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Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
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MEMORIAL NATIONAL A.A.S.S.D.N. / Ramatuelle - Var ( Livre d'Or )
Biographies des Noms gravés sur le Monument: Ka-Kz
 

KELLER

   Robert

 

 

Né le 8 mai 1899  à  Petit Quevilly (Seine Maritime) de Albert Keller  et de  Françoise Strub Epouse:  Georgette, Marthe, Clémence Vincent Profession: ingénieur Décédé  le 14 avril 1945  à  Bergen Belsen 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber, Réseau Action P.T.T.(Source K)Agent P2

 

Robert Keller était un homme grand, aux larges épaules, au visage énergique et à l'opulente chevelure blonde  et bouclée en bataille.  Son étonnante histoire est racontée par R. Ruffin dans "Résistance P.T.T."

Fils d'Alsaciens, il s'était engagé en 1917 et avait passé les derniers mois de la guerre sur un dragueur de mines. En 1927, il était entré aux P.T.T. où il fut affecté aux lignes souterraines à grande distance (L.S.G.D.). C'était l'époque des premiers câbles à longue portée. En 1929, il était chef de station de Vieils-Maisons, station d'amplificateurs la plus proche de Paris sur le câble Paris-Starsbourg. Il passa brillamment le concours d'ingénieur des travaux en 1931 et devint chef de Centre.

 De 1932 à 1939, on assista à une considérable extension des réseaux de câbles à grande distance. Robert Keller était un des plus compétents en la matière. C'était un excellent technicien aussi bien sur le plan manuel qu'intellectuel. Il faut ajouter un sens de l'organisation, un esprit de corps et une remarquable abnégation. Toutes ces caractéristiques apparaitront  dans le discours de l'inspecteur général Simon, son collaborateur et ami, lors de l'inauguration de la plaque commémorative du Centre Robert Keller, le 3 novembre 1946:

 "Son caractère est de ceux qui appellent et retiennent l'amitié. Tout de droiture, incapable d'un calcul ou d'une arrière-pensée, il était pour ses amis d'un dévouement sans borne... Doué d'un tempérament de fer, il était d'une activité prodigieuse. Il n'avait rien du technicien de bureau; son champ d'action préféré était le chantier. Toujours tôt levé, le premier à la tâche, il professait que le chef doit payer d'exemple. Dès qu'il se présentait un travail difficile, une réparation à faire de nuit, un transfert délicat, c'est lui qui allait diriger sur place les opérations. Et il le faisait avec un esprit de décision remarquable, voyant vite et juste, quelles que soient les difficultés. Il avait un sens aigü de la technique; il en connaissait toutes les possibilités et aussi toutes les mesures."

Chef du Centre des dérangements de Paris, durant la "drôle de guerre", il fut chargé de l'entretien et de la réparation des lignes téléphoniques. C'est ainsi que le 16 mai 1940, le câble Paris-Lille 1 étant endommagé par une bombe, il dirigea les travaux de réparation d'une manière qui lui valut cette citation à l'ordre du régiment: "Chargé de réparer un câble souterrain très important dans la région de Péronne, au moment de l'avance de l'ennemi, a fait preuve d'un courage exemplaire et s'est montré remarquable entraîneur d'hommes. A assuré sous le bombardement le repli de son personnel et de son matériel, en présence de l'ennemi, bien que la route de retraite ait été coupée par rupture d'un pont. A été lui-même contusionné dans la voiture, renversée par l'explosion du dispositif de mine."

Dès le début de l'Occupation , les techniciens français, sous la direction de Robert Keller et sous contrôle allemand, furent chargés de l'entretien de l'ensemble du réseau téléphonique, à l'exception des territoires intégrés au Reich.

En septembre 1941, Keller rencontre le capitaine Edmond Combaux, ancien de Sup Elec et de l'Ecole polytechnique, ingénieur des transmissions à la Direction des recherches et du contrôle technique des P.T.T., et le capitaine Simoneau (du S.R. Kléber, poste P2), qui lui demandent d'étudier les possibilités, d'un "piquage sauvage sur câbles", qui livrerait les conversations des Allemands. Il reçoit pour cela des assurances financières de Simoneau. Malgré les risques considérables de l'entreprise (Robert Keller a quatre enfants), il accepte. Il a une équipe sur laquelle il peut compter, notamment ses principaux adjoints, deux ouvriers de lignes, Pierre Guillou* et Laurent Matheron*.

Ainsi commence l'aventure périlleuse qui permettra, en 1942, pendant plusieurs mois, l'écoute et la transmission aux Alliés des conversations téléphoniques des plus hautes institutions allemandes et des hauts dignitaires nazis, de Hitler lui-même. Cet épisode constitue une des plus étonnantes actions clandestines en Europe.

Ce sont les lignes Paris-Reims-Verdun-Metz reliée à Sarrebruck, et Paris-Châlons-Nancy- Sarrebourg reliée à Appenweier, qui mettent en relation les autorités d'occupation avec leur hiérarchie à Berlin. Les opérations envisagées consistent donc à établir sur les grands axes téléphoniques des dérivations permettant l'écoute, le tout sous le regard des Allemands.

La première est établie sur le câble Paris-Metz. Il faut trouver sur le trajet une maison libre pour placer les installations nécessaires à l'écoute, faire fabriquer et transporter clandestinement le matériel et intervenir sur les câbles sous le contrôle des  Allemands: trouver un prétexte pour intervenir sur une ligne, ouvrir les fouilles, travailler sur les fils, de nuit pour mieux déjouer la surveillance.

C'est ainsi qu'est trouvée la maison de Noisy-le-Grand sur le câble Paris-Metz.

Robert Keller se trouve sur les premières fouilles avec Pierre Guillou, technicien de ligne, et Laurent Matheron  la nuit du 15 avril 1942. Ils opèrent sous une tente d'intempérie, à la chandelle. Travail long et minutieux à effectuer dans l'urgence, accroupi ou à genoux et sous le poids d'un danger extrême. Le travail commencé à 21 h est terminé à 4 h 40 du matin: 70 grands circuits dérivés entre Paris et Berlin, parmi lesquels ceux de la Kriegsmarine, de la Luftwaffe, de la Wehrmacht et de la Gestapo.

La seconde opération a lieu dans les mêmes conditions le 16 décembre 1942, à Livry-Gargan, sur le câble Paris-Strasbourg-Berlin, cette fois sur 484 fils.

Parmi les renseignements fournis par la source K, il y a notamment ceux provenant de la Gestapo. "Lorsqu'il était question de l'arrestation de résistants, dit Henri Navarre, ceux-ci en étaient immédiatement avisés par des messages anonymes glissés sous leur porte et, le lendemain matin, on notait les récriminations des "gestapistes" qui avaient fait chou blanc.

"Certaines interceptions étaient relatives à des questions techniques, concernant notamment les armes nouvelles. (...)

"La transmission au S.R. (P2) des renseignements obtenus par la source K s'effectuait presque quotidiennement par des courriers sûrs, à qui ils étaient remis en des points variables convenus à l'avance. Ces courriers étaient soit des ambulants des P.T.T. qui disposaient de caches à bord de leurs wagons, soit des employés des wagons-restaurants, soit des conducteurs de wagons-lits. Tous ignoraient évidemment la nature et l'importance de ce qu'ils transportaient.

"Les renseignements "Source K" étaient démarqués par P2 de telle sorte que leur origine ne pût en aucun cas être décelée. Ils étaient simplement présentés sous l'indication: "source sûre très bien placée". Tous ceux susceptibles d'intéresser les Alliés leur furent régulièrement communiqués".

 Une lettre de dénonciation le disant "agent gaulliste, espion à la solde des Anglais", Robert Keller est convoqué à la Gestapo. Il prend le temps de prévenir ses camarades, mais ne veut pas se sauver de crainte de représailles sur les siens. Il est arrêté le 23 décembre 1942 à Paris et interrogé rue des Saussaies. Les Allemands alors semblent ignorer sa véritable action, mais très vite, ils sont mis sur la voie  par la découverte des installations de Livry-Gargan. Robert Keller couvre ses collaborateurs, disant qu'ils ne savaient pas quel était le but des travaux qu'il leur ordonnait d'éxécuter.

Georges Lobreau, contrôleur principal des I.E.M. des P.T.T., agent du S.R. Kléber et de E.M.-P.T.T., arrêté une heure après Keller et qui reviendra de camp de concentration,  était, lui, chargé de "commander les travaux à partir des têtes de câbles des stations d'Archives ou de Saint Amand, suivant le cas". Rue des Saussaies, il est confronté avec Keller, qui, rapporte Lobreau, "a dit en présence de deus officiers S.D.: "Je vais tout vous dire, mais je tiens à préciser que M. Lobreau n'est pour rien dans cette affaire et qu'il ne sait rien." Hors de ma présence, poursuit ce dernier, Keller a subi un nouvel interrogatoire. Tard dans la soirée, menottes au poignets, on m'a fait monter dans une voiture avec des S.S. Dans une autre voiture et dans la même situation que moi, on a fait monter Keller. Puis une troisième voiture s'est jointe aux deux autres et la caravane a pris le chemin de Livry-Gargan. Elle s'est arrêtée, après une hésitation, à l'endroit de la dérivation. Les soldats ont perquisitionné dans le pavillon et après un certain temps ont amené un jeune homme près de moi. Un SD nous à demandé si nous nous connaissions, sur notre réponse négative, on nous a attachés ensemble. Puis deux voitures partiront pour la rue des Saussaies où il y eut une courte confrontation entre Keller et le jeune homme. (...) Peu après les deux voitures repartaient pour la prison de Fresnes.

Arrivés dans le bâtiment 3, à un certain moment nous nous sommes trouvés ensemble et nous avons échangé quelques mots. (...)

Keller, se tournant vers moi:

- Triste Noël pour les gosses!

Il me dit encore: Tu t'en tireras, moi, je suis fichu. J'ai pu savoir que nous avons été dénoncés par une lettre anonyme (...). Il faudra que tu t'occupes de cela.

Les Allemands s'étant rendu compte de notre conversation, nous avons été brutalement séparés. Quelques minutes après, nous étions enfermés dans des cellules provisoires."

Trois jours après l'arrestation de Keller, un rapport est adressé à Hitler par Himmler. Voici sa traduction: "

"Concerne: Installation d'une dérivation sur la liaison principale téléphonique Paris-Strasbourg-Berlin.

Le 21 décembre 1942, au cours d'une conversation, le secrétaire général de la Police française, Bousquet, a porté à la connaissance du SS-Brigadeführer Oberg qu'un branchement avait été effectué sur le câble principal de la Wehrmacht Paris-Strasbourg-Berlin sur la route nationale n°3, à la borne kilométrique 20, 8OO.

Comme auteurs étaient dénoncés un ingénieur français des télégraphes et un fonctionnaire vérificateur. Les actions entreprises ensuite avec les techniciens-experts d'une section de branchements téléphoniques de campagne apportèrent la preuve que cette information était fondée.

La dérivation était installée dans une villa. Celui qui était chargé des écoutes, un Alsacien, a pu également être appréhendé.

Le dispositif d'écoutes est qualifié d'exceptionnel et d'inconnu jusqu'ici par les techniciens-experts. Des interrogatoires menés jusqu'ici, il résulte que le dispositif d'écoutes a été installé sur ordre du major Beard, officier du 2e Bureau de Vichy. Les recherches continuent. Signé: Himmler"

(Beard est le pseudonyme de Badré.)

Robert Keller est  déporté le 16 juillet 1943, d'abord à Oranienburg, puis à Bergen Belsen où, atteint du typhus, il meurt le 14 avril 1945.

Déclaré "Mort pour la France", commandant, il sera fait chevalier de la Légion d'Honneur, recevra la Croix de Guerre  et la Médaille de la Résistance.

 

*

Lieux de mémoire: Le nom de l'ingénieur Keller a été donné à de nombreux lieux publics en France, notamment à Paris. En 1957, les P.T.T. ont édité un timbre à son effigie.

 

Références:  Archives du Bureau "Résistance";"Résistance P.T.T." de Raymond Ruffin, p.47-48, 77-778; "Le Service de Renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, p.155 (Ed. Plon, 1978),  "Chronique de la Résistance" de Alain Guérin (Ed. Omnibus, 2000); "Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°43, p.11; "La Guerre secrète des Services spéciaux français 1935-1945", de Michel Garder, p.296-297 (Ed. Plon 1967).


KERHERVE

François, Marie

 

 

Né le 19 septembre 1897  à  Sulniac (Morbihan) de Sébastien Kerhervé  et de  Jeanne, Marie Le Pajolec Epouse:  Marie, Bathilde Lebrun Profession: officier de gendarmerie Décédé  le 10 janvier 1945  à  Mauthausen Güsen 

Réseaux:  C.D.M., R.G. Etat-Major régional ORA,  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

 François Kerhervé, issu de l'Ecole de Gendarmerie de Versailles, fut promu lieutenant en 1932 (résidant alors à Quimperlé), capitaine en 1937 ( résidant à Issoire) et devait être chef d'escadron en septembre 1943. Il avait fait les deux guerres et avait reçu la Croix de Guerre 1914-18 avec palmes. En 1942, ses deux enfants, Michèle et Jeanne, avaient 16 et 17 ans.

Le colonel Paillole en parle comme d'"un homme simple et robuste issu de l'austère lande bretonne, celle qui entoure Elven et domine de loin le golfe gris du Morbihan.(...) Il avait 44 ans et servait déjà la Gendarmerie depuis 20 ans, lorsque, commandant de la section d'Issoire, il prit la décision de refuser la défaite et d'aider à la lutte contre l'envahisseur(...) C'est ainsi qu'en janvier 1941, Johanès et Kerhervé, le Lorrain et le Breton, liés par la foi patriotique, encouragés par la volonté de lutter qu'ils discernaient sur cette terre d'Auvergne, se lancèrent ensemble dans la plus efficace des résistances.

En novembre 1942, dit Paul Paillole, il était commandant de la gendarmerie d'Issoire, au moment où Verneuil dut transférer le siège central de T.R. de Marseille à Issoire.  Son action a été multiple: recherche et protection des terrains de parachutage et d'atterrissage en zone libre, accueil d'agents, liaisons avec Alger et Londres."

Mais,surtout, il protégeait les dépôts de camouflage de sa région en refusant de les signaler à Vichy, contrevenant ainsi aux ordres reçus.

 "La découverte d'un dépôt extérieur amènera la Gestapo à l'interroger le 1er mai 1943, dit le colonel Paillole, et à le relâcher, sans doute pour mieux l'observer et accumuler de nouvelles charges contre lui.

Car entre temps un événement nouveau, considérable pour nos services de C.E., s'est produit: le 19 janvier 1943 le lieutenant Thoraval, venu d'Angleterre, a été parachuté à Parentignat. Il est porteur d'ordres, de moyens techniques et radios, d'argent. Il a reçu de moi, à Londres,  mission de remettre en route sur des bases nouvelles notre organisation du Massif Central en prenant contact avec Johanès puis avec Verneuil, chef de nos services clandestins en France occupée. Il ne connaît ni l'un ni l'autre, et la seule clé de ce contact, c'est Kerhervé.

Le coup de semonce du 1er mai 1943 n'a pas freiné son ardeur. Il refuse de se mettre en sûreté.

Le 5 juin 1943, Johanès, son ami, son chef, est arrêté. Il le sait. Obstiné, stoïque, il reste à son poste. Le 16 juin 1943 il est arrêté (dans son bureau à Issoire), transféré (à Vichy et) à Clermont-Ferrand, il est interrogé sans relâche, jour et nuit, jusqu'à épuisement. Il peut cependant faire savoir que l'ennemi recherche Thoraval et toute l'organisation de Johanès en Auvergne."

Déporté le 20 janvier 1944 à Buchenwald, puis envoyé à Mauthausen Güsen, François Kerhervé, souffrant de congestion pulmonaire et  devenu incapable de travailler, est achevé sur les lieux de son travail le 10 janvier 1945.

Déclaré "Mort pour la France", il recevra la Croix de Guerre et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation (Croix de Guerre):

 "A pendant la période clandestine et jusqu'à son arrestation, été le protecteur le plus sûr de tous les dépôts de camouflage de la région d'Issoire. Après l'invasion de la zone Sud, a refusé d'exécuter les ordres de Vichy en ne signalant pas les dépôts qu'il connaissait, galvanisant par son exemple le patriotisme des gendarmes de son arrondissement."

 

Lieu de mémoire: la caserne de gendarmerie d'Issoire porte le nom de "Caserne chef d'escadron Kerhervé"

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Service historique de la Gendarmerie;  "Services Spéciaux" de Paul Paillole, p.416 (Ed. Robert Laffont, 1975); "Les Gendarmes  dans la Résistance" de Pierre Accoce (Ed. Presses de la Cité, 2001); le Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°24, p.53, n°72, p.10, n°162, p.21


KOCH

Henri

 

 

Né le 17 octobre 1882  à  Paris IVe Epouse:  Paule, Alexandrine... Profession:   Décédé le 11 décembre 1943  à  Compiègne

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Mangès)Agent P2

 

Engagé dans les services de renseignements le 1er janvier 1942, le commandant Henri Koch, chevalier de la Légion d'Honneur, a travaillé peu de temps avec le lieutenant Mangès* et les archives contiennent peu de choses sur le reste de ses activités.

Arrêté le 2 août 1943, il meurt le 11 décembre 1943 à Compiègne.

Déclaré "Mort pour la France", il recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


KOELL

Jacques, Philippe

 

 

Né le 7 août 1899  à  Bischheim (Bas-Rhin) de Georges Koell  et de  Madeleine Trautmann Epouse:  Fanny Greiner Profession: agent de la S.N.C.F. Décédé le 18 octobre 1943  à  Strasbourg 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., Uranus du S.R. Kléber (Poste P2)Agent P2

 

Jacques Koell est agent de la S.N.C.F., chef de bureau de gare à Strasbourg. Il parle l'allemand.

Dès la fin de 1940, il s'engage dans la Résistance.

Il est arrêté pour intelligence avec l'ennemi le 12 octobre 1943, au bureau de marchandises de la gare de Strasbourg Port-du- Rhin, et meurt six jours plus tard, le 18 octobre à Oh30, à la prison de Strasbourg, du fait de mauvais traitements et de manque de soins.

Déclaré "Mort pour la France", Jacques Koell sera cité à l'ordre de la division et recevra la Croix de Guerre avec étoile d'argent et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


KRICQ

Suzanne

Née FARNIER

Pseudonyme:  RÉGINA

 

 

Née le 11 juillet 1900  à  Toul (Meurthe et Moselle) de François Farnier  et de  Emilie Colère Epoux: Ernest Kricq Profession: infirmière Décédée le 3 juin 1944 à Val Saint Dizier (Territoire de Belfort) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Bruno), Groupe Lorraine, C.D.L.R.Agent P2

 

Infirmière de profession (dite aussi représentante de commerce), en 1914-18, Suzanne Kricq avait servi comme infirmière interprète dans un hôpital américain à Bezoilles-sur-Meuse.

Dès 1940, elle entre en Résistance dans le réseau Bruno, faisant évader des prisonniers, notamment ceux gardés dans la caserne Marceau à Écrouve, le plus souvent en les convoyant elle-même (elle aurait réussi à faire évader 2 531 hommes, d'après Ernest Kricq, son mari). Elle réussit également de nombreuses missions de renseignements (recueillis grâce à son poste de correspondante du Secours national).

"Évadés, aviateurs abattus, réfractaires trouvèrent chez elle pendant quatre ans aide et réconfort moral, ainsi que le moyen décisif d'échapper à l'ennemi", lit-on dans son dossier du Bureau Résistance.

Elle travaille avec l'attaché militaire français en Suisse, le commandant Pourchaud, et un attaché militaire polonais, M. Appenzeller, et avec l'aide très efficace de son mari, employé à la S.N.C.F. , qui sera arrêté le 1er juillet 1944, avec leur fille, une fillette encore (ils ont deux enfants).

La filière finit par être dévoilée, et un compte rendu du Bureau central de la Région militaire de Nancy rapporte les circonstances de la mort de Suzanne Kricq.

La nuit du 3 au 4 juin 1944, elle n'en est pas à son premier passage clandestin en Suisse. Elle s'adresse habituellement à une famille de passeurs, les Couchot, dont un fils sera capturé en même temps que Suzanne Kricq, tandis qu'un autre pourra fuir. Ceux-ci tentent cette nuit-là de la faire attendre. Rien n'y fait: elle ne veut pas faire perdre de sa valeur au courrier qu'elle porte.

Dans son dossier du Bureau Résistance, il est dit: "Les sentinelles (garde-frontière) l'ont entendue approcher. Silencieusement, elles ont enlevé la sécurité de leurs mausers, épaulèrent et tirèrent. Régina  tomba en râlant. Quelques dizaines d'heures plus tard commençait le débarquement."

Déclarée "Morte pour la France", Suzanne Kricq recevra la Médaille de la Résistance et deviendra une figure de la Résistance lorraine,

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


KRSTITCH

Sava

 

 

Né le 4 janvier 1907  à  Podgoratz (Yougoslavie) de Serafim Krstitch  et de  Théophanie Teodosijevic Nationalité:  Yougoslave Epouse:  Jelica S. Krstitch Décédé en juin 1945 en Suède 

Réseaux:S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Lorraine)Agent P2

 

D'origine yougoslave, chancelier du consulat de Yougoslavie à Metz (Moselle), Sava Krstitch s'engage dans la Résistance française le 2 août 1940. Il fait partie du S.R. Kléber Lorraine et des T.R.

Arrêté par la Gestapo le 5 février 1942 à Belgrade, il est transféré le 27 mars 1943 à Sachsenhausen (Oranienburg), puis, le 4 février 1945 à Bergen Belsen où il est atteint par le typhus. Libéré par l'armée anglaise le 15 avril 1945 et évacué comme gravement malade vers la Suède, il y meurt en juin 1945 .

 

Références: Archives du Bureau "Résistance;  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


 

 

 
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