Hommage à l’Abbé George Lapouge (Dec 2013)

Discours du Colonel Henri Debrun, Président de l’AASSDN, le 3 Décembre 2013 :

Permettez-moi de vous appeler encore ainsi aujourd’hui comme nous avions coutume de le faire, avec ce mélange de respect, d’admiration, d’attachement si représentatif de l’esprit qui nous anime toujours depuis la création, voici 60 ans, de l’ASSDN que vous avez rejointe peu après pour en devenir très vite l’aumônier jusqu’au début de ce siècle.

Abbé Lapouge en 1998

Pendant toutes ces années, vous avez apporté, d’abord à vos compagnons de guerre et à leurs familles, puis à ceux qui progressivement leur ont succédé, votre présence, votre sollicitude, votre foi communicative, votre dévouement de prêtre, votre regard d’homme d’église, votre lucidité parfois percutante, élevant nos pensées en gardien de nos âmes, émaillant notre vie associative d’homélies qui ont gravé nos mémoires lors des offices religieux de nos grands rassemblements. A bien des reprises, vous nous avez aidés à sublimer nos vies. Et vous avez eu la sagesse de confier ce ministère exercé pendant près de 40 ans à celui qui était votre discipline et votre fidèle ami, le Père Pierre Molin qui, lui, l’exerça plus de 10 ans et que Dieu rappela il y a juste 4 ans.

Aujourd’hui, vous l’avez rejoint comme vous avez rejoint toute la cohorte de vos compagnons de guerre : le Colonel Paillole, son épouse, le Général Rivet, le Général Navarre, le Colonel Lafont, dit « Verneuil » et bien d’autres, les responsables des services spéciaux militaires et des réseaux, tous ceux qui ont servi la France pendant ces années terribles dont les hauts risques des actions clandestines sont à présent volontiers estompés ainsi que celles et ceux qui ont fait sacrifice de leur vie dans des conditions difficiles à imaginer mais dont notre Mémorial national de Ramatuelle perpétue le souvenir de manière impérissable.

Cette « Pierre de Mémoire » sur laquelle sont gravés près de 320 noms de Morts pour la France au titre des services spéciaux pendant la guerre fut inaugurée le 3 mai 1959 par Monsieur Edmond Michelet, Ministre d’Etat, représentant le Général de Gaulle, Président de la République.

Vous avez célébré la messe de cette solennelle inauguration et en avez prononcé l’homélie. Vous étiez assurément le plus digne pour cet office religieux étant donné vos états de service pendant la guerre que je me dois d’exposer mais, rassurez-vous, succinctement. Accordez-moi seulement la latitude de prendre quelques libertés avec votre modestie et votre sens de la discrétion.

« Parachutiste – Thomiste – Canoniste »

A une certaine époque vous aimiez vous présenter ainsi :

  • « Parachutiste » : Le service de la France qui vous a toujours animé.
  • « Thomiste » : l’intelligence au service de la foi qui vous a toujours guidé dans votre sacerdoce.
  • « Canoniste » : Le droit pour que justice soit rendue, qui vous a mené à la fonction que vous avez exercée au tribunal de la Rote du Vatican.

Je parlerai bien sûr essentiellement de votre engagement au service de la France.

Dès l’été 1940, refusant la situation désespérée de notre pays, vous créez en liaison avec le S.R. de l’Armée comme officier de renseignement, un vaste réseau couvrant la Bretagne, le Nord de la France, la Belgique et le sud des Pays-Bas. Vous êtes nommé capitaine et chef de mission. C’est déjà le réseau « Roy », nom de votre alias, qui regroupera plus de 500 agents. Ce réseau recueille et transmet un nombre important de renseignements et de documents sur les forces de l’occupant. Le 31 décembre 1941 vous êtes arrêté à la frontière belge mais réussissez à vous évader début janvier 1942 en gare de Lille. Vous sécurisez alors votre réseau que vous continuez à diriger pleinement, ayant interrompu vos études au séminaire de Saint Sulpice.

Recherché activement par la Gestapo après l’arrestation en février 1943 de deux de vos compagnons, vous poursuivez cependant vos activités et échappez de justesse aux souricières tendues. Entre temps vous avez lancé un autre réseau « Manipule ».

Coupé de nos services depuis l’invasion de la zone dite « libre », vous décidez de gagner l’Afrique du Nord en passant par l’Espagne. Arrêté à Bilbao, vous êtes transféré à Burgos puis interné au camp de Miranda que vous quittez en juillet 1943 pour le Maroc en tant que ressortissant canadien. Vous reprenez alors contact avec le S.R. dirigé par le Colonel Rivet à Alger et, après plusieurs stages spécialisés vous êtes parachuté le 9 janvier 1944 en Haute Loire pour accomplir, avec votre réseau « Roy », une importante mission en vue du débarquement de Provence, en liaison avec l’OSS américain auprès duquel vous êtes détaché par la DGER.

Pour cette mission à très haut risque dans laquelle deux de vos radios périrent à Saint Génis Laval, les plus belles citations vous sont décernées :

Par le Général Patch, commandant la 7ème Armée américaine dans l’opération Dragoon, citation qui vous fut remise par le Général Eisenhower : « A Georges Lapouge, pour services exceptionnellement méritoires et courageux rendus au gouvernement des Etats-Unis et à ses alliés, du 9 janvier au 30 août 1944. A organisé un des plus efficaces et fructueux réseaux de renseignements opérant dans le sud de la France. A fourni un grand nombre d’informations précises sur la zone de l’objectif et des renseignements de dernière heure furent transmis par radio au commandement de l’opération alors en pleine mer, en route pour la France. Son ordre de bataille allemand était parmi les meilleurs reçus par l’état-major allié. L’habileté et le courage exceptionnels dont Georges Lapouge a fait preuve pour les forces alliées font honneur à la France. Le gouvernement des Etats-Unis a envers lui une grande dette de reconnaissance pour les services rendus ».

Par le Général de Gaulle vous nommant chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire et vous décernant la Croix de Guerre avec palme : « Dès juin 1940, a constitué un réseau de renseignement. Arrêté en décembre 1942, a réussi à s’échapper. En 1943, a rejoint l’Afrique du Nord en passant par l’Espagne. Parachuté en territoire occupé par l’ennemi le 9 janvier 1944, a repris la direction de son réseau jusqu’à la Libération, transmettant à Alger un millier de messages sur le stationnement des troupes ennemies, ses mouvements, ses fortifications, ses états-majors. A fait parvenir par pick-up un volumineux courrier considéré comme de la plus haute importance pour la conduite des opérations de débarquement ».

Par le Prince Régent de Belgique en 1949, vous nommant officier de l’Ordre de Léopold II avec palme et vous décernant la Croix de Guerre belge avec palme : « Organisateur et chef remarquable a mis sur pied dès le début de 1941 un très important réseau de renseignement opérant dans la zone nord française et dans le sud des Pays Bas. A fourni un nombre considérable de rapports de tout premier ordre sur l’ensemble de l’activité ennemie dans ces régions, rendant par ses recherches méthodiques et le contrôle rigoureux des documents recueillis d’inappréciables services à la cause de la Libération ».

Ordonné prêtre en 1947 après avoir repris vos études de séminariste, vous poursuivez des activités militaires comme officier de réserve au 11ème Bataillon de Choc et êtes promu chef de bataillon. Titulaire de la Médaille de la Résistance française, de la Croix du Combattant, de la Croix du Combattant volontaire de la Résistance et de la Médaille des Evadés vous avez été promu officier de la Légion d’honneur.

Un de vos anciens compagnons de combats clandestins a écrit à votre sujet : « N’hésitant jamais à prendre ses responsabilités, assurant toujours les missions les plus dangereuses, d’une prudence à toute épreuve lorsqu’il s’agissait de la vie de ses collaborateurs, l’Abbé Lapouge les a attirés par la pureté de son idéal patriotique et les a guidés avec un inlassable dévouement. »

Mais de tout cela, « Padre », vous aviez si peu parlé en 70 ans. Pardonnez-moi d’avoir tenté de le révéler aujourd’hui pour vous rendre l’hommage déférent que nous vous devons, contrevenant, j’en suis conscient, à votre discrétion bien connue.

A présent, nous vous saluons respectueusement « Padre » et vous demandons amicalement de veiller sur nous de « Là-haut »




Hommage à Michel THORAVAL (2006)

Le ” Petit Michel ” nous a quitté. Notre Président d’Honneur, Michel THORAVAL, est décédé et ses obsèques ont eu lieu le vendredi 29 septembre 2006, à 14 heures en l’église de Fouras, en Charente-Maritime.

Voici ce qu’écrivait le colonel Paillole dans la présentation de la plaquette “Un parmi d’autres” qui raconte la vie de soldat de Michel Thoraval :

” Parachuté près d’Issoire le 19 janvier 1943, Michel Thoraval va insuffler une vigueur nouvelle à nos réseaux de Renseignements et de Contre-espionnage. Rien ne lui est étranger de la technique radio, du chiffrement et du déchiffrement, du parachutage, des liaisons aériennes nocturnes (pick-up), des problèmes de C.E., de Renseignements et plus généralement de résistance à l’occupant. Rien ne le rebute, rien ne lui fait peur. Sa gentillesse, sa prudence, l’autorité souveraine qui se dégage de son calme, de ses qualités techniques et humaines s’impose à mes camarades. Ainsi se rétablissent, se perfectionnent et s’amplifient nos liaisons et la foi en la Victoire. “

Ce sont ces qualités qu’il a mises au service de notre Amicale pendant de si longues années.

DISCOURS DU PRESIDENT DE L’AASSDN – Septembre 2006

” Le Docteur Michel Thoraval est décédé le 25 septembre 2006. Il avait 85 ans.
Mu par un patriotisme exemplaire, il était animé des plus belles qualités qu’un service spécial ait pu rechercher pendant la guerre.

Évadé de France par l’Espagne où il avait connu cinq prisons dont celle de Miranda avant de gagner Gibraltar, il avait rejoint l’Angleterre au printemps 1942.

Repéré par l’I.S., il avait suivi un stage de parachutiste à Ringway et avait été formé à toutes les techniques de l’action clandestine en vue d’être envoyé en mission en France.

Ainsi, lorsque fin décembre 1942, le Commandant Paillole, qui avait gagné Londres après s’être lui-même évadé de France par l’Espagne et Gibraltar pour rejoindre Alger, fit part de ses problèmes et de l’urgence de les résoudre à ses amis responsables de l’I.S., ceux-ci lui proposèrent-ils Michel Thoraval.

Séduit, le chef du contre-espionnage français confia au ” petit Michel ” une première mission dans le Massif Central au titre des TR pour laquelle il suivit un stage complémenaire de ” pick-up ” à Tungmere où il rencontra le Group Captain Pickard.

Parachuté en ” blind ” le 19 janvier 1943 non loin d’Issoire par un Halifax, il s’acquitta parfaitement de cette délicate et périlleuse mission au cours de laquelle il rencontra Verneuil et les Généraux Frère et Olleris de l’ORA.

Récupéré par un Lysander le 18 février avec le Capitaine Bonnefous, il rejoint Londres avec d’importants documents destinés à être remis au Commandant Paillole à Alger, ce qui fut fait cinq jours après.

De retour à Londres en avril, il fut de nouveau parachuté près d’Issoire pour d’autres missions à haut risque : apporter des fonds et des postes de radio indispensables, organiser deux ” pick-up ” de personnalités et de membres importants de TR et réaliser l’évasion du Général Georges dont la présence était attendue à Alger par le Général Giraud et… Winston Churchill.

Cette dernière mission fut accomplie le 18 mai.

Un an après, il se prépara à débarquer en Normandie comme officier de liaison. Arrivé à Courseulles en juillet 1944, il prend contact avec les organisations de renseignement, de contre-espionnage et de résistance avant de devenir chef du poste TR de Rennes puis de Perpignan.

Il quittera l’armée à la fin de la guerre et reprendra ses études de chirurgien-dentiste.

Rejoignant l’amicale dès sa naissance, il en sera successivement Délégué régional de Paris-Ile-de-France, Vice-Président puis Président national adjoint avant d’être nommé Président national délégué et, en avril 2001, élu Président d’honneur.

Le Docteur Thoraval était officier de la Légion d’honneur et titulaire de la Croix de Guerre 39-45 avec trois citations à l’ordre de l’armée et de la médaille de la résistance. “
     

Voir notre rubrique Pages d’Histoire, extraits de nos bulletins:

Bulletin N° 013 – COMMENT EST Né LE T.R. Jeune : Les Missions du ” Petit MICHEL” (1) Présentation par le Colonel Paul PAILLOLE – Par Michel THORAVAL

Bulletin N° 014 – COMMENT EST Né LE T.R. Jeune : Les Missions du ” Petit MICHEL” (2) Par Michel THORAVAL

” Le Docteur Michel Thoraval est décédé le 25 septembre 2006. Il avait 85 ans.

Mu par un patriotisme exemplaire, il était animé des plus belles qualités qu’un service spécial ait pu rechercher pendant la guerre.

Évadé de France par l’Espagne où il avait connu cinq prisons dont celle de Miranda avant de gagner Gibraltar, il avait rejoint l’Angleterre au printemps 1942.

Repéré par l’I.S., il avait suivi un stage de parachutiste à Ringway et avait été formé à toutes les techniques de l’action clandestine en vue d’être envoyé en mission en France.

Ainsi, lorsque fin décembre 1942, le Commandant Paillole, qui avait gagné Londres après s’être lui-même évadé de France par l’Espagne et Gibraltar pour rejoindre Alger, fit part de ses problèmes et de l’urgence de les résoudre à ses amis responsables de l’I.S., ceux-ci lui proposèrent-ils Michel Thoraval.

Séduit, le chef du contre-espionnage français confia au ” petit Michel ” une première mission dans le Massif Central au titre des TR pour laquelle il suivit un stage complémenaire de ” pick-up ” à Tungmere où il rencontra le Group Captain Pickard.

Parachuté en ” blind ” le 19 janvier 1943 non loin d’Issoire par un Halifax, il s’acquitta parfaitement de cette délicate et périlleuse mission au cours de laquelle il rencontra Verneuil et les Généraux Frère et Olleris de l’ORA.

Récupéré par un Lysander le 18 février avec le Capitaine Bonnefous, il rejoint Londres avec d’importants documents destinés à être remis au Commandant Paillole à Alger, ce qui fut fait cinq jours après.

De retour à Londres en avril, il fut de nouveau parachuté près d’Issoire pour d’autres missions à haut risque : apporter des fonds et des postes de radio indispensables, organiser deux ” pick-up ” de personnalités et de membres importants de TR et réaliser l’évasion du Général Georges dont la présence était attendue à Alger par le Général Giraud et… Winston Churchill.

Cette dernière mission fut accomplie le 18 mai.

Un an après, il se prépara à débarquer en Normandie comme officier de liaison. Arrivé à Courseulles en juillet 1944, il prend contact avec les organisations de renseignement, de contre-espionnage et de résistance avant de devenir chef du poste TR de Rennes puis de Perpignan.

Il quittera l’armée à la fin de la guerre et reprendra ses études de chirurgien-dentiste.

Rejoignant l’amicale dès sa naissance, il en sera successivement Délégué régional de Paris-Ile-de-France, Vice-Président puis Président national adjoint avant d’être nommé Président national délégué et, en avril 2001, élu Président d’honneur.

Le Docteur Thoraval était officier de la Légion d’honneur et titulaire de la Croix de Guerre 39-45 avec trois citations à l’ordre de l’armée et de la médaille de la résistance. “
      

En savoir plus : Voir les extraits de bulletin suivants :

  • Bulletin N° 013 – COMMENT EST Né LE T.R. Jeune : Les Missions du ” Petit MICHEL” (1) Présentation par le Colonel Paul PAILLOLE – Par Michel THORAVAL
  • Bulletin N° 014 – COMMENT EST Né LE T.R. Jeune : Les Missions du ” Petit MICHEL” (2) Par Michel THORAVAL



Le Colonel d’Aviation André Sérot & le BREM – Opuscule

Le Colonel d’Aviation André Sérot est un grand nom des services spéciaux militaires de la guerre et des années qui l’on précédée. Il a accompli un travail considérable – et encore trop méconnu – de renseignement et de contre-espionnage sur l’Allemagne du IIIème Reich à partir d’un des postes les plus importants des services spéciaux militaires. Ce poste SR et CE, est appelé BREM (Bureau Régional d’Etudes Militaires).

Le BREM était une couverture des services spéciaux militaires. Il disposait de plusieurs antennes dans la région et même au Luxembourg. Dirigé par des chefs éminents comme les Colonel Mangès, Kunhmunch ou du Crest de Villeneuve, il comprenait des spécialistes de premier ordre de ce travail bien particulier de recherche et de recueil de renseignements, de lutte contre l’espionnage, de pénétration, d’intoxication, réalisé avec des moyens techniques qui aujourd’hui paraitraient dérisoires.

André Sérot est né à Xertigny le 24 juillet 1896, fils d’un maréchal des logis-chef de gendarmerie. Vosgien d’exception, le Colonel André Sérot a servi la France, tout au long de sa vie, avec courage, abnégation et détermination. Sa devise : « Servir sans se servir » illustre parfaitement cet engagement exemplaire et sans faille au service des intérêts des Français.

En 1923, Il est alors affecté au poste de Strasbourg, où déjà son goût pour le contre-espionnage se manifeste. Précurseur de l’intoxication, il s’infiltre dans l’Abwehr. Dans le, même temps, il pousse d’audacieuses recherches au plus profond de l’industrie aéronautique allemande.

En novembre 1942, lors de l’occupation totale de la France il est contraint à se mettre hors de portée de la Gestapo. Il rejoint Alger, en janvier 1943 où il se joint au Colonel Paul Paillole pour diriger les services de contre-espionnage et structurer définitivement la sécurité militaire.

Restée en France, Betty Sérot, sa femme, est déportée par les allemands à Ravensbrück. Elle sera libérée et accompagnera son mari qui a été désigné comme délégué de la France à la mission des Nations Unies en Palestine.

Le 17 septembre 1948, André Sérot est assassiné à Jérusalem, en même temps que le Comte Folke Bernadotte. Il est mort en héros de la paix.

NB: Opuscule complet en pièce jointe




Le Lieutenant-colonel Joseph Doudot & le BREM – Opuscule

Un des hommes du BREM (Bureau Régional d’Etudes Militaires) qui s’est illustré le plus dans les combats clandestins, lors de la deuxième guerre mondiale, fut indéniablement le Commandant, futur Colonel, Joseph Doudot, figure légendaire des services spéciaux militaires et maître dans ce domaine si complexe et si subtil du contre-espionnage.

Fils d’un modeste cultivateur, Joseph Doudot est né le 7 novembre 1902 à Altrippe dans la région de Saint-Avold, près de la frontière sarroise. C’est en juin 1930, sur ordre du colonel E. Laurent (qui succède, à H Lainey), que Doudot est affecté au C.E. du BREM de Metz.

Le BREM était une couverture des services spéciaux militaires. Il disposait de plusieurs antennes dans la région et même au Luxembourg. Dirigé par des chefs éminents comme les Colonel Mangès, Kunhmunch ou du Crest de Villeneuve, il comprenait des spécialistes de premier ordre de ce travail bien particulier de recherche et de recueil de renseignements, de lutte contre l’espionnage, de pénétration, d’intoxication, réalisé avec des moyens techniques qui aujourd’hui paraitraient dérisoires.

Sous la protection du BREM, le lieutenant Doudot du contre-espionnage offensif, fera une offre de service à l’Abwehr, il essayera de s’introduire dans le circuit Sarrois. Utilisé comme agent double, il s’infiltrera dans les rouages de l’Abwehr, avec l’aide de son adjoint le lieutenant Joseph Klein. Ils permettront la neutralisation de nombreux agents ennemis. Au BREM, ils pourront compter sur le soutien d’un grand nombre d’officiers appartenant à divers services.

Recherché par les services allemands, le 20 juin 1940, sur ordre personnel du capitaine Paul Paillole, il se repliera sur Alger. Il sera aidé par le Père Laurent bibliothécaire au Vatican.

Après une période au TR 119 d’Alger, il sera affecté en 1941 à Casablanca, aidant à la mise en place de TR 120. (Qui sera désormais et jusqu’à la libération l’indicatif du service de contre-espionnage clandestin TR).

Toujours sur indication du commandant Paul Paillole il quittera l’Algérie pour Londres, Grande Bretagne, le 5 mai 1944. Il sera affecté à une unité alliée de contre-espionnage destinée à assurer, lors de la Libération des territoires occupés, la sécurité des opérations militaires. (SCI Spécial Counter Intelligence Unit ou Task Force).

Le 2 septembre 1945 sonne la fin de la guerre.

Le 4 avril 1946, le quartier général des Forces Armées Américaines en Europe décernera au Commandant Joseph Doudot la médaille de la Liberté avec palme en bronze.

Le Colonel Joseph Doudot décédera le 23 mars 1980.

Opuscule complet ci-dessous : 




Biographie du General Meyer

Né à Belfort en mars 1921, aîné de six enfants. Son père, Ancien Combattant de 14-18, Président des Combattants Volontaires et Officier de Réserve, est un grand ami du Commandant André Sérot de l’Armée de l’Air, affecté au poste SR de Belfort, fer de lance des Services Spéciaux contre l’Allemagne. Le 3 septembre 1939, la guerre commence. Il a 18 ans. Candidat à l’Ecole de l’Air, il s’engage pour la durée de la guerre comme élève pilote. En mai 1940, il est admis en stage d’Aspirant à Agen mais la défaite bouleverse sa destinée et le 20 juin il cherche à gagner l’Angleterre avec des pilotes polonais à Saint-Jean-de-Luz. Arrêté, il est interné à Argelès. Il s’évade pour retourner à Belfort où il apprend que son père, mobilisé sur sa demande, était mort au combat le 20 juin… Il gagne alors la Suisse et se met à la disposition du Commandant Pourchot, attaché militaire adjoint près l’Ambassade de France à Berne et représentant des Services Spéciaux militaires. Avec lui il créera le réseau de renseignement ” Bruno ” rattaché plus tard au SR Kléber.Il a tenté en vain, à huit reprises, de rejoindre l’Angleterre. Mais le Commandant Sérot l’a persuadé de poursuivre la lutte en France dans la clandestinité du Service de Renseignement. Dès juillet 1940, il se lance à corps perdu dans ce combat de l’ombre.Il constitue progressivement plusieurs réseaux très étoffés qui couvrent toute la France qu’il sillonnera à bicyclette pendant quatre ans, de Belfort à la Normandie ou à la Pointe de Bretagne et du Nord à la Provence. Il parcoure aussi la Belgique, les Pays-Bas et même une large partie du Reich. Sa mission prioritaire : identifier les unités allemandes afin de dresser en permanence l’ordre de bataille ennemi. Malgré sa jeunesse, mais grâce à ses qualités exceptionnelles, il va recueillir des renseignements d’importance capitale et, bravant tous les dangers, il deviendra au fil des mois le meilleur agent de ” Bruno ” et l’un des hommes clés des services alliés en Europe, en particulier de l’OSS.Échappant, souvent de justesse, aux contrôles et aux recherches des services allemands, il sera tout de même appréhendé douze fois, et plusieurs de ses agents seront, hélas, arrêtés et déportés.De 1940 à 1944, il organise environ 400 passages de la frontière suisse ou d’Alsace et de la ligne de démarcation, permettant ainsi l’évasion de près de 1.200 Français et alliés dont celle du Général Giraud. Il parviendra ainsi à confier au Commandant Pourchot à Berne le Drapeau de la Section des Combattants Volontaires de Belfort que présidait son père.Cette intense activité le ramène cependant toujours à Belfort, point nodal de la “toile ” qu’il a tissée.La citation pour sa nomination à titre exceptionnel au grade de Chevalier de la Légion d’honneur stipule notamment : ” A obtenu un rendement exceptionnel qui a contribué d’une façon déterminante à la préparation et au succès des débarquements alliés “.En septembre 1944, de Lattre approche de Belfort. Le Commandant Pourchot le met à la disposition du Service de Renseignement Opérationnel de la première Armée dirigé par le colonel Simoneau. C’est la mission ” Stuka ” pour laquelle il constitue un nouveau réseau spécifique.Ses renseignements permettent d’épargner la vie de nombreux soldats et influent sur l’issue de la bataille. Mais, trahi par un élément douteux, il est arrêté le 11 novembre 1944 à Belfort.Interrogé, torturé pendant près d’une semaine sans rien révéler, il est déporté le 18 novembre à la forteresse de Fribourg alors que la bataille de Belfort est déclenchée depuis le 15.Condamné à mort le 27, il parvient à s’évader à la faveur d’un bombardement. Au terme d’un périple de quatre mois en Allemagne, au cours duquel il sera repris et s’évadera de nouveau, il se présente, le 8 mars 1945, aux éléments avancés de la 9e armée américaine avec trois prisonniers, non sans avoir recueilli d’autres renseignements précieux, en particulier sur l’offensive des Ardennes. Une nouvelle Citation à l’ordre de l’Armée précise : ” doit être considéré de très loin comme le meilleur artisan de la préparation de l’offensive Vosges-Alsace, de l’avis de l’ennemi lui-même qui lui rendra cet hommage “. Ayant retrouvé le Colonel Sérot, il rejoint le Service de Renseignement Opérationnel de la Première Armée et repasse le Rhin le 31 mars 1945. La guerre se termine. Il y a consacré sa jeunesse, gagné trois citations à l’ordre de l’armée et la Légion d’honneur à titre exceptionnel. Lieutenant de Réserve, il est démobilisé en 1946. Après quelques années de vie civile durant lesquelles il sera le liquidateur national du SR français en Suisse et du réseau Kléber-Bruno, il est volontaire en 1951 pour servir en Indochine.Capitaine de Réserve en situation d’activité, il est affecté sur les bases aériennes de Bien Hoa et de Tan Son Nhut où il cré et commande, avec des éléments vietminh ralliés, un commando de contre-espionnage et de contre-sabotage. Le concept des brigades de recherches el de contre-sabotage – les BRCS – est né, il donne à celle de Bien Hoa le nom de ” commando Colonel Sérot ” assassiné à Jérusalem le 17 septembre 1948. En septembre 1953, il est le chef de l’antenne aéroportée de renseignement opérationnel auprès du Général commandant en chef en Indochine, notamment pour l’opération ” Atlante “et Dien Bien Phu où, dès fin 1953, il appele l’attention du commandement sur le choix de la cuvette qui ne lui paraît pas judicieux, compte tenu des renseignements dont il dispose. Par la suite il organise une filière d’évasion pour les personnalités vietnamiennes pro-françaises qui souhaitent rester à nos côtés et, en septembre 1955, il est rappelé en France. En mars 1956, il participe à la création pour l’Algérie, sur décision du Général de Maricourt, des Commandos Parachutistes de l’Air, dont il assure, jusqu’en 1961, la conduite opérationnelle. Affecté à Paris comme directeur et inspecteur des Commandos Parachutistes de l’Air il demande, en janvier 1963, un congé pour convenance personnelle compte tenu de l’attitude officielle à l’égard des Commandos de l’Air. Il occupe ensuite, pendant dix ans, diverses fonctions au sein de l’Armée de l’Air, notamment à la direction du personnel militaire (DPMAA) et il devient conseiller ” Commando ” avant d’être appelé à la direction de la Sécurité Militaire comme Chef d’État-Major inter-armées, de 1974 à 1976. Son dernier commandement sera celui de la base aérienne de Chartres, de 1976 à 1978. Il sera alors nommé Général de Brigade Aérienne en 2e section.

Entre temps, il adhère à l’amicale des Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale (A.A.S.S.D.N.) et en devient administrateur en 1978, puis Président National Adjoint.Il sera également un membre influent de plusieurs autres associations ou fédérations patriotiques. Grand’Croix de la Légion d’Honneur, Grand’Croix de l’Ordre National du Mérite, titulaire des Croix de Guerre 39-45 et des Théâtres d’Opérations Extérieures, de la Croix de la Valeur Militaire et de la Croix de la Vaillance Vietnamienne avec treize citations dont huit palmes ainsi que de la Médaille de la Résistance et de bien d’autres décorations. Blessé à cinq reprises.

Décédé le 6 mai 2006

Bio reprise au sein du discours d’adieu du Président de l’AASSDN le 12.05.06




Colloque Apres l’Affaire Farewell conséquences géopolitiques

Un compte rendu de P Ferrand et M Moulin sur le colloque qui s’est tenu a l’Ecole militaire consacre aux consequences geopolitiques de l’Affaire Farewell.




Regards sur le printemps arabe

Un article du General MARTINEZ sur le printemps arabe un an apres ce vent de revolte.




Le printemps arabe

Extrait du bulletin 229 une conference de Alain Chouet ancien chef su service de renseignement de securite de la DGSE expert du monde arabo-musulman, tres eclairante sue les mouvements du pritemps arabe .




Extrait du congres de Dijon

Un apercu du congres de Dijon avec la cloture de l’Assemble generale.




Extrait du Bulletin : Roger Lafont ( Verneuil ) et ” Saga Verneuil (2) “

Introduction du Colonel Paul PAILLOLE

” La Saga VERNEUIL ” (2) , par le Colonel Paul BERNARD

Qui mieux que nombre des membres de notre Association pourrait apporter le témoignage d’événements vécus ou le fruit de leurs recherches, cette rubrique leur est ouverte sans exclure évidemment les signatures qui voudront bien nous confier leurs travaux. 

Dans le Bulletin N° 155 du 3° trimestre 1992, nous avons publié les souvenirs du Colonel Bernard qui fut l’un des plus intimes collaborateurs du Colonel Roger Lafont, le prestigieux Verneuil, chef de notre réseau de Contre-espionnage clandestin (T.R.) d’août 1942 à 1945, puis patron incontesté et respecté du Service 23 du S.D.E.C.E.

Sous le titre « La Saga Verneuil », le Colonel Bernard expose les conditions difficiles dans lesquelles Lafont prit la tête de notre réseau de C.E. et l’œuvre accomplie avec une maîtrise exceptionnelle.

Cette maîtrise était, certes, inspirée par une nature pondérée, prudente, douée d’un instinct infaillible et d’une force de caractère peu commune, mais aussi par une expérience de la recherche et de l’espionnage, acquise bien avant la 2e guerre mondiale. Sa technique du Contre-espionnage rodée face à l’Abwehr dans les années trente, valurent à Lafont une  réputation « flatteuse » Outre-rhin mais aussi un dossier épais de la police allemande concluant au danger qu’il représentait et à la nécessité de le neutraliser. 

C’est cette antériorité dans le métier, que le Colonel Bernard évoque pour nous, avec toute l’admiration et le respect qu’il porte à son ancien patron.

Cette évocation vient à son heure pour tirer de l’oubli non seulement une grande figure de Soldat, mais aussi les enseignements de l’Histoire en matière de Sécurité et de Renseignement.

 

« LA SAGA VERNEUIL » ( suite et fin )

par le Colonel Paul BERNARD

 

LES ORIGINES DE MA VOCATION POUR LE C.E.

J’ai fait la connaissance du Colonel Lafont alors que, sous le pseudonyme de « Capitaine Bernard », il commandait, à Forbach, une antenne de notre Poste S.R. de Metz.

C’était au début de 1932.

A cette époque les Allemands essayaient de voler, à Saint-Avold où je tenais garnison, des fusils-mitrailleurs du modèle récemment adopté par l’armée française (F.M. 27-29).

C’était la première fois qu’il m’était donné de voir opérer les Services Spéciaux français et leur maestria m’avait beaucoup frappé. C’est parce que j ‘avais eu en cette occasion la preuve de leur efficacité que j’ai sollicité l’honneur de les rejoindre lorsque je me suis rendu compte, en novembre 1940, qu’une poursuite efficace de la lutte contre les Allemands ne pouvait se concevoir que dans le cadre d’un organisme clandestin solidement structuré. Or, à l’époque, de tels organismes n’étaient pas nombreux il n’y avait encore ni maquis, ni O.R.A. et les réseaux de renseignement d’obédience gaulliste démarraient à peine. Je devais choisir entre les 3 seuls organismes déjà lancés dans la Résistance que je pouvais facilement toucher:

— Services Spéciaux Militaires (réseaux clandestins S.R. et C.E.)

— Services de Camouflage du Matériel (C.D.M.)

— Réseau britannique du Commandant Maurice Buckmaster (réseau auquel s’était inscrit un de mes anciens camarades de la I° demi-brigade de Chasseurs).

 

Mon choix des Services Spéciaux français était d’autant plus normal que j’avais eu la chance, fin août 1940, d’aider un des officiers de T.R. 112, le Capitaine Rigaud à recruter d’excellents agents.

J’avoue que ce choix était également inspiré par le souvenir précis que j’avais gardé de mon premie…