{"id":2446,"date":"2021-10-29T10:00:25","date_gmt":"2021-10-29T08:00:25","guid":{"rendered":"https:\/\/aassdn.org\/amicale\/un-heros-du-ce-francais-raconte-le-capitaine-morange-du-t-r-115-2\/"},"modified":"2024-04-04T11:57:43","modified_gmt":"2024-04-04T09:57:43","slug":"un-heros-du-ce-francais-raconte-le-capitaine-morange-du-t-r-115-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aassdn.org\/amicale\/un-heros-du-ce-francais-raconte-le-capitaine-morange-du-t-r-115-2\/","title":{"rendered":"Un heros du CE francais raconte le capitaine MORANGE du T.R. 115 (2)"},"content":{"rendered":"<p>Vous chercherez \u00e0 vous \u00e9vader, j\u2019y veillerai et vous ne vous \u00e9vaderez pas!   \u00bb\u2026 <em>Ainsi DUNKER-DELAGE du S.I.P.O.-S.D. de MARSEILLE pr\u00e9venait notre camarade   MORANGE, chef du poste T.R.115 (GLA\u00cfEUL) qu\u2019il avait arr\u00eat\u00e9 le 11 d\u00e9cembre   1943, gr\u00e2ce \u00e0 la trahison d\u2019un important membre du groupe \u00ab COMBAT \u00bb, Jean MULTON alias LUNEL. <\/em><em>Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 et abominablement tortur\u00e9, MORANGE est finalement   incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 la prison des BAUMETTES \u00e0 MARSEILLE. <\/em><em>Une seule id\u00e9e le hante : s\u2019\u00e9vader, rejoindre ses camarades, reprendre le   combat.<\/em><\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\"><strong><em>par Roger MORANGE<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"Style29 Style28\" align=\"justify\"><strong> I \u2013 TRANSFERT DE MARSEILLE A COMPI\u00c8GNE : VELL\u00c9IT\u00c9 D\u2019\u00c9VASION<\/strong><\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Le 30 mai 1944, grand branle-bas dans les couloirs des Baumettes : galopade   de bottes ferr\u00e9es, vocif\u00e9rations de S.S., portes qui claquent. C\u2019est un   transfert qui se pr\u00e9pare.      Attach\u00e9s deux par deux \u00e0 la m\u00eame menotte, nous sommes pouss\u00e9s sans   m\u00e9nagement dans des camions militaires, qui stationnent, moteur en marche,   dans la cour de la prison.     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Le jour se l\u00e8ve \u00e0 peine. La travers\u00e9e de MARSEILLE jusqu\u2019\u00e0 la gare   Saint-Charles n\u2019attire pas l\u2019attention des civils malgr\u00e9 l\u2019importance du   convoi, une vingtaine de camions, plus des voitures d\u2019escorte.      L\u2019installation dans les wagons de 3\u00b0 classe se fait avec ordre, sans   hurlements et dans un confort inesp\u00e9r\u00e9 puisque tout le monde est assis.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Dans   chaque compartiment, stationne un Feldgendarme, la mitraillette suspendue   en travers de la poitrine; le n\u00f4tre a l\u2019air bonasse et somnolent. Je me suis   assis pr\u00e8s de la porti\u00e8re, \u00e0 tout hasard.      Je sais qu\u2019on peut faire glisser les menottes, si elles ne sont pas trop   serr\u00e9es, en enduisant le poignet de mousse de savon. Une fois d\u00e9tach\u00e9, il   faudra profiter de l\u2019assoupissement du gardien pour ouvrir brusquement la   porti\u00e8re et sauter en marche \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un ralentissement du train.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Le   savon, je l\u2019ai dans la poche. Il y a deux difficult\u00e9s d\u2019une part ma menotte   est tr\u00e8s serr\u00e9e, et, d\u2019autre part, mon compagnon d\u2019attache n\u2019est gu\u00e8re tent\u00e9   par l\u2019aventure.      Je demande au gardien l\u2019autorisation d\u2019aller aux toilettes. Il me d\u00e9tache   sans objection. Quand je reviens \u00e0 ma place, je rattache ma menotte sous ses   yeux, en prenant bien soin de la laisser peu serr\u00e9e. A cagnarder sur le   c\u00f4t\u00e9, je fais mousser le savon avec un peu de salive. Je frotte discr\u00e8tement   mon poignet. Au premier essai, la menotte glisse le long de ma main et me   lib\u00e8re de mon compagnon.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Ce dernier me regarde avec inqui\u00e9tude, mais nous   finissons par convenir qu\u2019il jouera l\u2019innocente surprise du dormeur qui ne   s\u2019est rendu compte de rien. Il ne reste plus qu\u2019\u00e0 guetter un ralentissement   du train, car le gardien s\u2019est assoupi, comme je l\u2019esp\u00e9rais.      H\u00e9las, le convoi prend de la vitesse, 80, 90, 100 km\/h : sauter \u00e0 cette   allure me para\u00eet insens\u00e9. Puis, il ralentit \u00e0 nouveau. Je reprends espoir.   Le ralentissement devient freinage et le train s\u2019arr\u00eate en gare de Valence.   Nouveaux hurlements de S.S. : c\u2019est un contr\u00f4le.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Tous les prisonniers sont   compt\u00e9s, les menottes v\u00e9rifi\u00e9es et uniform\u00e9ment resserr\u00e9es. De moi-m\u00eame et   au grand soulagement de mon compagnon de cha\u00eene, j\u2019ai d\u00fb replacer ma menotte   avant d\u2019\u00eatre v\u00e9rifi\u00e9, et soigneusement la resserrer. Inutile de recommencer   mon savonnage.     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Arriv\u00e9 vers la fin de l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 PARIS, gare de Lyon, o\u00f9, sous les yeux   de centaines de voyageurs de banlieue, notre d\u00e9fil\u00e9 mis\u00e9rable, ne donne lieu   \u00e0 aucune sorte de compassion. Pour des civils m\u00e9fiants, nourris de   propagande nazie, notre mauvaise mine nous assimile \u00e0 ces terroristes   redout\u00e9s de tout honn\u00eate citoyen.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Pour marquer la couleur, quelques-uns   d\u2019entre nous amorcent une \u00ab Marseillaise \u00bb, qui sombre imm\u00e9diatement sous   les coups des gardiens.      Embarquement en camion, travers\u00e9e de Paris, Le Bourget, Senlis, Compi\u00e8gne.   Vers la fin de cette belle journ\u00e9e de printemps, nous sommes d\u00e9pos\u00e9s sans   nouvelles brutalit\u00e9s au camp de concentration de ROYALLIEU<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\"><strong>II. \u2014 CINQ JOURS DE VACANCES A ROYALLIEU<\/strong><\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Quel changement pour des d\u00e9tenus qui \u00e9taient depuis des mois entass\u00e9s dans   le noir \u00e0 cinq ou six par cellule.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Le camp de Royallieu, \u00e0 la sortie sud de   Compi\u00e8gne, offre de l\u2019air, de l\u2019espace et m\u00eame des distractions.      En dehors des petites corv\u00e9es journali\u00e8res, chacun peut se d\u00e9placer   librement, d\u2019une baraque \u00e0 l\u2019autre, pour bavarder, jouer au ballon, faire de   la gymnastique, assister \u00e0 des matchs de boxe amateurs, ou simplement   s\u2019allonger au soleil.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Cette colonie de vacances d\u2019un nouveau genre n\u2019\u00e9tait   qu\u2019un pi\u00e8ge.   Royallieu \u00e9tait un centre de tri et de transit d\u2019o\u00f9 partaient chaque semaine   plusieurs convois de d\u00e9portation vers l\u2019Allemagne.      Les Sybarites \u00e9taient d\u2019ailleurs troubl\u00e9s dans leur euphorie par de grosses   punaises qui infestaient les paillasses. Leurs fr\u00f4lements insidieux   d\u00e9solaient notre sommeil. Nombre de d\u00e9tenus avaient \u00ab la gale du pain \u00bb,   plus ou moins infectieuse, et contre laquelle, des infirmiers improvis\u00e9s   luttaient de fa\u00e7on radicale.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Le patient, pr\u00e9alablement \u00ab mis \u00e0 poil \u00bb, \u00e9tait   \u00ab racl\u00e9 \u00bb des pieds \u00e0 la t\u00eate avec des brosses \u00e0 chiendent ; ces boutons mis   \u00e0 vif saignaient suffisamment pour \u00e9vacuer les petits insectes, et une   g\u00e9n\u00e9reuse application de mercurochrome sur tout le corps compl\u00e9tait ce   spectacle granguignolesque. L\u2019op\u00e9ration \u00e9tait, para\u00eet-il, moins douloureuse   que spectaculaire.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Je n\u2019ai pas pu v\u00e9rifier cette affirmation.      Avec quelques volontaires, nous avions fond\u00e9 une chorale qui r\u00e9galait notre   baraquement de chants scouts alternant avec des chansons paillardes : \u00ab la   digue du cul \u00bb ou \u00ab le bal de l\u2019h\u00f4tel Dieu \u00bb succ\u00e9daient sans transition au   \u00ab vieux chalet \u00bb ou au \u00ab Montagnards \u00bb. Cette insouciante frivolit\u00e9 avait   pour arri\u00e8re-plan deux questions lancinantes : \u00ab que va-t-on faire de nous?   \u00bb, \u00ab pourra-t-on s\u2019\u00e9vader de Royallieu ou en cours de transfert vers   l\u2019Allemagne ? \u00bb    <\/p>\n<p class=\"Style29 Style28\" align=\"justify\">\n<p class=\"Style29 Style28\" align=\"justify\"><strong>III. \u2014 PREPARATIFS D\u2019\u00c9VASION<\/strong><\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">J\u2019en \u00e9tais l\u00e0 de mes r\u00e9flexions, quand je fus abord\u00e9 par un gaillard \u00e0   carrure massive, au visage large \u00e9clair\u00e9 par des yeux au regard direct, au   poil noir et \u00e0 l\u2019allure un peu raide d\u2019Eric VON STROHEIM, avec sa   mentonni\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Dans le cas de BIAGGI, \u2014 c\u2019est son nom \u2014 il ne s\u2019agit pas d\u2019une   mentonni\u00e8re mais d\u2019un corset, pour soutenir son bassin fracass\u00e9. Le 25 mai   1940, en effet, le sous-lieutenant BIAGGI, avec une pi\u00e8ce antichars et   quelques hommes r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s sur les fuyards, tenait t\u00eate \u00e0 lui tout seul \u00e0 une   attaque de blind\u00e9s allemands pr\u00e8s de la BASSEE. Il re\u00e7oit dans le ventre une   balle qui ravage les intestins et fait \u00e9clater l\u2019articulation sacro-iliaque.   L\u2019ambulance d\u2019une antenne chirurgicale l\u00e9g\u00e8re le ramasse et le transporte \u00e0   l\u2019h\u00f4pital Saint- Sauveur de Lille, o\u00f9 les chirurgiens, surcharg\u00e9s par   l\u2019afflux des bless\u00e9s, sont contraints de n\u00e9gliger les cas graves pour se   consacrer aux urgences simples et r\u00e9cup\u00e9rables (garrots et attelles par   exemple).<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Par hasard, un jeune m\u00e9decin qui connaissait BIAGGI, le rep\u00e8re,   prostr\u00e9 sur sa civi\u00e8re. Il le signale au m\u00e9decin-chef, le c\u00e9l\u00e8bre professeur   GAUDARD D\u2019ALLENES : celui-ci d\u00e9cide l\u2019op\u00e9ration imm\u00e9diate, d\u2019o\u00f9 le jeune   officier sort d\u00e9barrass\u00e9 des principales esquilles et dot\u00e9 d\u2019un anus   artificiel. Il tra\u00eene ainsi douloureusement six semaines de grabataire,   jusqu\u2019\u00e0 ce que les Allemands, qui occupent l\u2019h\u00f4pital, le lib\u00e8rent avec un   lot d\u2019\u00e9clop\u00e9s consid\u00e9r\u00e9s comme d\u00e9finitivement inaptes \u00e0 tout service   militaire.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Avec le respect d\u00fb au courage malheureux, le poste de garde de la   Wehrmacht leur pr\u00e9sente les armes, le jour du d\u00e9part. BIAGGI est \u00e9vacu\u00e9 sur   CLERMONT-FERRAND, o\u00f9 il subira, pendant un an, une trentaine d\u2019interventions   chirurgicales pour r\u00e9cup\u00e9rer, au fur et \u00e0 mesure qu\u2019elles se manifestent,   les esquilles dispers\u00e9es de son bassin \u00e9clat\u00e9.      Le voici \u00e0 peu pr\u00e8s sur pied en octobre 1941. Il rentre \u00e0 PARIS pour   continuer ses \u00e9tudes de droit. En 1942, son professeur M. LEBALLE le fait   entrer \u00e0 l\u2019O.C.M. o\u00f9 il monte, avec quelques camarades de facult\u00e9, une   fili\u00e8re d\u2019\u00e9vasion par l\u2019Espagne.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Le 13 d\u00e9cembre 1943, BIAGGI et plusieurs   autres sont arr\u00eat\u00e9s sur d\u00e9nonciation d\u2019un tra\u00eetre infiltr\u00e9 dans le r\u00e9seau.   Ce tra\u00eetre se distinguera encore au moment des combats de la lib\u00e9ration de   PARIS, en attirant dans le guet-apens du bois de Boulogne des jeunes gens   qui y furent massacr\u00e9s.      Quant \u00e0 BIAGGI, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu \u00e0 Fresnes pendant trois mois, il   avait \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 au camp de Royallieu le 19 mars 1944, o\u00f9 il pr\u00f4ne la   lutte contre les nazis. Le r\u00e9v\u00e9rend p\u00e8re RIQUET a pu dire : \u00ab Royallieu   c\u2019\u00e9tait le congr\u00e8s permanent de la R\u00e9sistance. \u00bb      Effectivement, BIAGGI retrouve des camarades de la facult\u00e9 et des compagnons   de r\u00e9seau. Il forme un petit groupe d\u2019une quinzaine d\u2019amis, d\u00e9cid\u00e9s \u00e0   s\u2019\u00e9vader au plus t\u00f4t pour rejoindre la R\u00e9sistance. Ils sont aid\u00e9s par les   trois m\u00e9decins fran\u00e7ais permanents du Camp qui veillent \u00e0 ce qu\u2019ils ne   soient pas dispers\u00e9s par les d\u00e9parts en convois vers l\u2019Allemagne.      Ils sont deux \u00e0 prendre en main les pr\u00e9paratifs d\u2019\u00e9vasion: l\u2019Abb\u00e9 LE MEUR et   BIAGGI. Chacun monte une fili\u00e8re diff\u00e9rente, afin de doubler les chances.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">L\u2019Abb\u00e9 LE MEUR, qui vient du r\u00e9seau \u00ab   LIB\u00c9RATION NORD \u00bb a pu faire   contacter, par un d\u00e9tenu alsacien, l\u2019un des S.S. de garde \u00e0 Royallieu. Ce   dernier a tr\u00e8s mauvais moral : depuis plusieurs semaines, il est sans   nouvelles de sa famille qui habite BR\u00caME alors que les bombardements massifs   des Alli\u00e9s s\u2019acharnent sur cette ville.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Elle sera an\u00e9antie par des temp\u00eates   de feu : ph\u00e9nom\u00e8ne effroyable d\u00fb au tirage de l\u2019air chaud des incendies. Ce   tirage cr\u00e9e des flammes g\u00e9antes de plusieurs dizaines de m\u00e8tres de haut.   Elles sont accompagn\u00e9es d\u2019un souffle irr\u00e9sistible vers le centre du foyer.   Il aspire p\u00eale-m\u00eale, des voitures, des autobus, et, bien entendu, des   dizaines de survivants m\u00eal\u00e9s aux sauveteurs. Le S.S. ignore ce comble   d\u2019horreur, mais il en sait assez pour \u00eatre sensible aux propositions de   l\u2019envoy\u00e9 de l\u2019abb\u00e9 LE MEUR.      Le d\u00e9tenu alsacien feint de le plaindre. Il lui d\u00e9crit le triste sort qui   attend les gardiens de Camp de concentration lorsque les Alli\u00e9s envahiront   l\u2019Allemagne.   Le S.S. accepte l\u2019issue propos\u00e9e : aider une \u00e9quipe de d\u00e9tenus \u00e0 s\u2019\u00e9vader   d\u00e9serter avec eux et, abandonnant son uniforme, se planquer en civil dans un   appartement o\u00f9 ses nouveaux \u00ab amis \u00bb le cacheront jusqu\u2019\u00e0 la Lib\u00e9ration      Pour prouver sa bonne foi, son interlocuteur lui propose de se rendre \u00e0 une   adresse \u00e0 PARIS avec un petit mot pour la femme d\u2019un d\u00e9tenu. Elle lui   remettra de l\u2019argent et un colis de ravitaillement; il pourra garder   l\u2019argent et lui rapporter le colis. Le S.S. accepte de faire cet essai et   s\u2019en trouve fort bien, car cette premi\u00e8re mission lui rapporte cinq mille   francs<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Il r\u00e9cidive sur instruction de LE MEUR quelques jours plus tard; le nouveau   colis contient cette fois une scie \u00e0 m\u00e9taux dans une baguette de pain.      De son c\u00f4t\u00e9, BIA s\u2019est entendu avec un homme de confiance des S.S. c\u2019est un   d\u00e9tenu fran\u00e7ais charg\u00e9 de r\u00e9ceptionner les colis et de les distribuer \u00e0   leurs destinataires. Il accepte d\u2019\u00e9tablir une liaison avec l\u2019ext\u00e9rieur, par   le jeu des retours d\u2019emballages.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Par ce canal, BIAGGI constitue un petit   outillage utile (scies \u00e0 m\u00e9taux, tournevis).      En r\u00e9unissant leurs moyens, LE MEUR et BIAGGI se trouvent, au d\u00e9but de juin   1944, \u00e0 la t\u00eate de trois scies \u00e0 m\u00e9taux. Ils d\u00e9cident alors de tenter \u00ab la   belle \u00bb au prochain convoi, qui, d\u2019apr\u00e8s le SS, doit vider presque   compl\u00e8tement le camp.     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">A remarquer que, lorsque BIAGGI m\u2019a abord\u00e9 pour la premi\u00e8re fois, j\u2019ignorais   tout de ces projets. Il s\u2019\u00e9tait renseign\u00e9 il savait que j\u2019\u00e9tais un   authentique officier d\u2019active, artilleur et candidat \u00e0 l\u2019\u00e9vasion. Lui se   pr\u00e9senta comme un officier de r\u00e9serve, cavalier et r\u00e9sistant.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Il me propose   de me joindre au groupe qu\u2019il a form\u00e9, en vue de nous \u00e9chapper du train qui   doit nous d\u00e9porter prochainement en Allemagne. Avec les scies \u00e0 m\u00e9taux, on   sciera dans la nuit le p\u00eane de la porte coulissante du wagon et on sautera   du train en marche.      Naturellement, \u00e7a m\u2019int\u00e9ressait.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Mais qui est-il? Le premier jour nous   avions \u00e9chang\u00e9 quelques propos sur nos relations respectives dans l\u2019arm\u00e9e.   Chose surprenante, car les officiers se reconnaissent plus ou moins entre   eux.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Nous n\u2019avons pu \u00e9tablir aucun rep\u00e8re commun, ce qui me laissa songeur.   Nous nous quitt\u00e2mes sur de bonnes paroles, nous promettant de nous revoir le   lendemain.     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Si c\u2019\u00e9tait un provocateur?      Je confie ma perplexit\u00e9 \u00e0 un camarade et nous d\u00e9cidons d\u2019en parler \u00e0 l\u2019abb\u00e9   LE MEUR. Tout le camp le conna\u00eet et le respecte. On ne pouvait mieux tomber.   Il nous engage vivement \u00e0 participer \u00e0 la tentative d\u2019\u00e9vasion collective \u00ab   mont\u00e9e par BIAGGI \u00bb.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Comme il se doit, notre eccl\u00e9siastique se garde de   r\u00e9v\u00e9ler tous les d\u00e9tails. Il se contente de m\u2019indiquer que le projet est   s\u00e9rieux, que l\u2019\u00e9quipe des candidats \u00e0 l\u2019\u00e9vasion est form\u00e9e et que lui-m\u00eame   en fait partie.     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Plein d\u2019espoir, je pr\u00e9viens aussit\u00f4t quelques camarades Philippe, Marchal et   les deux radios, Cordogli et Bertrand. Ils sont volontaires pour ce saut   dans, l\u2019inconnu.     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Nous n\u2019avons gu\u00e8re le temps d\u2019approfondir la question. D\u00e8s le lendemain, un   pointage g\u00e9n\u00e9ral du camp s\u00e9lectionne environ deux mille d\u00e9tenus pour le   convoi qui partira de COMPI\u00c8GNE le 14 juin 1944.       Quand je me pr\u00e9sente devant le prisonnier, qui tient le registre   d\u2019inscription des partants, je vois que de nombreux noms, dont le mien,   portent la mention N.N. Qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire? Le prisonnier hausse les   \u00e9paules avec indiff\u00e9rence.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, nous apprendrons que \u00ab Nacht   und Nebel \u00bb signifie l\u2019extermination en Allemagne, sans donner des nouvelles   et sans laisser de traces.     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Le 4 juin 1944, jour du d\u00e9part, nous sommes r\u00e9veill\u00e9s \u00e0 l\u2019aube. On nous rend   nos valises et la plupart des objets confisqu\u00e9s \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e. Une \u00e9paisse   colonne par rangs de six se forme dans la cour. C\u2019est alors un jeu vital   pour nous de glisser \u00e0 travers les rangs, malgr\u00e9 les r\u00e9criminations des   autres tenus et les hurlements des S.S., pour coller \u00e0 BIAGGI et monter dans   le m\u00eame wagon que lui.              <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">\n<p class=\"Style29 Style28\" align=\"justify\"><strong>IV. \u2014 LE TRAIN DES DEPORTES      <\/strong><\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Les candidats \u00e0 l\u2019\u00e9vasion \u00e9taient nombreux. Ce n\u2019est pas sans inqui\u00e9tude   pour le secret de l\u2019op\u00e9ration que nous les voyions, par dizaines se presser   autour de nous.      A la gare de COMPI\u00c8GNE, une file de S.S. assez dense fait face \u00e0   l\u2019alignement des wagons de marchandises. Nous sommes pouss\u00e9s violemment \u00e0   coups de gourdins dans chacun d\u2019eux. Au fur et \u00e0 mesure qu\u2019il se remplit,   les S.S. y entassent de nouveaux d\u00e9tenus.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Nous voici serr\u00e9s, debout, les uns   contre les autres. Avant de fermer la porte \u00e0 glissi\u00e8re, un jeune S.S. vient   nous haranguer dans le meilleur fran\u00e7ais : \u00ab Ceux qui ont des couteaux ou   des outils quelconques, doivent les remettre imm\u00e9diatement; sinon, ils   seront s\u00e9v\u00e8rement punis. Vous serez fouill\u00e9s \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Il y a, dans   chaque convoi des \u201c cons \u201c qui se croient plus forts que les autres. Ils   cherchent \u00e0 s\u2019\u00e9vader et sont toujours repris. Au dernier convoi, il y en a   eu quatre qui ont \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9s. \u00bb      Apr\u00e8s cet expos\u00e9 limpide, il nous fait distribuer un casse-cro\u00fbte (pain,   fromage, saucisson) et ferme la porte avec fracas.     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">BIAGGI rel\u00e8ve aussit\u00f4t \u00ab le moral des troupes \u00bb \u00ab Vous avez entendu le SS :   que pouvait-il dire d\u2019autre? en r\u00e9alit\u00e9, au dernier convoi, ceux qui ont   b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019organisation d\u2019\u00e9vasion que nous avions constitu\u00e9e \u00e0 Royallieu,   s\u2019en sont tir\u00e9s admirablement. Ce sont eux qui nous ont fait parvenir les   scies \u00e0 m\u00e9taux que nous avons avec nous.      Celles-ci sortent alors de leur cachette l\u2019une a remplac\u00e9 une baleine du   corset orthop\u00e9dique de BIAGGI, l\u2019autre a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e dans une semelle de   soulier, la troisi\u00e8me pr\u00e9alablement entour\u00e9e de sparadrap \u00e9tait log\u00e9e dans   l\u2019anus du porteur.     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Le train s\u2019est mis en marche; il fait horriblement chaud dans l\u2019atmosph\u00e8re   confin\u00e9e du wagon. Sur ordre de l\u2019abb\u00e9 LE MEUR, on essaie de se caser en   deux bord\u00e9es, la moiti\u00e9 d\u2019entre nous assis sur le plancher, l\u2019autre moiti\u00e9   debout. L\u2019espace manque. Finalement, tout le monde doit se tenir debout   comprim\u00e9 par les voisins.     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">L\u2019a\u00e9ration devient vite insuffisante; elle provient de petites lucarnes en   bout du wagon. Mais surtout, les besoins naturels se manifestent rapidement   pour une centaine de personnes, nous ne disposons que d\u2019une bo\u00eete de fer   blanc \u00e0 laquelle il est bien difficile d\u2019acc\u00e9der \u00e0 travers cette foule   compacte. La bo\u00eete est bient\u00f4t pleine; il faut alors se r\u00e9soudre \u00e0 tout   faire en dessous de soi.      Nous pataugeons dans l\u2019ordure et la puanteur !<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Dans un coin, un petit   vieillard s\u2019est effondr\u00e9. Il d\u00e9lire en injuriant ses voisins.      Pas d\u2019eau \u00e0 boire. Aux arr\u00eats, quelques employ\u00e9s compatissants de la   S.N.C.F. nous jettent des seaux d\u2019eau \u00e0 la vol\u00e9e, \u00e0 travers les lucarnes.   C\u2019est une bataille pour acc\u00e9der \u00e0 ces quelques gouttes et l\u2019abb\u00e9 LE MEUR a   fort \u00e0 faire pour \u00e9tablir une maigre distribution au milieu des cris, des   jurons, de la sueur et de la poussi\u00e8re.      Le petit vieillard de soixante-dix-sept ans a \u00e9t\u00e9 pris comme otage \u00e0 la   place de ses petits-fils r\u00e9fractaires au S.T.O. A la fin d\u2019une journ\u00e9e   \u00e9puisante, il s\u2019affale sur le c\u00f4t\u00e9. Il mourra le soir m\u00eame.      Notre convoi durant ces heures interminables a roul\u00e9 lentement, s\u2019est arr\u00eat\u00e9   \u00e0 plusieurs reprises. Il a effectu\u00e9 des manoeuvres diverses, en avant, en   arri\u00e8re. Il a stationn\u00e9 pendant de longs moments en plein soleil.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Nous n\u2019avons aucune id\u00e9e de l\u2019endroit o\u00f9 nous sommes, lorsque vers minuit,   BIAGGI veut organiser l\u2019\u00e9vasion proprement dite.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Auparavant, il lui faut \u00ab   m\u00e2ter \u00bb une mutinerie. Le wagon n\u2019est pas uniquement peupl\u00e9 de candidats \u00e0   l\u2019\u00e9vasion. Il comporte deux parties \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9gales, l\u2019une form\u00e9e de   r\u00e9sistants pr\u00eats \u00e0 tout pour s\u2019\u00e9vader, l\u2019autre d\u2019une horde de malfaisants,   voleurs, maquereaux, faux policiers, pilleurs de Juifs et racaille en tout   genre, sans compter des otages inconsolables.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Tout ce monde est fort peu   dispos\u00e9 \u00e0 subir des repr\u00e9sailles quand nous aurons disparu \u00ab dans la nature   \u00bb.      Ils clament qu\u2019ils ne nous laisseront pas faire, qu\u2019au prochain arr\u00eat, ils   alerteront les S.S. Cet \u00ab os \u00bb impr\u00e9vu cr\u00e9e un flottement. BIAGGI pourtant   domine la situation. Il se faufile tant bien que mal au milieu de notre   foule et \u00ab s\u2019engueule \u00bb violemment avec les \u00ab rebelles \u00bb ; puis il revient   vers nous et nous dit \u00ab On va leur faire le coup de la pouss\u00e9e. \u00bb En effet,   notre \u00ab bloc \u00bb serr\u00e9 et d\u00e9termin\u00e9 \u00ab pousse \u00bb brutalement contre \u00ab les   salopards \u00bb, qui, au bord de l\u2019\u00e9touffement crient gr\u00e2ce et jurent qu\u2019ils   vont \u00ab la boucler \u00bb. Effectivement, ils se tiendront cois.<\/p>\n<p class=\"Style29 Style28\" align=\"justify\">\n<p class=\"Style29 Style28\" align=\"justify\"><strong>V. \u2014 L\u2019\u00c9VASION      <\/strong><\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">C\u2019est alors un m\u00e9canicien auto, MARTIN, qui manoeuvre la scie \u00e0 m\u00e9taux. Nous   en avions trois, heureusement, car l\u2019une s\u2019est cass\u00e9e, l\u2019autre est tomb\u00e9e   entre les rails, seule la troisi\u00e8me a fait le travail il s\u2019agit de scier la   targette en acier qui ferme la porte \u00e0 glissi\u00e8re; la scie est tenue du bout   des doigts. Il fait chaud, la sueur la fait glisser. Le travail est p\u00e9nible;   enfin, vers trois heures du matin, la targette est rompue.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">MARTIN pousse   l\u00e9g\u00e8rement la porte qui glisse sans effort.      L\u2019air pur et un rayon de lune p\u00e9n\u00e8trent sur notre foule mis\u00e9rablement   tass\u00e9e.      Il s\u2019agit maintenant de fixer l\u2019ordre des sauts. L\u2019abb\u00e9 LE MEUR fait office   d\u2019Agence Cook, la liste est d\u00e9licate \u00e0 dresser. Les premiers partants   prennent le risque de l\u2019innovation, les autres n\u2019auront plus qu\u2019\u00e0 copier.      Qui s\u2019apercevra le premier de notre fuite? La sentinelle post\u00e9e dans la   cabine du serre-frein, sur le toit du wagon ou l\u2019un des S.S. qui remplissent   le wagon de voyageurs, en queue du train? Il y a en outre, une plateforme,   avec mitrailleuse pour \u00ab fermer \u00bb le convoi.      L\u2019anciennet\u00e9 et l\u2019activit\u00e9 dans le \u00ab complot \u00bb finissent par d\u00e9terminer les   priorit\u00e9s. Il y a soixante volontaires, car, finalement, une dizaine   d\u2019opposants \u00e0 l\u2019\u00e9vasion se sont ralli\u00e9s en voyant la porte s\u2019ouvrir vers la   Libert\u00e9.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Nous sommes r\u00e9partis en une quinzaine de groupes de quatre, afin   d\u2019\u00eatre moins rep\u00e9rable qu\u2019une grande bande, mais aussi afin d\u2019\u00eatre   suffisamment nombreux pour secourir les bless\u00e9s. Le saut s\u2019effectuera \u00e0 une   vitesse moyenne, entre 60 et 70 km\/h. C\u2019est dangereux!     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">\u00c9levant la voix, BIAGGI nous explique la technique \u00ab Tu commences par te   couvrir le plus possible (manteau, pull-over) pour te matelasser contre le   choc. Il faut surtout t\u2019enturbanner la t\u00eate, le mieux possible, pour te   prot\u00e9ger contre une fracture du cr\u00e2ne. Tu t\u2019allonges ensuite sur le marche   pied qui court le long du wagon la t\u00eate tourn\u00e9e vers l\u2019arri\u00e8re du train. \u00bb   En somme, on va partir les pieds en avant \u00bb a murmur\u00e9 un humoriste.   \u00ab Tu te mets sur le flanc droit, la poitrine face \u00e0 la paroi du wagon. Tu   pousses violemment sur les mains et les genoux pour ne pas rouler sous le   wagon. Tu tombes sur le cul et tu es redress\u00e9 par la vitesse qui te remet   sur tes pieds \u00bb\u2026 C\u2019est tout simple.     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Nous l\u2019\u00e9coutons avec respect et appr\u00e9hension, la m\u00eame appr\u00e9hension que celle   du para qui se lance dans le vide pour la premi\u00e8re fois.      Par la porti\u00e8re \u00e0 demi entrouverte, nous voyons d\u00e9filer le ballast \u00e0 une   allure peu attrayante.   BIAGGI, d\u00e9sinvolte, ranime les coeurs ti\u00e8des : \u00ab C\u2019est pas sorcier, c\u2019est ce   que font, tous les dimanches soir, bon nombre de Saint-Cyriens revenant de   permission. Ils sont si bien entra\u00een\u00e9s que, lorsque le train passe en gare   de Saint-Cyr sans s\u2019arr\u00eater, ils sont une dizaine \u00e0 sauter. Ils n\u2019ab\u00eement   m\u00eame pas leur capote d\u2019uniforme. De toute fa\u00e7on, le premier groupe va sauter   et vous n\u2019aurez qu\u2019\u00e0 faire comme nous. \u00bb     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">L\u2019ordre est donn\u00e9 par l\u2019abb\u00e9 LE MEUR   \u2014 \u00ab Groupe n\u00b0 1, rapprochez-vous de la porte! \u00bb   \u2014 \u00ab Groupe n\u00b0 2, pr\u00e9parez-vous!   \u2014 \u00ab Capitaine MORANGE, voici la liste. Vous veillerez \u00e0 l\u2019ordre jusqu\u2019\u00e0   votre tour! \u00bb      Le groupe n\u00b0 1 est form\u00e9 de MARTIN, BIAGGI et de l\u2019abb\u00e9 LE MEUR.     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">MARTIN saute le premier. Il saute mal : il saute debout, oubliant les   consignes de BIAGGI. Fauch\u00e9 par la vitesse il tombe la t\u00eate en avant sur le   ballast et reste immobile.      Mauvaise impression g\u00e9n\u00e9rale. L\u2019abb\u00e9 Le MEUR enl\u00e8ve sa soutane et la \u00ab   baluchonne \u00bb autour de sa t\u00eate. Il se couche sur le marchepied comme   indiqu\u00e9, se tourne une derni\u00e8re fois vers nous et cabriole sur le sol   pendant quelques m\u00e8tres, puis reste immobile. Est-il \u00e9vanoui?     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">BIAGGI se pr\u00e9sente alors, ex\u00e9cute impeccablement la manoeuvre. Il roule   lourdement sur le sol et reste recroquevill\u00e9, les genoux au ventre.   Cependant les observateurs notent avec soulagement que les trois chutes   n\u2019ont fait que peu de bruit couvertes par le roulement du train. Les S.S.   n\u2019ont pas tir\u00e9.   Les sauts se succ\u00e8dent alors \u00e0 cadence \u00e0 peu pr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8re toutes les 30   secondes, soit tous les 500 m\u00e8tres, si nous \u00e9valuons bien la vitesse \u00e0 60   km\/h.      Mais voici que le train ralentit. Il entre dans la gare de CHALONS-SUR-MARNE. La porte est referm\u00e9e avec pr\u00e9caution.<\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Les S.S. n\u2019inspectent le train   qu\u2019avec n\u00e9gligence, \u00e0 moiti\u00e9 endormis. Il est trois heures du matin et ils   ne d\u00e9couvrent rien.      Lorsque le train repart, nous constatons qu\u2019une vingtaine de prisonniers se   sont d\u00e9j\u00e0 \u00e9vad\u00e9s. Il y a un peu plus d\u2019espace dans le wagon.      Les sauts reprennent sans ardeur. Ils finissent par se bloquer devant le   refus de quelques-uns, impressionn\u00e9s par l\u2019immobilit\u00e9 qui fige chaque \u00e9vad\u00e9   d\u00e8s qu\u2019il a termin\u00e9 sa culbute d\u2019atterrissage.     <\/p>\n<p class=\"Style28 Style29\" align=\"justify\">Pour relancer le rythme, je r\u00e9p\u00e8te les recommandations de BIAGGI sans autre   r\u00e9sultat que de m\u2019entendre crier : \u00ab Eh bien, vas-y donc, connard. \u00bb      Me voil\u00e0 moniteur d\u2019un saut que je n\u2019ai jamais pratiqu\u00e9. Il n\u2019y a pas de   temps \u00e0 perdre en parlottes. Le jour va se lever. J\u2019ai pu m\u2019emmitoufler dans   un chandail \u00e9pais. J\u2019ai enfil\u00e9 mon pardessus d\u2019hiver. Autour de la t\u00eate,   j\u2019ai enroul\u00e9 un autre chandail.La technique BIAGGI fait merveille. Apr\u00e8s un   formidable coup de pied au cul, suivi d\u2019une cabriole assez longue, je me   retrouve \u00e0 plat ventre, face contre terre, tandis que le train d\u00e9file \u00e0 mes   c\u00f4t\u00e9s. Tacata\u2026 tacata\u2026 Son rythme s\u2019\u00e9loigne et la plateforme avec   mitrailleuse tant redout\u00e9e dispara\u00eet dans un tournant.      Je comprends alors cette immobilit\u00e9 qui inqui\u00e9tait ceux qui allaient partir   : elle \u00e9tait une r\u00e9action instinctive et salutaire pour ne pas attirer   l\u2019attention d\u2019un S.S. moins somnolent que les autres.      L\u2019inspection d\u00e9montre que je n\u2019ai pas une \u00e9gratignure; seul mon pantalon est   d\u00e9chir\u00e9. Quelle merveille de se sentir libre dans cette belle nature. Il est   4 heures, c\u2019est le 5 juin 1944.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"https:\/\/aassdn.org\/amicale\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2446?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" data-src=\"https:\/\/aassdn.org\/amicale\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" class=\"lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 32px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 32\/32;\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/aassdn.org\/amicale\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2446?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vous chercherez \u00e0 vous \u00e9vader, j\u2019y veillerai et vous ne vous \u00e9vaderez pas! \u00bb\u2026 Ainsi DUNKER-DELAGE du S.I.P.O.-S.D. de MARSEILLE pr\u00e9venait notre camarade MORANGE, chef du poste T.R.115 (GLA\u00cfEUL) qu\u2019il avait arr\u00eat\u00e9 le 11 d\u00e9cembre 1943, gr\u00e2ce \u00e0 la trahison d\u2019un important membre du groupe \u00ab COMBAT \u00bb, Jean MULTON alias LUNEL. 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