Equipement : Réarmement européen sous influence américaine

L’Europe a commandé pour 184 milliards de $ d’armes américaines depuis 2022,
comment les a-t-elle financées ?

La Defense Security Cooperation Agency (DSCA) fait partie du ministère de la Guerre américain et publie les autorisations d’exportations d’armes. Les dates d’agrément des ventes diffèrent parfois significativement de celles de décaissement des fonds et de livraison des marchandises. La première représente néanmoins un indicateur avancé. L’accent fut mis sur l’insuffisance des dépenses européennes d’armement dès le premier mandat du président Trump.

Les pays européens (Royaume-Uni compris) n’en avaient acheté que 8 milliards par an aux États-Unis en 2017 et 2018. Le sommet de l’OTAN en 2018 entraîna un changement de comportement. De 2019 à 2021, les importations européennes doublèrent, passant à 15 milliards par an. Sur les 60 milliards de ventes américaines entre 2017 et 2021, le Royaume-Uni représentait le premier client (23 %), suivi par l’Italie (14 %), la Norvège (7 %), l’Allemagne et la Suède (5 %).

Les pays européens commandèrent massivement de l’équipement dès les prémices d’une possible opération militaire russe, fin 2021. Leurs intentions d’achat ne firent que croître avec le développement du conflit russo-ukrainien. Entre novembre 2021 et janvier 2026, la DSCA a autorisé pas moins de 184 mil
liards de dollars de ventes à l’Europe, une hausse de plus de 340 %. À titre de comparaison, les exportations d’armes russes dans le monde entier ont représenté 27 milliards sur la même période. Les commandes européennes n’étaient pas toutes liées à l’Ukraine puisqu’elles comprenaient par exemple des frégates pour la Grèce (9,4 milliards) ou des catapultes électromagnétiques pour le futur porte-avions français (1,32 milliard). Une partie des importations européennes a pu être donnée à liards d’achats directs ukrainiens ne comptabilisent pas les donations américaines enregistrées dans un autre circuit. Depuis le mois de juillet 2025, les États-Unis ont autorisé principalement la fourniture de services de maintenance à l’Ukraine, à hauteur de 1,2 milliard de dollars.

Sur les 184 milliards d’armes acquises par les Européens, 38,4 correspondent à de nouveaux avions ou à la mise à jour de flottes existantes de F-35 (24,5 pour l’Allemagne, la Grèce, la Pologne et la République tchèque), F-16 (10,3 en Bulgarie, Belgique, Turquie, Roumanie, Pologne et Ukraine) et Orion (1,8 pour le Danemark). La Pologne (9,75) et la Roumanie (2,5) se sont procuré le matériel lourd (chars Abrams). 28,3 milliards ont été investis dans des hélicoptères par la Pologne, l’Allemagne, la Norvège et la Grèce. Les achats de missiles et des systèmes associés ont atteint 77 milliards (28 de Patriot ; 14,2 d’AMRAAM ; 12,9 de HIMARS ; 12,8 de missiles divers (Tomahawk, Hellfire, Jagm, Stinger) ; 2,5 d’AARGM-Ers ; 3 d’AGM 158B ; 2 de Javelin et 1,6 de Sidewinder). Les États-Unis ont aussi vendu 28,5 milliards de matériels variés. Les principaux bénéficiaires de ces contrats sont les fabricants Lockheed Martin (49 milliards), et Raytheon (24 milliards) et des partenariats entre ces deux sociétés (38 milliards).

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Jean-Sébastien FEGER
Economiste.
Auteur de « la divergence T2 » sur les politiques monétaires
et les déséquilibres des soldes Target 2 dans la zone euro.

Revue Services Spéciaux de l’AASSDN – n°274 – Mars 2026

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