Géopolitique: L’alliance sino-iranienne face au chaos mondial

Le 14 février 2023, le président iranien Raissi était reçu en grande pompe par Xi Jinping au Grand Palais du Peuple. La visite qui intervenait après le voyage de Président chinois en Arabie saoudite et sa rencontre avec les dirigeants du Golfe en décembre 2022, entendait réaffirmer la solidité du rapprochement stratégique opéré par Pékin avec l’Ayatollah Khamenei, le 23 janvier 2016.

Quant à Raisi, c’était son premier déplacement international depuis l’intensification des manifestations de septembre, 2022, contre la brutalité du régime, à la suite de la mort de Mahsa Amini. Déjà à l’époque, comme elles le font depuis 1979, les forces de sécurité avaient délibérément tiré à balles réelles sur la foule.

Après le développement du mouvement « Femme, Vie, Liberté », qui suivit la mort, dans un commissariat de la jeune femme kurde Mahsa Amin accusée de « port de vêtements illégaux », le régime avait accéléré le recours à la peine de mort, au point qu’au cours de 2023, le nombre d’exécutions capitales fut le plus élevé depuis 2015.

*

Alors que les relations entre Pékin et Téhéran se sont sérieusement resserrées depuis 10 ans, après la visite, le 23 janvier 2016 à Téhéran de Xi Jinping (lire : Pékin face à l’embrasement du Moyen-Orient. Avec Moscou et Téhéran une coagulation anti-occidentale) au Guide suprême Ali Khamenei, aujourd’hui victime des premières frappes américaines, Pékin a, avec la Russie été l’un des tous premiers pays à condamner l’attaque de Washington et d’Israël contre l’Iran des Mollahs.

Au moment où, après l’élimination de Khamenei, Vladimir Poutine présentait ses condoléances à la théocratie iranienne, ferment d’une vaste vague terroriste dans le monde depuis 1979, le Waijiaobu qui n’est pas allé aussi loin, déclarait néanmoins dans la foulée que le Guide suprême dont la responsabilité dans les massacres de milliers de manifestants en janvier 2026 est avérée, avait été assassiné [1].

Après un échange téléphonique avec le MAE russe Sergei Lavrov rapporté par Xinhua, Wang Yi, le ministre lui-même soulignait, que « les frappes menées par les États-Unis et Israël – alors que Washington et Téhéran étaient en pleines négociations sur le programme nucléaire iranien [2] – étaient inacceptables et contraires au droit international. ».

Il ajoutait que Pékin était « profondément préoccupé par la propagation en cours des combats dans le golfe Persique qui risquait de plonger tout le Moyen-Orient dans un abîme dangereux 危险的深渊 Weixian de shenyuan ».

Au passage, les accords de défense et de coopération signés, depuis 1995 et jusqu’en 2008, par Paris avec l’Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, les Émirats, Djibouti, la Jordanie et l’Irak et, plus encore, la présence de la base française d’Abou Dabi, aux Émirats, à 250 km du détroit d’Ormuz place nolens volens la France au cœur du conflit en cours.

Rappelons que l’emprise française elle aussi touchée sans gravité par une frappe de drone le 1er mars se trouve au milieu de la quinzaine de bases américaines, en Arabie Saoudite, au Koweit, à Bahrein (PC de la 5e flotte de l’US Navy), au Qatar, en Irak et en Jordanie, toutes visées par les ripostes iraniennes.

La coagulation des intérêts communs entre Téhéran et Pékin qui date du « partenariat stratégique global » conclu en défiance à l’Amérique lors de la rencontre entre Xi Jinping et l’Ayatollah Khamenei le 23 janvier 2016, s’était précisée à un moment où Téhéran était de plus en plus isolé, frappé par les sanctions votées entre 2006 et 2010 par le Conseil de sécurité de l’ONU destinées à bloquer son programme nucléaire militaire [3].


Chine – Iran.
Après une coopération nucléaire proliférante, un rapprochement stratégique anti-américain

Le contexte impossible à ignorer quand on évoque la relation Chine – Iran, est que de 1996 à 2024 [4], l’AIEA n’a cessé ses mises en gardes contre les risques de prolifération nucléaire militaire en Iran sur les trois sites de Natanz, Fordo et Ispahan équipées de centrifugeuses dont la construction avait été soutenue par Pékin entre 1987 et 1997, par la fourniture de composants et les conseils de ses experts.

Dix ans avant la rencontre entre Xi Jinping et Khamenei, la Chine de Hu Jintao avait cependant atteint la lisière extrême de son agilité stratégique quand, montrée du doigt par l’AEIA, elle renonça à sa coopération nucléaire avec Téhéran et accepta à partir du 31 juillet 2006 – résolution nº1696 – de s’associer (ou de ne pas les bloquer) aux résolutions onusiennes après s’y être longtemps opposée par son veto.

Par la suite, 8 résolutions furent votées avec la Chine et la Russie par le Conseil de sécurité entre 2007 et 2015, année de l’accord global dit « Joint Comprehensive Plan of Action – JCPOA – ». Dénoncé par D. Trump en 2018 ce dernier stipulait que les sanctions progressivement levées entreraient à nouveau en vigueur si Téhéran ne se conformait pas à ses dispositions (entre autres : destruction du stock d’uranium enrichi, désactivation des 2/3 des centrifugeuses pendant une période de 13 ans, inspections de l’AEIA).

Trois ans après la visite de Xi Jinping à Téhéran, les Mollahs avaient, pour se donner une respiration internationale, rejoint l’initiative chinoise des Nouvelles Routes de la Soie en 2019.

En 2023, ils se sont associés à l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) créée conjointement par Moscou et Pékin avec les pays de leur glacis commun de l’ancienne Asie Centrale soviétique, aujourd’hui de plus en plus pilotée par la Chine et, un an plus tard, à l’organisation intergouvernementale des BRICS, dont la Chine est avec la Russie l’un des quatre membres fondateurs.

Avec, sous l’impulsion de Xi Jinping, un fond d’image stratégique de plus en plus anti occidental, la Chine est devenue le principal acheteur du pétrole iranien qu’elle obtient à un prix réduit, mais qui ne représente que 13,4% du total des importations chinoises dont la majorité vient d’abord de Russie et d’Arabie Saoudite, avec les autres fournisseurs secondaires que sont l’Iran, l’Irak, le sultanat d’Oman, l’Angola, les Émirats et le Brésil.

Pour autant en dépit de ses efforts de diversification et malgré l’accroissement de ses stocks stratégiques augmentés de près de 5% en 2025, c’est peu dire que la déstabilisation en cours de l’Iran inquiète la Chine. Selon Jodie Wen, chercheuse associée au Centre pour la sécurité et les stratégies internationales de l’Université Qinghua à Pékin, le conflit qui s’embrase aura un impact considérable sur la sécurité énergétique du pays.

L’irritant stratégique du détroit d’Ormuz.

Enfin, dans le contexte violent en cours où, à la rédaction de cette note, le 4 mars, l’Iran avait déjà riposté par des tirs de missiles contre les Émirats, le Qatar, l’Arabie Saoudite, le Koweit et Bahrein qui abritent des bases américaines, Pékin surveille étroitement la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz que les Mollahs disent avoir fermé à la navigation dès le 3 mars par une déclaration menaçante d’Ebrahim Jabari, conseiller principal du commandant en chef des Gardiens de la révolution.

« Le détroit est fermé. Si quelqu’un tentait de le franchir, les héros des Gardiens de la révolution et de la marine régulière incendieraient ces navires ».

La décision, inacceptable pour Washington qui la voit comme un échec stratégique majeur, est intervenue alors que le transport maritime mondial avait déjà subi des perturbations liées aux attaques de drones et de missiles menées par les militants houthis du Yémen, soutenus par l’Iran qui ciblent des navires en mer Rouge et dans le golfe d’Aden depuis le début de la guerre à Gaza en 2023.

Pour Cyrille Poirier-Coutansais, directeur de recherche au Centre d’études stratégiques de la Marine nationale, le gel actuel du trafic de marchandises dans le détroit est « sans précédent ».

De fait le trafic maritime dans la zone subit déjà d’importantes perturbations. Depuis les frappes israéliennes et américaines contre l’Iran, le 28 février, les plus grandes compagnies maritimes mondiales, l’italo-suisse MSC, le danois Maersk, le français CMA CGM, l’allemand Hapaq Lloyd et le chinois Cosco, ont ordonné à leurs navires de se mettre à l’abri.

S’il est exact qu’en Arabie saoudite, aux Émirats et en Irak, il existe des infrastructures de contournement du détroit par des oléoducs, vers la mer Rouge, le golfe d’Oman et la Méditerranée, il n’en reste pas moins que le blocage d’Ormuz est un choc extrêmement grave pour la Chine dont au moins 40% des importations de pétrole passent par le détroit.

Alors qu’elle serait immédiatement confrontée à des pénuries, pas uniquement de pétrole, mais également de gaz GNL dont 30% de ses achats viennent du Qatar et des Émirats, tout indique que les appels au calme de Pékin répondent d’abord à ses intérêts directs immédiats, liés à ses vulnérabilités énergétiques.

En d’autres termes, s’il est exact que par ses déclarations condamnant Washington, Pékin apporte un soutien à Téhéran, il est probable que l’appareil chinois use dès à présent en coulisse de son influence sur les Mollahs. L’objectif est qu’ils ne ferment pas la navigation dans le détroit dont le blocage porterait d’ailleurs aussi un sérieux coup aux revenus iraniens de la vente du pétrole.

Un choix stratégique risqué.

Enfin, l’évolution de la situation au Moyen Orient aujourd’hui violemment enflammée et les circonstances des échéances politiques internes en Chine, conduisent à réduire la focale de l’analyse à une interrogation sur la pertinence des choix stratégiques de l’appareil.

Au total, seulement deux mois après l’opération de Washington contre Maduro dont les stratégies à la suite de Chavez avaient, sous le nez de Washington, rapproché Caracas de la Chine et de l’Iran, lui-même appuyé par ses proxys terroristes (lire : La longue saga du rapprochement révolutionnaire entre Caracas, Pékin et Téhéran) et au moment même où, à Pékin, s’est ouverte, le 5 mars, la réunion annuelle des deux assemblées, le Parti et Xi Jinping sont, en dépit de la propagande mettant en scène leur vertueuse infaillibilité, confrontés à des doutes.

Pour l’essentiel, ces derniers concernent une stratégie qui, au nom de la rivalité anti-occidentale, s’est, avec la Russie, rapprochée de régimes dont, quel que soit l’angle de vue, le bilan interne est terriblement contesté et avec qui la proximité est objectivement plus devenue un fardeau qu’un atout stratégique.

Alors qu’au Moyen Orient la situation est embrasée par le durcissement des Mollahs contre le peuple iranien et l’offensive de grande ampleur de l’aéronavale américaine qui vise au moins la destruction de la capacité de nuisance de la théocratie au pouvoir à Téhéran, il est aujourd’hui légitime de s’interroger sur la pertinence du partenariat stratégique noué il y a dix ans entre Khamenei et Xi Jinping.

Déjà en novembre 2023 et en février 2024, QC analysait que Xi Jinping abandonnant la prudence stratégique de Deng Xiaoping, avait clairement fait le choix de l’Iran et de la « rue arabe ». Lire : A la croisée des chemins, Pékin fait le choix de « la rue arabe » contre l’Occident & La stratégie chinoise de « sécurité globale » face aux réalités de la guerre.

Aujourd’hui, pour Pékin, le risque d’un porte-à-faux saute aux yeux.

40 ans après les aides chinoises au développement d’une arme nucléaire iranienne dont la perspective est toujours au cœur de la vigilance de Washington, le « Grand Satan » américain attaque l’allié théocratique terroriste de la Chine, qui, lui-même, a réagi en lançant des missiles contre Israël et plusieurs pays de la région où les États-Unis ont des intérêts militaires (Arabie Saoudite, Qatar, Bahreïn, Irak, Jordanie, Koweït, Émirats arabes unis – EAU) – Oman).

Des lors qu’il n’est pas impossible que ces derniers se retournent eux-mêmes contre Téhéran, le choix stratégique de Pékin de pencher vers le régime des Mollahs et la rue arabe pourrait, surtout si, comme c’est probable, les Ayatollahs perdaient le pouvoir, s’avérer avoir été une fausse manœuvre de grande ampleur.

Pour l’instant, les jeux ne sont pas faits, mais les perspectives ne sont pas bonnes. Le 3 mars, selon les premières informations venues d’Arabie Saoudite où, à Ras Tanura, la plus grande raffinerie de Saudi Aramco touchée par une attaque de drone a été mise à l’arrêt, la réaction de Mohamed Ben Salman ne laissait pas présager une bienveillance des pays arabes de la région à l’égard de Téhéran.

Editorial de François DANJOU
Question Chine
05 mars 2026

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Note(s) :

[1] Pour le contexte, rappelons que l’ONG Amnesty International fait depuis longtemps état « du recours systématique des forces iraniennes de sécurité à une force illégale et meurtrière, ainsi qu’à des arrestations arbitraires pour étouffer les protestations ».

Les documents de l’ONG mettent notamment en évidence un schéma bien établi de violences directes impitoyables lors des protestations publiques de décembre 2017–janvier 2018, novembre 2018 et novembre 2019, juillet 2021, mai 2022 et, lors du soulèvement « Femme Vie Liberté », suivant l’assassinat en septembre 2022 par la police des Mollahs de la jeune femme kurde de 22 ans, Mahsa Jîna Amini martyrisée dans un commissariat pour « port de vêtements inappropriés ».

[2] Selon plusieurs sources, Téhéran qui espère la levée des sanctions, aurait seulement accepté une surveillance complète par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et la réduction du niveau d’enrichissement de ses stocks d’uranium. Mais les Mollahs auraient refusé de céder aux exigences américaines de réduire leur arsenal balistique estimé à 2000 missiles, dont près de 1500 de portée moyenne capables d’atteindre Israël ou des bases américaines dans la région.

[3] Durant les années quatre-vingt-dix les crispations contre l’Iran gouverné par les Mollahs aidés par la Russie et la Chine se sont cristallisées autour de la construction d’une usine d’enrichissement à Ispahan à 350 km au sud de Téhéran et de la reprise par Pékin à la suite de Moscou de la construction de réacteurs nucléaires civils dans la zone de Bushehr, le tout faisant partie d’un accord de coopération nucléaire signé en 1990 longtemps resté secret et approfondi en 1992.

L’énergie nucléaire civile n’est certes pas illégale. Mais pour Henry Sokolski du Centre de formation sur la politique de non-prolifération de Washington, cité par le WSJ en avril 2016, les réacteurs civils « peuvent être de gros producteurs de plutonium de qualité militaire ».

Il ajoutait que « la construction d’une petite usine de retraitement clandestine pour extraire le plutonium est en réalité plus facile que d’installer une usine de centrifugation comme celles déjà opérationnelles à Natanz et à Fordo. »

Toujours selon le WSJ, le risque de prolifération de centrales civiles avait été avéré en octobre 2012, lorsque l’Iran retira de Bushehr, sans prévenir l’AIEA, des barres de combustible contenant jusqu’à 220 kilos de plutonium de qualité militaire, soit suffisamment pour 24 bombes nucléaires de type Nagasaki.

[4] En 2024, l’AIEA signalait encore que l’Iran continuait d’accroître son enrichissement d’uranium jusqu’à 60%, se rapprochant ainsi du niveau nécessaire à la fabrication d’armes nucléaires. Fin 2024, les stocks iraniens d’uranium enrichi à 60% avaient augmenté, ce qui a entraîné une montée des tensions et une résolution du Conseil des gouverneurs en novembre 2024, à la suite de laquelle l’Iran avait, par défi, annoncé l’extension de son programme d’enrichissement.




Sécurité : Agir militairement contre les cartels de la drogue et les gangs

Trump encourage les dirigeants latino-américains à utiliser l’action militaire pour aider les États-Unis à combattre les cartels

(Extrait)

DORAL, Floride — Le président Donald Trump a déclaré samedi que les États-Unis et les pays d’Amérique latine s’unissaient pour combattre les cartels violents. Son administration cherche ainsi à démontrer son engagement à recentrer la politique étrangère américaine sur l’hémisphère occidental, même face aux crises majeures qui secouent le monde.

Réunis dans son club de golf près de Miami, Trump a exhorté les dirigeants régionaux à entreprendre une action militaire contre les cartels de la drogue et les gangs transnationaux qui, selon lui, constituent une « menace inacceptable » pour la sécurité nationale de l’hémisphère.

« Le seul moyen de vaincre ces ennemis est de déployer la puissance de nos armées », a déclaré Trump. « Nous devons utiliser nos forces armées. Vous devez utiliser les vôtres.»

Citant la coalition menée par les États-Unis qui a affronté le groupe État islamique au Moyen-Orient, le président républicain a déclaré : « Nous devons maintenant faire de même pour éradiquer les cartels chez nous. »

Extrait de l’article publié sur Defense News
par Aamer MADHANI, Joshua GOODMAN et Alanna DURKIN RICHER
Chroniqueurs à l’Associated Press
07 mars 2026

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Menace asymétrique : missiles hypersoniques et ravitaillement en vol

Les nouveaux missiles hypersoniques perturbent gravement à la fois les doctrines militaires formelles et la posture des forces navales. Confrontés à des armes capables de franchir tous les obstacles à des vitesses supérieures à Mach 5, les porte-avions, autrefois symboles de la puissance américaine, doivent, pour survivre, garder leurs distances avec des territoires en guerre. Les avions ravitailleurs sont un point crucial pour la projection de la puissance navale vers le système de projection aérienne.

Leur utilisation est donc essentielle pour augmenter la portée des avions embarqués. Ils peuvent, par exemple, compléter le carburant nécessaire dans un environnement maritime où ils sont capables de mener des activités à longue distance sans base terrestre. Pour les groupes aéronavals, les avions ravitailleurs sont un facteur clé affectant les distances de déplacement des chasseurs, des avions de surveillance ou de guerre électronique.

Par conséquent, la doctrine d’utilisation militaire des porte-avions dépend fortement de la fiabilité et de l’efficacité des plateformes de ravitaillement nécessaires pour permettre aux États-Unis de maintenir leur domination aérienne et de manœuvrer autour des mers. La prolifération des missiles hypersoniques modifie fondamentalement les concepts militaires et la posture de la Marine.

Réalité stratégique

La réalité stratégique a été soulignée par les opérations menées par les États-Unis contre les rebelles houthis en 2025. Les forces américaines ne pouvaient pas frapper efficacement sans ravitailler leurs avions tout en gardant leurs porte-avions à une distance de sécurité. Ces opérations nécessitaient un réseau logistique aérien complexe avec les ravitailleurs comme pilier de l’équipage aérien. On a observé cette tendance lors du déploiement des troupes militaires américaines au Moyen-Orient en janvier 2026. Lorsque l’USS Abraham Lincoln puis l’USS Gerald R. Ford ont été positionnés dans la région, quatorze avions ravitailleurs de l’US Air Force ont été déployés à l’aéroport Ben Gourion en Israël, ce qui a permis une disponibilité accrue de la puissance aérienne américaine. Cette disposition a permis aux chasseurs de se lancer massivement sur le territoire iranien tout en protégeant les précieux porte-avions du danger.

Talons d’Achille bien connus

Mais cette dépendance aux avions ravitailleurs est une faiblesse que beaucoup des principaux adversaires connaissent trop bien. Les Russes et les Chinois ont constaté que frapper directement les porte-avions, couverts par des défenses multicouches, était complexe. Une stratégie beaucoup plus efficace consisterait à neutraliser les avions ravitailleurs qui permettent aux chasseurs de voler loin de leur base flottante. La Chine et la Russie développent des missiles capables de frapper ces maillons faibles.

L’introduction de nouveaux missiles hypersoniques, en particulier des véhicules planants hypersoniques (HGV), entraîne une menace fondamentalement différente pour le ravitaillement en vol dans les opérations aéronavales. Par exemple, les HGV russes, capables d’être manœuvrés en volant à des altitudes entre 26 km (à Mach 5) et 43 km (à Mach 15), peuvent changer de cap et d’altitude pour contourner les systèmes actuels de défense antimissile.

« Frapper les ravitailleurs plutôt que les porte-avions : une stratégie asymétrique redoutablement efficace que Moscou et Pékin ont érigée en doctrine. »

Cette capacité à agir dans des régions atmosphériques intermédiaires — au-delà de la fenêtre maximale d’opération pour les défenses antimissiles exo-atmosphériques (au-dessus de 100 km) et endo-atmosphériques (quelques dizaines de km) — rend la détection et l’interception des HGV particulièrement difficiles. Les flottes aériennes de ravitaillement, du fait de leur nature et d’une trajectoire prévisible lors du ravitaillement, sont considérées comme des cibles particulièrement vulnérables.

Ainsi, l’impact sur la capacité des groupes aéronavals à défendre leurs avions ravitailleurs contre les hypersoniques est grandement diminué et pourrait avoir des implications pour la liberté de manœuvre et la profondeur sous contrôle des opérations aéronavales.

Une transformation doctrinale

C’est une évolution stratégique que les experts décrivent comme l’extension du domaine de lutte en dessous du seuil nucléaire. Avec des armes qui leur permettent d’éliminer les forces de projection sans armes nucléaires, la Chine et la Russie remettent en question la domination conventionnelle américaine. Le missile hypersonique va au-delà de simplement servir de missile anti-navire : il est de plus en plus employé dans le but très asymétrique de décapiter la chaîne logistique aérienne, qui est une condition préalable à toute forme de projection de puissance moderne.

« Sans franchir le seuil nucléaire, les missiles hypersoniques suffisent désormais à paralyser la supériorité militaire conventionnelle de l’Occident. »

Confrontées à ces défis, les forces aéronavales occidentales doivent rechercher des adaptations doctrinales et technologiques. Cette augmentation de la vulnérabilité est cruciale à la fois pour la projection de puissance et l’efficacité opérationnelle des groupes aéronavals. Les stratégies russes ciblant ces plateformes, en particulier les derniers missiles hypersoniques capables de neutraliser rapidement des cibles de grande valeur, compromettent la capacité des forces occidentales à maintenir une présence aérienne à longue distance. Une telle évolution doit être repositionnée doctrinalement, que ce soit dans la planification opérationnelle ou dans le développement de contre-mesures techniques et organisationnelles.

S’adapter pour survivre

Ce sont des défis majeurs qui nécessitent que les forces aéronavales occidentales s’adaptent à de nouveaux systèmes, tels que la dispersion des actifs de la flotte, l’amélioration des systèmes autonomes, l’amélioration des capacités de détection, d’interception ainsi que la mise en place d’autres solutions en dehors du ravitaillement en vol traditionnel. L’objectif de toutes ces modifications est d’établir un minimum de résilience opérationnelle et de maintenir la légitimité de la dissuasion et de la projection de puissance, avec une capacité hypersonique moderne mise au défi.

Frédéric ROSARD
Revue Conflits
09 mars 2026

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Guerre en Iran : Le grand ébranlement

« Il serait difficile de trouver en un tyran une amitié solide,
parce qu’étant au-dessus de tous et n’ayant point de pair,
il se trouve déjà au-delà des bornes de l’amitié. »
           
(La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576).

« A Son Excellence le Président Donald Trump,

Une question directe : Qui vous a donné l’autorité de traîner notre région dans une guerre contre l’Iran ? Et sur quelle base avez-vous pris cette décision dangereuse ?
Avez-vous calculé les dommages collatéraux avant d’agir ? Ou bien ceux qui en subiront les premières conséquences seront les peuples du Golfe et du Moyen-Orient, pendant que vous restez à l’abri du danger ? 
» (1).

La lettre, datée du 5 mars et publiée sur son compte X (Twitter) en arabe, est celle d’un émirati, le milliardaire Khalaf Ahmad Al Habtoor, ancien diplomate, fondateur et président du groupe Al Habtoor, actif dans les secteurs de l’hôtellerie, de l’automobile, du leasing automobile, de l’immobilier, de l’éducation et de l’édition (2). Une personnalité influente, au-delà de la capitale (Abou Dhabi), de la ville de Dubaï et des sept émirats qui constituent les Etats Arabes Unis (Abou Dhabi, Ajman, Charjah, Doubaï, Fujaïrah, Ras el Khaïmah et Oumm al Qaïwaïn, 10 millions d’habitants). Voix écoutée dans la région, aussi, dans les Etats arabes du Golfe persique (Koweït, l’Irak, Bahreïn, Oman, le Qatar, l’Arabie Séoudite) et jusqu’en Iran, avec lequel les liens commerciaux sont profonds et anciens.

On se parle, d’ailleurs, ces jours-ci entre voisins. Nous avons été témoins, le 4 mars, sur Al Jazeera (anglais), d’un dialogue entre un Séoudien, un Qatari et un Iranien – des personnalités. « Vous n’êtes pas nos ennemis », disait l’Iranien, « nous bombardons les Américains qui nous ont attaqués ». « Nous devons regarder le futur », répondait le Qatari devant un Séoudien plus inquiet. Le ton était très calme, l’inquiétude réelle.

Pourquoi cette inquiétude ?

Parce que les monarchies du Golfe se pensaient à l’abri derrière le parapluie des Américains qu’ils hébergent. « Avez-vous calculé les dommages collatéraux avant d’agir ? » interroge bien Khalaf Al Habtoor en s’adressant à Donald Trump.

Or, si l’on en croit par exemple le colonel Douglas Macgregor, longtemps proche de Donald Trump et bien informé, les Américains, qui pour lui, n’ont pas de stratégie, ont de surcroît besoin de s’occuper d’eux-mêmes. En effet, les dégâts sur les bases américaines de la région sont importants. « Les Iraniens ont frappé 27 bases américaines jusqu’à présent (…) et je pense que nous n’avons encore que 500 intercepteurs de missiles en place sur le théâtre d’opération ». Comment réapprovisionner les navires ? « Comme je crois d’autres l’ont déjà souligné, il faut pratiquement sortir de la zone de combat pour se rendre soit à Diego Garcia, soit en Inde, soit, si l’on se trouve en Méditerranée, retourner en Europe pour se réapprovisionner » (3).

Le problème américain n’est donc pas de protéger leurs alliés. L’a-t-il jamais été ? Mais la situation ne semble pas optimale.

Le New York Times, relayé, par le site américain consacré à Wall Street ZeroHedge (4), confirmait dès le 4 mars l’importance des dégâts : « Les frappes iraniennes menées au cours du week-end et lundi ont endommagé des structures faisant partie ou situées à proximité de systèmes de communication et de radars sur au moins sept sites militaires américains à travers le Moyen-Orient, selon une analyse du New York Times basée sur des images satellites et des vidéos vérifiées (…). Les cibles visées semblent indiquer que l’Iran cherchait à perturber la capacité de communication et de coordination de l’armée américaine (…). Des frappes susceptibles d’affecter ces systèmes ont également eu lieu sur des installations militaires à Bahreïn, au Koweït, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis ».

Installations militaires oui, et pas seulement. Les villes sont touchées (ambassades américaines touchées et/ou fermées (Koweït, Arabie Séoudite, Jordanie…), sièges de la CIA bombardés (dont Dubaï), les installations pétrolières touchées et fermées (Arabie Séoudite, Qatar – second exportateur mondial de LNG, d’autres encore…). Sans compter les aéroports.

Ce qui amenait le ministre Qatari de l’énergie, Saad, al Khaabi, à confier au Financial Times ce 6 mars que le Golfe serait contraint de stopper ses exportations « dans les jours qui viennent » – et qu’il faudrait « des semaines ou des mois » pour que l’activité reprenne. Ajoutant : « Nous ne connaissons pas encore l’étendue des dégâts, car ils sont actuellement en cours d’évaluation. La durée des réparations n’est pas encore connue » (5). ZeroHedge relayait, le 5 mars (6), les propos tenus par un économiste spécialiste de l’énergie, Anas Alhajji, avec les analystes du groupe bancaire international suisse UBS qui avertissait de la panique mondiale à venir – notamment si le détroit d’Ormuz reste fermé aux navires des pays « non-amis » de l’Iran.

Pourquoi ?

Parce que, en dehors même des Etats du Golfe, pour lesquels on imagine la catastrophe financière et le désarroi parce qu’ils se pensaient sous protection américaine, le monde entier est percuté par un conflit dont personne ne voit exactement ni la raison (le nucléaire ? Un changement de régime ? Quoi d’autre ?) – ni la fin. Certains, dit Anas Alhajji, seront plus touchés que d’autres (les Etats-Unis et la Russie gagnants, « l’Europe, l’Inde et les Etats du Golfe perdant le plus » pendant que « la Chine est préparée à court terme ». Mais, « si la guerre dure plusieurs mois », elle « sera parmi les plus grands perdants ». De plus, ajoute-t-il, en dehors même des problèmes logistiques de remise en route, et c’est pour nous essentiel, on constate un « manque de coopération internationale (chaque pays jouant pour soi) ».

Comment faire autrement ? Chacun a des intérêts différents !

Les Russes – qui regardent les dollars rentrer avec les barils exportés – voient Donald Trump dire aux Ukrainiens qu’il ne faut plus compter sur leurs systèmes antimissiles. Les Américains en ont un besoin urgent pour eux-mêmes (7). Donald Trump a aussi « autorisé » l’Inde (sic, voir l’infographie) à se fournir en Russie. Laquelle a prévenu les Européens qu’elle pourrait anticiper la décision européenne de ne plus se fournir en LNG chez elle en coupant leurs exportations. Où les Européens, dépendants du Qatar, vont-ils trouver leur gaz liquéfié ?

La Chine, avare en paroles, semble plus que jamais décidée à aider l’Iran – renseignement et probablement armement. Tout en serrant la vis aux indépendantistes à Taïwan. Question, les Américains pourraient-ils réagir en cas où ? C’est une question qu’on ne peut contourner à Taïwan quand on voit abandonnées à leur sort les Etats du Golfe… Question que peut se poser la belle Sanae Takaichi, première ministre japonaise qui a semblé tout miser dès après son élection sur la « protection américaine ». A l’instant : la rue proteste en Indonésie contre les liens avec les Etats-Unis.

L’Europe, grande perdante, comme le dit Anas Alhajji, hésite – en ordre dispersé, sur l’attitude à adopter. L’Espagne refuse la guerre (8) – et de prêter ses bases aux avions américains. La France prête les siennes – mais reconnaît que l’attaque américaine ne respecte pas le droit international. Tout en envoyant son porte-avions en Méditerranée et en promettant de respecter ses accords de défense avec certains pays du Golfe (9) dont les Emirats arabes unis (Abou Dhabi) – après avoir dit qu’elle n’était « ni informée ni concernée » par cette guerre. Donald Trump se dit d’autre part « déçu » par les Britanniques qu’il juge pas assez « coopératifs » au Moyen-Orient (10) – il faut dire que leur base de Chypre a été attaquée par un drone qu’ils n’ont pas détecté.

Chacun pour soi, en effet. Avec cette énorme remise en cause pendant que la guerre continue, cruelle pour les civils partout, incertaine quant à son issue – quelle issue et quand ? On ne sait pas. Si la « protection » américaine ne fonctionne plus, si l’Amérique « parce qu’étant au-dessus de tous et n’ayant point de pair » dessert et déstabilise sans la moindre réserve ses alliés, alors est venu le temps du doute. L’ébranlement, inévitable, va être considérable. La page de l’après 1945 comme de l’après 1991 s’est tournée.

Celle de l’empire américain ?

Hélène NOUAILLE
La lettre de Léosthène
http://www.leosthene.com

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Cartes :

Les Emirats arabes unis
https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/jpg/emirats_arabes_unis_cle87ae75.jpg

Les bases américaines dans la région (source : Bloomberg)
https://brunobertez.com/wp-content/uploads/2026/03/image-8.png?w=844

 Le Golfe persique
https://www.diploweb.com/IMG/jpg/8-carte-tensions-golfe-persique-orcier-fmes-1200.jpg

 Infographie :

Autorisation américaine à l’Inde pour recevoir du pétrole russe
https://cms.zerohedge.com/s3/files/inline-images/Russia%20sanctions%20exemption.jpg?itok=3GXD7aBe

Notes :

(1) Lettre ouverte à Donald Trump en date du 5 mars 2026, publiée sur le compte X (Twitter) de Khalaf Ahmad Al Habtoor, traduction en français (avec original en arabe) par Bruno Bertez
https://brunobertez.com/2026/03/05/le-milliardaire-emirati-khalaf-ahmad-al-habtoor-vient-de-publier-une-lettre-ouverte-a-trump-elle-est-critique-indignee-et-elle-fait-du-bruit/ 

 (2) Le groupe Al Habtoor (traduction Google en français
https://www-habtoor-com.translate.goog/en/61/the-group/about-us/?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=rq

(3) Judge Napolitano avec le colonel Macgregor, le 5 mars 2026, vidéo (voir à 5’18)
https://www.youtube.com/watch?v=v3v_awsA7bs

(4) ZeroHedge, le 4 mars 2026 avec MAJ le 5 mars, Iran Signals ‘Prolonged War’ As US Strikes Go Deeper, Tanker Hit By “Large Explosion” Off Kuwait, Leaking Oil
https://www.zerohedge.com/geopolitical/hegseth-declares-winning-iran-while-us-comms-infrastructure-takes-severe-hits-tehran

(5) The Financial Times, le 6 mars 2026, Qatar warns war will force to stop energy exports ‘within days’
https://www.ft.com/content/be122b17-e667-478d-be19-89d605e978ea

(6) ZeroHedge, le 5 mars 2026, Energy Expert Warns UBS Just How Many Weeks A Ormuz Shutdown Would Send Markets ‘Out Of Control’
https://www.zerohedge.com/energy/energy-expert-warns-ubs-just-how-many-weeks-hormuz-shutdown-would-send-markets-out-control

(7) TASS, le 4 mars 2026, US could slow PAC-3 missile supplies to Ukraine due to Mideast conflict
https://tass.com/world/2096237

(8) Le Monde/AFP, le 4 mars 2026, Après les menaces de Donald Trump contre l’Espagne, l’UE et Emmanuel Macron expriment leur soutien au premier ministre, Pedro Sanchez
https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/04/apres-les-menaces-de-donald-trump-contre-l-espagne-l-ue-et-emmanuel-macron-expriment-leur-soutien-au-premier-ministre-pedro-sanchez_6669527_3210.html

 (9) France Info, le 4 mars 2026, Mathilde Bouquerel, Guerre au Moyen-Orient : on vous explique les accords de défense passés par la France avec les pays du Golfe, évoqués par Emmanuel Macron
https://www.franceinfo.fr/monde/iran/guerre-entre-les-etats-unis-israel-et-l-iran/guerre-au-moyen-orient-on-vous-explique-les-accords-de-defense-passes-par-la-france-avec-les-pays-du-golfe-evoques-par-emmanuel-macron_7845314.html

(10) BFMTV, le 3 mars 2026, François Blanchard avec AFP, “Il aurait dû aider”: Donald Trump se dit “déçu” par le Royaume-Uni, jugé pas assez “coopératif” au Moyen-Orient
https://www.bfmtv.com/international/amerique-nord/etats-unis/donald-trump/il-aurait-du-aider-donald-trump-se-dit-decu-par-le-royaume-uni-juge-pas-assez-cooperatif-au-moyen-orient_AD-202603030483.html




Hommage parisien au major Arnaud Frion, mort pour la France en Irak

Cérémonie d’hommage national au major Arnaud Frion au 7e bataillon de chasseurs alpins à Varces 

Madame Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, présidera le mardi 17 mars 2026, aux côtés du général d’armée Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre, la cérémonie d’hommage national au major Arnaud Frion.

Les honneurs funèbres militaires lui seront rendus le mardi 17 avril 2026 à 11h00 au 7e bataillon de chasseurs alpins à Varces (Isère).

Le 12 mars 2026, le major Arnaud Frion est décédé en opérations suite à une attaque de drone qui a frappé la base kurde de Mala Qara, en Irak, dans laquelle plusieurs militaires français stationnaient dans le cadre de leur mission de formation des forces armées irakiennes.

Un hommage sera également rendu, à Paris, le mardi 17 avril 2026 à 12h00

Le mardi 17 mars 2026 à 12h00, le gouverneur militaire de Paris présidera un hommage au major Arnaud Frion, mort pour la France en Irak.

La cérémonie, OUVERTE AU PUBLIC, aura lieu au monument aux Morts pour la France en opérations extérieures (Paris 15). Il s’agira de permettre aux parisiens et aux franciliens qui le souhaitent de rendre un dernier hommage au major Arnaud Frion, de marquer notre soutien à sa famille, à ses proches et à ses frères d’armes.
 

Modalités pratiques pour les Parisiens.

Horaires :

  • 12h00 : Début de la cérémonie en hommage à l’adjudant-chef Frion, présidée par le GCA Mizon, Gouverneur militaire de Paris.
  • Pour les porte-drapeaux mise en place terminée à 11h40

Accès :

  • 29 rue de la Montagne de la Fage – Jardin Eugénie Djendi – Parc André Citroën – 75015 Paris

Comment s’y rendre :

  • Lignes de bus 30, 42, 88, 169 : Leblanc-Delbarre,
  • Autre arrêt pour les lignes de bus 30 42 88 : Place Balard
  • Arrêt de métro 8 : Balard

Les stations de métro les plus proches sont Balard, Javel, Rue Leblanc, et Parc André Citroën, toutes à 
environ 580 mètres de distance. 

Ministère des Armées
Cabinet du gouverneur militaire de Paris

Source photo : Ministère des Armées




Vidéo : La guerre au Moyen Orient

Décryptage d’Alain Juillet,
Ancien directeur du renseignement de la DGSE

Nous vous proposons aujourd’hui une émission spéciale où Alain Juillet et Claude Medori décryptent le conflit entre l’Iran d’une part et les États-Unis et Israël d’autre part. Quelles sont les incidences géopolitiques et géostratégiques de cette guerre? Que peut faire la Chine et la Russie pour soutenir leur allié iranien ? Comme se positionne l’Europe? Nous vous offrons une grille de lecture prospective sur ce conflit.

Date de mise en ligne : 06/03/2026
Durée : 00:42:42
Compte YouTube Open Box TV




Vidéo/Podcasts : Retour sur le 09 mars 1945, début de la Guerre d’Indochine

A l’occasion de l’anniversaire de l’attaque surprise japonaise contre les forces françaises en Indochine le 9 mars 1945, l’AASSDN vous propose plusieurs interview du général Latanne.

C’est un retour sur la guerre d’Indochine (1945 – 1954), méconnue et meurtrière,  à travers le témoignage d’un jeune officier de l’époque.

Nature : Entretien
Titre : L’épopée d’Indochine | Pierre Latanne “
Episode : 14
Date de mise en ligne : 09/03/2025
Durée : 01:28:29
Réalisé par : Vétérans de France
Compte YouTube :  Vétérans de France

Découvrez le témoignage du général Pierre Latanne, alors jeune lieutenant engagé en Indochine, qui revient sur son parcours et son expérience au coeur du conflit

***

Nature : Podcast
Titre du podcast :J’étais sous-lieutenant en Indochine”
Episode : 1
Date de mise en ligne : 2022
Durée : 00:19:05
Réalisé par : Chloé, étudiante en Histoire Militaire
Compte Soundcloud : Radio Saigon

Ce 1er épisode est consacré aux premiers pas du général Latanne en Indochine, alors qu’il n’était qu’un jeune sous-lieutenant de 23 ans et chef de section au 5e bataillon de parachutistes vietnamiens, le célèbre “5e Bawan”. 

***

Nature : Podcast
Titre du podcast :De l’opération Castor aux premiers assauts sur Dien Bien Phu
Episode : 2
Date de mise en ligne : 2022
Durée : 00:29:16
Réalisé par : Chloé, étudiante en Histoire Militaire
Compte Soundcloud : Radio Saigon

Ce 2e épisode est consacré à l’opération Castor. Le général Latanne nous racontera donc son saut sur Dien Bien Phu avec le 5e BPVN le 22 novembre 1953, ainsi qu’une mission sur le Mont Pou Ya Tao en tant que jeune chef de section.
Attention aux âmes sensibles.

***

Nature : Podcast
Titre du podcast : “J’étais chef de section à Dien Bien Phu”
Episode : 3
Date de mise en ligne : 2022
Durée : 00:37:03
Réalisé par : Chloé, étudiante en Histoire Militaire
Compte Soundcloud : Radio Saigon

« ‘Les observations aériennes font état d’une forte présence Viet Minh autour de votre point d’appui, très certainement pour attaque imminente dans les heures à venir’.
Alors Bizard a appelé tous les chefs de section, et on a fait une sortie en force, comme en 14. On était suspendus à la radio, et au signal… »

Plongez au cœur de la bataille de Dien Bien Phu… Loin des idées de manœuvres et des débats tactiques et stratégiques, le général Latanne vous raconte ici son expérience de chef de section, de tranchées en points d’appui, sous le feu Viet-Minh.
Si vous avez aimé lire Lartéguy ou Bonnecarrère, c’est un récit assez unique que je vous propose aujourd’hui aux côtés d’un jeune sous-lieutenant. Une mémoire exceptionnelle retraçant ces journées de mars à mai 1954 presque heure par heure.

***

Nature : Podcast
Titre du podcast : “Blessé à Dien Bien Phu et prisonnier du Viet-Minh”
Episode : 4
Date de mise en ligne : 2022
Durée : 00:47:40
Réalisé par : Chloé, étudiante en Histoire Militaire
Compte Soundcloud : Radio Saigon

« Vous avez une très vilaine blessure, je vais devoir vous opérer. Quel âge avez-vous ? Me demande le médecin Viet-Minh.
– J’ai 25 ans, depuis hier, le 11 mai.
– Oh vous êtes jeune, vous allez avoir besoin de vos jambes, je vais essayer de ne pas vous la couper. »

Le sous-lieutenant Latanne est blessé le matin même de la fin de la bataille de Dien Bien Phu. S’en suivent des jours de calvaire et de survie dans le camp retranché, pendant que les soldats Viet-Minh occupent la position.
Il nous raconte ici les derniers jours de la bataille, de l’effondrement du 7 mai à son départ en camp de « rééducation », croyant être libéré car grièvement blessé.
Ces souvenirs très précis vous donneront une idée de la réalité du champ de bataille après la défaite française, et le vécu, concret, d’un soldat blessé, d’un combattant.

Légende de la photo en bandeau :  “In Indo-China, France’s costly six-year-old war against the Communists rages on.”
Source photo bandeau : Commons Wikimédia




N°274 de la revue “Services Spéciaux”

En réfléchissant aux principes qui ont fondé la France, notre revue se penche aujourd’hui sur l’intégrité. Selon le dictionnaire, c’est la qualité d’une personne intègre, incorruptible, dont la conduite et les actes sont irréprochables. Dans la pratique c’est une valeur qui se décline sur le plan moral ou physique, pour les personnes comme pour les États. Elle reste pour beaucoup un but à atteindre ou une référence plus ou moins éloignée alors qu’elle devrait être un impératif absolu qui requiert la cohérence entre les paroles et les actes. Il est vrai qu’elle est trop souvent malmenée par ceux qui devraient en être les propagandistes et les garants, le mauvais exemple venant souvent d’en haut.

L’intégrité territoriale est menacée dans des départements et territoires d’outre-mer par ceux qui sont prêts à les abandonner pour éviter d’avoir à les défendre. L’intégrité de l’information est de moins en moins respectée par des journalistes qui la biaisent en la publiant partialement et substituent l’émotion aux faits. L’intégrité du tissu industriel est remise en cause par le jeu des fusions acquisitions, qui voient des pans entiers de nos activités être transférés ailleurs par intérêt financier, en hypothéquant l’emploi et l’avenir. L’intégrité agricole qui permet d’assurer l’alimentation de nos concitoyens avec des produits respectant nos règles est mise en danger par l’ouverture à d’autres qui ne les respectent pas.

Toutes ces dérives viennent de l’oubli d’une valeur essentielle : l’intégrité morale dont ont fait preuve nos anciens pour tenir envers et contre tout par amour de la France. C’est cette intégrité, chère aux Merlinettes et à beaucoup d’autres, dont nous devons garder la mémoire. Il faut la promouvoir auprès des jeunes générations car elle donne la force de résister, de ne pas subir. Elle donne aussi la fierté de s’inscrire dans la lignée de tous ceux qui, au long de l’histoire, ont su défendre l’essentiel contre les pressions de tous ordres au péril de leur vie.

Notre congrès début juin à Granville sera l’occasion de rappeler ces valeurs et ces fondamentaux que nous mettons en exergue dans la revue. En plus des visites et conférences, vous y verrez le nouveau court métrage réalisé cette année sur Morlanne à l’occasion du 80e anniversaire de sa fondation du Service Action. Pour ceux qui resteront le week-end sur place, ce sera l’occasion d’aller voir le Mont St Michel dont l’archange nous a appris à terrasser le dragon des illusions et de l’argent facile.

Avec ce numéro, notre revue confirme sa nouvelle orientation. Le bulletin est devenu un magazine apprécié dont nous allons augmenter le tirage de 1 500 à 3 000 exemplaires pour répondre, au-delà de nos adhérents, aux demandes d’abonnement et pour le distribuer au niveau national dans les administrations et entreprises qui nous sont chères. J’espère qu’avec votre aide, la publicité que nous commençons à obtenir va augmenter sensiblement pour permettre l’autofinancement de notre belle publication.

Je ne peux conclure cet éditorial sans vous rappeler combien nous comptons sur vous cette année : au plan financier nous avons besoin de vos cotisations et des dons, qui bénéficient de la déduction fiscale, ainsi que d’abonnements à la revue; Au plan publicitaire, nous cherchons pour notre revue des partenaires pouvant être intéressés par des insertions ou des encarts.

N’hésitez pas à solliciter vos amis, vos relations, à en parler autour de vous. Souvenez-vous également que nous sommes toujours à la recherche de contributions et d’articles pour notre site, que je vous conseille de regarder régulièrement car il marche très fort. N’oubliez pas enfin que nous pouvons prendre
vos archives et les garder dans le fonds dédié que nous avons ouvert aux archives nationales.

Profitez bien du temps qui passe et bonnes vacances pour ceux qui vont pouvoir en profiter.

Alain JUILLET
Président AASSDN
Mars 2026

Parution : 15 mars 2026

Pour télécharger le sommaire du numéro 274 (version PDF), cliquez ICI

Source image : Couverture de la revue Services Spéciaux de l’AASSDN N°274




Industrie. Ariane 6 : Mission accomplie pour Amazon Leo et ses 32 satellites

Ariane 6, dans sa configuration la plus puissante, a envoyé dans l’espace 32 satellites de la constellation Amazon Leo qui se sont séparés avec succès, une mission inaugurale qui scelle le partenariat entre le lanceur lourd européen et son principal client, ce dernier étant déterminé à rivaliser avec Starlink.

Pour son premier vol dans cette configuration à quatre propulseurs, la fusée s’est élancée dans un ciel parfaitement dégagé, à l’orée de la forêt amazonienne, du centre spatial en Guyane française (Amérique du Sud), a constaté une journaliste de l’AFP.

Dans une chorégraphie suivie en direct depuis le centre de contrôle de Kourou, les satellites se sont séparés avec succès et ont pris la route de leur orbite finale, une séquence saluée par les applaudissements.

“Amazon, votre colis a été livré”, a écrit Emmanuel Macron sur X, évoquant une “prouesse française” et un “succès européen”.

“Quelle journée, quel lancement!”, s’est exclamé le patron d’Arianespace David Cavaillolès pour qui la mission a prouvé la capacité du lanceur à “assurer les missions les plus complexes”.

Il s’agit du plus grand nombre de satellites jamais emportés par une fusée Ariane à ce jour.

Ce vol inaugure une série de 18 lancements qu’Arianespace, opérateur du lanceur, réalisera pour la constellation d’internet haut débit d’Amazon, le groupe fondé par le milliardaire américain Jeff Bezos.

“Partenariat stratégique”

Celle-ci ne compte à ce jour que 175 satellites en orbite, qui ont été lancés par United Launch Alliance (ULA) et par le concurrent SpaceX, d’Elon Musk.

Amazon Leo, dont le déploiement a pris du retard, vise 3.200 satellites alors que Starlink repose déjà sur près de 9.400 satellites.

“Avoir un partenariat stratégique avec l’Europe est essentiel” pour Amazon, a déclaré à l’AFP Lisa Scalpone, directrice mondiale du segment consommateurs d’Amazon Leo quelques heures avant le lancement.

Le groupe va toutefois continuer de lancer aussi avec la société SpaceX pour accélérer le déploiement de la constellation et fournir l’internet haut débit à une partie de l’Europe, dont la France, avant fin 2026, a-t-elle précisé.

“Nous voulons diversifier nos prestataires de lancement. C’est notre priorité. Ainsi, nous pouvons continuer et lancer le plus rapidement possible”, a souligné la responsable.

Après cette première charge de 32 satellites, Amazon envisage d’augmenter leur nombre à chaque nouvelle mission, a déclaré à l’AFP Martijn Van Delden, responsable du développement commercial Europe d’Amazon Leo, en soulignant qu’il s’agit de la “charge utile la plus importante à ce jour”.

Pour répondre à ce besoin, Ariane 6 est dotée pour la première fois de quatre propulseurs (version A64), au lieu des deux utilisés pour ses cinq premiers vols (configuration A62), ce qui permettra de doubler les capacités d'”emport” à 21,6 tonnes contre 10 à 11 précédemment.

Une version plus puissante de boosters permettant d’augmenter la capacité d'”emport” de 20% est en cours de fabrication et sera au service de prochains lancements pour Amazon Leo.

“Ariane 6 est un lanceur parfait pour les constellations”, a déclaré David Cavaillolès au cours d’un point presse.

Selon lui, les lancements pour Amazon serviront d’entraînement pour la constellation Iris², un projet phare de l’Union européenne qui vise à assurer une connectivité sécurisée et souveraine et dont le déploiement est prévu à partir de 2029.

1.600 emplois en France

Cette coopération est avantageuse tant pour Amazon, pour qui “il est important d’accélérer les lancements”, que pour Arianespace, qui doit poursuivre la montée en cadence pour rester compétitive, souligne Pierre Lionnet, directeur de recherche à Eurospace, association professionnelle de l’industrie spatiale européenne.

Ses lancements institutionnels sont en effet limités à 2 à 4 par an tandis que de nombreux pays européens se tournent vers SpaceX.

Amazon promet de son côté que ce partenariat se traduira par une hausse de 2,8 milliards d’euros du produit intérieur brut de l’Union européenne entre 2022 et 2029. Sur ce total, la plus grande part –1,38 milliard– bénéficierait à la France, soutenant près de 1.600 emplois.

“A terme, un lanceur européen souverain ne peut pas dépendre principalement des marchés étrangers”, nuance pour sa part Ludwig Moeller, directeur de l’ESPI (European Space Policy Institute). Ceux-ci risquent d’“exiger un traitement prioritaire soutenu par leur puissance économique, ou peuvent devenir imprévisibles ou inaccessibles sans préavis, compte tenu de l’environnement géopolitique actuel et des guerres commerciales”, met-il en garde.

Actualités Orange (rubrique Economie)
AFP
12 février 2026

Source image : Image créée par intelligence artificielle (IA)

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Innovation : AMIAD, une agence clé pour l’IA de défense

Au service d’une intelligence artificielle de défense souveraine et opérationnelle, l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (AMIAD) incarne l’ambition de faire de la France un acteur stratégique dans ce domaine en Europe. Créée pour organiser le passage à l’échelle de l’IA – c’est-à-dire transformer les expérimentations en solutions robustes et déployées au sein des forces – elle fait le lien entre la recherche, l’innovation technologique et les besoins opérationnels. 

Qu’est-ce que l’AMIAD ?

Créée le 1er mai 2024, l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (AMIAD) constitue la première mesure concrète de la stratégie IA du ministère des Armées, annoncée en mars 2024. Directement rattachée au ministre des Armées, elle a pour mission première d’équiper les forces en solutions d’intelligence artificielle, en transformant les expérimentations en capacités concrètes. Elle joue ainsi un rôle central dans le passage à l’échelle des technologies d’IA de défense. Son objectif ? Renforcer la supériorité opérationnelle et l’efficacité quotidienne du ministère, en réponse aux besoins exprimés par les forces.

Dans un contexte géopolitique marqué par des ruptures technologiques majeures et une compétition stratégique accrue, la maîtrise de l’IA constitue un enjeu de souveraineté nationale. L’AMIAD incarne cette ambition en dotant le ministère d’un acteur unique, à la fois stratégique et opérationnel, capable de porter une vision structurante de l’IA militaire.

1er mai 2024 : création officielle de l’AMIAD

300  Recrutements prévus d’ici fin 2026 :
400 Cas d’usage IA identifiés au ministère
2 Sites principaux : Bruz et Palaiseau

Quels sont le rôle et les missions de l’AMIAD ?

L’AMIAD assure la supervision et la coordination de l’ensemble des projets liés à l’IA de défense au sein du ministère des Armées. Elle conçoit et déploie des solutions d’IA destinées aux forces, qu’elle met en production à grande échelle. Véritable arsenal numérique, elle ne se limite pas à prescrire des orientations technologiques : elle produit, intègre et généralise les capacités d’IA dans tous les domaines militaires. Elle agit ainsi comme levier central d’accélération pour les armées, directions et services.

Elle accompagne également la transformation data-centrée du ministère, tout en exerçant un rôle d’expert référent dans son domaine. L’AMIAD veille à l’intégration de technologies robustes et sûres, en assurant un cadre de fiabilité, de performance et de sécurité pour les systèmes d’IA militaire utilisés dans des contextes opérationnels ou critiques.

Quels sont les axes stratégiques de l’AMIAD ?

L’action de l’AMIAD s’articule autour de plusieurs axes majeurs. Trois grands domaines d’application structurent l’emploi de l’IA de défense :

  • l’IA embarquée dans les systèmes d’armes, les capteurs, la robotique autonome ou le combat collaboratif ;
  • l’IA des opérations, au service de l’analyse d’images, du renseignement, de la cybersécurité et de l’aide à la décision rapide ;
  • l’IA organique, intégrée aux fonctions support telles que les ressources humaines, la santé, les finances ou encore les infrastructures.

L’objectif est d’unifier ces initiatives, d’en accélérer la montée en puissance et de les inscrire dans une logique de performance collective.

Parallèlement, l’AMIAD pilote le développement d’infrastructures logicielles et matérielles d’IA de défense, indispensables à une mise en production sûre et souveraine. Un supercalculateur classifié, implanté à Suresnes, a été inauguré en septembre 2025 pour répondre aux exigences de traitement des données les plus sensibles. Ces investissements sont déterminants pour garantir l’autonomie du ministère dans le traitement de l’information à très haute criticité.

Ces initiatives s’inscrivent dans une démarche visant à garantir la souveraineté technologique du ministère et à accélérer la diffusion de l’IA dans l’ensemble des champs d’action. Elles traduisent une volonté forte : positionner la France comme un acteur stratégique de l’IA de défense en Europe.

Comment s’organise l’AMIAD ?

L’organisation de l’AMIAD repose sur un modèle hybride, associant agilité de fonctionnement et masse critique. Elle s’appuie sur deux implantations principales : un pôle technique et de direction à Bruz, au sein du site de DGA Maîtrise de l’Information, et un pôle recherche à Palaiseau, sur le campus de l’École polytechnique.

Ces deux sites permettent à l’agence d’articuler pilotage stratégique, développement technique et recherche de haut niveau.

L’AMIAD opère en mode projet, rassemblant des équipes pluridisciplinaires composées de compétences civiles et militaires. Cette organisation favorise la réactivité, le dialogue entre expertises et l’atteinte rapide de résultats opérationnels.

Un parcours entre défense, recherche et innovation

Bertrand Rondepierre dirige l’AMIAD depuis sa création. Ingénieur de formation, il débute sa carrière à la Direction générale de l’armement (DGA) avant de contribuer, aux côtés de Cédric Villani, à l’élaboration de la stratégie nationale pour l’intelligence artificielle présentée en 2018. Il incarne une expertise rare, à la croisée des enjeux technologiques et stratégiques.

« L’IA militaire, ce n’est pas une IA hors-sol. C’est une IA capable de fonctionner dans la poussière, la boue, sous les chocs…
Une IA au service de l’efficacité, pas de l’effet de mode. »
(Bertrand Rondepierre, directeur de l’AMIAD)

Il rejoint ensuite Google, où il occupe des fonctions de direction au sein de Google Research, puis de Google Brain. Il y pilote des projets de recherche en IA générative et prend part à la fusion avec DeepMind. Diplômé de l’École polytechnique, de Télécom Paris et de l’ENS Paris-Saclay (MVA), il s’est forgé un profil international tourné vers l’action.

Aujourd’hui, il porte une vision ambitieuse pour une IA de défense souveraine, performante et utile aux forces. Son parcours témoigne de sa capacité à faire dialoguer innovation scientifique, vision stratégique et application concrète au service des intérêts nationaux.

Relations industrielles et partenariats

L’AMIAD entretient un dialogue permanent avec les industriels de défense, les startups et l’ensemble de l’écosystème IA national. Elle joue un rôle actif dans la structuration d’un écosystème souverain, compétitif et résilient, en évaluant les solutions technologiques existantes et en favorisant les coopérations.

Elle constitue également une interface accessible et identifiable pour les entreprises innovantes, y compris hors du champ strict de la défense. Elle facilite l’émergence de collaborations, de démonstrateurs et de transferts technologiques adaptés aux besoins des forces. Cet ancrage dans l’écosystème est essentiel pour maintenir une agilité d’intégration et bénéficier des avancées les plus récentes.

L’AMIAD recrute ! Contact : ia@def.gouv.fr

L’AMIAD ambitionne de recruter 300 agents d’ici fin 2026. Les profils recherchés couvrent un large spectre de compétences : experts en IA, développeurs, data scientists, architectes numériques, spécialistes de la cybersécurité ou encore chefs de projets.

La diversité des missions, l’impact direct sur la performance des forces, l’accès à des moyens de calcul avancés et une politique RH adaptée aux profils techniques rares font de l’agence un environnement de travail unique. Les candidats bénéficient également de la proximité avec les utilisateurs finaux, les forces et d’un cadre stimulant, au croisement de l’innovation technologique et des enjeux de souveraineté.

Ministère des Armées et des Anciens combattants