont la déstabilisation de la cohésion nationale, la fragmentation sociale, et/ou la prise de contrôle de domaines industriels ou financiers et de technologies-clés. Ainsi, depuis plus de vingt ans, l’Allemagne à travers l’institut Heinrich Böll et des ONG internationales aura cherché à détruire notre capacité nucléaire pour nous faire adopter le gaz pour la production d’électricité.

Il faudra apprendre à identifier ces moyens pour y résister, à une époque où le défaitisme ambiant obère notre volonté de gagner. Il faudra aussi passer à l’offensive en développant notre influence au service des intérêts de la France, en s’appuyant sur nos points d’excellence et sur un patrimoine construit autour de la primauté de l’Homme.

Nous avons tous été dans nos métiers des guetteurs de la République, il est normal que notre revue joue les lanceurs d’alerte. Soyons clairs : l’enjeu n’est pas seulement technique, il est civilisationnel. L’Europe, berceau des Lumières et des droits de l’Homme, peut encore choisir entre deux futurs : celui d’une civilisation effacée, soumise aux logiques des prédateurs systémiques, ou celui d’une Europe forte de nations souveraines, où la technologie sert l’émancipation pour demeurer libre.

Nous l’avons évoqué au Congrès annuel de l’AASSDN à Granville. Comme les précédents, il avait pour but de nous rassembler, de renforcer notre cohésion et de conforter nos actions au service de la vérité et de l’histoire. Notre privilège est de pouvoir le faire en se référant à l’exemple de nos grands anciens dont deux se sont particulièrement distingués. Jean Deuve, parachuté au Laos en 1945 avant de devenir une des grandes figures du SDECE. Jacques Fille-Lambie, dit Morlanne, patron de la section française de la Force 136 à Calcutta avant de créer en 1946, le Service Action puis les GCMA en Indochine. C’est le héros du film que nous avons réalisé cette année.

La peur étant la réaction devant l’inconnu, notre capacité à déchiffrer l’avenir en s’appuyant sur la connaissance du passé est essentielle pour affronter les incertitudes et les manipulations du futur. C’est la philosophie de toutes nos activités : de l’exposition itinérante aux conférences, du prix du roman d’espionnage aux films sur nos anciens, du site aux manifestations auxquelles participent nos délégations, sans oublier cette revue. La tâche est énorme et tous

Je vous souhaite une bonne lecture et de bonnes vacances pour ceux qui en prennent. ceux qui veulent nous aider sont les bienvenus.

Alain JUILLET
Président AASSDN
Juin 2026

Parution : Juin 2026

Pour télécharger l’extract du numéro 275 (version PDF), cliquez ICI

Vous souhaitez acheter la revue ? Cette dernière est en vente dans notre boutique. Pour y accéder, cliquez ICI

Source image : Couverture de la revue Services Spéciaux de l’AASSDN N°275




Mali : la question touarègue au cœur des dynamiques du conflit sahélien

Dans le numéro 200 de L’Afrique Réelle, Bernard Lugan revient sur la situation au Mali et estime que la dimension touarègue demeure une clé essentielle pour comprendre le conflit dans le nord du pays. Il critique une lecture principalement centrée sur le djihadisme, qui négligerait selon lui les dynamiques historiques et territoriales plus anciennes.

Pour Bernard Lugan, la crise qui affecte le nord du Mali s’inscrit dans une continuité historique remontant aux premières rébellions touarègues apparues après l’indépendance. Selon son analyse, ces revendications ont connu différentes expressions depuis 1962, en fonction des rapports de force et des alliances du moment.

L’auteur souligne notamment le rôle d’Iyad Ag Ghali, aujourd’hui à la tête du JNIM, et celui des mouvements regroupés autour de l’Azawad. Il considère que les catégories opposant simplement « nationalistes » touaregs et « islamistes » ne suffisent pas à rendre compte de la complexité des rapports de force locaux.

Bernard Lugan estime ainsi que la politique française au Sahel a trop longtemps privilégié la lutte contre le « terrorisme islamiste » sans accorder suffisamment de place aux réalités qu’il qualifie d’ethno-historiques. Dans son analyse, l’islamisme constitue davantage l’une des formes contemporaines prises par des conflits plus anciens que leur origine première.

Cette lecture, développée dans l’éditorial du numéro 200 de L’Afrique Réelle, conduit l’auteur à appeler à un changement de grille d’analyse pour comprendre les évolutions politiques et militaires du nord du Mali.

Extrait de L’Afrique réelle : Edito du numéro 200
https://bernardlugan.blogspot.com/p/lafrique-reelle.html