Extrait du Bulletin : Le sabotage des liaisons téléphoniques allemandes

Nous publions ci-après le témoignage de M. Jacques DUMAS-PRIMBAULT, Directeur régional des Télécommunications, à Limoges en 1943, sur les circonstances qui ont précédé l’arrestation à Limoges en mai 1943 du Capitaine GATARD, dont l’A.A.S.S.D.N. a honoré la mémoire au cours de son Congrès de Lyon.  

Ce récit a le mérite de souligner l’intensité de l’action résistante dans cette région et le patriotisme engagé des fonctionnaires des Télécommunications.

Quand, en novembre 1941, les Allemands occupent la zone sud, Limoges devient pour eux un centre de communication important, et ils réquisitionnèrent nombre de circuits pour leur usage.

Or il se trouve que, dès 1942, j’avais reçu la visite d’un de nos jeunes ” conscrits ” de l’école polytechnique, le Capitaine Jean Gatard, qui, en fait, faisait de l’espionnage, ou plutôt du contre-espionnage, pour le compte de l’armée française.

Nous devînmes intimes et, pendant un an, je lui passais pas mal de renseignements. En avril ou mai 1943, il m’annonça, tout joyeux, qu’il disposait maintenant d’une liaison directe (radio, bien sûr avec Alger et qu’on lui demandait la carte des circuits de commandement allemands.

Dès le soir, vers 19 heures, à l’heure où le bâtiment était vide et l’équipe allemande au ” rata “, je descendis et relevai la liste des circuits allemands. Le lendemain, vers midi et demie, dans le bâtiment tranquille comme d’habitude, Gatard passa me voir et je la lui remis.

Or, au milieu de l’après-midi, son épouse, Denise Gatard, qui s’était liée d’amitié avec ma femme, vint lui annoncer que son mari avait été arrêté vers 14 heures par la police alors qu’il rentrait chez lui. Coup dur, car il devait avoir sur lui la liste manuscrite, de ma main, des renseignements recueillis la veille.

J’eus très, très chaud…, et restais sur le qui-vive pendant 24 heures, jusqu’à, ce que, le lendemain, Étienne Moineville, qui appartenait au même réseau, m’apprît que Gatard avait eu le temps, dès la visite qu’il m’avait faite la veille, de passer voir son radio…. et, par conséquent, de lui remettre le papier compromettant.

J’étais donc hors d’affaires ! Gatard ne l’était pas hélas ! Incarcéré par les Allemands à la caserne Marceau qu’ils occupaient, il essaya de s’en évader et se brisa les deux chevilles en sautant d’un mur. Repris, maltraité, durement interrogé, il put cependant donner de ses nouvelles par M. de Cathen qui, en sa qualité de délégué de la Croix-Rouge, obtenait parfois, à cette époque, l’autorisation de visiter certains prisonniers.

C’est par cette voie que le malheureux Gatard put faire passer à sa femme le nom du ” traître ” qui l’avait vendu.

Quelques semaines plus tard, Gatard fut transféré à Lyon, condamné par un conseil de guerre, et fusillé au Fort Montluc en août 1943.

Bien sûr, les autorités allemandes avaient des liaisons radio hors d’atteinte de tout sabotage, mais elles tenaient cependant beaucoup à leur réseau fil, et celui ci était beaucoup plus fragile.

Le câble Limoges-Ussel (un des deux seuls câbles LGD qui, à l’époque, desservaient Limoges), avait été vite coupé au pont de Combade. Quant aux grandes artères aériennes sur voie ferrée, vers Châteauroux, Guéret, Brive, Périgueux, leur état, au fur et à mesure que l’on avançait vers la libération, était devenu une vraie mascarade.

Les voitures K du service des lignes partaient chaque matin pour réparer les artères signalées coupées… et les rétablissaient de façon que les Allemands du répartiteur puissent constater leur action ; puis les chefs d’équipe faisaient le nécessaire auprès du maquis ou de ses patriotes locaux, pour qu’elles soient recoupées dans la nuit.

 

 

 




Memorial – biographies Cl-Cz

CLAUDEL

Eugénie

Née BOLZINGER

 

 

Née le 10 décembre 1885 à  Veymerange (Moselle) de Jean-Baptiste Bolzinger  et de  Madeleine Weynant Epouse de  Henri, Joseph Claudel Décédée le 12 avril 1945  à  Ravensbruck 

Réseau:  S.S.M.F./T.R. (T.R. 113,Clermont-Ferrand, Capitaine Johannes)Agent P2

 

Engagée en novembre 1942 par les Services spéciaux,les premiers mois de 1943, Eugénie Claudel offre sa maison de Murols (Puy de Dôme)pour abriter l’installation d’un poste d’émission clandestin.

Arrêtée le 9 juillet 1943, chez elle, elle est internée à Clermont-Ferrand et à Romainville, puis  transférée à Compiègne et déportée à Ravensbruck. Elle y meurt le 2 avril 1945, dans la chambre à gaz, à cinquante neuf ans.

Déclarée “Morte pour la France”, Eugènie Claudel recevra la Croix de Guerre avec étoile de vermeil.

 

*

Citation : “A mis sa demeure à la disposition du service radio d’un poste de contre-espionnage clandestin en zone occupée, dès les premiers mois de 1943”.

 

Références: Archives du Bureau “Résistance”;  Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°21, p.19


CLECH

Joachim

 

 

Né le 28 janvier 1899  à  Crozon (Finistère). de Pierre, Marie Clech  et  de  Rose, Joséphine Parlier Epouse:  Caroline Laugié Profession: officier de gendarmerie Décédé  le 11 avril 1945  à  Bergen Belsen 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R.,  S.R.Kléber  (Vénus , Bruno)

 

Né d’un père  gendarme, Joachim Clech, lui-même issu du C.L.A. (Cadre Latéral Artillerie), avait aussi fait carrière dans la Gendarmerie (sous-lieutenant en 1925, lieutenant en 1927, capitaine en 1933, chef d’escadron en 1941, lieutenant colonel en juin 1944). Il s’était marié en 1921 à Constantinople,

Selon le témoignage du commandant Stroup , il “a été, à partir de 1941, un précieux auxiliaire à Riberac (Dordogne), puis à Périgueux. Il avait donné l’ordre à toutes ses brigades de gendarmerie de m’aider par tous les moyens.” Le maire de Tours dit de son côté: “le lieutenant colonel Clech a organisé dans sa zone un service de renseignements très intéressant…Grâce à son activité, à son énergie et aux méthodes employées, plusieurs centaines de jeunes gens, d’Israélites, de femmes et d’hommes plus ou moins traqués par le Boche ont pu venir se réfugier en zone libre.”

Joachim Clech est arrêté par la Gestapo (le S.S. Meyer) le 6 juillet 1943, dans son bureau, à Périgueux. Le commandant Stroup pense qu’il l’a été à sa place, car la Gestapo le prenait pour son successeur désigné.

Il est interné à Périgueux, puis au Pré-Pigeon d’Angers et à Compiègne. Enfin, le 24 janvier 1944 , il est déporté …




Memorial – biographies Ca-Ck

CALVET

Louis, François, Émile

 

 

Né le 21 août 1914  à  Graulhet (Tarn) de Emile Calvet  et de  Marie Duguet Epouse: Jacqueline, Jeanne, Joséphine Jaunaux Profession: mécanicien garagiste Décédé le 16 juillet 1944  à  Calmont (Haute Garonne) 

Réseau: S.S.M.F./T.R. (groupe Morhange)Agent P2

 

Louis Calvet était mécanicien garagiste à Pau. Mobilisé en août 1939, fait prisonnier à Bondy en juin 194O; six mois plus tard il s’évadait.

Entré dans la Résistance en janvier 1942, il est arrêté le 3 juin 1944, mais réussit à déjouer la surveillance de ses gardiens et rejoint le maquis de Quérigut (canton d’Axat, Aude) où il est chargé de la formation des cadres. En mission de liaison et de convoyage de matériel à Calmont (Haute Garonne), il est arrêté au petit matin du 16 juillet 1944 et fusillé le jour même, dans une rue de la ville, rue du Temple. Lenfant et Vidal, du réseau Morhange (maquis de Quérigut), en témoigneront. C’est ce qui ressort du dossier le concernant au Bureau Résistance.

Cependant, dans le rapport de X3, du 3 août 1944, relatant la mort de M. Taillandier, il est dit (Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°3, p.6): “Au petit jour, les Allemands et la Milice, au nombre d’une cinquantaine munis d’automitrailleuses et de voitures légères cernèrent le village et se rendirent au domicile de nos agents. Ces derniers, surpris dans leur sommeil, essayèrent courageusement de se défendre mais succombèrent sous le nombre. Lenfant et Calvet furent assassinés dans la chambre même.”

Louis Calvet laisse trois enfants: Claude, 5 ans, François, 2 ans 1/2, Louis, 1 an.

Cité à l’ordre du corps d’Armée, il a recevra la Croix de Guerre avec étoile de vermeil et un témoignage de satisfaction du Field Marshal Montgomery.

 

Références: Archives du Bureau “Résistance”; Liste Fontès du 27 novembre 1997;   Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°1, p.26, n°3, p.6 et n°83, p.11.


CAMUS

Laurent, Jules, Émile

Pseudonyme: PETIT PERE

 

 

Né le 5 avril 1887  à  Champagney (Haute Saône) de Jean, François, Augustin Camus  et de   Jeanne, Honorine Charey Epouse: Germaine Picareau Profession: officier de carrière Décédé le 18 août 1944 à Mathausen 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Saint-cyrien (promotion Mauritanie), Laurent Camus a été affecté au 2e Régiment d’infanterie en octobre 1910. Il participa brillamment à la guerre 1914-1918, comme chef de section puis comme commandant de compagnie, nommé capitaine à titre exceptionnel en octobre 1914. Deux fois blessé (trois citations dont deux à l’ordre de l’Armée), il reçut la croix de chevalier de la Légion d’honneur. A la suite d’un bombardement, il fut évacué le 15 août 1917 pour contus…




Memorial – biographies Da-De

DARGENT

Maurice, Lucien

Pseudonymes: MICHEL, GRANJAN

 

 

Né le 22 janvier 1910  à  Amiens (Somme) de…. Epouse: Denise… Profession: gendarme Décédé le 15 mai 1945 (d’après le Secrétariat d’État aux Forces Armées)   “disparu” le 2 février 1943 (d’après le  ministère des Anciens Combattants)

 Réseau: S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Militaire d’active, dans la Gendarmerie, Maurice Dargent , qui parlait l’allemand, a fait la guerre de 1939-1940, a été prisonnier du 17 juin 1940 au 23 novembre 1941. Il a ensuite poursuivi sa carrière en service à Marseille, jusqu’au 31 octobre 1942,  et est entré dans  les Services Spéciaux comme agent radio (T.R. 117 bis, à Perpignan).

Le colonel Bernard (Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°103) donne les précisions suivantes: “Le premier coup dur sur T.R. 117 s’est déroulé de la façon suivante: Terres est arrêté sous le nom de Tessier. Le sergent chef Dargent donne l’alerte, mais va au garage où Terres a laissé sa voiture avec ses véritables papiers d’identité, le plan de travail du poste radio et divers papiers de service… Il est surpris avec un autre sous-officier par les Allemands, il tire, mais est capturé(15 décembre 1942, à Toulouse).

Il résiste alors à la torture et ne donne aucun renseignement à ses bourreaux.

Il est déporté  le 16 septembre 1943 à Buchenwald, puis au camp de Lublin, en Pologne, où sa trace se perd en 1944. La date de sa mort est incertaine. Il a un enfant de treize ans au moment de sa disparition.

Déclaré “Mort pour la France”, Maurice Dargent sera cité à l’ordre du régiment et recevra la Croix de Guerre 1939-1940 avec étoile de bronze.

 

*

Citation :“Malgré l’arrestation de son chef de poste et les dangers encourus, n’a pas hésité à se rendre dans un endroit qu’il savait surveillé par la police allemande, pour sauver des documents. A eu une attitude exemplaire, malgré les tortures qui lui ont été infligées n’a communiqué aucun renseignement aux services allemands”.

 

Références: Archives du Bureau “Résistance”;  Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°1, p.26, n°21, p.19, n°103, p.7


DAROUX

Jean, Robert

 

 

Né le 5 juillet 1919  à  Sotteville- les-Rouen (Seine-Maritime) de Robert Daroux  et de  Germaine Briand Epouse:  Germaine Lemarie Profession: militaire d’active Décédé le  20 avril 1945  à  Bergen Belsen 

Réseau: S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Durant la guerre 1939-40, Jean Daroux, jeune licencié en droit, parlant l’anglais et l’allemand, fut…




Archives du site – Michel THORAVAL

 

Le ” Petit Michel ” nous a quitté. Notre Président d’Honneur, Michel THORAVAL, est décédé et ses obsèques ont eu lieu le vendredi 29 septembre 2006, à 14 heures en l’église de Fouras, en Charente-Maritime.

Voici ce qu’écrivait le colonel Paillole dans la présentation de la plaquette “Un parmi d’autres” qui raconte la vie de soldat de Michel Thoraval :

” Parachuté près d’Issoire le 19 janvier 1943, Michel Thoraval va insuffler une vigueur nouvelle à nos réseaux de Renseignements et de Contre-espionnage. Rien ne lui est étranger de la technique radio, du chiffrement et du déchiffrement, du parachutage, des liaisons aériennes nocturnes (pick-up), des problèmes de C.E., de Renseignements et plus généralement de résistance à l’occupant. Rien ne le rebute, rien ne lui fait peur. Sa gentillesse, sa prudence, l’autorité souveraine qui se dégage de son calme, de ses qualités techniques et humaines s’impose à mes camarades. Ainsi se rétablissent, se perfectionnent et s’amplifient nos liaisons et la foi en la Victoire. ”

Ce sont ces qualités qu’il a mises au service de notre Amicale pendant de si longues années.

HOMMAGE DU PRÉSIDENT DE A.A.S.S.D.N.

à g.: Lt. Georges SIMONIN ( Radio ), mort en déportation  

à dr.: Michel THORAVAL

 

Le Docteur Michel Thoraval est décédé le 25 septembre 2006. Il avait 85 ans.

Mu par un patriotisme exemplaire, il était animé des plus belles qualités qu’un service spécial ait pu rechercher pendant la guerre.

Évadé de France par l’Espagne où il avait connu cinq prisons dont celle de Miranda avant de gagner Gibraltar, il avait rejoint l’Angleterre au printemps 1942.

Repéré par l’I.S., il avait suivi un stage de parachutiste à Ringway et avait été formé à toutes les techniques de l’action clandestine en vue d’être envoyé en mission en France.

Ainsi, lorsque fin décembre 1942, le Commandant Paillole, qui avait gagné Londres après s’être lui-même évadé de France par l’Espagne et Gibraltar pour rejoindre Alger, fit part de ses problèmes et de l’urgence de les résoudre à ses amis responsables de l’I.S., ceux-ci lui proposèrent-ils Michel Thoraval.

Séduit, le chef du contre-espionnage français confia au ” petit Michel ” une première mission dans le Massif Central au titre des TR pour laquelle il suivit un stage complémenaire de ” pick-up ” à Tungmere où il rencontra le Group Captain Pickard.

Parachuté en ” blind ” le 19 janvier 1943 non loin d’Issoire par un Halifax, il s’acquitta parfaitement de cette délicate et périlleuse mission au cours de laquelle il rencontra Verneuil et les Généraux Frère et Olleris de l’ORA.

Récupéré par un Lysander le 18 février avec le Capitaine Bonnefous, il rejoint Londres avec d’importants documents destinés à être remis au Commandant Paillole à Alger, ce qui fut fait cinq jours après.

De retour à Londres en avril, il fut de nouveau parachuté près d’Issoire pour d’autres missions à haut risque : apporter des fonds et des postes de radio indispensables, organiser deux ” pick-up ” de personnalités et de membres importants de TR et réaliser l’évasion du Général Georges dont la présence était attendue à Alger par le Général Giraud et… Winston Churchill.

Cette dernière mission fut accomplie le 18 mai.

Un an après, il se prépara à débarquer en Normandie comme officier de liaison. Arrivé à Courseulles en juillet 1944, il prend contact avec les organisations de renseignement, de contre-espionnage et de résistance avant de devenir chef du poste TR de Rennes puis de Perpignan.

Il quittera l’armée à la fin de la guerre et reprendra ses études de chirurgien-dentiste.

Rejoignant l’amicale dès sa naissance, il en sera successivement Délé…




Memorial – biographies Ha-Hz

HADENGUE

Edmond, Ernest

 

 

Né le 14 octobre 1908  à  Ennemain (Somme) de Emile, Joseph, Eugène Hadengue  et de  Madeleine, Marie, Elisa Forguet Epouse: … Profession: constructeur d’avions Décédé le 4 février 1944  à  Mauthausen (Autriche)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Poste P2)Agent P2

 

Edmond Hadengue, constructeur d’avions, père d’un enfant, ayant fait la guerre de 1939-40, s’engage dans les Services spéciaux le 1er janvier 1941. Il est chef d’antenne.

Arrêté par la Gestapo le 22 janvier 1943, chez lui, à Amiens, 😯 rue Lemerchier, il est interné à Fresnes et à Romainville. Déporté le 16 août 1943 à Sarrebrück, il meurt le 4 février 1944 , à Mauthausen.

Il sera éclaré “Mort pour la France”.

 

*

Citation: “Dévouement total et désintéressé allant jusqu’au sacrifice.”

 

Références: Archives du Bureau “Résistance”;  Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


HAMARD

Léon, Louis, Lucien

Pseudonyme: LEO

 

 

Né le 28 novembre 1919  à  Bar Le Duc (Meuse) de Léon, Pascal Hamard  et de  Eléonore Margerie Profession: inspecteur de police Décédé le 16 (?) juillet 1944 à Toulouse 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.- Groupe Morhange (Andalousie)Agent P2

 

Né le 28 novembre 1919 à Bar Le Duc (Meuse), Léon Hamard a perdu son père dans sa petite enfance. Inspecteur de police à la Brigade politique des Renseignements généraux, puis à la 8e brigade de police judiciaire, il s’engage dans la Résistance dès le 1er décembre 1940, à 22 ans. Il fait partie des T.R.(homologué comme chef d’antenne)  et du réseau Andalousie, avant d’entrer dans le groupe Morhange, sous le pseudonyme de Léo.

Durant toute la guerre, il mène une action de renseignement et de contre-espionnage extrêmement efficace et participe à de nombreuses opérations clandestines.

Le mardi 11 juillet 1944, lorsque son chef, Marcel Taillandier* (alias Morhange) se rend à Auch, dans la voiture de Georges Marchandeau, pour assister à la réunion des responsables du Gers, en vue de coordonner les groupes armés du département, Léon Hamard fait partie de l’expédition.

En sortant de Toulouse, sur la route nationale d’Auch, la Feldgendarmerie a établi un barrage à la sortie du pont de Saint-Martin-du-Touch. La sentinelle de faction hésite devant les papiers de Morhange et “actionne” son téléphone. Morhange, conscient du danger, ordonne le sauve qui peut. Léon Hamard, avec Georges Marchandeau, fait alors diversion pour permettre à leur chef de prendre la fuite. Celui-ci, poursuivi, sera abattu un moment après.

Léo Hamard et Georges Marchandeau sont aux mains…




Memorial – biographies Sa-Sz

SANDEAU

Gérard, Lucien

 

 

Né le 1er juin 1904  à  Bordeaux (Gironde) de Joseph, Ferdinand Sandeau  et de  Jane Cassezon Epouse: Yvette Gravie Décédé le 2 avril 1945  au camp de Flohä (Saxe) Profession: mécanicien automobile

 Réseaux: F.F.I., A.S., Action C.D.M. (Région IV)Agent P2

 

Gérard Sandeau, qui avait un brevet supérieur de spécialiste automobile, appelé sous les drapeaux en 1924, avait fait l’École d’Artillerie de Poitiers et avait été nommé capitaine en 1930. Sa conduite durant la guerre, du 1er septembre 1939 au 25 juin 1940, lui valut la Croix de Guerre et une citation à l’ordre de la Division.

Dès le début de l’année 1941, il entre dans la Résistance, se mettant à la disposition du Service du Camouflage du Matériel de l’Armée dans la région de Toulouse où il habite (78 rue des Chalets).Il appartient aussi aux F.F.I., A.S.,  dans la secteur de Toulouse, du 1er janvier 1943 au 17 janvier 1944. 

Le général de brigade Émile Mollard, chef du réseau C.D.M. de la France Combattante écrit que Gérard Sandeau, “agent permanent du réseau C.D.M., a pris part effectivement au camouflage des armes, munitions et véhicules automobiles; son activité a permis de sauvegarder un important matériel et ainsi de le soustraite des mains de l’ennemi.

Après l’arrestation de ses chefs en 1943, le commandant Sandeau prit la lourde charge de chef départemental du réseau C.D.M. et son activité clandestine amena son arrestation.”

Dans le Bulletin de l’A.A.S.S.D.N., il est dit que Gérard Sandeau fait aussi du renseignement et que, l’hiver 1942-1943, après les premières coupes sombres dans les Services de S.M. et du C.D.M., des forces dispersées se regroupent, avec notamment l’installation d’une équipe du C.D.M. autour du commandant Pointurier*. Gérard Sandeau en fait partie.

D’après son dossier du Bureau Résistance, ‘il est arrêté par la Gestapo, rue de Constantine à Toulouse, le 17 janvier 1944. Prévenu des recherches de la Gestapo, dira Le général Anselme, commandant de la Vme Région, il “a refusé de s’éloigner même temporairement de son poste, poussant l’abnégation volontaire jusqu’au sacrifice intégral.”

Interné à Compiègne, il est déporté en Allemagne le 26 avril 1944. Roger Derrac, habitant également Toulouse, du réseau Françoise (évasion), attestera qu’il a été déporté en même temps que lui et dans les mêmes camps: Auschwitz, Buchenwald, Flossenburg et Flohä (Saxe). C’est là qu’il meurt le 2 avril 1945.

Déclaré “Mort pour la France, commandant à titre posthume, Gérard Sandeau recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Dossier du Bureau Résistance; Bulletin de liaison de l’A.A.S.S.D.N. n°3, p.9


SCHIBER

Armand, René

 

 

Né le 12 mai 1912 àThannenkirch (Haut-Rhin) de Valentin Schiber  et de  Aline Roth Epouse: Paulette Laurent Profession: interprèt…




Extrait du Bulletin : Prêtre et soldat (2)

Dans notre dernier BULLETIN (n° 28), nous avons commencé la reproduction de la première partie du livre écrit par l’Abbé VORAGE, Aumônier des Services Spéciaux de la Défense Nationale, décédé le 9 août 1959.

Le prêtre, après avoir décrit la naissance de sa vocation sacerdotale et de son entrée au S.R. a exposé ses premières missions secrètes pendant la première grande guerre.

L’Agent ” 37 bis “, alias ” NORBERT “, identifié par les Services de Contre­-espionnage Allemands a été condamné à mort par contumace et sa tête mise à prix.

Il doit se réfugier en France où, jusqu’à la fin du Conflit, il devra se contenter, sur l’ordre exprès des Services Spéciaux, d’exécuter des missions d’importance secondaire qui ne peuvent suffire à son activité.

L’Abbé ” NORBERT ” achève ses études théologiques et se consacre à son Sacerdoce dans la Paroisse qui lui est désignée dans la Vallée de Chevreusee: Beaurières.

La Paix revenue, le démon du ” renseignement ” le poursuit et il exécute périodiquement, sous des identités diverses, les missions que lui confient les Services Spéciaux avec lesquels il demeure en contact permanents.

L’ennemi le recherche toujours et c’est avec de multiples précautions que le SERVICE l’utilise.

La deuxième guerre mondiale éclate.

L’Abbé VORAGE ” NORBERT”, désormais naturalisé Français, veut encore servir.

Le Colonel RIVET, chef du SERVICE, lui confie des missions très précises tout en évitant de le remettre en contact direct avec l’Allemagne.

La défaite accable l’Agent ” 37 bis “, mais il ne renonce pas à la lutte et nous allons voir dans les pages qui suivent quelle fut, à partir de 1940, son existence d’Agent de renseignements et de Résistant.

L’Agent ” 37 bis ”  est mis ” au vert “

…Ce 14 juillet 1940, disait l’Abbé ” NORBERT ” en veine de confidences, est le plus beau que j’aie vécu. J’ai vu celui de 1919. C’était celui de la Victoire. Défilé, fanfares… Mais celui de 1940, quand tout était perdu, quand nous n’avions plus rien, ce fut une vraie fête ! RIVET nous avait réunis dans une maison du boulevard des Italiens à Clermont-Ferrand. Nous, je veux dire tous ses collaborateurs dispersés par la défaite. Il nous expliquait le nouveau dispositif qu’il avait dressé, nous distribuait les consignes, nous exposait comment la présence de l’ennemi, écrasante en zone nord, occulte en zone sud, nous contraignait à un camouflage plus rigoureux, à des ruses plus subtiles. Par surcroît, il faudrait se méfier aussi du gouvernement, ligoté par la convention d’armistice.

Nous allions devoir travailler en ” artistes “. Comme disait PAILLOLE : ” du travail sans filet “…

Autour du chef très aimé du SERVICE se tenaient alors tous les fidèles : d’ALES, PAILLOLE, RONIN, LAFFONT, MANGES père et fils, PERRUCHE, de VILLENEUVE. SIMONEAU, PELLISSIER, MULLER, et tant d’autres, tous bien résolus à retrouver la victoire en niant la défaite. Faisant mine d’acquiescer au slogan officiel du ” Retour à la Terre “, ils camouflèrent leurs activités sous des raisons sociales diverses. L’abbé ” NORBERT “, lui, pouvait continuer de servir sans autre camouflage que la transformation de son nom en ” DESGOUTTES “.

La paroisse que lui avait confié l’évêque de Clermont-Ferrand était un petit village juché dans la montagne, à 1.150 mètres : Borderolles. Il s’y installe au lendemain de ce 14 juillet. Privés de prêtre depuis longtemps, les montagnards lui firent fête. A la messe du premier dimanche qui suivit son arrivée, l’église regorgeait de fidèles. Se souvenant de l’auditoire qui l’avait accueilli le jour de son installation à B…




Extrait du Bulletin : A propos du débarquement allié en Normandie

Certains de nos camarades se sont étonnés que la totalité des forces allemandes n’ait pas été alertée dès le 5 juin 1944 en raison de l’imminence de l’attaque alliée sur les plages de Normandie.

Le commandement de la Wehrmacht avait été informé par l’Abwehr de l’ordre diffusé par la B.B.C. aux Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I.) de procéder sans délai au sabotage systématique des voies de communication, ce qui impliquait l’annonce de l’imminence du débarquement.

Nous résumons ci-après l’état de nos connaissances sur cet aspect important de la phase essentielle de notre Libération.

 

1) RAPPEL DE DEUX DONNEES CAPITALES

a) Depuis le début de 1944, les Services Spéciaux alliés (y compris nos services) appliquent le plan général d’intoxication Bodyguard qui doit aboutir, notamment par la mise en œuvre du plan annexe Fortitude, à persuader l’ennemi que le débarquement de Normandie est une vaste entreprise de dissuasion; la « menace principale » pour la Wehrmacht doit être l’attaque au nord de la Seine par le Pas-de-Calais.

Une menace secondaire est soutenue en Méditerranée. On sait (notamment par le décryptement des messages Enigma) que ce plan d’intoxication est une réussite totale jusqu’au début de juillet 1944 et qu’il incita le haut commandement allemand à maintenir ses forces dispersées.

b) Depuis la fin de 1943, l’Abwehr est au courant des conditions dans lesquelles les F.F.I. et les F.F.C. seront informées des projets de débarque ment alliés par la B.B.C. Le 24 octobre 1943 l’O.K.W. a répercuté sur le front de l’Ouest ces indications recueillies par l’Abwehr grâce à sa pénétration dans les organisations de Résistance en France, ses écoutes radios et ses décryptements.

Ainsi l’ennemi sait que l’information des résistants doit se faire en deux temps avec la diffusion des vers de Verlaine

— 1er temps : « Les sanglots longs des violons de l’automne »

— 2e temps : « Bercent mon cœur d’une langueur monotone ».

La diffusion du 1er temps signalera l’approche du débarquement, sans en donner ni lieux ni date. La diffusion du 2e temps précédera de très peu le déclenchement des opérations et donnera l’ordre de sabotage dans toute la France.

Depuis le mois de mai 1944 la B.B.C. a diffusé plusieurs fois le premier vers de Verlaine. Les Allemands l’ont capté. Ils savent à quoi s’en tenir. Le Commandement allemand en France (P.C. à Saint-Germain) a alerté par précaution ses armées au Nord et au Sud de la Seine. Rien ne s’étant produit fin mai, Von Rundstedt lève l’alerte et précise qu’elle ne sera éventuellement renouvelée que sur son ordre.

 

2) DEROULEMENT DES EVENEMENTS

a) Le 5 juin 1944 à partir de 21 heures, la B.B.C. diffuse à plusieurs reprises le 2e temps (2e vers de Verlaine) soit l’ordre de sabotage. Il est intercepté par les écoutes de la station de l’Abwehr de la région de Nord ainsi que par les services spécialisés de la 15e Armée allemande stationnée au Nord de la Seine jusqu’au Pays-Bas. Ces services répercutent leurs interceptions sur le P.C. de Saint-germain qui donne l’ordre d’alerte maximum à cette 15e armée. Il est 22 h 30. A 23 h 15, toutes les défenses côtières de la 15e armée sont en place.

b) C’est la 15e Armée allemande qui défend les côtes de Normandie et de Bretagne. Son chef, Rommel, est en Allemagne depuis le 4 mai 1944. Les principaux chefs de ses grandes unités sont le 5 juin 1944 depuis 9 heures, à Rennes, pour participer à un Kriegspiel. Le Général Speidel, Chef d’E.M. de Rommel est au P.C. de cette 7e Armée à la Roche-Guyon (sur la Seine à l’ouest de Mantes). A 23 heures il reçoit une communication téléphonique de la 7e Armée signalant qu’à la suit…




Memorial – biographies Pej-Pez

PELISSIER

Louis

Pseudonymes:  CARTON, MARTIN

 

 

Né le 21 décembre 1901  à  Toulouse (Haute-Garonne) de père inconnu  et de Marie, Valérie Pélissier Epouse:  Alice, Angèle, Désirée Duranton Profession: officier d’active Décédé le 8 (?) juin 1944  à  Saint Céré (Lot)

 Réseau:  S.S.M.F./T.R. , groupe MorhangeAgent P2

 

Un de ses compagnons de Résistance, le Lieutenant colonel Guisset, écrit dans une courte biographie:

“Louis Pélissier est un enfant de Toulouse où il naquit au début de ce siècle. Jeune appelé de la classe 1921, il devient sous-lieutenant de réserve. Trouvant dans le métier militaire sa véritable vocation, il contracte un réengagement comme sous-officier; admis dans un excellent rang à l’École militaire d’infanterie de Saint Maixent, il en sort à 24 ans avec le grade de sous-lieutenant d’active. Affecté au 95e régiment d’infanterie à Bourges, son chef de corps voit déjà en lui un officier d’avenir. Il servira ensuite en Algérie, puis au 149e régiment d’infanterie de Forteresse, corps auquel il appartient lorsque la guerre de 1939 éclate.

Ses différents chefs l’ont apprécié et on relève dans ses notes les termes suivants pris au hasard: “Officier d’élite”, “Excellent commandant de compagnie”, “Remarquable instructeur”, “Beau soldat très calme, très maître de soi, plein d’allant et d’initiative”, “Officier très complet, militaire dans l’âme”, “Chef au tempérament ardent, appelé à être en campagne un chef de tout premier ordre”.

Au début de la guerre, le capitaine Pélissier commande dans le secteur de Longuyon, une compagnie d’ouvrage. Bientôt le commandement du bataillon lui est remis et, lorsque le 10 mai 1940 la vague allemande vient battre la ligne Longuyon-Longwy, il repousse de violentes attaques et par son exemple maintient toutes ses unités à leur poste de combat.”

Dans la citation accompagnant sa Croix de Guerre, les faits sont précisés: “Une attaque ennemie ayant échoué le 15 mai 1940 à proximité de nos réseaux barbelés, a spontanément traversé ceux-ci pour capturer des fantassins ennemis blessés qui auraient pu regagner leurs lignes. A été grièvement blessé lui-même, montrant ainsi à ses soldats un magnifique courage et un mépris absolu du danger.” (Louis Pélissier a été atteint d’une balle dans le dos.)

“A l’issue de sa convalescence, poursuit le lieutenant colonel Guisset, il est affecté au 23e régiment d’infanterie qui, après avoir été le régiment de Coblence, d’Haguenau et du Bas-Rhin, vient d’être reconstitué à Toulouse. En novembre 1942, la zone libre est envahie par les Allemands et l’armée de l’armistice est dissoute. Placé en congé d’armistice,officiellement reconverti dans les assurances, Pélissier entre dans la Résistance et devient un des principaux chefs de l’Armée Secrète ou A.S.

Sous les pseudonymes de Carton, de Martin, qui sont les plus connus, il organise les formations militaires de l’A.S. et travaille en relation étroite avec François Verdier, alias Forain. Il crée des unités, assure leur encadrement, veille à leur entraînement, à leur ravitaillement, etc. Il s’occupe de constituer des dépôts d’armes et de munitions. Ainsi, le garage Pêcheur (un réfugié alsacien), avenue Lespinet, à T…