Géopolitique. Groenland : l’île qui verrouille l’Arctique

Le Groenland est au centre d’un triangle stratégique où se superposent trois dynamiques : la militarisation du Grand Nord, l’ouverture progressive de routes maritimes arctiques, et la compétition pour le contrôle des accès entre Atlantique et Arctique. Vu depuis cette projection polaire, l’île n’est plus une périphérie glacée : c’est un pivot.

Un verrou géographique entre deux océans

Le Groenland se trouve à la jonction de l’océan Arctique et de l’Atlantique Nord. Cette position crée un « effet goulet », surtout si l’on raisonne en trajectoires aériennes et navales. Entre l’Amérique du Nord et l’Europe, l’espace formé par le Groenland, l’Islande et le Royaume-Uni (souvent décrit comme un couloir de passage de l’Atlantique Nord) a longtemps été une zone clé de surveillance. La carte, en montrant l’île comme centre du cercle polaire, rappelle pourquoi : qui tient le Groenland observe et influence une large part des mouvements entre les deux grands théâtres.

Routes maritimes : raccourcis prometteurs, réalité encore contraignante

Deux itinéraires sont dessinés en bleu : le passage du Nord-Ouest, côté canadien, et la route maritime du Nord, côté russe.

Mais l’Arctique reste un environnement saisonnier, risqué et coûteux (glace résiduelle, brouillard, tempêtes, éloignement des secours, contraintes d’assurance). L’enjeu, pour les acteurs maritimes, n’est donc pas seulement la route est plus courte, mais la route fiable, rentable et sécurisée.

Militarisation : la carte d’une compétition

Avec les bases de l’Otan et de la Russie, l’Arctique est devenu un espace de surveillance.

Côté russe, la densité des points le long de l’arc arctique et autour de l’axe de Mourmansk reflète une logique de profondeur stratégique : protéger les approches, sécuriser les infrastructures militaires du nord et contrôler l’accès à la route maritime du nord. La Russie apparaît comme l’acteur qui dispose de la continuité territoriale la plus directe sur l’Arctique.

Côté OTAN, la dispersion des points en Amérique du Nord et autour du Groenland rappelle une logique complémentaire : surveillance des voies d’accès, alerte avancée, contrôle des espaces aérien et maritime. Le Groenland devient ici une sorte de plateforme avancée : peu peuplée, mais idéalement placée pour capter des signaux, suivre des trajectoires et soutenir une présence.

Le Groenland : puissance militaire sans armée, puissance politique par sa position

Ce qui rend le Groenland singulier, c’est qu’il concentre de la valeur stratégique sans être, en lui-même, une grande puissance militaire. Son atout principal, c’est la géographie. Cela a deux conséquences politiques.

D’abord, l’île est entraînée dans une compétition qui la dépasse : même si l’objectif local est souvent le développement et la stabilité, le territoire est perçu de l’extérieur comme une pièce de l’échiquier arctique. Ensuite, cette centralité renforce mécaniquement son poids diplomatique : dans les discussions sur la sécurité nord-atlantique, les infrastructures, la recherche, ou les routes maritimes, le Groenland pèse plus que sa démographie.

Revue Conflits
18 janvier 2026

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Hommage aux “Merlinettes” : Servir la France jusqu’au sacrifice

Le 7 octobre 1999, à l’initiative de notre délégué régional André Fontès, eut lieu à Toulouse l’inauguration de la rue Pierrette Louin du groupe des “ Merlinettes ” – SSM/FTR. Cette manifestation fut émouvante : 20 drapeaux représentant diverses associations d’Anciens Combattants et une centaine de nos camarades assistaient à cette cérémonie qui se déroula en présence de M. Dominique Baudis, député – maire de Toulouse.

En 1943, le Commandant Paillole alors chef des services clandestins de CE (contre-espionnage) et de Sécurité militaire se rend compte que le Service manque d’opérateurs radio. Il pense aux ressources du corps féminin des Transmissions qui faisait ses preuves sur le théâtre des opérations en Italie, après s’être distingué en AFN et lance un appel à ces volontaires féminines des transmissions dirigées par le Général Merlin, pour accomplir en France occupée des missions dans des conditions difficiles mais exaltantes. Il est parfaitement entendu : plusieurs d’entre elles se présentèrent, toutes animées du plus pur esprit de patriotisme et toutes conscientes du danger. Pierrette Louin était de celles-là.

De cette élite féminine française, l’histoire ne retiendra que quatre noms, dont le sien.

Martyrisées à Ravensbrück, elles ont revendiqué devant la mort l’honneur d’être traitées en soldat. Elles étaient pourtant bien jeunes.

Après la très belle allocution de M. Dominique Baudis, maire de Toulouse, André Fontès lut avec beaucoup d’émotion la lettre écrite de Londres par Pierrette Louin à sa famille, le 23 janvier 1944, avec la mention “ ouvrir après ma mort ”.

Cette lettre fit perler bien des larmes dans l’assistance. Elle est publiée ci-après.

*

OUVRIR APRÈS MA MORT

LONDRES 23 janvier 1944 

Chers tous-

Avant de partir pour la grande aventure j’ai voulu tout vous raconter moi-même — Ce sera peut-être pour vous une consolation, car si vous la lisez c’est que je ne serai plus — Je sais quelle pourra être votre peine mais la seule chose qui pourra non l’amoindrir, mais la rendre moins amère, c’est que ma mort n’aura pas été inutile, c’est qu’elle aura servi à la France — il ne faut pas que vous en soyez trop tristes car cette mort-là c’est la seule que je souhaite avoir, parce que c’est la plus belle — mon âge ne compte pas, l’important c’est que je ne vais pas me battre, comme une unité quelconque dans un troupeau qui se bat parce que “c’est ainsi”, parce que c’est une obligation — je suis volontaire — et cela veut dire beaucoup — c’est autre chose qu’un mot — cela implique avant tout la lucidité, le choix — Cette mission dont je ne reviendrai peut-être pas, je ne l’ai pas subie comme un ordre — je ne l’ai pas non plus acceptée à l’aveuglette — non j’ai pensé et j’ai choisi — c’est mon esprit qui a consenti, et dès lors donner ma vie, n’est plus un sacrifice. Pourtant j’aime la vie — je sens en moi une force, un goût de la lutte qui pourraient me gagner ma vie. Mais je ne pourrais conserver cette force, ni avoir le désir de vivre, si je me dérobais à ce qu’il y a dans mon esprit — cette chose là ce n’est plus le chauvinisme sentimental de mon enfance — c’est quelque chose qui fait partie de moi, c’est l’amour de la France — une passion qui n’est plus “instructive” mais lucide, dépouillée d’attendrissement ridicule — Je ne vais pas me battre pour des mots, pour des idées ou pour des gens — je ne vais pas non plus me battre contre des mots, des idées d’autres gens — mais pour sauver un “tout” qui ne peut pas disparaître — une forme de vie un idéal — c’est la France — je ne sais pas vous expliquer cela — mais je sens la France en moi et c’est pour cela que j’ai choisi de partir, que je n’ai pas voulu être le spectateur impuissant qui se contente de souffrir en mots — que j’ai refusé d’acheter mon existence au prix de mon esprit — Pour cela je me suis engagée — la chance m’a rapidement servi — fin juillet j’ai été une des deux filles à l’occasion de servir a été donnée — La seconde suivante j’avais accepté — je suis donc entrée au 2e bureau — En septembre je suis arrivée à Londres par avion — j’ai complété mon instruction technique par la formation de radio clandestine — Puis j’ai fait l’entraînement de parachutiste — Après un départ raté en novembre, il y a eu les jours d’attente et de fièvre — et à nouveau l’espoir c’est pour dans quelques jours — Ainsi, une nuit, dans la lune qui vient, un avion m’emportera au-dessus de la France — je sauterai en parachute — et accomplirai ma mission — J’aurai de faux papiers et des appareils radio clandestins — ma mission sera d’émettre sur Londres et Alger tous renseignements que les agents et moi-même recueillerons — je n’ignore aucun des dangers que je cours — je sais que j’ai peu de chances de m’en tirer — le moins que je risque c’est la forteresse en Allemagne — Mais est-ce que cela compte puisque j’aurai lutté ? Si je meurs, ce sera la règle du jeu, sans regrets, sans amertume puisque mon âme sera intacte — Si je vis, j’aurai gagné mon droit à la vie, et la joie d’avoir été fidèle à mon idéal — Mais je pense à vous, qui restez — et j’en ai beaucoup de peine — mais je sais que vous comprendrez et m’approuverez — Nous nous retrouverons — Je vous dis adieu, sans tristesse — encore une fois je vous embrasse avec toute ma tendresse — 

PIERRETTE 

Cet article a été publié dans le BULLETIN DE LIAISON de l’AASSDN N° 183 (3e trimestre 1999)

Source création photo : IA




Energie : Reprise du méga-projet gazier mozambicain avec TotalEnergies

Après cinq ans d’arrêt, le Mozambique relance le méga-projet gazier Mozambique LNG de TotalEnergies, suspendu après une attaque jihadiste meurtrière.

Le Mozambique va relancer officiellement jeudi un méga-projet gazier dirigé par le géant énergétique français TotalEnergies, qui était resté en suspens pendant près de cinq ans après une attaque jihadiste meurtrière.

Le président mozambicain Daniel Chapo annoncera la reprise du projet Mozambique LNG lors d’une cérémonie à laquelle assistera le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a indiqué le gouvernement.

Ce projet d’un montant de 20 milliards de dollars, situé dans la province septentrionale de Cabo Delgado, à la frontière avec la Tanzanie, a été mis à l’arrêt à la suite d’une attaque jihadiste sanglante en mars 2021 sur la ville voisine de Palma (nord).

Revue Conflits avec AFP
29 janvier 2026

Source création photo : IA




Le SNA Suffren : voir sans être vu, écouter sans émettre, agir sans alerter

Avec son admission au service actif en avril 2024, le Duguay-Trouin s’est imposé comme un jalon majeur du renouvellement de la composante sous-marine française. Deuxième unité de la classe Suffren, il succède au bâtiment éponyme entré en service en 2022, et préfigure l’arrivée d’ici 2030 de quatre autres sous-marins nucléaires d’attaque (SNA), dans le cadre du programme Barracuda.

Une évolution capacitaire majeure

Cette montée en puissance traduit une ambition claire : offrir à la Marine nationale un outil polyvalent, interopérable et au meilleur standard mondial, capable de tenir son rang dans un contexte stratégique profondément renouvelé et marqué par le retour des logiques de puissance.
Bien plus qu’un simple renouvellement matériel, la transition entre les SNA de type Rubis et les Suffren constitue en effet plutôt une transformation de fond, à la fois technologique, humaine et doctrinale, à la hauteur des enjeux stratégiques contemporains.

L’évolution capacitaire de ces nouveaux bateaux est incarnée par des capacités accrues : leur autonomie, leur discrétion acoustique, leur puissance de feu, leur endurance et leurs capacités de renseignement dépassent très largement celles de leurs prédécesseurs.
Pensés pour durer, ils sont dimensionnés pour affronter les défis du XXIe siècle : retour des confrontations interétatiques, prolifération des menaces sous-marines, contrôle des espaces d’intérêt stratégique et montée en intensité des opérations.

Renseigner : une sentinelle silencieuse

Le Duguay-Trouin est une plateforme discrète, mobile et autonome : il voit sans être vu, écoute sans émettre, agit sans alerter.
Ces qualités font de lui un atout incomparable dans le domaine du renseignement militaire.

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Jean BOYER
Membre de l’AASSDN
Article publié dans la Revue Services spéciaux de décembre 2025

Source photo : Marine nationale

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Informations sur l’article :

Titre : SNA type Suffren : Sous les mer, au cœur de la supériorité stratégique”
Auteur : Jean BOYER, Membre de l’AASSDN
Pages : 3
Rubrique : Souveraineté militaire
Paru dans la revue : Revue Services Spéciaux
Numéro : 273
Périodicité : Décembre 2025
Revue de : AASSDN

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Souveraineté militaire : Urgence absolue

Alors que la contrainte budgétaire est plus forte que jamais et que l’immobilisme est quasiment devenu la règle dans la plupart des compartiments de l’action publique, il y a au moins une bonne nouvelle. Elle est intervenue le 13 octobre dernier. Elle concerne un sujet majeur et « sensible », même s’il n’est pas ou plus au premier plan de l’actualité, à savoir les moyens financiers qui sont et seront dévolus aux Armées.

Juste avant que le débat parlementaire s’ouvre1, le Premier ministre a confirmé que le budget du ministère des Armées serait majoré de 3,5 Mde en 2026 et de 3 Mde d’euros en 2027 par rapport à ce que prévoit la LPM 2024-20302. Si positive et si importante que soit sa déclaration, a fortiori dans le contexte actuel, elle ne suffit malheureusement à lever ni les incertitudes, ni les hypothèques qui pèsent sur le budget des Armées. Il y a plusieurs raisons à cela.

L’effort annoncé par le chef de l’état il y a trois mois s’inscrit dans le cadre de la LPM 2024-2030, laquelle reste, jusqu’à nouvel ordre, la « feuille de route » du ministère des Armées. La question qui reste sans réponse à ce stade est de savoir ce qu’il en sera, le moment venu, des trois dernières annuités de la
LPM3. Ceux qui seront aux affaires après le mois de mai 2027 voudront-ils et, si tel est le cas, pourront-ils (car il est peu probable que la situation des finances publiques soit appelée à s’améliorer sensiblement dans les deux ans à venir) majorer chacune des trois dernières annuités de la LPM de 3 à 3,5 Mde ? S’ils estiment qu’ils ne sont pas en mesure de le faire, ils devront assumer la décision, lourde à tous égards, de diminuer les moyens dévolus aux Armées dans des proportions significatives dès le début de leur mandat alors même que l’environnement international a toute chance d’être aussi incertain qu’aujourd’hui. C’est, à bien des égards, une bombe à retardement que le chef de l’état laisse à son successeur, quel qu’il soit.

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Jacques HELIOT
Membre de l’AASSDN
Article publié dans la Revue Services Spéciaux de décembre 2025

Source photo : Armée de l’Air et de l’Espace

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Informations sur l’article :

Titre : “Urgence absolue” 
Auteur : Jacques HELIOT, Membre de l’AASSDN
Pages : 3
Rubrique : Souveraineté militaire
Paru dans la revue : Revue Services spéciaux
Numéro : 273
Périodicité : Décembre 2025
Revue de : AASSDN

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Vidéo. Trump : La loi du plus fort !

Dans cette nouvelle émission, Alain Juillet et Claude Medori analysent le National Security Strategy du président Trump, qui est le document officiel pour l’administration Trump qui dicte la politique américaine des prochaines années. Tout est clair dans ce document et Alain juillet avait déjà décodé une possible intervention des États-Unis au Venezuela. Si on s’en tient à ce qui est écrit dans ce document officiel, 2026 risque d’être une année riche en rebondissements géopolitiques.

Date de mise en ligne : 16/01/2026
Durée : 00:46:09
Compte YouTube : Open Box TV




Vidéo. Trump : Jusqu’à où ira-t-il ?

Pour cette émission exceptionnelle sur le Venezuela après l’intervention américaine, Alain Juillet et Claude Medori analysent les incidences géopolitiques mondiales de cet événement. Les règles de la diplomatie ont volé en éclat. Quid des rapports de force entre la Russie, la Chine, les États-Unis et l’Europe ? Aujourd’hui apparaît au grand jour l’importance de la géo-économie (pétrole), de la finance internationale (dollars) et de la géopolitique.

Date de mise en ligne : 09/01/2026
Durée : 00:56:13
Compte YouTube : Open Box TV

Chapitrage minuté de la vidéo :

00:00 : Introduction
02:50 : Venezuela : Une opération d’envergure !
07:05 : Un exemple de guerre moderne
10:30 : Une attaque prévisible ?
12:30 : La manipulation du monde par les USA
13:20 : Trump et la stratégie du jeu de go !
17:00 : Pourquoi le Venezuela est-il pauvre ?
19:50 : Quel seront les répercussions de l’opération américaine sur le monde ?
21:30 : Le retour des empires
24:40 : Trump contre l’OPEP
27:00 : Quelle relation entre la Chine et le Venezuela ?
31:50 : La Guyane française et ses voisins
37:30 : Quelle répercussion sur Taïwan face à l’intervention américaine au Venezuela ?
39:30 : Amis ou ennemis des États-Unis
42:00 : Quel avenir pour l’Europe
52:00 : La spécificité Corse au Venezuela




Culture stratégique : La stratégie de la Chine et Taïwan

La stratégie de la Chine pour faire basculer Taïwan sans un coup de feu
ou l’art chinois de transformer les crises en opportunités

En évoquant « l’Incident de Xi’an » de 1936, cet article propose une grille de lecture historique pour comprendre comment la crise parlementaire taïwanaise de 2024 2025 pourrait servir les desseins du Parti communiste chinois (PCC). Il explore les conditions dans lesquelles le blocage institutionnel d’un pays peut être exploité par un acteur extérieur – en l’occurrence le PCC – sur les plans psychologique, informationnel et stratégique.

L’analyse met en parallèle les logiques de division, d’ingérence et de recomposition du pouvoir, tout en soulignant les différences fondamentales : nature du régime, solidité des institutions, neutralité des forces armées et environnement international dissuasif. L’analogie de Xi’an apparaît ainsi comme un outil d’analyse, un miroir qui invite à la vigilance, non une carte qui annoncerait le déclin.

Xi’an, décembre 1936

Deux généraux nationalistes enlèvent leur commandant en chef, Chiang Kai-shek, pour le forcer à cesser la guerre civile et s’unir avec leurs adversaires communistes contre le Japon. Ce qui aurait pu être un simple coup de force militaire devint, sous l’habile médiation du PCC, un tournant historique : la formation du Second Front uni. Huit décennies plus tard, Pékin semble s’inspirer des mêmes principes à Taïwan, mais avec des méthodes adaptées au XXIe siècle : subversion politique, guerre cognitive et pression économique plutôt que revolvers et négociations secrètes. Depuis les élections taïwanaises de janvier 2024, l’île fait face à une crise institutionnelle sans précédent faite de blocage parlementaire, de polarisation sociale et de division de la classe politique. Pour le PCC, cette situation n’est pas une menace, mais une opportunité stratégique.

[…]

Claude JAECK
AASSDN
Article publié dans la Revue Services Spéciaux de décembre 2025

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Vous pouvez également lire, dans leur intégralité, les articles parus dans la Revue Services Spéciaux de décembre 2025 :

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Informations sur l’article :

Titre : “La stratégie de la Chine pour faire basculer Taïwan sans un coup de feu ou l’art chinois de transformer les crises en opportunités” 
Auteur : Claude JAECK (AASSDN)
Pages : 4
Rubrique : Culture stratégique
Paru dans la revue : Revue Services spéciaux
Numéro : 273
Périodicité : Décembre 2025
Revue de : AASSDN

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Mémoire vivante : “Le capitaine Jean Avallart et les officiers de Buchenwald”

Au congrès de l’ASSDN 2026, qui doit se réunir à Granville, s’imposera la mémoire d’un enfant du pays, Jean Avallart, né dans la ville le 17 décembre 1908. Son nom est gravé sur le Mémorial des Services spéciaux à Ramatuelle, parmi ceux qui ont donné leur vie pour notre pays.

A 17 ans, muni d’un BEP (brevet d’études primaires), ce tout jeune homme au grand front, au visage fin et énergique, fils d’un préposé des Contributions, est engagé volontaire et quitte ses parents et sa sœur. Trois ans plus tard, il est admis à l’École militaire de l’infanterie et des chars de combat de Saint-Maixent.

D’abord affecté en Algérie, puis en Tunisie en 1939, il est de nouveau en Algérie au moment de l’armistice de 1940, alors capitaine, divorcé, remarié et père d’un enfant. Mis en congé, il devient chef de groupe de travailleurs étrangers, à Bou Arfa, puis employé de la société « Méditerranée-Niger », chargé de la main-d’œuvre indigène.

Chargé d’opérations périlleuses

Mais, à Colomb Béchar en 1942, il est rappelé à l’activité par le général commandant en chef des « Français civils et militaires », intègre les services de renseignement militaires et devient officier des Services spéciaux sous le pseudonyme de Jean-Marie. Désigné pour accomplir une mission spéciale en France, il y est débarqué par le sous marin Marsouin le 8 mai 1943.

Jean Avallart va diriger le secteur de Marseille de LARVA, le réseau créé à Alger par Paul Paillole, appelé aussi « Travaux ruraux (TR) jeune », qui a une mission de contre-espionnage et de recherche de renseignements. Il faut créer le réseau en France, réceptionner les agents envoyés d’Alger, fournir des renseignements militaires, effectuer des missions spéciales, établir les liaisons avec la Sécurité militaire d’Alger ou les annexes de Londres.

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Marie GATARD
Administratrice de l’AASSDN
Article publié dans la Revue Services Spéciaux de décembre 2025

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Informations sur l’article :

Titre : “Le capitaine Jean Avallart et les officiers de Buchenwald”
Auteur : Marie GATARD, Administratrice de l’AASSDN
Pages : 2
Rubrique : Mémoire vivante
Paru dans la revue : Revue Services spéciaux
Numéro : 273
Périodicité : Décembre 2025
Revue de : AASSDN

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Exportation Rafale : Un succès commercial aux effets opérationnels sensibles.

Rafale : quand les exportations creusent des trous dans la flotte française

Pour vendre le Rafale à l’export, la France a cédé des avions de ses escadrons. Un succès commercial aux effets opérationnels sensibles.

En résumé

Le succès à l’export du Rafale est devenu l’un des piliers de la politique industrielle et stratégique française. Pour conclure rapidement certains contrats, notamment avec la Grèce et la Croatie, Paris a accepté de livrer des avions prélevés directement sur sa propre flotte opérationnelle. Cette décision a permis d’accélérer les livraisons et de sécuriser des contrats politiquement et économiquement majeurs. Mais elle a aussi créé des gaps temporaires dans le dispositif de défense aérienne français. Moins d’avions disponibles, une pression accrue sur les cellules restantes et un vieillissement accéléré du parc en sont les conséquences directes. Cette stratégie pose une question de fond : jusqu’où la France peut-elle soutenir l’export du Rafale sans fragiliser durablement sa propre aviation de chasse ?

Le choix assumé de livrer vite pour gagner des contrats

Dans un marché des avions de combat extrêmement concurrentiel, la rapidité de livraison est devenue un critère décisif. Pour certains pays, attendre cinq ou six ans des avions neufs sortant de chaîne n’est pas acceptable. La France l’a bien compris.

Face à des offres concurrentes américaines ou européennes, Paris a mis en avant un argument différenciant : la livraison immédiate d’avions disponibles. Ce choix a été déterminant dans plusieurs négociations. Il suppose cependant un sacrifice temporaire, celui de prélever des appareils sur les escadrons français déjà en service.

Cette stratégie n’est pas improvisée. Elle est le résultat d’un arbitrage politique entre priorité industrielle, crédibilité diplomatique et acceptation d’un risque opérationnel maîtrisé.

Le cas grec, symbole d’un succès rapide mais coûteux

Le contrat signé avec la Grèce illustre parfaitement cette logique. Athènes cherchait à renforcer rapidement sa posture aérienne face aux tensions régionales. La France a proposé une solution clé en main.

Le premier accord portait sur 18 Rafale, dont 12 avions d’occasion issus de l’Armée de l’Air et de l’Espace, complétés par des appareils neufs. Ces avions ont été prélevés sur des escadrons opérationnels, modernisés puis livrés en un temps record.

Sur le plan politique et industriel, l’opération est un succès. Elle a renforcé la relation stratégique franco-grecque et consolidé la position du Rafale sur le marché européen. Sur le plan militaire français, elle a créé un vide temporaire, partiellement compensé par des ajustements de planification et une montée en cadence industrielle différée.

La Croatie et la répétition du même schéma

Quelques mois plus tard, la Croatie a choisi à son tour le Rafale. Là encore, la rapidité de livraison a été décisive. Le contrat porte sur 12 Rafale d’occasion, tous issus de la flotte française.

Ces appareils, anciennement en service, ont été rénovés et portés à un standard compatible avec les besoins croates. Pour Paris, l’enjeu était double : s’imposer face à des offres concurrentes et consolider une présence stratégique dans les Balkans.

Mais l’addition est claire. Entre la Grèce et la Croatie, ce sont plus de 20 avions qui ont été temporairement soustraits au format opérationnel français, dans un contexte où la flotte est déjà jugée trop juste par les rapports parlementaires.

L’état réel de la flotte de Rafale française

Sur le papier, la France dispose d’un peu plus de 200 Rafale, répartis entre l’Armée de l’Air et de l’Espace et la Marine nationale. En pratique, le nombre d’avions réellement disponibles pour des missions de combat est bien inférieur.

Une partie du parc est immobilisée pour maintenance lourde ou modernisation. D’autres appareils sont affectés à l’entraînement, aux essais ou à la dissuasion nucléaire. La disponibilité moyenne oscille autour de 55 à 60 %, selon les périodes.

Lorsque des avions sont retirés pour l’export, même temporairement, l’effet est immédiat. Les escadrons restants doivent assurer les mêmes missions avec moins de cellules, ce qui augmente mécaniquement le nombre d’heures de vol par avion.

Les gaps opérationnels créés par ces cessions

Les autorités parlent de trous temporaires. Dans les faits, ces gaps capacitaires ont plusieurs conséquences concrètes.

La première concerne la posture permanente de sûreté aérienne. Moins d’avions disponibles signifie moins de marges pour faire face à des pics d’activité ou à des crises simultanées.

La deuxième touche la préparation opérationnelle. Les avions restant en ligne volent davantage. Cela accélère l’usure des cellules et réduit les marges de manœuvre pour l’entraînement avancé.

Enfin, ces cessions compliquent la planification à moyen terme. Tant que les avions neufs destinés à remplacer ceux vendus ne sont pas livrés, le format reste en tension.

L’impact sur le vieillissement des cellules restantes

Chaque heure de vol compte. Les Rafale prélevés pour l’export étaient souvent parmi les cellules les plus anciennes, mais leur départ reporte la charge sur les appareils restants, parfois eux aussi déjà bien entamés.

Cette situation crée un effet boule de neige. Plus un avion vole, plus il nécessite de maintenance. Plus la maintenance augmente, plus la disponibilité globale baisse. Le cercle est connu et documenté dans les rapports de la défense.

À long terme, cette pression peut conduire à des arbitrages difficiles : prolonger certaines cellules au-delà de leur potentiel initial ou accepter une baisse temporaire de capacité.

Le rôle central de l’industrie et des cadences de production

La clé de cette équation reste la capacité industrielle. Les avions vendus à l’export doivent être remplacés par des Rafale neufs sortant de chaîne. Or, les cadences actuelles ne permettent pas une compensation immédiate.

Augmenter la production implique des investissements, du personnel qualifié et une chaîne d’approvisionnement robuste. Les moteurs, radars et équipements critiques ne se produisent pas du jour au lendemain.

Tant que la montée en cadence n’est pas effective, chaque avion cédé à l’export représente un manque temporaire pour les forces françaises. Ce décalage est assumé politiquement, mais il n’est pas neutre militairement.

Un succès commercial qui interroge la cohérence stratégique

Il serait simpliste de présenter ces ventes comme une erreur. Le Rafale à l’export renforce l’industrie nationale, soutient l’emploi et consolide des alliances stratégiques. Ces bénéfices sont réels et mesurables.

Mais ce succès met aussi en lumière un déséquilibre structurel. La France dispose d’une aviation de chasse très performante, mais numériquement limitée. Chaque cession d’avions existants accentue cette fragilité à court terme.

Les rapports parlementaires soulignent que cette stratégie n’est viable que si elle s’accompagne d’un effort budgétaire durable pour reconstituer le parc et améliorer la disponibilité.

Jusqu’où peut aller ce modèle ?

La question n’est pas théorique. D’autres opportunités d’export existent. Si elles reposent à nouveau sur des avions d’occasion français, la tension sur la flotte pourrait devenir critique.

À moyen terme, la France devra choisir. Soit augmenter significativement son format de chasse et ses capacités industrielles, soit accepter que chaque succès à l’export se traduise par un affaiblissement temporaire de sa propre défense aérienne.

Le Rafale est devenu un atout stratégique majeur. Mais un atout trop sollicité peut finir par se retourner contre ses propres intérêts !

Site : Avion-chasse.fr
Lundi 05 janvier 2026