Le général Georges Grillot, Grand-Croix de la Légion d’Honneur et titulaire de la Médaille militaire, est décédé en 2024, le jour de ses 98 ans. Sa carrière exemplaire s’est notamment distinguée par la création du Commando Georges en Algérie, ses actions au sein de la DGSE, et son dévouement continu envers les harkis et diverses œuvres caritatives jusqu’à la fin de sa vie.

Sous-officier à Cherchell en 1947, gravement blessé au combat en Indochine, Georges Grillot entre à l’école militaire Interarmes (EMIA) en 1953, médaillé militaire et titulaire de cinq citations dont deux à l’ordre de l’Armée.

A la sortie de l’Ecole d’application de l’arme blindée cavalerie en 1955, il est affecté en Algérie au 3e RPIMA sous les ordres du Lieutenant-colonel Bigeard et crée alors le célèbre « Commando Georges », composé uniquement de harkis (combattants Nord Africains). Le commando « Georges » s’illustra pendant 3 ans dans des opérations périlleuses particulièrement réussies, s’attirant l’estime et la reconnaissance de tous grâce à sa devise  « Chasser la misère ». Son but était de ramener la paix au plus tôt. A son apogée, il atteint 259 personnes. 30 perdront la vie lors des combats de 1959 à 1962.

Le Lieutenant Georges Grillot poursuivra une brillante carrière militaire. Chef du service « action « de la DGSE, lieutenant-colonel, il commanda en second, en 1973, le 12e régiment de cuirassiers en Allemagne (Dauphin Cavalerie) où j’eus l’honneur de servir sous ses ordres puis fut chef de corps du 3e régiment de hussards.  Il termina sa carrière, général de brigade, Grand-Croix de La Légion d’Honneur, médaille militaire, titulaire de cinq blessures et 18 citations. Tous ses subordonnés conservent le souvenir de son panache et de son courage, son esprit non conventionnel, sa capacité de conviction, de décision et d’audace. Un chef apprécié par ses hommes. Pensionnaire de l’Institution Nationale des Invalides, il supporta vaillamment les dures années de fin de vie.

Le général Grillot, en 2e section, consacra son énergie :

  • à la commune de Vauclaix dans la Nièvre dont il fut maire.
  • à l’association « Souvenir du commando Georges » dont le but est de soutenir les harkis.
  • à l’œuvre « Une lumière au Levant » au service de la francophonie au Liban en distribuant du matériel pédagogique et des livres en français dans les écoles de toutes confessions.
  • à sa paroisse du 16e arrondissement.

Toujours attentif au sort des harkis, il développa une intense action en leur faveur, notamment pour leur reconversion. Ses efforts furent couronnés de succès le 25 septembre 2001 lorsque le président de la République, Jacques Chirac, institua la « journée Nationale des Harkis » et reconnu la responsabilité de la France dans leur abandon, sur place, après l’indépendance de l’Algérie. 70 000 furent assassinés !!

Le général Grillot est l’auteur du fameux ouvrage :
«  Mourir pour la France » éditions économica (ISBN 2-7178-3787-6).

Qu’il repose dans la paix du Seigneur au milieu de ces chers harkis !

Par : CES (h) René Jeannin-Naltet
Délégué régional de l’AASSDN

Le commando Georges

Créé en 1959 à Saïda (Algérie) par le lieutenant Georges GRILLOT, sous les ordres du Lieutenant-Colonel BIGEARD, le commando Georges est composé uniquement de harkis (combattants Nord Africains). A son apogée, fort de 259 personnes, il se spécialisa dans la contre-insurection en retournant les membres du FLN qu’il avait pu faire prisonniers. Le Commando « Georges » s’illustra pendant 3 ans dans des opérations périlleuses particulièrement réussies, s’attirant l’estime et la reconnaissance de tous grâce à sa devise « Chasser la misère ». (cf.écusson). Son but était de ramener au plus tôt la paix.

En 1962, après l’indépendance, tous les commandos restés volontairement en Algérie, seront assassinés !! Seuls 34 viendront en France dont le Lieutenant Youssef Ben Brahim qui, lui, sera assassiné en Dordogne le 27 juillet 1968.

La promotion de juin 2010 de l’Ecole d’Application de l’Infanterie à Montpellier porte le nom « Lieutenant Youssef Ben Brahim « ainsi qu’une salle de formation de l’école à Draguignan.

On ne peut, sans émotion, relire l’ordre du jour n° 3 du colonel commandant le secteur de SAÏDA, 13e division d’Infanterie et Z.SO :

« Créé par un acte de foi, bâti sur la confiance, cimenté par l’idéal d’une France et d’une Algérie unies dans la fraternité, le commando Georges disparaît aujourd’hui, n’ayant plus sa place dans un climat ou la haine et le désespoir l’emportent.

Symbole vivant, il a, par de lourds sacrifices des meilleurs des siens, payé sa fidélité inébranlable à la ligne de conduite tracée par son fondateur le colonel Bigeard. Son nom demeurera parmi les combattants d’Algérie, uni à son chef, le capitaine Grillot, comme un rare exemple de vaillance et un témoignage éclatant de la générosité dans le don et le pardon.

Un jour viendra où sa devise s’imposera après l’épreuve, et où Français et Algériens se retrouveront unis pourChasser la misère

Le colonel MAIRE, commandant le secteur de SAÏDA ; 28 avril 1962.

A lire :

  • « Commando Georges « par le Général R.GAGET ; éditions Jacques Grancher (juin 1990)
  • « Mourir pour la France «  par le Général Georges Grillot ; éditions économica (janvier 1999)
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