Memorial – biographie de François, Louis, Gustave, Basile DORE

Né le 14 juin 1919  à  Ancey la Plaine (Manche) de François Doré  et de  Marie Wasselin Célibataire Profession: agent du Génie rural Décédé le 13 aôut 1946 à Pontorson (Manche) des suites de la déportation 

Réseau: Marco du S.R. Kléber/ Agent P2

François Doré était agent technique du Génie rural. Titulaire du brevet élémentaire, il avait devancé l’appel en 1937. Incorporé dans l’infanterie, il fit, en 1939-1940, la campagne de Belgique et la campagne de France.

En juillet 1942, il entre dans le réseau Marco du S.R. Kléber, d’abord comme agent P1 régional, puis P2 à partir du 1er novembre 1943. D’après une attestation du commandant Lochard, son rôle consiste à fournir des faux papiers et des renseignements militaires.

Il est arrêté, sur dénonciation, le 20 avril 1944, au bureau du Génie rural de Saint Lô, pour le motif officiel suivant: falsification d’identité et fait de n’avoir pas répondu à un ordre de réquisition.

Il est interné successivement à Saint Lô, à Avranches, de nouveau à Saint Lô et à Fresnes. Déporté à Karlsruhe, à Freungesheim et à Wolfenbuttel, il est rapatrié le 11 avril (ou le 6 mai) 1945, mais la dureté des mauvais traitements subis ne lui permettent pas de restaurer son état de santé et il meurt le 13 août 1946 au lieu dit “La Chaussée” à Pontorson.

François Doré a été déclaré “Mort pour la France”.

 

Références: archives du Bureau “Résistance”.




Memorial – biographie de Eugénie DJENDI Alias JENNY, JIMMY, Jacqueline DUBREUIL

Née en 1918  à Bône (Algérie) de Salah ben Chefrai Djendi Fallah  et de  Antoinette Silvani Célibataire Décédée le 18 janvier 1945  à  Ravensbrück

Réseaux:  I.T.G., F.F.C., F.F.L., B.C.R.A.,  S.S.M.F./T.R.Agent P2

Eugénie Djendi s’engage à vingt-quatre ans dans les Transmissions après le débarquement des Anglo-Américains du 8 novembre 1942 au Maroc et en Algérie où elle habite, chez ses parents, à Bône dont elle est originaire. Elle fait alors partie de celles qu’on surnomme les Merlinettes, du nom du chef des Transmissions, le général Merlin. Un centre d’entraînement est installé à Staouëli, près d’Alger.

Paul Paillole, commandant le 2e Bureau d’Alger, dit Mireille Hui (qui fut des Merlinettes), contacte le général Merlin pour recruter des spécialistes radio.

Avec Marie-Louise Cloarec, Suzanne Mertzizen et Pierrette Louin, Eugénie Djendi est volontaire. Recevant les jeunes femmes, Paul Paillole ne leur cache pas l’extrême danger des missions à effectuer, mais elles persistent dans leur engagement.

En janvier 1944, elles sont dirigées vers le Bureau Central de Renseignement et d’Action  d’Alger (B.C.R.A.A.) puis à Londres (B.C.R.A.L.) pour suivre des stages d’instruction d’opératrices radio. Mireille Hui dit que ce stage dure deux mois. Il a lieu en Grande-Bretagne, à Saint Albans et à Ringway, près de Manchester. Le programme: renseignement, topographie, identification des effectifs et matériels ennemis, repérage des objectifs à bombarder, sport de combat, séances de tir, maniement des explosifs, conduite et mécanique auto et moto, parachutisme, transmissions (émettre de France plus de trente minutes sans changer de longueur d’onde ou de lieu est suicidaire).

Eugénie Djendi est incorporée à la mission Berlin, qui doit opérer dans la région parisienne. Elle est parachutée (avec la mission Libellule) dans la région de Sully-sur-Loire le 7 avril 1944. Elle établit alors la liaison avec Alger et Londres.

Arrêtée le 9 avril porteuse de tout son matériel radio, elle est interrogée avenue Foch et enfermée 1bis place des États-Unis.

Georges Pinchenier (alias Lt Lafitte), parachuté et arrêté avec ses deux radios, Jenny Djendi et Marcel Leblond, écrira en octobre 1945 au père de Pierrette Loin: “Transféré avenue Foch à Paris, où je suis resté jusqu’au 27 avril, jour de l’arrestation de Pierrette et de Marie-Louise (Cloarec*), j’ai été ce jour-là interné place des Etats-Unis avec mon radio, mais sans nouvelles de Jenny.

Peu de jours après, car les choses se savent vite en prison, j’acquis la certitude que Marie-Louise et son amie Suzy Mertzisen se trouvaient au dessus de moi, mais je ne pus leur faire connaître ma présence faute d’arriver à entrer directement en communication.

Enfin, le 15 mai, mes deux voisines de cellule disparurent et furent remplacées par Pierrette et Jenny. Pierrette était ce jour-là d’un moral remarquabl




Memorial – biographie de Louis PROTON Alias LE LAGOUAROUX

Né le 25 janvier 1908  à  Tassin-la-Demi-Lune (69) de Claude, Antoine Proton  et de  Blanche, Henriette, Marie Berliet Epouse:  Denise, Marie, Jeanne Lambert Profession: officier d’active puis ingénieur Décédé le 23 novembre 1944  à Kehl

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., Alliance Agent P2

 

Louis Proton, dont le père était doreur, avait obtenu le Certificat d’études supérieures de physique industrielle de la Faculté des Sciences de Lyon et parlait couramment l’anglais et l’espagnol.

Incorporé dans l’armée en novembre 1928, il fit l’École militaire d’artillerie de Poitiers en 1929.  Libéré en mars 1930, sous-lieutenant de réserve, il accomplira par la suite deux périodes militaires (en 1931 et 1934), promu lieutenant entre temps. En 1938, il fit un stage à l’École d’application d’artillerie de Fontainebleau et fut admis en 1939 dans l’armée active. Il reçut cette année là des félicitations du général Doumenc, commandant supérieur des Forces terrestres et aériennes, “pour l’appareil qu’il a réalisé permettant à des unités d’artillerie non spécialisées d’effectuer des déterminations précises et rapides de routes d’avions par l’utilisation des données d’un appareil de conduite de tir voisin”.

En août 1940, il fut affecté au régiment d’artillerie de la 16e Région, à Castres, et au Service du matériel en décembre 1940.

Mis en congé d’armistice en mars 1942, avec le grade de capitaine, il est ingénieur à la Centrale Lyonnaise, quand il entre, en juillet, dans la Résistance. Il est au B.M.A. 17 de Toulouse et, à partir de septembre 1942, dirige le T.R. 117 de Toulouse, jusqu’en février 1943.

Dans le Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°106, Paul Paillole écrit: “Il était droit, dévoué et travailleur. Ses idées étaient nettes et saines. Un regard très bon derrière de grosses lunettes.

Un matin de fin novembre 1942, il m’avait donné la mesure de son sang-froid. Tandis que nous bavardions près de la fenêtre de son bureau et que le pauvre Michel Reynard s’affairait autour d’un poste radio émetteur récepteur compliqué, une Citroën noire de la Gestapo s’était installée avec des appareils radiognoniométriques devant notre porte. Calme, Proton faisait partir Reynard et sa femme, mettait dans sa poche les documents et les objets les plus compromettants, et filait…à l’anglaise.

A quelques jours de là je le revis toujours maître de lui, appliqué et sérieux. J’orientai sa mission principale vers l’Espagne et les liaisons avec l’A.F.N. Il prenait les contacts qu’il fallait avec tact et prudence, s’assurait facilement les concours nécessaires, car il donnait l’exemple du courage et du désintéressement. Malgré la présence de l’ennemi aux Pyrénées, il organisait ses filières, aidait les passages




Memorial – biographie de André, Paul POURCHET

Né le 8 juin 1897  à  Lille (Nord) de Charles Amédée Pourchet  et de  Louise Ernestine Gentilhomme Epouse: Marie Thérèse Rekn Profession: pharmacien Décédé le 21 décembre 1944  à  Hambourg Altona

 Réseaux: S.S.M.F./T.R., Mithridate, F.F.I., F.F.C. Agent PI et P2

 

Paul Pourchet était un ancien combattant:  affecté dans l’artillerie le 8 janvier 1916,  il avait terminé la guerre comme maréchal des logis, cité à l’ordre du régiment en ces termes: “Très brave et dévoué, s’est distingué aux attaques de Champagne le 16 avril 1917, de Verdun, de Lorraine, de la Somme en juin 1918, de l’Aisne en juillet 1918 et dans les Flandres.”

C’est avec le grade de sous-lieutenant qu’il fut mobilisé en 1939, en tant que pharmacien auxiliaire, puis démobilisé en novembre 1939, comme père de quatre enfants .

Rentré en zone interdite en juin 1941, il est pharmacien à Nancy où ses affaires sont florissantes et, à partir de cette date,  participe à l’organisation de la résistance dans la région, pour divers réseaux. Il est en relation avec M. Chailley-Bert, le Dr Weber et le capitaine Richard (pharmacien) pour la mise sur pied du service médical de la Résistance de la Région C. Il est également chargé de stocker des médicaments.

Entré dans le Service de contre-espionnage le 27 novembre 1942, il participe à la constitution du service de Sécurité militaire clandestin dans la région de Nancy, tout d’abord avec le commandant Pauly* , puis avec le commandant Debrosse. Son officine, 10 rue Raugraff, à Nancy, sert de lieu de rendez-vous et de boîte aux lettres. Il collecte lui-même les renseignements de sécurité militaire et, durant quelques semaines, héberge chez lui le commandant Pauly, arrivé d’Afrique du Nord en sous-marin. Enfin, il participe à l’évasion de prisonniers et les met à l’abri, dans le cadre de l’organisation de la Maison du prisonnier.

Le commandant Flouquet (réseau Mithridate, DS.DOC) témoignera de ces activité en ces termes: “Fin 1943, j’ai été chargé par T.R. clandestin d’installer un poste dans la région de l’Est. A mon arrivée j’ai pris contact avec le commandant Pauly, chef du S.M. clandestin régional, qui avait une chambre chez M. Pourchet. Avant mon arrivée, M. Pourchet avait accepté que sa maison serve de boîte aux lettres et de lieu de rendez-vous pour tous les camarades de la Résistance. Assistaient à ces réunions: Pauly, Flouquet (T.R.), Lutz (alias Perra; chef du B.C.R.A., réseau Mithridate), M. Chailley-Bert (en 1945 commissaire de la République à Nancy).”

Lorsque le commandant Pauly, recherché par la police allemande, doit quitter Nancy et reçoit le commandement du poste S.M. clandestin de Lille, le commandant Debrosse est désigné pour lui succéder. Pauly lui recommande alors de s’adresser à M. Pourchet pour régler les questions omises au cours de leur entretien, ce dernier étant au courant de son activité et connaissant ses correspondants. Pauly spécifie que Paul Pourchet est son adjoint désigné et qu’il envisage sa promotion au grade de capitaine à titre temporaire, dans les conditions prévues dans la clandestinité.

Le  lieutenant colonel Verneuil, chef du réseau clandestin de contre-espionnage en  France occupée certifiera en décembre 1945, que M. Pourchet, agent P2, chargé de mission de 1ère classe, avait une fonction assimilée au grade de capitaine.

Malgré les dangers qu’il court, Paul Pourchet ne fuit pas et continue à déployer une vive activité.

Après une surveillance de deux mois environ de la part des services allemands, la Gestapo l’arrête le 8 juin 1944. Il est mis en cellule à la prison Charles III de Nancy. Le 18 juillet 1944, il est transféré à Compiègne et déporté à Neuengamme la première quinzaine d’août, dans un train qui transporte des résistants du réseau Mithridate et des otages. Maître Fournier, notaire et maire de Badonviller, son compagnon de cellule à Nancy, rescapé de Buchenwald, dira que Pourchet lui a confié avoir été arrêté pour avoir hébergé la commandant Pauly.

En fait, début 1944, un informateur du commandant, arrêté par la Gestapo, a reconnu avoir eu rendez-vous avec des officiers venant d’Alger (Pierson, pseudonyme de Pauly), chez M. Pourchet. Il est aussi écrit que des révélations auraient été faites par des camarades de la Maison des prisonniers.

Paul Pourchet est affecté à un kommando de Neuengamme qui emploie quelque 2 000 détenus à des travaux de déblaiement et de construction navale. Il meurt le 21 décembre 1944.

Déclaré “Mort pour la France”, il revevra la Croix de Guerre et la Médaille de la Résistance.

 

*Citation: “Patriote convaincu qui n’a cessé pendant l’occupation allemande de participer par tous les moyens à la lutte contre l’envahisseur. A apporté son concours à de nombreuses organisations. Quoique se sentant menacé d’arrestation, n’a pas voulu fuir pour continuer son oeuvre.

Arrêté le 8 juin 1944, déporté en juillet, n’a fait aucun aveu, sauvant ainsi de nombreux camarades de résistance. Est mort martyr après avoir soutenu admirablement le moral de ses compagnons de déportation.”

 

Références: Archives du Bureau “Résistance; Société d’entraide des membres de la Légion d’Honneur (section Nord)




Memorial – biographie de Wladimir POUKHLIAKOFF

Né le 11 novembre 1911  à  Novotcherkassk (Russie) de Constantin Poukhliakoff  et de  Vera Melnikoff Epouse:  Ludmilla… Profession: sous-officier d’active Décédé le 9 février 1945  à  Wolfen Buttle (Allemagne)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R. , Hector, AllianceAgent P1 et P2

 

Un camarade d’escadron et de lutte clandestine évoque ainsi Wladimir Poukhliakoff (Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°38):

“Issu d’une vieille famille militaire russe, fils d’un officier des Cosaques du Don, Wladimir Poukhliakoff, arrivé tout jeune en France à la suite de la révolution bolcheviste, avait décidé, comme tant d’autres émigrés russes, de servir sa patrie d’adoption: la France. Engagé par tradition familiale dans la Cavalerie, il avait débuté dans le 8e Chasseurs à Orléans, puis s’était fait muter au 11e Cuirassiers, à Paris. Sportif accompli, cavalier hors pair, il était considéré comme un sous-officier plein d’allant.” Son capitaine commandant de 1935 à 1938 précise: “Doué pour les arts comme pour les sports, Wladimir Poukhliakoff était un cavalier intrépide et un tireur d’élite; rompu aussi aux exercices de voltige où il déployait de véritables qualités d’acrobate, que de compétitions régimentaires ne fit-il remporter à son escadron! Escadron dont d’ailleurs il avait décoré le casernement de fresques militaires d’une inspiration magnifiquement guerrière.

Svelte, sec, ardent, connaissant et aimant son métier, il incarnait dès le temps de paix, le tempérament du combattant qu’il fut jusqu’au sacrifice suprême.”

Son camarade poursuit: “Maréchal des logis de carrière en 1939, il devait, en raison de ses dons pour le dessin, se voir affecter au P.C. du Colonel commandant le régiment en qualité de chef de l’équipe des observateurs et, à ce titre, participer à la campagne de 1939-40. Cité pour sa belle conduite au feu en mai 1940, il devait, en juin, avec les débris du régiment encerclé à Saint-Valéry-en-Caux, connaître l’amertume de la captivité. Celle-ci ne devait pas durer longtemps car, pour un soldat de la trempe de Poukhliakoff, le premier devoir était de chercher à s’évader pour reprendre le combat. A Paris, où il devait retrouver des camarades de régiment, lesquels venaient de constituer une antenne du S.S.M./T.R., Poukhliakoff acceptait avec enthousiasme de travailler avec eux.

Affecté à la liaison avec les réseaux du Colonel Heurteaux, il se consacra à fond à sa tâche jusqu’au jour où, en 1942, ces réseaux furent démantelés par la Gestapo. Ayant échappé de peu à l’arrestation, Poukhliakoff, mis en sommeil pendant quelque temps, reçut d’autres missions. En 1943, en dehors de son activité de renseignement, il exerçait les fonctions d’archiviste de l’antenne, constituant un remarquable fichier des




Memorial – biographie de Léon, Henri POTTIER

Né le 24 juillet 1907  au Mans (Sarthe) de Léon Pottier  et de  Léonie Tiercelin Epouse:  Marcelle, Renée Touchet Profession: journaliste Décédé le Ier septembre 1944  au  Struthof

 Réseaux: S.S.M.F./T.R., Alliance Agent P2

 

Journaliste à “La Sarthe”, Léon Pottier a été mobilisé le 2 septembre 1939 dans l’infanterie. Fait prisonnier le 7 juillet 1940, il rentra de captivité le 20 janvier 1943 et reprit son activité professionnelle. Le 5 juillet de la même année, il entre dans la Résistance, comme agent P2 dans les T.R., et travaille pour le réseau Alliance.

Arrêté le 9 mars 1944, il est déporté le 16 juillet.

Léon Pottier, déclaré “Mort pour la France”, recevra la Croix de Guerre à l’ordre de l’Armée et la Médaille de la Résistance.

*

Citation:“Patriote d’un grand courage . Arrêté et massacré au Struthof en même temps que son groupe.”

 

Références: Archives du Bureau “Résistance;  Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°1, p27




Memorial – biographie de Pierre PONTAL Alias PETRUS ou PORTES

Né le 25 mai 1918  à  Cholet (Maine et Loire) de  Marie, Joseph, Ernest Pontal  et de  Marie, Jeanne, Léonie, Marguerite Catalan Célibataire Profession: officier d’active (Saint Cyr, promotion 1937-1939) Décédé le 26 avril 1945  à Sandbostel, kommando du camp de Neuengamme

 Réseaux:  B.C.R.A.,  S.R. Air (Villon),   ORA (collaboration avec l’OMA de l’Hérault)Agent P2

 

Pierre Pontal, dont le père était directeur honoraire de la Banque de France, était le troisième enfant d’une famille de quatre et se destinait à une carrière militaire.

Jeune saint-cyrien (promotion 1937-1939), il a suivi le cours de formation islamique des officiers des corps de troupe indigènes.

Il fut affecté comme sous-lieutenant,  au 141e RIA le 2 septembre 1939 et se trouva à la disposition du général commandant la 19e Région le 27 octobre 1940.

Ses notes de cette année-là, signées du colonel Granier, disent qu’il s’est alors “magnifiquement comporté à la tête de sa section au cours des combats de mai et juin (…) D’un sang-froid superbe, d’une grande bravoure personnelle, le sous-lieutenant Pontal a su acquérir sur sa section un ascendant considérable.

Jeune officier qui possède dès maintenant ce qui fait un chef: le tempérament.”

Il reçut alors la Croix de Guerre avec étoile d’argent et la citation qui l’accompagnait disait qu’il “s’est fait remarquer par son sang-froid et sa fermeté au combat que sa compagnie a eu à soutenir à Crépy en Valois, dans la nuit du 10 au 11 juin 1940, contre un ennemi qui lui coupait la retraite. A gardé sa section en main, lui a fait ouvrir le feu en réponse aux sommations de se rendre et est parvenu à la ramener toute entière dans nos lignes.”

En décembre 1940, il embarqua pour l’Algérie, affecté d’abord à Tebessa, puis ,  en 1941(nommé lieutenant en août) et 1942, il assura les fonctions de commandant d’armes de la place d’El Oued, territoire de Touggourt.

Venu en permission en France le 6 octobre 1942, il ne peut repartir du fait de l’interruption du trafic avec l’Algérie, et est démobilisé le 28 novembre 1942.

 Il se trouve alors à Montpellier où, après avoir participé à la tentative de résistance sur place du général de Lattre de Tassigny, il recherche un moyen de rejoindre son unité en s’évadant à travers l’Espagne. Pourtant, il entre en février 1943 au B.C.R.A. et le 1er avril au S.R.Air, recruté par Henri Pascal*.

Jean Bézy écrit, dans “Le S.R. Air”, qu’il accepta alors  “de faire de la recherche de renseignements et d’organiser à partir de Montpellier un réseau axé d’abord sur le secteur de Montpellier-Nîmes.

En juin, Gervais pu recruter pour lui deux jeunes sous-officiers radios de l’armée de l’air, François Cecca




Memorial – biographie de Marie, François, Gabriel de PONTAC Alias Gael PIMONT

Né le  29 juillet 1910  à  Saint Pardon (Gironde) de Agénore de Pontac  et de  Germaine de Sigalas Epouse:  Elisabeth… Profession: officier d’active (Saint Cyr 1931) Décédé le  15 mai 1945  en déportation

 Réseaux:  S.R. à Tunis, S.S.M.F./T.R. Agent P2

 

Incorporé à l’Ecole spéciale militaire de Saint Cyr en 1931, Marie-François de Pontac, plus connu sous le nom de Gabriel de Pontac, fut nommé sous-lieutenant en 1933 et affecté à l’Ecole d’application de cavalerie de Saumur, avant de l’être au 2e bataillon de dragons en tant qu’officier de peloton. En 1935 il fut nommé lieutenant et obtint deux ans plus tard le brevet d’observateur en avion qui lui valut de pouvoir faire un an de stage à la base aérienne d’Orly. Affecté à l’état-major des forces aériennes de la 7e armée le 2 septembre 1939, il fut admis dans l’Armée de l’Air en avril 1940 et nommé capitaine peu après. C’est ainsi qu’il a participé aux combats de 1939-40 comme observateur à l’escadrille 2/23.

Il reçut alors la Croix de guerre avec palme, accompagnée de la citation suivante: “Officier observateur de tout premier ordre, joignant à de solides connaissances militaires une haute idée de son devoir. A rapporté de ses reconnaissances profondes en territoire ennemi des renseignements de la plus haute importance, tant en vol rasant qu’à très haute altitude.

Le 12 mai 1940, a découvert le point de chute de nombreux parachutistes ennemis. Le 19 mai 1940, au cours d’une mission en vol rasant de 350 km en territoire ennemi, l’avion étant touché par le feu intense de la défense anti-aérienne, a poursuivi sa mission.

Le 26 mai 1940, a accompli une reconnaissance avec protection de chasse; cette formation étant attaquée par 24 avions de chasse ennemis, a réussi à regagner sa base en vol rasant, attaquant à la mitrailleuse les colonnes ennemies en y semant le plus grand désordre, rapportant au commandement de précieux renseignements sur l’activité ennemie.”

Gabriel de Pontac est recruté par les Services de renseignements en janvier 1941. Il a alors trois enfants.

Affecté à l’état-major de Tunis en décembre 1941, il est ensuite observateur et chef du service photo du groupe de reconnaissance 2/33. Enfin il est à la base Dépôt du personnel à Toulouse, d’où il est détaché auprès du général commandant la 12e région militaire à Limoges, avant d’être mis en congé d’armistice le 10 mars 1943.

Le général Navarre précise qu’il est responsable du B.M.A. 12 à Limoges (chacune des huit divisions militaires de la zone Sud a son Bureau des Menées Antinationales après l’armistice). A ce titre, il est notamment en rapport avec le capitaine Jean Gatard*.

Arrêté le 17 août 1943 à Foix, en tentant de franchir les Pyré




Memorial – biographie de René POINTURIER Alias Raoul PÉRÉS

Né le 14 juin 1901  à  Honfleur (Calvados) de Jean, Joseph, Ernest Pointurier  et de  Marie, Françoise Vernier Epouse:  Alice Victoria… Profession: officier d’active  Décédé le 15 juin 1944  à  Mauthausen

 Réseaux C.D.M. (R4), S.S.M.F./T.R. -Groupe MorhangeAgent P2

 

Après avoir fait la guerre de 39-40 dans l’artillerie,René Pointurier est entré volontairement au C.D.M. le 1er octobre 1941.

Puis il fait partie des premiers élèments d’un groupe créé par Marcel Taillandier dès la fin de 1942. Ce  groupe est destiné à la lutte contre les services de renseignements ennemis et la Gestapo. Au début de 1943 Taillandier se fixe à Toulouse.

Pierre Saint-Laurens raconte que ce dernier prend alors “comme couverture la gérance du bar “Frascati”, un petit café situé au milieu des allées Jean Jaurès. Au centre de la ville, ce bar devient le lieu de réunion et le P.C. du C.D.M. et du groupe de résistants dont Marcel prend la tête, sous le pseudonyme de Ricardo. Ayant l’oreille de la Gendarmerie, et après avoir mis au pas ceux qui ne sont pas trop francs du collier, il entreprend de pénétrer la Police. En même temps, il pose des jalons pour cacher des gens, et leur faire traverser les Pyrénées.”

Mais, à partir de mars 1943, les Allemands, bien renseignés, passent à l’attaque. S’ensuit une série d’arrestations et l’affaire Frascati. Le 24 juin, à l’appel de Taillandier, rapporte  Gilbert Gardiol, celui-ci se rend avec Pointurier et Candau au café Frascati, “pour une réunion de travail. Sur délation, une souricière est tendue par le chef de la Gestapo, le sinistre Muller. Taillandier réussit à s’enfuir par la toiture de l’immeuble, Pointurier, Candau, Gardiol et Lily ( la compagne de Taillandier) sont arrêtés.” Les trois hommes seront déportés, seul Gardiol reviendra. Lily, libérée, ne partira pas en Allemagne.

Au Bureau Résistance, l’arrestation de René Pointurier est datéedu 26 juin 1943, il est déporté le 6 avril 1944  et trouve la mort à Mauthausen le 15 juin 1944.

Déclaré “Mort pour la France”, lieutenant-colonel, il recevra la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance avec rosette.

*

Citation: “Est entré volontairement au C.D.M., faisant sans la moindre hésitation le sacrifice d’un poste avantageux. Technicien remarquable, animé d’une foi patriotique ardente, s’est donné corps et âme à sa mission. N’a cessé de rendre les services les plus précieux et les plus loyaux, tant par sa valeur technique que par ses qualités de caractère et de coeur. Bien que se sachant compromis par de multiples démarches personnelles effectuées à l’occasion de son service dans tous les milieux, est resté à son poste, ne prenant nul souci de sa sécurité. “

 

Références:
Archives du Bureau “Résistance”;  Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°3, p.9; “
Conte de faits, de Pierre Saint Laurens.;
“Le 2e Bureau sous l’Occupation” de Philip John Stead (Ed. Fayard, 1966);
mairie de Honfleur (Calvados)




Memorial – biographie de Henry, René PLAYOULT

Né le 30 juillet 1918  à  Thonon-les-Bains  (Haute-Savoie) de Fernand, Camille, René Playoult  et de Juliette, Marguerite Pierre Célibataire Décédé le 20 octobre 1942  à  Troyes (Aube) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Uranus)Agent P2

 

Henry Playoult, dont le père était directeur du Comptoir national d’escompte à Thonon-les-Bains au moment de sa naissance, a 22 ans quand il s’engage dans le S.R. Kléber le 1er janvier 1942.

Il est arrêté le 26 août 1942 et fusillé le 20 octobre 1942 à Troyes.

“Agent remarquable. Arrêté et sauvagement torturé, n’a jamais rien révélé.” C’est en ces termes que, déclaré “Mort pour la France”, il sera proposé pour une nomination dans l’ordre de la Légion d’Honneur et pour l”attribution de la Croix de Guerre. Il recevra  la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau “Résistance”;  Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°13, p.4; mairie de Thonon-les-Bains (Haute Savoie)