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LES CONFESSIONS D’UN ESPION RUSSE
MESSIDOR -1990
Dans les années soixante, un riche industriel anglais, gratifié du titre de Sir par la Reine, Sir Gordon Longsdale, est arrêté et jugé à Londres, pour espionnage.
Après quatre ans de prison, il est échangé contre un commerçant condamné pour le même motif en Union Soviétique…
Ecrit, à partir de nombreux entretiens, par l’auteur de romans policiers soviétique Valéri Agranovsky, ce livre raconte la vie de Longsdale, alias Perfiliev, alias Molody, colonel du KGB.
Il constitue un document exceptionnel sur la vie et les méthodes réelles de l’espionnage aujourd’hui. Ces confessions sont parues à Moscou, en 1989. Pour la première fois le KGB levait le voile sur certaines activités du renseignement soviétique depuis la deuxième guerre mondiale. La curiosité du public et le succès du livre ont été à la mesure de l’événement.
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ANDREW Christopher et GORDIEVSKY Oleg
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LE KGB DANS LE MONDE (1917-1990) – FAYARD – 1990
Traduit de l’anglais
Une certaine ironie veut que ce récit de l’action extérieure du KGB ( ou de ses avatars successifs – Tchéka, GPU, NKVD, MGB, KGB proprement dit ) paraisse au moment même où les systèmes communistes de type soviétique s’effondrent.
A l’heure des bilans et des choix, il apporte une contribution sans précédent à l’histoire de nations dont un monstrueux organisme à demi occulte a sans relâche poursuivi l’asservissement ( depuis 1917 pour l’URSS, depuis 1945 pour le bloc de l’Est ) – sans oublier la guerre permanente qu’il a menée, par les voies les plus diverses, les plus retorses et les plus brutales, contre les pays libres.
Depuis plus de soixante-dix ans en effet, un régime totalitaire s’efforce d’une part de protéger et de renforcer l’ordre lénin…
Category: Archives du site,Biographies,Biographies memorial,Europe de l'Ouest,Guerre d'Indochine (1946-1954),Renseignement,Services allemands 29 octobre 2021
| Général Henri NAVARRE |
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Né en 1898, il est le fils d’un professeur de littératures grecque à la faculté de Toulouse.
En juin 1916, il entre à l’école Spéciale Militaire, promotion “Promotion des Drapeaux et de l’Amitié américaine”.
En 1917, il est affecté en Champagne, à la 4ème Division de Cavalerie, 2ème Régiment de Hussards. Le 11 novembre 1918, il est stationné aux environs de Mayence.
En 1919, , il est rappelé à Saint-Cyr, où sa promotion devait être regroupée pour suivre sa seconde année d’école. En octobre 1919, il est affecté pour un an, à l’École d’application de la Cavalerie à Saumur.
Entre 1920 et 1936, il sera affecté dans divers régiments de cavalerie : début 1920, au 10ème Dragons à Montauban, puis à la mi-décembre, au 11ème régiment de Spahis à Alep. Ce sera ensuite le 3ème puis le 5ème Spahis à Trèves, et le 14ème Régiment de Chasseurs à Cheval de Wiesbaden.
En 1927, il suit les cours de l’École d’application de la Cavalerie, et sera en garnison à Saint-Germain-en-Laye.
De 1928 à 1930, il suit les cours de l’école Supérieure de Guerre. Il choisira d’être affecté à Rabat au Maroc, et en 1931, il est affecté à l’EMA de Marrakech où commande le Général Catroux. Il y prend la direction du 4ème Bureau, pour reprendre, au départ du Lieutenant colonel Duché, celui du 3ème Bureau auquel était rattaché le 2ème Bureau. En1934, il quitte le Maroc pour rejoindre le 11ème Régiment de Cuirassiers à Paris.
Juin 1936 à août 1940, Il est affecté au Service de Renseignement, Section allemande ( en 1923, il avait obtenu le diplôme d’interprète de langue allemande ) comme adjoint du commandant Perruche . Il le remplacera quelques mois plus tard à la tête de cette Section, et cela jusqu’en 1940. Fin août 1940, il part à Alger pour un temps de commandement au 5ème Chasseur d’Afrique.
De 1940 à 1942, il sera le chef du 2ème Bureau du Général Weygand, puis du Général Juin.
En novembre 1942, succédant au commandant Paillole, il aura la charge de mettre en place, dès mars 1943, le Service de Sécurité Militaire Précurseur, et d’assurer la liaison avec l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA).
Il termine la campagne d’Allemagne, en 1945, comme commandant d’un groupement Blindé.
De 1945 à 1953 , il occupera des postes de plus en plus importants , pour devenir en octobre 1952, chef d’état major du Général Juin, au commandement du théâtre d’Opérations Centre Europe à Fontainebleau.
En Mai 1953, général de Corps d’Armée, il est nommé Commandant en chef en Indochine ; il sera remplacé à ce poste, en juin 1954, par le Général Ely
Le 12 octobre 1956, il demande au Ministre de la Défense Nationale à quitter l’Armée.
Le Général Henri Navarre est décédé en 1983
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Category: Archives du site,Europe de l'Ouest,Services allemands 29 octobre 2021 |
par Paul ESMIOL
Dans le B. L. 11° 78, nous avons annoncé la publication des souvenirs de notre Camarade, M. Paul ESMIOL, ancien du C. E. en 1914-1918. Cette « Sacrée Vérité » que nous nous efforçons de défendre ne se limite pas à la période de 1935 à 1945. La Guerre Secrète menée par nos grands anciens, pendant et après la Première Guerre Mondiale, n’est surtout connue que par quelques ouvrages très discutables ou bien par les mémoires de telle « grande espionne » à l’imagination débridée. Nous avons déjà eu l’occasion, il y a quelques années, de publier dans ce Bulletin une partie, hélas trop courte! des souvenirs du regretté Abbé VORAGE, ancien du S. R. Avec M. Paul ESMIOL c’est, vu par un exécutant, un passionnant fragment de l’activité du C. E., que nous présentons à nos lecteurs.
MOBILISATION
Au début de 1914, je vins m’établir à Genève où j’avais trouvé une situation d’employé de commerce dans une grande maison de confections. Le salaire étant le double de ce que je gagnais en France, je n’avais pas hésité à venir travailler en Suisse. Considérant que j’étais marié et père de famille, j’étais très satisfait d’avoir un emploi mieux rétribué.
Au mois d’Août, l’Allemagne déclara la guerre à la France. Ce fut la mobilisation générale en France.
Tous les Français habitant à l’étranger et la plupart des Français habitant Genève regagnaient leur centre de mobilisation, avec la même ardeur que l’ensemble des mobilisés en France. Un grand vent de patriotisme soufflait sur le pays à cette époque. Dans ma famille, deux frères et deux beaux-frères durent rejoindre leur unité, abandonnant tout, famille et situation.
C’était le grand malheur qui menaçait tous les foyers français.
Quant à moi, j’étais réformé au moment de ma conscription, je ne fis jamais de service militaire.
Dans le mois qui suivit la mobilisation générale, tous les réformés français, en âge d’être mobilisés, durent passer une nouvelle visite médicale. Un grand nombre furent récupérés et déclarés bons pour le service militaire.
J’attendais mon tour, quand les médecins militaires, après m’avoir longuement examiné, me maintinrent en situation de réforme, me déclarant prétuberculeux.
Mon sort était désormais réglé. Je continuais mon travail avec encore plus d’ardeur, car deux autres employés d’origine française comme moi, avaient dû quitter la maison pour rejoindre leur régiment.
A Genève, pays très francophile, on commençait à parler des agents allemands, qui, depuis la Suisse, dirigeaient leurs opérations d’espionnage en France.
Depuis quelques temps, on pouvait lire dans les quotidiens de Genève (« la Suisse » et la « Tribune de Genève ») que des espions boches avaient été arrêtés à la frontière franco-suisse. Je me demandais si je ne pourrais pas être utile à mon pays en rentrant en rapport avec le service de contre-espionnage français, pour l’aider à découvrir des agents ennemis travaillant à Genève.
Le même soir, rentrant à la maison, j’en fis part à ma femme qui était aussi patriote que moi. Elle m’encouragea dans cette décision,
Je me sentais de plus en plus obligé de faire quelque chose, mais il m’était difficile d’aller trouver les services de contre-espionnage français, où je n’avais aucune connaissance, ni recommandation. Je ne voulais pas venir les mains vides.
Je devais attendre que le hasard me fasse découvrir une piste quelconque, pour ne pas être éconduit par ce service méfiant et secret. En France, on avait déjà pris certaines dispositions pour limiter l’espionnage allemand. On lisait dans les wagons, les autobus, le métro : « Taisez-vous. Méfiez-vous, les oreilles e…
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(Extrait de La Lettre d’information n° 13-1994 avec l’aimable autorisation de P. de Villemarest qu’on ne présente plus à nos lecteurs)
Par Pierre de VILLEMAREST
LES FIRMES ÉTRANGÈRES ET L’INTENDANCE MILITAIRE RUSSE
Le 27 novembre 1994, Moscou admettait que 65 millions de dollars ont été « réalisés » en quatre ans par les trafics illégaux de quelques douzaines d’officiers supérieurs du Groupe des Armées de l’Ouest et leurs associés mafieux; soit l’équivalent du tiers des investissements étrangers directs en Russie en six mois de 1994. Nous estimons en réalité qu’il s’agit d’une somme trois fois supérieure. Quoi qu’il en soit, on doit au chroniqueur militaire Alexandre Jiline des précisions sur «le business des généraux », ce qui lui vaut d’être sous la menace d’un assassinat.
Tout est parti de l’autorisation accordée à l’Intendance «ouest» des armées — sous prétexte d’améliorer l’ordinaire des troupes — de passer des contrats d’achats en gros détaxés, de cigarettes, alcools, conserves, auprès de firmes «occidentales». Un Vice-ministre, V. Makharadze avait, début 1992, attiré l’attention de Boris Eltsine sur les pratiques qui en découlaient. Un proche du Président a fait en sorte qu’il perde ses fonctions gouvernementales, et soit muté à la représentation commerciale russe au Canada.
En août 1992, rapporte Jiline, Yuri Boldyrev, Contrôleur Général auprès du cabinet du Président, s’inquiète de ce qui se passe en Allemagne. Il est relevé de son poste, mais il sera ensuite élu à la Douma, et compte bien poursuivre ces «affaires». Toutes les pistes mènent à ces conclusions : Les deux principales firmes «occidentales» qui ont amorcé en 1989 et 1990 les trafics de denrées destinées en principe aux armées russes d’Allemagne, mais immédiatement revendues au marché noir en Russie occidentale, Biélorussie, Sibérie, voire Extrême-Orient et, à partir de Kaliningrad et des états baltes (jusqu’en 1993), ont été la M. & S. et l’American Eagle. • La M. & S. a son siège à Anvers, (Belgique), avec filiales à Berlin, Hong Kong, Hambourg, Singapour, Yokohama et récemment à Moscou. Son directeur s’appelle Raschmiel Brandwein. La sécurité allemande et Interpol imputent à la firme une dizaine d’assassinats, trafics de drogue, lavage d’argent dans des salles de jeux, etc. Pendant trois ans, elle a fourni des tonnes de denrées aux armées russes de l’Ouest. • L’American Eagle, bien connue à Berlin, est dirigée par Moshe Ari. Elle rayonne dans les mêmes circuits que la précédente et, comme elle, a multiplié les filiales et sous-filiales en Europe et dans le monde. Ainsi Nathalena, Irena, Panthera, Cornet (dit le Groupe belge, d’après Jiline); ou encore les sociétés mixtes Innova, Tumas, Mir Trade Company, Osar, Mibis, Formula 7, Mos-Enico.
Jiline révélait encore en juin 1994 qu’une conférence tenue à Anvers les 9 et 10 novembre 1993, réunissait les délégués de ces deux firmes, et, côté russe, pour le groupe d’armées de l’Ouest, les officiers intendants A.S. Vankov, Evgueni Karatchuk, G.S. Katcherenko. II s’agissait d’un marché portant sur 5 millions de marks pour la M. & S., et de 3 millions pour l’American Eagle.
Jiline assure que l’Internationale des mafias est impliquée bien au-delà du « marché allemand », tant en milieu émigré russe que dans le «milieu» ouest européen. Car, dans l’autre sens, des armements légers ou lourds sont proposés aux «Occidentaux» (165 dollars pièce pour un AK-47, vendu par lots de 5.000).
C’est un chanteur russe très connu, Iossif Kobson qui, sous couvert de ses tournées, était jusqu’à l’été dernier l’homme de liaison, et se chargeait parfois des transports d’argent liquide. • C…
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Extraits de l’ouvrage ” L’espionnage soviétique en France ” – 1964
Voir la présentation de cet ouvrage sur notre site
par Pierre de Villemarest
Le 3 novembre 1964 un jeune parisien d’une vingtaine d’années, Robert F…, quitte sa petite chambre de la rue Raymond-Losserand, à Paris, pour gagner à une heure fixée d’avance la place de la Porte -Saint Cloud. Il y a rendez-vous avec un ami pour lui remettre une documentation sans doute précieuse, tant il a insisté pour le voir au plus vite. Robert F… milite dans un groupe de jeunes catholiques troublés par l’évolution de leur Église en direction d’un modernisme qui remet en clause non seulement les rites mais aussi certains des fondements d’un Dogme millénaire, notamment au nom d’un « dialogue avec le monde communiste dont on leur assure qu’il se « libéralise ». F… et ses amis ne croient pas au nouvel « humanisme » de l’Est européen.
Le voici bientôt sur le quai de la station de métro Duroc. Il y a peu de monde. Un grondement signale l’approche du train. Il s’aligne en surplomb de la voie, comme tous les voyageurs. Le métro entre en gare. A ce moment quelqu’un hâtivement derrière lui, le bouscule, puis s’éloigne sans se retourner vers la sortie. F… est tombé sur les rails, happé au passage par la locomotrice. C’est la mort instantanée.
Cris, attroupements, discussions. Deux témoins appellent le chef de gare ; ils ont vu un inconnu pousser délibérément leur voisin de quai alors qu’il n’y avait aucune affluence particulière, et que l’intéressé, au lieu de rester, s’enfuyait vers la sortie. Survient dans le groupe un digne ecclésiastique, qui conteste avec véhémence la version des témoins. C’est de l’affabulation. L’homme qui gît entre les rails s’est jeté volontairement sous le métro. Et qui oserait contester la parole d’un prêtre ? Embarrassé, le chef de station remet l’affaire entre les mains du Commissariat local. Entre temps le prêtre s’est éclipsé.
Le dossier aboutit sur le bureau du Commissaire B…, à la Police Judiciaire. Or le Commissaire a bien autre chose à faire qu’à s’occuper d’un accident de la circulation, Homicide ? On verra. Pour le moment ses inspecteurs harcèlent en priorité les derniers rescapés encore en fuite des milieux qui combattaient pour « l’Algérie Française ». C’est seulement trois jours après « l’accident » que débute l’enquête,
Au cours d’une perquisition rue Raymond Losserand on découvre un livre ouvert, paraît-il, dont plusieurs passages ont été soulignés. Cet ouvrage traite du suicide. Affaire simple. Cela prouve que Robert F… mystique bien connu, avait l’intention de se tuer.
L’enquête est close, Le Commissaire B… va pouvoir consacrer tout son temps à la chasse aux activistes,
Qui était donc Robert F…? Fils d’un colonel en retraite, il était entré au séminaire. Quelque temps plus tard, de vives discussions l’ont opposé à ses supérieurs à propos du communisme dont il refusait de croire à la sincérité comme « compagnon de route ». F… a quitté cette communauté, après plusieurs éclats, Il est alors entré dans un groupe de jeunes catholiques, attachés à leur dogme et aidant au mieux de leurs possibilités et de leurs convictions les réfugiés catholiques, orthodoxes, protestants ou non croyants de l’Est européen.
Dans ce milieu F… a rencontré des spécialistes des problèmes communistes qui enquêtaient sur une certaine organisation « PAX », originaire de Pologne et qui depuis quelques années développait ses relations à l’intérieur de la hiérarchie et des fidèles catholiques de France.
C’est avec l’un de ces spécialistes que F… avait rendez-vous, le 3 novembre. Il v…
Category: 1944 : Débarquements en France,Archives du site,Europe de l'Ouest,Renseignement,Services allemands 29 octobre 2021 |
( Paulette DUHALDE, née dans l’Orne en 1921, décédée en 1945 (24 ans) à Ravensbrück )
Ouest-France / Basse-Normandie / Flers / A la une de Flers
(Edition du mercredi 08 juin 2011: ” Une promotion nationale au nom de Paulette Duhalde “ La Résistante flérienne est la marraine de la promotion 2011 des inspecteurs de sécurité défense et de sûreté Navale. La cérémonie se déroulera vendredi 10 juin 2011, dans l’enceinte du fort de Vanves à Malakoff (92).
Entretien
Avec le général Antoine Creux, directeur de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD) qui a présidé le baptême de la promotion « Paulette Duhalde » des inspecteurs de sécurité défense et de sûreté navale.
Pourquoi le choix de Paulette Duhalde comme marraine de la promotion 2011 ? Paulette Duhalde s’est investie dans la Résistance à l’occupation allemande à l’âge de 19 ans. Elle y a accompli de nombreuses et périlleuses actions de renseignement et d’information qui ont contribué à la préparation du Débarquement allié en Normandie. Sous des aspects ordinaires, cette jeune femme de Flers, secrétaire comptable à la Banque de France, était en fait une femme extraordinaire. Les valeurs qu’elle a incarnées (courage, détermination, abnégation, maîtrise de soi) éclaireront les inspecteurs dans leurs nouvelles fonctions.
Qu’est-ce qui guide le choix d’un parrain, d’une marraine ?
Les valeurs que celui-ci ou celle-ci a portées. Les parrains ou marraines des promotions des inspecteurs évoluent notamment dans le milieu de renseignement et sont tous tombés pour la France dans le cadre de l’exercice de leur fonction.
Quels ont été les précédents parrains ou marraines ?
La promotion 2010 avait choisi comme parrain le sous-lieutenant Betsch, un homme de conviction, alliant intelligence de situation et esprit de décision. La promotion 2009 a quant à elle porté comme nom de baptême « Capitaine André Duthilleul ». Cet homme a montré les plus belles qualités d’un agent de renseignement : réorganisation de son réseau, recueil et transmission de renseignements, montage d’opérations aériennes clandestines, résistance aux interrogatoires…
En quoi consiste le baptême des inspecteurs de sécurité défense et de sûreté navale ?
Il consiste à remettre les diplômes à la nouvelle promotion des inspecteurs de la DPSD. Il s’agit d’une cérémonie annuelle qui se tient au sein de la direction centrale à l’issue d’une formation de six mois.
Qu’est-ce qu’un inspecteur de sécurité défense et de sûreté Navale ?
Un inspecteur de la DPSD est un membre de nos armées qui a fait le choix de se spécialiser dans la filière du renseignement. C’est un homme de terrain qui travaille au contact des hommes et des femmes de la communauté de la défense. Il est leur conseiller dans le domaine de la protection et a reçu une formation qui lui permet de mener des enquêtes de sécurité et de recueillir des informations qui contribueront à détecter d’éventuelles menaces pour la sécurité.
Category: Archives du site 29 octobre 2021 |
Un admirable portrait de Mg BOYER-MAS
par le chanoine NARBAITZ
Nous publions, extrait du quotidien « Sud-Ouest » du 21 Février 1973, un passage de l’article du poète bayonnais Pierre Expil consacré à l’hommage organisé par l’Union Bayonnaise des Arts à la Mémoire du regretté Mgr BOYER- MAS.
Pour célébrer le souvenir d’un homme exceptionnel, l’Union Bayonnaise des Arts avait fait appel à un orateur lui aussi exceptionnel : M. le Chanoine Narbaitz, Vicaire général honoraire.
Ayant vécu dans l’intimité de Mgr Boyer-Mas en ce merveilleux Port Royal luzien qu’était la seigneurie d’Etchebiague, il s’est montré supérieurement à la hauteur de sa tâche. Le portrait qu’il a brossé de cet homme et de ce destin hors série a été admirable de pénétration, de vie, de pudeur et de tact. Maîtrisant à merveille un sujet qui se prêtait à d’immenses développements, il s’en est tenu aux traits essentiels illustrant les lignes de force d’un caractère et d’une existence.
Fils d’un loueur de chevaux.
Rien au départ ne semblait désigner pour les chemins éclatants qu’il allait parcourir André-Louis-Joseph-.Antoine Boyer-Mas, né à Carcassonne le 1er Août 1904, assez modestement d’un père loueur de chevaux et de voitures. Enfance illuminée par la tendresse d’une mère qui allait être la grande tendresse de sa vie. Etudes brillantes au petit séminaire, puis au grand séminaire de Carcassonne. Années d’université à la Faculté Catholique de Toulouse où il se spécialisa dans la patristique et le droit canon. Il resterait toujours en lui quelque chose d’un juriste et même d’un procédurier à la Balzac, prêt à des folies pour défendre la justice.
Au service des résistants.
Devenu prêtre le 19 Juin 1928, il est nommé vicaire à Limoux où il n’est pas encore oublié. La fondation à Cusinier d’une grande école ménagère pour jeunes filles lui est l’occasion d’entrer en rapport avec les dominicaines de l’Annonciade de Madrid, dont il devient vite le conseiller. Par elles, il connaîtra l’Espagne qui sera sa véritable université et même son univers. La guerre civile espagnole lui permet de montrer son grand coeur et ses capacités d’organisateur pour l’accueil et l’aide des réfugiés de Catalogne. A la fin de la guerre civile, il constate en Espagne la nécessité d’une propagande française.
Au début de la Seconde Guerre Mondiale, l’Abbé Boyer-Mas est mobilisé sur place, à Madrid, et nommé affecté spécial grâce à l’appui de son camarade Jean Mistier.
Aux heures cruciales de la défaite et de l’asservissement, il se fait à Madrid le paladin d’une France qui ne veut pas mourir et ne craint pas, dès 1940, de s’affirmer résistant. Au service de tous les résistants français, il met un flair unique pour repérer les contacts efficaces. Nommé attaché culturel à l’Ambassade de France sous le couvert d’échanges culturels, il vient en aide aux Français incarcérés, noue d’utiles rapports avec les Ambassades des Etats-Unis et de Grande-Bretagne pour la lutte contre le nazisme.
Prêtre avant tout.
A partir de 1942, son action jusque-là semi-clandestine devient publique. Après le débarquement en Afrique du Nord, il quitte avec éclat l’Ambassade de France, et par le biais de la Croix-Rouge espagnole, il organise l’accueil des évadés de France et réussit l’exploit d’acheminer vers Alger 23.000 volontaires à travers une Espagne officiellement liée à l’Allemagne. Parallèlement il vient au secours d’innombrables juifs en détresse, organise des services secrets, établit des contacts avec la Nonciature et la Papauté, ce qui lui vaudra son titre de Monseigneur.
Il lui faudra attendre vingt ans pour que son oeuvre à Madrid soit officiellement reconnue. Le Chanoine Narbaitz insiste sur le trait essentiel d…
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Nous reprenons ci-dessous la publication des mémoires de notre camarade Elly ROUS alias SERRA, chef de la mission Baden-Savoie dont le dernier épisode a paru dans le B.L. 106. Parvenu à Pamiers, SERRA trouve chez un de ses H.C. JOUCLA un message du capitaine VELLAUD alias TOTO, chef du T.R. Jeune le félicitant des résultats obtenus et lui enjoignant d’être prudent.
par Elly ROUS
UNE DANGEREUSE MÉPRISE.
Le problème financier resté sans solution immédiate m’ennuyait évidemment, car il n’allait pas manquer d’accroître nos difficultés. Comparativement aux autres problèmes auxquels nous avions à faire face, il ne me semblait pas présenter des obstacles insurmontables et n’était pas spécialement préoccupant étant donné que nous allions continuer à vivre d’emprunts grâce à la compréhension et à la gentillesse des nombreux amis.
« Quelle a été la réaction de JEAN en prenant connaissance de cette lettre » demandai-je à mon ami qui semblait impatient de me faire part de ce qu’il savait.
« JEAN n’est pas très loquace : il a simplement pensé que vous seriez très ennuyé de ne pas voir TOTO (1), mais que malgré cela vous trouveriez des solutions de rechange. Il doit revenir dans une semaine environ ; il a aussi laissé un mot pour vous ».
Je lus rapidement mais très attentivement les quelques lignes de mon adjoint :
« La circulation devient de plus en plus difficile ; j’ai eu des « crevaisons » (entendez des vérifications de papiers, des contrôles), mais j’ai de la chance et j’ai pu réparer ; je vais essayer de prendre le train de la « Cité » (Carcassonne) où j’ai rendez-vous avec « l’ami de la rue de Lyon » jusqu’aux « Arènes » (Nîmes), je ferai le reste en vélo. A bientôt… Cordialement… ».
« Il ne vous dit pas, reprit JOUCLA, qu’il traîne une forte grippe et que j’ai dû lui donner quelques cachets ». « Non, lui dis-je, vous savez, chez nous l’état de santé est nécessaire mais secondaire ; tant qu’on peut tenir le coup on ne s’en préoccupe pas ». A présent, avant de vous écouter, je tiens à vous préciser que j’ai rencontré FAURE sur la route d’Escosse et que je suis venu directement chez vous sans m’arrêter chez aucun de mes amis comme vous me l’avez particulièrement recommandé ; j’avoue que je n’ai pas encore compris… ».
Il ne me laissa pas achever. « Savez-vous, poursuivit-il en souriant que vous êtes un dangereux agent de la Gestapo et que vous avez failli faire prendre tous vos amis de Pamiers ? » Visiblement amusé par mon étonnement, il enchaîna : « vous vous souvenez sans doute de PAULETTE que ma femme vous avait présentée lors de votre dernier passage… »
« Je pense bien, et si mes souvenirs sont exacts, nous devions nous rencontrer ici cette semaine pour mettre au point son travail futur ». « Eh bien, ne comptez plus sur elle, elle est partie vers Carcassonne se cacher chez des parents et ne reviendra pas de sitôt… » « Que s’est-il passé ? »
« Ce qui s’est passé, c’est bien simple… quand PAULETTE a vu votre photo d’identité que lui présentait GISELE, elle a failli se trouver mal… « Malheureuse, s’est-elle écriée ; vous travaillez tous pour BERKANE, nous allons être pris et fusillés… et avant que mon agent de liaison ait pu revenir de sa stupéfaction et la dissuader, PAULETTE avait bouclé sa valise et s’était dirigée vers la gare, non sans être au préalable passée chez ROBERT le charcutier, lui conseillant de quitter la ville sans attendre et de prévenir tous les camarades, dont la famille GUICHARD, afin qu’ils disparaissent au plus vite et qu’ils…
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Par Pierre de VILLEMAREST
Dans les archives américaines, un document inédit, daté du 26 juillet 1946 a permis, grâce à Bernard Towell, alias ” Holland “, de la branche X-2 (contre-espionnage), d’établir, à l’intention du Département d’État, la liste du réseau d’espionnage économique mondial organisé par IG-Farben avant la guerre, réseau qui a fonctionné jusqu’en 1945, et peut-être au-delà (dossier L4-9567).
Quatre départements de l’IG-Farben camouflaient dans leur personnel des ” Zéfis “, appellation donnée à des hommes de confiance postés dans tous les bureaux étrangers de la firme, uniquement chargés d’espionnage économique et commercial.
C’est Hermann Schmitz, homme de confiance du Haut État-major allemand qui, dès 1928, a entrepris cette implantation. Ami intime de Martin Bormann jusqu’en 1945, il chargea son associé à la direction de l’IG-Farben, Max Ilgner, de remplir son rôle de gestionnaire du réseau en 1940, tandis que lui-même s’occupait spécifiquement de le greffer sur l’organisation secrète de Bormann, à partir de 1943.
Max Ilgner avait pour adjoints Walter Bachem, Wilhelm Helmerking et Emil de Haas (spécialement chargé de l’implantation en Chine) qui était secrétaire de la Karl Schurz Association, basée aux États-Unis.
Cette association, en apparence américaine, créa ensuite une filiale en Allemagne. Le parti nazi ne la contrôlait pas, mais l’infiltra à partir de 1936.
Les renseignements des Zéfis étaient transmis par courriers spéciaux à l’organisme de ” Vowi ” (initiales de ” Économie du Peuple “) contrôlé par Hermann Schmitz, qui se chargeait de les répercuter aux bureaux des Ministère des Affaires Étrangères et à l’organisation à l’étranger du parti nazi.
Les notes les plus confidentielles étaient réservées à H. Schacht, le grand financier du Reich jusqu’en hiver 1939 (remplacé ensuite par W. Funk) et à Martin Bormann.
Tout Zéfi itinérant devait rendre compte de ses contacts, conversation et remarques, etc… Les listes en notre possession, valables jusqu’en 1945, couvrent une vingtaine de pays sur tous les continents.
En France, un certain W. P… était un Zéfi. Son frère Mario exerçait en Italie en tant que journaliste. En Suisse, M. F… ; en Inde, K… et Karl K… ; en Norvège, F…, puis F…, etc… Aux États-Unis, c’est le groupe Chemnyko, sous la supervision de Walter Duisberg (dont l’auteur a connu la famille après la guerre en Allemagne) et de Rudold Ilgner, frère de Max, qui manipulait plusieurs Zéfis, ou hommes de confiance. Rudolf avait réussi à se faire naturaliser américain à la veille de la guerre de 1939.
Max Ilgner, arrêté en 1945, a été interrogé par Holland (Towell) et a dénoncé sans trop de pressions, l’industriel B… qui, près de Berlin, avait camouflé chez lui d’importants dossiers, puis un certain H…, directeur de l’Économie nationale, qui cachait chez lui en Haute-Bavière, d’autres documents.
L’enquête a conduit ensuite à des dossiers dissimulés dans la mine ” Theodor “, à Dillingen puis à Mademoiselle F…, à Würzburg-Neue Velt, Leulfresserweg.
Ces documents ont été mis sous le coude parce qu’Ilgner révélait en 1945 que des transactions illégales, menées grâce aux Zéfis, étaient passées par la National City Bank et l’Internationale Acceptance Bank, où Paul Warburg avait son mot à dire.
A la veille de la capitulation de l’Allemagne, Ilgner et Schmitz ont fait déposer sur des comptes secrets de quoi payer trois mois de salaires à tous les Zéfis, qu’ils fussent revenus en Allemagne ou encore en poste à l’étranger. Ce budget, d’une valeur de 600 millions de marks en 1944, était réparti dans seize banques. Cette note est tirée de l’annexe d’un ouvrage à …
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