Parution du N°275 de la revue “Services Spéciaux”

Après un numéro spécial sur la désinformation (Revue “Services spéciaux” N274), le thème de celui-ci est l’influence.

Issue de la nuit des temps, l’influence a pris une importance inédite au 21e siècle avec le numérique et les nouveaux médias. Cette action souterraine, est devenue un mode d’action privilégié dans la guerre hybride menée à des degrés divers par tous les pays, par certains grands groupes, et par des organisations criminelles. Sa finalité est de rallier à des objectifs particuliers, degré ou de force, une cible déterminée, en façonnant ses perceptions.

C’est un sujet difficile, compte tenu de l’extrême diversité des moyens employés, des ressorts psychologiques mis en jeu (fausses informations, sensibilité émotionnelle…), de l’origine des attaques (directes, ou par des sous-traitants, de l’extérieur ou de l’intérieur de nos frontières)… Les conséquences en sont la déstabilisation de la cohésion nationale, la fragmentation sociale, et/ou la prise de contrôle de domaines industriels ou financiers et de technologies-clés. Ainsi, depuis plus de vingt ans, l’Allemagne à travers l’institut Heinrich Böll et des ONG internationales aura cherché à détruire notre capacité nucléaire pour nous faire adopter le gaz pour la production d’électricité.

Il faudra apprendre à identifier ces moyens pour y résister, à une époque où le défaitisme ambiant obère notre volonté de gagner. Il faudra aussi passer à l’offensive en développant notre influence au service des intérêts de la France, en s’appuyant sur nos points d’excellence et sur un patrimoine construit autour de la primauté de l’Homme.

Nous avons tous été dans nos métiers des guetteurs de la République, il est normal que notre revue joue les lanceurs d’alerte. Soyons clairs : l’enjeu n’est pas seulement technique, il est civilisationnel. L’Europe, berceau des Lumières et des droits de l’Homme, peut encore choisir entre deux futurs : celui d’une civilisation effacée, soumise aux logiques des prédateurs systémiques, ou celui d’une Europe forte de nations souveraines, où la technologie sert l’émancipation pour demeurer libre.

Nous l’avons évoqué au Congrès annuel de l’AASSDN à Granville. Comme les précédents, il avait pour but de nous rassembler, de renforcer notre cohésion et de conforter nos actions au service de la vérité et de l’histoire. Notre privilège est de pouvoir le faire en se référant à l’exemple de nos grands anciens dont deux se sont particulièrement distingués. Jean Deuve, parachuté au Laos en 1945 avant de devenir une des grandes figures du SDECE. Jacques Fille-Lambie, dit Morlanne, patron de la section française de la Force 136 à Calcutta avant de créer en 1946, le Service Action puis les GCMA en Indochine. C’est le héros du film que nous avons réalisé cette année.

La peur étant la réaction devant l’inconnu, notre capacité à déchiffrer l’avenir en s’appuyant sur la connaissance du passé est essentielle pour affronter les incertitudes et les manipulations du futur. C’est la philosophie de toutes nos activités : de l’exposition itinérante aux conférences, du prix du roman d’espionnage aux films sur nos anciens, du site aux manifestations auxquelles participent nos délégations, sans oublier cette revue. La tâche est énorme et tous

Je vous souhaite une bonne lecture et de bonnes vacances pour ceux qui en prennent. ceux qui veulent nous aider sont les bienvenus.

Alain JUILLET
Président AASSDN
Juin 2026

Parution : Juin 2026

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Source image : Couverture de la revue Services Spéciaux de l’AASSDN N°275




Mali : la question touarègue au cœur des dynamiques du conflit sahélien

Dans le numéro 200 de L’Afrique Réelle, Bernard Lugan revient sur la situation au Mali et estime que la dimension touarègue demeure une clé essentielle pour comprendre le conflit dans le nord du pays. Il critique une lecture principalement centrée sur le djihadisme, qui négligerait selon lui les dynamiques historiques et territoriales plus anciennes.

Pour Bernard Lugan, la crise qui affecte le nord du Mali s’inscrit dans une continuité historique remontant aux premières rébellions touarègues apparues après l’indépendance. Selon son analyse, ces revendications ont connu différentes expressions depuis 1962, en fonction des rapports de force et des alliances du moment.

L’auteur souligne notamment le rôle d’Iyad Ag Ghali, aujourd’hui à la tête du JNIM, et celui des mouvements regroupés autour de l’Azawad. Il considère que les catégories opposant simplement « nationalistes » touaregs et « islamistes » ne suffisent pas à rendre compte de la complexité des rapports de force locaux.

Bernard Lugan estime ainsi que la politique française au Sahel a trop longtemps privilégié la lutte contre le « terrorisme islamiste » sans accorder suffisamment de place aux réalités qu’il qualifie d’ethno-historiques. Dans son analyse, l’islamisme constitue davantage l’une des formes contemporaines prises par des conflits plus anciens que leur origine première.

Cette lecture, développée dans l’éditorial du numéro 200 de L’Afrique Réelle, conduit l’auteur à appeler à un changement de grille d’analyse pour comprendre les évolutions politiques et militaires du nord du Mali.

Extrait de L’Afrique réelle : Edito du numéro 200
https://bernardlugan.blogspot.com/p/lafrique-reelle.html




Nomination : Arrivée du général de corps d’armée Patrick Justel à la tête de la DRM

Admis à l’école polytechnique en 1992, le général Patrick JUSTEL choisit à l’issue de sa scolarité de servir dans l’armée de Terre, au sein de l’arme des Transmissions. Après une première affectation dans les troupes aéroportées au 14è régiment parachutiste de commandement et de soutien, il effectue l’essentiel de sa première partie de carrière dans des unités de renseignement et guerre électronique (785è compagnie de guerre électronique et 54è régiment de transmissions), avec lesquelles iI sert à plusieurs reprises en opérations extérieures : de la Centrafrique à l’Afghanistan, en passant par l’ex-Yougoslavie.

Diplômé de l’Institut des langues et civilisations orientales (INALCO) et de l’Institut des études politiques (IEP) de Paris, il est breveté du Collège Interarmées de Défense (CID).

Il sert ensuite dans le domaine de la maîtrise des armements à l’unité française de vérification (UFV).

De 2009 à 2013, il est chef du bureau opérations instruction puis chef de corps du 54è régiment de transmissions. Il est à nouveau engagé en Afghanistan, comme chef de détachement ISTAR (Intelligence, Surveillance, Target, Acquisition &Reconnaissance).

De 2013 à 2016, il rejoint la division « études synthèse management général » (ESMG) de l’état-major des armées (EMA). Il sert ensuite à la direction des ressources humaines de l’armée de Terre (DRHAT) comme chef du bureau pilotage et synthèse.

De 2017 à 2018, il est auditeur de la 67è session du centre des hautes études militaires (CHEM) et de la 70e session de l’institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN).

De juillet 2018 à juillet 2020, il sert à l’état-major de l’armée de Terre (EMAT), d’abord comme chargé de mission innovation puis comme adjoint du Sous-Chef Opérations Aéroterrestres.

Promu général de brigade le 1er juin 2020 puis général de division le 1er août 2023, il sert à nouveau dans le domaine du renseignement. Il occupe notamment les fonctions de commandant en second du renseignement des forces terrestres.

En août 2024, il est nommé général de corps d’armée. Il assume alors les fonctions d’inspecteur de l’armée de Terre de 2024 à 2025. 

En août 2025, il est nommé major général de l’armée de Terre. 

Le 26 juillet 2026, il est nommé directeur du renseignement militaire.

Le général Patrick JUSTEL est officier de la légion d’honneur et commandeur de l’ordre national du mérite. Il est titulaire de la croix de la valeur militaire.

Source : Site internet de la Direction du Renseignement Militaire (DRM)




Innovation défense : Succès du premier vol d’Heliblade, futur drone de très haute altitude

Le démonstrateur Heliblade, développé par X721 avec le soutien du ministère des Armées, a franchi une première étape majeure lors d’un vol d’essai réussi en Nouvelle-Aquitaine. Ce drone solaire expérimental vise, à l’horizon 2030, des missions de renseignement, de télécommunication et de sécurité depuis la stratosphère, à plus de 20 km d’altitude

Au cours de ce vol, réalisé à basse altitude, la société X721, en présence de l’armée de l’Air et de l’Espace, de la Direction générale de l’armement (DGA) et de l’Agence de l’innovation de défense (AID), a pu tester le concept, la stabilité et la manœuvrabilité de ce drone. L’exploitation des données du vol permettra à la société de poursuivre le développement du système Heliblade. Le vol s’est déroulé en deux temps avec un premier palier à 15 mètres, puis une seconde phase en palier à 35 mètres d’altitude.

Cette première étape est une réussite collective et le fruit d’un travail commun entre l’armée de l’Air et de l’Espace et son Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM), la DGA (via l’AID et la direction de l’ingénierie et de l’expertise) et la Direction de la sécurité des aéronefs d’État (DSAÉ). Ce vol illustre la capacité du ministère des Armées et des Anciens combattants à innover au profit des opérations et à accompagner les entreprises du secteur aérospatial. Le développement de ce drone, soutenu et accompagné par l’AID au profit de l’armée de l’Air et de l’Espace, s’inscrit pleinement dans la déclinaison de la stratégie des Armées pour la très haute altitude.

À propos de la très haute altitude La « très haute altitude » (THA) correspond à l’espace aérien compris entre environ 20 et 100 km d’altitude, espace qui sera de plus en plus utilisé dans les années à venir, par les acteurs civils comme militaires. Pour répondre aux enjeux de souveraineté et de supériorité opérationnelle de cet espace, la stratégie des armées pour la THA publiée en juin 2025 repose sur trois piliers: détection, interception, opération. Pour opérer dans la THA, les armées suivent le développement des plateformes permanentes en haute altitude (High altitude permanent systems) telles que les drones solaires, les ballons stratosphériques ou les ballons dirigeables




Géopolitique. Japon : Ouverture prudente vers Moscou et Pékin

Des nouvelles intéressantes du côté de l’Asie, où se tenait la 33e rencontre ministérielle de l’Association des nations du sud-est asiatique, l’ASEAN, ouverte le 21 juillet à Manille, aux Philippines. Parmi les 27 pays présents, dont la Chine, la Russie, les Etats-Unis, ainsi que l’Union européenne, le ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, membre du parti libéral-démocrate (PLD), dont il a été le Secrétaire général (2021-2024), comme la Première ministre Sanae Takaichi – un homme expérimenté, plusieurs fois ministre dans les gouvernements précédents.

Bien entendu, cette réunion avait pour objet la coopération régionale (l’ASEAN) représente près de 9% de la population mondiale et le FMI lui prévoyait une croissance de 4,5% en avril dernier). Mais une coopération par le dialogue et la diplomatie – loin donc des confrontations qui obscurcissent le climat économique mondial.

Ce que paraît, prudemment, souhaiter le Japon.

En effet, nous informe le site Japan Daily via Instagram (1), « Toshimitsu Motegi, s’est brièvement entretenu avec son homologue chinois, Wang Yi, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères dans le cadre de l’ASEAN à Manille ». Pourquoi tant de prudence ? Parce que « cet échange marque la première interaction entre les ministres japonais et chinois des Affaires étrangères depuis novembre 2025, date à laquelle les déclarations de la Première ministre Sanae Takaichi devant le Parlement concernant Taïwan avaient conduit à une recrudescence des tensions diplomatiques ». En effet, nous l’avions relevé ici (2), Sanae Takaichi, proche de son mentor et « faucon » Shinzo Abe, assassiné en juillet 2022, n’avait pas hésité, dès son intronisation, à affirmer une position forte en face des prétentions de la Chine sur Taïwan, suscitant de vives réactions à Pékin.

A la satisfaction de Donald Trump, qui lui a souhaité « beaucoup de succès dans la mise en œuvre de son programme conservateur, axé sur la paix par la force » (2). Mais depuis, les relations bilatérales avec la Chine ont été marquées « par des frictions persistantes, comme en témoigne l’imposition récente par Pékin, fin juin, de contrôles stricts à l’exportation sur les biens à double usage destinés à des entités japonaises » (1).

Peu d’informations sur le contenu de la rencontre. La chaîne publique japonaise NHK confirme (3) : « Les détails de la conversation n’ont pas été divulgués. M. Motegi aurait souligné l’importance de la communication. Le ministre japonais a réaffirmé qu’elle était essentielle en raison des problèmes et des défis qui persistent entre les deux pays. Il a déclaré que le Japon et la Chine jouent un rôle majeur pour la paix dans la région et qu’il est extrêmement important de poursuivre le dialogue ». Certes, si l’on en croit l’Asahi Shimbun (4), le deuxième plus grand quotidien japonais, on est plus réservé du côté chinois. « Lors d’une conférence de presse tenue le 23 juillet, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré :

« Aucune rencontre n’était prévue entre le ministre des Affaires étrangères Wang Yi et la délégation japonaise à Manille », refusant ainsi de reconnaître ce contact ».

Soit, les portes fermées sont difficiles à rouvrir.

Mais il semble bien que Toshimitsu Motegi souhaite cette ouverture, et qu’il ait plus de succès avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, qu’il a « brièvement » rencontré lors d’un dîner, le 21 juillet. Japan Daily comme l’Asahi Shimbun y sont attentifs. Ce dîner est le « premier contact entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 », note le quotidien, quand le Japon a rejoint « les États-Unis et l’Europe pour imposer des sanctions financières et autres à la Russie, qui, en représailles, avait qualifié le Japon de « pays hostile ». Hostile ? La période est difficile, reconnaît Toshimitsu Motegi qui connaît son homologue de longue date, mais « il est important de gérer de manière appropriée les relations bilatérales, notamment la communication intergouvernementale, ainsi que les échanges culturels et entre les peuples » (4).

Ce à quoi les Russes semblent répondre plutôt favorablement : en effet, rapporte l’agence russe TASS (5), « au Japon, nombreux sont ceux qui ont souligné les relations personnelles étroites que Motegi a nouées avec Lavrov. Le ministre des Affaires étrangères lui-même a évoqué une « relation de confiance », rappelant plusieurs échanges – y compris des discussions informelles – avec Lavrov. Il convient notamment de noter que, lors d’un discours prononcé en avril lors du Rassemblement national pour la restitution des territoires du Nord (terme utilisé par le Japon pour désigner les îles Kouriles du Sud, qui appartiennent à la Russie), Motegi a fait référence à des « longues négociations » menées avec M. Lavrov le 7 février précédent ». Notons que Vladimir Poutine est favorable à un accord sur les Kouriles – et surtout à signer formellement la paix avec le Japon, ce qui paraissait possible avant l’ouverture des hostilités en Ukraine, puis abandonné. La paix n’a jamais été officiellement signée entre les deux pays… depuis 1945.

Sauf que la route s’annonce encore longue.

Tass en effet ajoute : « le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Andreï Rudenko, a critiqué la position du Japon, affirmant dans une interview accordée à l’agence TASS que Tokyo avait instauré des sanctions contre la Russie « pour faire preuve de solidarité avec l’Occident » et continuait de les maintenir. M. Rudenko a suggéré que le Japon fasse le premier pas vers la réconciliation en renonçant à sa « politique hostile » envers la Russie ». Il avait même été prévu une rencontre formelle entre Toshimitsu Motegi et Sergueï Lavrov à l’occasion de cette réunion de l’ASEAN – ce qui ne s’est pas fait. « Bien que M. Motegi ait déclaré que « Tokyo était ouvert au dialogue avec Moscou », il a précisé qu’il n’existait pour l’instant aucun projet concret concernant de telles discussions ».

Soyons clairs, le Japon cherche à protéger ses intérêts dans ses relations avec la Russie, à commencer pour ses besoins en énergie. Dès le début du mois de janvier 2026, nous le notions ici (2), la Première ministre faisait passer un message d’apaisement à Vladimir Poutine – malgré le contentieux toujours en cours sur Sakhaline et ses richesses énergétiques, où le Japon a investi. « Sanae Takaichi a transmis un message au président russe Vladimir Poutine, par l’intermédiaire du député Muneo Suzuki, indiquant que Tokyo considère ses relations avec Moscou comme importantes »tout en souhaitant, rapportait TASS, « un cessez-le-feu rapide en Ukraine ». Et les contacts se sont multipliés, ce que confirme l’Asahi Shimbun. « Fin mai, plusieurs responsables, dont Masayoshi Arai, directeur général du Bureau de la politique commerciale au ministère de l’Économie, se sont rendus à Moscou pour discuter de la « protection des actifs » des entreprises japonaises » (4). On a aussi parlé de zones de pêche, de visas, et réussi à rétablir un échange d’étudiants.

Qu’est-ce qui a fait bouger le Japon, prudemment demandeur de dialogue avec Pékin comme avec Moscou ? Certainement la position américaine sur l’Iran qui ne permet pas la réouverture du détroit d’Ormuz, ce qui pénalise une économie japonaise, la quatrième au monde : 90% de son pétrole provenait du Moyen-Orient – dont 70% passait par le détroit. Le piège, possible, de l’engrenage d’une « guerre sans fin » entre l’Iran et les Etats-Unis éloigne la perspective d’une « paix acquise par la force », mantra de Donald Trump tel que le défendait le département d’État américain (6) le 4 mars dernier, avant l’assassinat de l’ayatollah Khamenei et des siens le 28 février.

Ce qui n’a pu échapper à Sanae Takaichi. La Chine moins allante que la Russie ? Attendons ce que la belle Sanae aura à dire sur Taïwan.

Nous suivrons l’affaire.

Hélène NOUAILLE
La lettre de Léosthène
 

Cartes :

Le Japon, la Russie et les Kouriles (source : le Monde diplomatique)
https://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L640xH969/carte8155-11f97.jpg?1757206386

Le Japon, ses petites îles et Taïwan (source : BFM)
https://images.bfmtv.com/vzrjEUp3X0g06NNlzvrwsT7Hh6Q=/0x0:1920×1080/1920×0/images/Le-Japon-erige-un-archipel-de-missiles-face-a-la-Chine-2198204.jpg

Les bases américaines à Okinawa (source : Nippon.com)
https://lesmotsdetaiwan.com/wp-content/uploads/2025/01/2020-okinawa-us-facilities.png?w=914 

Notes : 

(1) Japan Daily, le 23 juillet 2026, Japan Foreign Minister Motegi Holds Direct Talks With Chinese and Russian Counterparts
https://www.instagram.com/p/DbIXUwGkfhd/

(2) Voir Léosthène n° 1971/2026, le 11 février 2026, Le Japon de Sanae Takaichi : une victoire et des questions

Ainsi, il peut y avoir des dissolutions heureuses. Au moins au Japon. Sanae Takaichi, conservatrice du parti libéral démocrate (PLD) élue en octobre dernier, ne disposait que d’une courte majorité à la chambre basse (l’Assemblée nationale). Pas assez pour gouverner comme elle l’entendait. Première femme élue au poste de Premier ministre dans un pays encore attaché à son passé patriarcal, elle a pris le pari de profiter de l’extraordinaire état de grâce qui a suivi sa prise de fonction, le 21 octobre dernier – 75% d’approbation en décembre, plus de 60% encore en janvier. Elle décide de dissoudre la chambre basse et de provoquer des élections anticipées le 8 février. Sur quel programme ? Une direction qui plaît à Donald Trump, qui lui souhaite « beaucoup de succès dans la mise en œuvre de son programme conservateur, axé sur la paix par la force », dans un message publié sur les réseaux sociaux ». Que veut dire pour Sanae Takaichi la paix par la force ?

(3) NHK, le 23 juillet 2026, Premier entretien des ministres chinois et japonais des Affaires étrangères depuis la détérioration des relations entre Pékin et Tokyo
https://www3.nhk.or.jp/nhkworld/fr/news/20260723_14/

(4) Asahi Shimbun, le 24 juillet 2026, Japan dips toe into diplomatic waters with China, Russia
https://www.asahi.com/ajw/articles/16752964

(5) TASS, le 23 juillet 2026, Japan’s foreign minister recounts first contact with Russian counterpart in six years
https://tass.com/world/2164249

(6) US Departement of State, le 4 mars 2026, Maison Blanche, Le président Trump, ou le leadership de la paix par la force (traduction en français du site lui-même)
https://www.state.gov/translations/french/le-president-trump-ou-le-leadership-de-la-paix-par-la-force

Source photo bandeau : Google Maps




Hommage à Marc Bloch, officier de renseignement dans les tranchées

Le 16 juin 1944, Marc Bloch est exécuté avec 29 de ses camarades. Le 23 juin 2026, il entrera au Panthéon. Historien majeur, cofondateur des Annales, résistant, l’auteur de L’Étrange Défaite fut aussi officier de renseignement au 72e régiment d’infanterie durant la Grande Guerre.

À l’été 1940, la France s’effondre. Démobilisé, Marc Bloch rédige à chaud L’Étrange Défaite, ouvrage dans lequel il analyse les causes de la débâcle. Il y fustige notamment l’action du renseignement militaire. Pour comprendre la sévérité de son jugement, il faut revenir vingt-cinq ans plus tôt : Bloch arpentait alors les tranchées de la Grande Guerre comme officier de renseignement.

Un renseignement recueilli directement sur le champ de bataille

Né en 1886 à Lyon dans une famille alsacienne de confession juive, Marc Bloch est professeur au lycée d’Amiens lorsque la guerre éclate en août 1914. Il est affecté au 272e régiment d’infanterie (RI) avant de rejoindre le 72e RI en juin 1915, au grade d’adjudant. « Ses qualités attirent l’attention du commandement. Brillant, volontaire et surtout polyglotte, il parle couramment l’allemand et l’anglais. D’abord chef de section, Bloch est affecté au service de renseignements du régiment (SRR) à partir de 1916 », explique le lieutenant-colonel Ivan Cadeau, docteur en histoire et chef de la section « opérations et renseignements » au Service historique de la Défense (SHD).

Dès la fin de l’année 1914, la guerre de position s’installe : le front se fige, les tranchées se généralisent. « La cavalerie, qui assurait traditionnellement une partie du recueil d’informations sur l’ennemi, ne peut plus remplir ce rôle. Résultat, le commandement est aveugle. Il faut donc inventer d’autres moyens pour savoir ce qui se passe en face », précise l’historien. Apparus pendant le conflit, les SRR alimentent les 2e Bureaux [1] des divisions et des corps d’armée en renseignement tactique, recueilli directement sur le champ de bataille. Deux sources dominent alors : l’observation et l’interrogatoire des prisonniers capturés par le régiment ou des déserteurs passés dans son secteur.

Observer le front et faire parler l’ennemi

« Faute d’une véritable culture du renseignement dans l’armée de l’époque, les militaires ne savent pas toujours quels indices relever », souligne le lieutenant-colonel Cadeau. « La formation d’historien de Bloch est ici un atout : il sait distinguer, classer, comparer, synthétiser. Au SRR, il exploite les signalements transmis par les postes d’observation avancés, ces “sonnettes” disséminées sur le front », poursuit-il. Au SRR, Bloch est également chargé d’interroger les prisonniers et les déserteurs. Sa maîtrise de l’allemand devient un avantage décisif. Mais l’exercice ne s’improvise pas. « L’interrogatoire est codifié et strictement encadré. Dès l’arrivée des prisonniers, il les trie par catégorie : officiers, sous-officiers, militaires du rang. Son rôle est d’identifier l’homme, son unité, son secteur d’origine », indique le lieutenant-colonel Cadeau. L’interrogatoire se double de l’exploitation des effets personnels du prisonnier, selon un ordre précis : « Plaque d’identité d’abord, puis pattes d’épaule, soutaches [2], passepoils, boutons de tunique ou de capote. Viennent ensuite les armes, vêtements, équipements, documents saisis », liste-t-il. Neuf fois sur dix, les indices recueillis se répètent. Mais c’est justement la dixième fois qui compte : « L’apparition d’une unité nouvelle, par exemple, peut annoncer une offensive. Dans le renseignement, les petits ruisseaux font souvent les grandes rivières. » Le prisonnier est ensuite envoyé vers l’échelon supérieur, à l’arrière.

Cette affectation au SRR ne le tient pas pour autant à distance du front. « Ce n’est pas un officier de bureau. Il parcourt les tranchées, assure des liaisons physiques entre les unités, circule dans les boyaux et les abris. Comme tout fantassin, il est exposé », signale l’historien. Ses états de service, conservés au SHD au château de Vincennes, en témoignent : quatre citations, une par an à partir de 1915, saluent son intelligence, son courage et son sang-froid.

1940 : l’amertume de Bloch envers le 2e Bureau

En 1939, à 53 ans et père de six enfants, Marc Bloch pourrait rester à l’écart. Pourtant, il demande à servir. Rappelé dès le 26 août, il est affecté à Strasbourg, où il participe à l’organisation de la mobilisation. Une fois celle-ci achevée, il tente de rejoindre le 2e Bureau, où ses compétences pourraient être utiles. Mais les postes sont déjà pourvus. Bloch intègre le 4e Bureau, responsable des transports et de la logistique, au parc des essences n° 1 de la 1re armée. Depuis ce poste, il observe la machine militaire dont il livrera une analyse sévère dans L’Étrange Défaite. Mais pour le lieutenant-colonel Cadeau, ce témoignage doit être replacé dans son contexte : « Bloch a travaillé dans un service logistique, connu pour ses pesanteurs administratives, ses circuits de décision et ses difficultés d’exécution. Il a aussi assisté aux rivalités internes. » Et si le Bloch de 1940 est aussi critique envers le 2e Bureau, c’est peut-être parce qu’il a connu, en 1914-1918, « l’âge d’or » du renseignement militaire français. « D’autres officiers, comme le général Navarre, ancien responsable du Service de renseignement et de la Section allemande, ont porté un regard plus favorable sur le 2B. Celui-ci a souvent correctement analysé les intentions et les capacités de l’adversaire », décrypte-t-il.

Touché par le statut des Juifs d’octobre 1940, Marc Bloch est exclu de la fonction publique. Relevé de cette mesure en janvier 1941 pour services exceptionnels rendus à la France, il est affecté à Montpellier en juillet. Après l’invasion de la zone sud en 1942, il rejoint la Résistance au sein de Franc-Tireur. « Jugé trop âgé, sa candidature ne suscite pas l’enthousiasme. Mais il prouve sa valeur et prend des responsabilités. Il participe aux réunions organisées par Jean Moulin, puis devient, en juillet 1943, l’un des trois membres du directoire régional des Mouvements unis de Résistance », commente le lieutenant-colonel Cadeau. Le 8 mars 1944, la Gestapo l’arrête à Lyon. Torturé, emprisonné à Montluc, il est exécuté le 16 juin 1944 avec 29 de ses camarades.

Propos du Lieutenant-colonel Ivan CADEAU,
Docteur en histoire
Chef de la section « opérations et renseignements »
au Service historique de la Défense (SHD)

Direction du Renseignement Militaire
Mardi 16 juin 2026

[1] Structures qui pilotent les actions de renseignement des forces armées
[2] Ornement sur l’uniforme militaire




Dissuasion nucléaire avancée: Gesticulation Franco-allemande

Le 16 juillet, le Commandement des forces aériennes stratégiques françaises (CFAS) et l’armée de l’Air allemande (Luftwaffe) ont conduit la première activité aérienne conjointe en déclinaison de la stratégie française de « dissuasion avancée », sans mise en œuvre d’arme nucléaire.

Deux avions de combat Rafale français de la base aérienne de Saint-Dizier (52) et deux Eurofighter allemands de la base aérienne de Nörvenich (Allemagne) ont rejoint un MRTT Phenix français pour réaliser un ravitaillement en vol.

Les chasseurs ont ensuite conduit des manœuvres spécifiques et se sont posés ensemble sur la base aérienne de Nörvenich, qui accueillait le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité (CFADS) le 17 juillet 2026.

Cette activité matérialise la première étape opérationnelle dans le cadre de la coopération stratégique bilatérale mise en place par le président Macron et le chancelier Merz dans leur déclaration conjointe du 2 mars 2026.

De surcroît, cette initiative a également permis de renforcer l’interopérabilité globale des forces aériennes françaises et allemandes.

Etat-major des Armées




Hommage à Marie-Madeleine Fourcade, chef du réseau Alliance durant la Seconde Guerre mondiale

Née le 8 novembre 1909 à Marseille, dans une famille de la haute bourgeoisie catholique. Enfance à Shanghai, entre les cadres des Messageries Maritimes et les dîners en costume d’apparat. Rien dans ce milieu-là ne prédestinait à finir nue à s’arracher aux barreaux d’une cellule de la Gestapo.
En juin 1940, la France « capitule ». Elle refuse.⠀

Avant la guerre, pendant de nombreuses années, MM Fourcade a été l’adjointe du commandant Loustaunau – Lacau, comme rédactrice en chef des publications de la Spirale. Dès l’été 1940, c’est lui qui crée le réseau qui deviendra Alliance. Il est arrêté en AFN alors qu’il tentait de faire basculer l’Afrique du Nord dans la reprise du combat contre les Allemands et est déporté.

À 31 ans, sous le nom de Marie-Madeleine Méric — celui de son premier mari — elle succède alors au commandant Loustaunau-Lacau et prend la tête du réseau Alliance.
Jusqu’à 3 000 agents travaillent sous ses ordres pour l’Intelligence Service britannique : des soldats, des instituteurs, des médecins, des paysans. Ils transmettent les déplacements des sous-marins allemands, les positions des défenses côtières, les cartes des rampes de lancement des V1 et V2. La Gestapo, incapable de mettre un visage sur cette organisation tentaculaire, finit par la surnommer « l’Arche de Noé » — parce que ses membres portent des noms d’animaux. Son alias à elle : « Hérisson ». Longtemps, l’Intelligence Service et la Gestapo ignorent que c’est une femme qui est à la tête de ce réseau.⠀

En novembre 1942, la police française l’arrête à Marseille avec son état-major. Elle s’évade quelques jours plus tard, en route vers Castres.⠀
La guerre ronge aussi l’intime. Son compagnon, le commandant Léon Faye — le père de son fils né dans la clandestinité en juin 1943 — est arrêté à l’automne 1943. Déporté, il est assassiné en Allemagne en janvier 1945.⠀
Elle continue.⠀

Le 17 juillet 1944, la Gestapo la capture à Aix-en-Provence. Elle est détenue à la caserne Miollis. Elle sait ce qui l’attend. Elle connaît les codes du réseau. Elle connaît les noms.⠀

Dans la nuit du 17 au 18 juillet, elle se déshabille entièrement,  s’enduit le corps d’eau savonneuse, et au prix d’énormes douleurs, elle se glisse nue à travers les barreaux de sa fenêtre. Elle disparaît dans la nuit.⠀
Le réseau Alliance a compté 429 morts.⠀

Après la guerre, elle a consacré des années à les nommer, à reconstituer leurs dossiers, à les rendre à l’Histoire. Dans les manuels scolaires, dans les commémorations, dans les discours du 8 mai, c’est Jean Moulin qu’on cite. Elle, elle reste absente du récit qu’on enseigne aux enfants de France.⠀

Elle est morte le 20 juillet 1989 à Paris.⠀


La mémoire ne se transmet pas toute seule.




Armement : Succès des essais d’intégration des roquettes guidées laser sur Rafale pour la lutte anti-drone

La réactivité de la DGA et les moyens techniques dont elle dispose ainsi que les qualités remarquables du Rafale sont des atouts qui donnent rapidement des capacités nouvelles à notre armée de l’Air et de l’Espace.

La DGA annonce le succès des essais d’intégration des roquettes guidées laser sur Rafale pour la lutte anti-drone
Le 7 juillet 2026, la Direction générale de l’armement (DGA) a achevé avec succès la campagne d’essais d’intégration des roquettes guidées laser de 68 mm sur l’avion de combat Rafale. Moins de huit mois séparent la contractualisation de cette nouvelle capacité de la première capacité opérationnelle. Cette campagne, lancée pour disposer d’une capacité de lutte antidrones performante et à coût modéré, a mobilisé les experts de plusieurs centres d’essais et d’expertise, dont plus particulièrement DGA Essais en vol à Cazaux (33).

Conduit sous le pilotage de la DGA, en étroite collaboration avec le Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) de l’armée de l’Air et l’Espace, avec le concours de Dassault Aviation et de Thales, ces essais avaient pour objectif de valider en vol l’efficacité de la nouvelle capacité de Lutte anti-drone sur avion de combat (LADAC) développée au profit des avions Rafale des forces françaises.

La mise à disposition par la DGA d’un premier lot de matériels afin de doter l’armée de l’Air et l’Espace d’une première capacité opérationnelle fin juillet 2026 ouvre la voie à une qualification complète, par la DGA, de ce nouveau système d’arme du Rafale. Les livraisons des matériels commandés (paniers lance-roquettes, roquettes guidées laser et pods de désignation laser TALIOS dotés du mode LADAC) débuteront concomitamment, dès juillet 2026.

Afin de répondre au besoin opérationnel de l’armée de l’Air et de l’Espace de disposer au plus vite d’un armement de lutte anti-drone efficace et à coût modéré, la DGA a étudié fin 2025 diverses solutions pour rapidement doter l’avion de combat Rafale d’une telle capacité. À l’issue de cette étude, la DGA a opté pour une solution déjà qualifiée, la roquette guidée laser de 68 mm développée et intégrée sur l’hélicoptère d’attaque Tigre.

Ainsi, dans le cadre d’une « Urgence Opération », la DGA a notifié, le 31 décembre 2025, à Dassault Aviation et à Thales un contrat pour le développement d’une capacité LADAC sur Rafale, en associant des roquettes guidées laser de 68 mm et le pod de désignation laser TALIOS. Depuis février 2026, plusieurs essais ont été menés par différents centres d’essais et d’expertise de la DGA afin d’adapter les capteurs du Rafale à la conduite de tir de roquettes et de tester notamment les différentes fonctions sollicitées pour cette capacité de lutte anti-drone : détection des drones par le radar, poursuite du drone par le pod TALIOS et désignation laser, emport des paniers lance-roquettes dans le domaine de vol de l’avion, tir de roquettes puis guidage laser jusqu’à la cible et enfin neutralisation des drones ciblés. Cette nouvelle capacité permettra, par exemple, aux Rafale d’abattre des drones Shahed avec des roquettes de 68 mm.

Ainsi, ont été réalisés :

  • des essais en vol afin d’évaluer les modes de poursuite en air-air du pod TALIOS, par DGA Essais en vol fin 2025 et début 2026, avec le concours de la société EOS Technologie qui a mis en œuvre, au profit de la DGA, plusieurs drones représentatifs des menaces de drones ;
  • des expertises sur les performances de désignation laser du pod TALIOS en configuration air-air et de la roquette guidée laser, par DGA Maîtrise de l’information assisté du CEAM ;
  • des essais de qualification en environnement électromagnétique des paniers lance-roquettes, par DGA Techniques aérospatiales à Balma (31) au premier semestre 2026 ;
  • des essais d’ouverture du domaine d’emport puis de séparation sur un Rafale équipé de paniers lance-roquettes en février, avril puis juin 2026 par les experts de DGA Essais en vol à Istres (13) puis à Cazaux (33) ;
  • des tirs d’essais de roquettes guidées laser sur des cibles aériennes représentatives de la menace, début juillet 2026 sur le site de DGA Essais de missiles à Biscarosse (40), en étroite collaboration avec DGA Essais en vol, suivis par des tirs d’expérimentation exécutés par le CEAM.

Ces travaux ont également été rendus possible grâce à l’expertise de DGA Techniques terrestres à Bourges (18) et de DGA Ingénierie et projets à Paris (75), garants des performances globales du système LADAC et de sa conformité vis-à-vis du besoin opérationnel.

L’intégration de la LADAC sur l’avion de combat Rafale illustre la capacité de la « DGA de combat » à répondre rapidement aux besoins des forces au travers d’un processus agile pour satisfaire le besoin opérationnel dans un calendrier contraint.

Légende de la photo bandeau : Tir d’essai de RGL depuis un Rafale en juillet 2026
Crédit photo : Direction générale de l’armement 




Activité : Lancement de la mission PEGASE 2026

Le périple mondial pendant 38 jours de 4 Rafale contribue sans doute à la crédibilité de nos forces armées.
Mais la projection en moins de 48 heures  de 12 ou 16  Rafale en Guyane ou à la Réunion aurait probablement été perçue comme une véritable capacité de projection de puissance de la France.
Paris, le 11 juillet 2026

 L’armée de l’Air et de l’Espace lance la mission PEGASE 2026, à travers l’Arctique, l’Indopacifique et le Proche et Moyen-Orient.

  • Avec PEGASE 26, la France conduit son sixième déploiement aérien majeur et réaffirme sa capacité à projeter la puissance aérienne sur un arc stratégique étendu, de l’Arctique à l’Indopacifique, jusqu’au Proche et Moyen-Orient. 
  • Début septembre 2026, l’armée de l’Air et de l’Espace déploiera quatre Rafale standard F4, trois avions ravitailleurs A330 MRTT et deux avions de transport A400M Atlas.   
  • Ce déploiement s’appuie sur des moyens adaptés aux enjeux stratégiques. Il repose sur un dispositif opérationnel robuste et structuré autour des trois piliers fondamentaux de l’armée de l’Air et de l’Espace : la projection de puissance, la mobilité stratégique et le soutien logistique. 
  • Près de 300 Aviateurs sont engagés dans cette mission de 38 jours. 

PEGASE 26 débutera par une escale des appareils de transport stratégique et tactique au Groenland, permettant à l’armée de l’Air et de l’Espace de valider une nouvelle route aérienne vers l’Amérique du Nord et de poursuivre ses entrainements à des latitudes élevées et dans des conditions climatiques polaires. Après une séquence de coopération franco-américaine en Alaska qui sera rejointe d’une traite par les avions de combat Rafale, les Aviateurs traverseront le Pacifique faisant escale au Japon, en Corée du Sud puis en Indonésie afin d’illustrer la variété et la solidité des partenariats entretenus par les armées françaises dans cette zone. Une partie du dispositif fera ensuite route vers l’Inde, avec qui la France entretient une coopération historique et dynamique, renforcée par l’exercice TARANG SHAKTI tandis que les Forces armées en zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) accueilleront l’autre partie du détachement aérien d’envergure, démontrant la capacité des armées françaises à renforcer ponctuellement ses bases ultramarines. 

Troisième phase du déploiement, le Moyen-Orient demeure une région d’engagement prioritaire pour la France, avec une escale d’une partie du dispositif au Qatar. Les avions de PEGASE 26 participeront enfin à l’exercice franco-égyptien AMUN 26, avant leur retour en France.

Lancée en 2018, la mission PEGASE confirme un savoir-faire opérationnel que très peu d’armées de l’air peuvent mettre en œuvre : la capacité à engager l’aviation de combat française dans tout type de mission n’importe où dans le monde, dans des délais très réduits, de manière autonome ou en coalition. Fidèle à cet esprit, l’édition 2026 repose sur une stricte adéquation entre objectifs stratégiques et moyens engagés, grâce à un dispositif agile et modulaire. Elle est planifiée et conduite par le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), basé à Lyon Mont-Verdun (69), véritable centre névralgique de la conduite des opérations aériennes françaises.

Du Groenland à l’Égypte en passant par le Japon et l’Inde : l’armée de l’Air et de l’Espace va traverser trois zones stratégiques majeures avec PEGASE 26. Cette mission fera l’objet d’une médiatisation à travers plusieurs embarquements proposés à la presse.Pour tout intérêt, veuillez formuler vos demandes au contact média, le Service d’information et de relations publiques de l’armée de l’Air et de l’Espace (SIRPAAE) ci-dessous.

Contacts médias :
Service d’information et de relations publiques
de l’armée de l’Air et de l’Espace