Extrait du Bulletin : Col. Simoneau et SRO

Allocution prononcée en 1988 à Besançon

Par  le colonel Paul PAILLOLE

Honorons leurs mémoires Il y a déjà trois ans, deux des nôtres, parmi les plus grands, nous quittaient: le Colonel Léon Simoneau, notre Secrétaire général et le Colonel Michel Garder, Secrétaire général adjoint chargé de notre bulletin.

En hommage au rôle et à la place qui furent les leurs, voici pour le Colonel Simoneau le récit, par le Colonel Paillole, de son action à la tête du S.R.O. de la première Armée du Général de Lattre, et pour le Colonel Garder, sur un tout autre registre, un rappel de son talent d’analyste géopolitique des pays de l’Est et de sa vision prémonitoire de l’évolution du monde soviétique dont, dès 1965, il prévoyait déjà la fin.., bien avant tout le monde.

 

Nous sommes à la mi-septembre 1944. 700 Km de course échevelée. 4 semaines de combats victorieux mais éprouvants : Toulon, Marseille, Autun, Dijon. La première Armée française doit reprendre son souffle, assurer sa maintenance, achever l’amalgame avec les F.F.I. C’est d’ici que son commandant en chef, le Général de Lattre décide de rassembler ses forces et de préparer la phase finale de la libération de notre pays.

L’affaire sera rude. Elle doit être décisive. Churchill et de Gaulle qui en ont conscience, viennent à Besançon à la veille du terrible hiver 1944-45, apporter à nos soldats le réconfort de leur confiance. Condition première du succès des opérations à venir: la connaissance de l’ennemi.

Un ennemi désormais regroupé, renforcé, galvanisé par les consignes sans appel d’un Führer aux abois. C’est donc d’ici que de Lattre lance chez cet ennemi arc-bouté sur ses ultimes défenses vosgiennes et alsaciennes, cet éclaireur de fond qu’est le S.R.

Oui, mais pas n’importe quel S.R. Le S.R.O. dont il dispose depuis Alger, est une création originale, sans précédent, dans notre histoire contemporaine. Sa conception résulte autant des besoins d’une guerre de mouvement que des circonstances imposées par l’occupation de notre territoire.

A ses ressources propres, rassemblées en A.F.N., le S.R.O. doit ajouter, au fur et à mesure de son avance, les ressources de la résistance métropolitaine et tout particulièrement celles des S.R. clandestins issus de l’Armée qui depuis bien avant la guerre, n’ont jamais cessé d’être aux trousses de l’ennemi et d’en dénoncer les intentions et les actes.

L’amalgame des sources et moyens de renseignements, tel fut l’un des secrets de la réussite du S.R.O.

Réussite totale que concrétise la lettre de félicitations adressée le 17 octobre 1944 par le Haut Etat-major allié au chef du S.R.O., le Commandant Simoneau, publiée dans un précédent bulletin.

C’est bien ce que cette plaque symbolise à l’emplacement même où le S.R.O. en possession de tous ses moyens se lance vers cette étape décisive pour l’avenir de nos Armées et de la France. Elle est aussi, cette plaque, un hommage discret mais combien nécessaire à une équipe ardente trop souvent ignorée lorsque se sont comptabilisés les facteurs de victoire. C’est enfin le rappel de tout ce que l’on doit à ce chef exceptionnel, expérimenté, rigoureux et humain, que fut le Colonel Simoneau.  

 

Le Colonel Simoneau et le S.R. Opérationnel de la première Armée française

Léon Simoneau est décédé le 7avril 1993. Jusqu’au dernier souffle il a gardé sa lucidité et son exceptionnelle mémoire. L’épopée de la première Armée française y avait sa meilleure place. Saint-Cyrien comme moi (promotion 1925-1927), nous nous étions retrouvés capitaines dans les services spéciaux de l’Etat-major de l’Armée. C’était en 1938. Lui à Metz, moi déjà en fonction à Pari…




Hommage à Buchenwald




Memorial – biographies Cl-Cz

Buchenwald, la place d’appel. Au 1er plan, la plaque des 50 Nations, au 2e plan, l’unique entrée du camp, au 3e plan, le crématoire.
 
 
 

Le 15 octobre 2010, à Buchenwald, ont été apposées dans l’antichambre du four crématoire, conjointement avec nos amis du Special Forces Club britannique, deux plaques à la mémoire des officiers du SOE, du Secret Intelligence Service,  des officiers ” TR jeune ” des Services Spéciaux militaires français et du B.C.R.A., déportés ensemble en août 1944 et exécutés dans ce camp fin septembre – début octobre de la même année. Hommage également à nos 201 Morts pour la France en déportation ainsi qu’à celles et à ceux qui sont revenus de cet enfer en 1945.
Cette cérémonie qui avait le soutien, pour la France, du Secrétariat d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants  ainsi que de l’ONAC, est une manifestation de notre rattachement pérenne au Monde Combattant ainsi que le scellement de nos relations avec le très discret Special Forces Club ( SFC).

   
 
Recueillement solennel dans la salle du « crématorium » devant les plaques dédiées aux héros
 
   
Lire les textes des allocutions prononcées par le Special Forces Club ( SFC ) et par les Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( AASSDN )
 

 

BUCHENWALD: OPENING ADDRESS The two plaques which we have come here to dedicate today commemorate the sacrifices made 66 years ago by 30 young officers of the British and French Special Services in the cause of freedom in the Second World War. They were of various nationalities: French, British, Canadian, Belgian and Dutch. But they had a few important things in common.

All of them spoke French very well. All had volunteered to act as agents of their various services inside occupied France in order to provide support for the French Resistance Forces or to gather intelligence for the Allies. All of them had been sent into France from England – some more than once. All of them undertook their missions willingly, knowing that they risked torture and death if they were captured, because each of them for his own reasons wanted to play a part in the liberation of France from the Nazi occupiers. They were captured in different areas of France, some being betrayed. They were imprisoned and interrogated in France, often brutally tortured, and, as the Allies advanced through France, they were collected together and sent by train to Germany in mid-August 1944. After a long and dangerous journey in dreadful conditions, they were brought to Buchenwald and kept prisoner in Block 17 under a particularly harsh regime. They nevertheless maintained their dignity and morale, supported by each other’s company, their common experiences and sense of purpose, and by the presence in the Camp of colleagues who had been inmates for some time.

Finally, they were murdered without any trial, as the Allies approached the borders of Germany. The first 16…




Extrait du Bulletin : Le sabotage des liaisons téléphoniques allemandes

Nous publions ci-après le témoignage de M. Jacques DUMAS-PRIMBAULT, Directeur régional des Télécommunications, à Limoges en 1943, sur les circonstances qui ont précédé l’arrestation à Limoges en mai 1943 du Capitaine GATARD, dont l’A.A.S.S.D.N. a honoré la mémoire au cours de son Congrès de Lyon.  

Ce récit a le mérite de souligner l’intensité de l’action résistante dans cette région et le patriotisme engagé des fonctionnaires des Télécommunications.

Quand, en novembre 1941, les Allemands occupent la zone sud, Limoges devient pour eux un centre de communication important, et ils réquisitionnèrent nombre de circuits pour leur usage.

Or il se trouve que, dès 1942, j’avais reçu la visite d’un de nos jeunes ” conscrits ” de l’école polytechnique, le Capitaine Jean Gatard, qui, en fait, faisait de l’espionnage, ou plutôt du contre-espionnage, pour le compte de l’armée française.

Nous devînmes intimes et, pendant un an, je lui passais pas mal de renseignements. En avril ou mai 1943, il m’annonça, tout joyeux, qu’il disposait maintenant d’une liaison directe (radio, bien sûr avec Alger et qu’on lui demandait la carte des circuits de commandement allemands.

Dès le soir, vers 19 heures, à l’heure où le bâtiment était vide et l’équipe allemande au ” rata “, je descendis et relevai la liste des circuits allemands. Le lendemain, vers midi et demie, dans le bâtiment tranquille comme d’habitude, Gatard passa me voir et je la lui remis.

Or, au milieu de l’après-midi, son épouse, Denise Gatard, qui s’était liée d’amitié avec ma femme, vint lui annoncer que son mari avait été arrêté vers 14 heures par la police alors qu’il rentrait chez lui. Coup dur, car il devait avoir sur lui la liste manuscrite, de ma main, des renseignements recueillis la veille.

J’eus très, très chaud…, et restais sur le qui-vive pendant 24 heures, jusqu’à, ce que, le lendemain, Étienne Moineville, qui appartenait au même réseau, m’apprît que Gatard avait eu le temps, dès la visite qu’il m’avait faite la veille, de passer voir son radio…. et, par conséquent, de lui remettre le papier compromettant.

J’étais donc hors d’affaires ! Gatard ne l’était pas hélas ! Incarcéré par les Allemands à la caserne Marceau qu’ils occupaient, il essaya de s’en évader et se brisa les deux chevilles en sautant d’un mur. Repris, maltraité, durement interrogé, il put cependant donner de ses nouvelles par M. de Cathen qui, en sa qualité de délégué de la Croix-Rouge, obtenait parfois, à cette époque, l’autorisation de visiter certains prisonniers.

C’est par cette voie que le malheureux Gatard put faire passer à sa femme le nom du ” traître ” qui l’avait vendu.

Quelques semaines plus tard, Gatard fut transféré à Lyon, condamné par un conseil de guerre, et fusillé au Fort Montluc en août 1943.

Bien sûr, les autorités allemandes avaient des liaisons radio hors d’atteinte de tout sabotage, mais elles tenaient cependant beaucoup à leur réseau fil, et celui ci était beaucoup plus fragile.

Le câble Limoges-Ussel (un des deux seuls câbles LGD qui, à l’époque, desservaient Limoges), avait été vite coupé au pont de Combade. Quant aux grandes artères aériennes sur voie ferrée, vers Châteauroux, Guéret, Brive, Périgueux, leur état, au fur et à mesure que l’on avançait vers la libération, était devenu une vraie mascarade.

Les voitures K du service des lignes partaient chaque matin pour réparer les artères signalées coupées… et les rétablissaient de façon que les Allemands du répartiteur puissent constater leur action ; puis les chefs d’équipe faisaient le nécessaire auprès du maquis ou de ses patriotes locaux, pour qu’elles soient recoupées dans la nuit.

 

 

 

CLAUDEL

Eugénie

Née BOLZINGER

 

 

Née le 10 décembre 1885 à  Veymerange (Moselle) de Jean-Baptiste Bolzinger  et de  Madeleine Weynant Epouse de  Henri, Joseph Claudel Décédée le 12 avril 1945  à  Ravensbruck 

Réseau:  S.S.M.F./T.R. (T.R. 113,Clermont-Ferrand, Capitaine Johannes)Agent P2

 

Engagée en novembre 1942 par les Services spéciaux,les premiers mois de 1943, Eugénie Claudel offre sa maison de Murols (Puy de Dôme)pour abriter l’installation d’un poste d’émission clandestin.

Arrêtée le 9 juillet 1943, chez elle, elle est internée à Clermont-Ferrand et à Romainville, puis  transférée à Compiègne et déportée à Ravensbruck. Elle y meurt le 2 avril 1945, dans la chambre à gaz, à cinquante neuf ans.

Déclarée “Morte pour la France”, Eugènie Claudel recevra la Croix de Guerre avec étoile de vermeil.

 

*

Citation : “A mis sa demeure à la disposition du service radio d’un poste de contre-espionnage clandestin en zone occupée, dès les premiers mois de 1943”.

 

Références: Archives du Bureau “Résistance”;  Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°21, p.19


CLECH

Joachim

 

 

Né le 28 janvier 1899  à  Crozon (Finistère). de Pierre, Marie Clech  et  de  Rose, Joséphine Parlier Epouse:  Caroline Laugié Profession: officier de gendarmerie Décédé  le 11 avril 1945  à  Bergen Belsen 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R.,  S.R.Kléber  (Vénus , Bruno)

 

Né d’un père  gendarme, Joachim Clech, lui-même issu du C.L.A. (Cadre Latéral Artillerie), avait aussi fait carrière dans la Gendarmerie (sous-lieutenant en 1925, lieutenant en 1927, capitaine en 1933, chef d’escadron en 1941, lieutenant colonel en juin 1944). Il s’était marié en 1921 à Constantinople,

Selon le témoignage du commandant Stroup , il “a été, à partir de 1941, un précieux auxiliaire à Riberac (Dordogne), puis à Périgueux. Il avait donné l’ordre à toutes ses brigades de gendarmerie de m’aider par tous les moyens.” Le maire de Tours dit de son côté: “le lieutenant colonel Clech a organisé dans sa zone un service de renseignements très intéressant…Grâce à son activité, à son énergie et aux méthodes employées, plusieurs centaines de jeunes gens, d’Israélites, de femmes et d’hommes plus ou moins traqués par le Boche ont pu venir se réfugier en zone libre.”

Joachim Clech est arrêté par la Gestapo (le S.S. Meyer) le 6 juillet 1943, dans son bureau, à Périgueux. Le commandant Stroup pense qu’il l’a été à sa place, car la Gestapo le prenait pour son successeur désigné.

Il est interné à Périgueux, puis au Pré-Pigeon d’Angers et à Compiègne. Enfin, le 24 janvier 1944 , il est déporté …




Memorial – biographies Ca-Ck

CALVET

Louis, François, Émile

 

 

Né le 21 août 1914  à  Graulhet (Tarn) de Emile Calvet  et de  Marie Duguet Epouse: Jacqueline, Jeanne, Joséphine Jaunaux Profession: mécanicien garagiste Décédé le 16 juillet 1944  à  Calmont (Haute Garonne) 

Réseau: S.S.M.F./T.R. (groupe Morhange)Agent P2

 

Louis Calvet était mécanicien garagiste à Pau. Mobilisé en août 1939, fait prisonnier à Bondy en juin 194O; six mois plus tard il s’évadait.

Entré dans la Résistance en janvier 1942, il est arrêté le 3 juin 1944, mais réussit à déjouer la surveillance de ses gardiens et rejoint le maquis de Quérigut (canton d’Axat, Aude) où il est chargé de la formation des cadres. En mission de liaison et de convoyage de matériel à Calmont (Haute Garonne), il est arrêté au petit matin du 16 juillet 1944 et fusillé le jour même, dans une rue de la ville, rue du Temple. Lenfant et Vidal, du réseau Morhange (maquis de Quérigut), en témoigneront. C’est ce qui ressort du dossier le concernant au Bureau Résistance.

Cependant, dans le rapport de X3, du 3 août 1944, relatant la mort de M. Taillandier, il est dit (Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°3, p.6): “Au petit jour, les Allemands et la Milice, au nombre d’une cinquantaine munis d’automitrailleuses et de voitures légères cernèrent le village et se rendirent au domicile de nos agents. Ces derniers, surpris dans leur sommeil, essayèrent courageusement de se défendre mais succombèrent sous le nombre. Lenfant et Calvet furent assassinés dans la chambre même.”

Louis Calvet laisse trois enfants: Claude, 5 ans, François, 2 ans 1/2, Louis, 1 an.

Cité à l’ordre du corps d’Armée, il a recevra la Croix de Guerre avec étoile de vermeil et un témoignage de satisfaction du Field Marshal Montgomery.

 

Références: Archives du Bureau “Résistance”; Liste Fontès du 27 novembre 1997;   Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°1, p.26, n°3, p.6 et n°83, p.11.


CAMUS

Laurent, Jules, Émile

Pseudonyme: PETIT PERE

 

 

Né le 5 avril 1887  à  Champagney (Haute Saône) de Jean, François, Augustin Camus  et de   Jeanne, Honorine Charey Epouse: Germaine Picareau Profession: officier de carrière Décédé le 18 août 1944 à Mathausen 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Saint-cyrien (promotion Mauritanie), Laurent Camus a été affecté au 2e Régiment d’infanterie en octobre 1910. Il participa brillamment à la guerre 1914-1918, comme chef de section puis comme commandant de compagnie, nommé capitaine à titre exceptionnel en octobre 1914. Deux fois blessé (trois citations dont deux à l’ordre de l’Armée), il reçut la croix de chevalier de la Légion d’honneur. A la suite d’un bombardement, il fut évacué le 15 août 1917 pour contus…




Memorial – biographies Da-De

DARGENT

Maurice, Lucien

Pseudonymes: MICHEL, GRANJAN

 

 

Né le 22 janvier 1910  à  Amiens (Somme) de…. Epouse: Denise… Profession: gendarme Décédé le 15 mai 1945 (d’après le Secrétariat d’État aux Forces Armées)   “disparu” le 2 février 1943 (d’après le  ministère des Anciens Combattants)

 Réseau: S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Militaire d’active, dans la Gendarmerie, Maurice Dargent , qui parlait l’allemand, a fait la guerre de 1939-1940, a été prisonnier du 17 juin 1940 au 23 novembre 1941. Il a ensuite poursuivi sa carrière en service à Marseille, jusqu’au 31 octobre 1942,  et est entré dans  les Services Spéciaux comme agent radio (T.R. 117 bis, à Perpignan).

Le colonel Bernard (Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°103) donne les précisions suivantes: “Le premier coup dur sur T.R. 117 s’est déroulé de la façon suivante: Terres est arrêté sous le nom de Tessier. Le sergent chef Dargent donne l’alerte, mais va au garage où Terres a laissé sa voiture avec ses véritables papiers d’identité, le plan de travail du poste radio et divers papiers de service… Il est surpris avec un autre sous-officier par les Allemands, il tire, mais est capturé(15 décembre 1942, à Toulouse).

Il résiste alors à la torture et ne donne aucun renseignement à ses bourreaux.

Il est déporté  le 16 septembre 1943 à Buchenwald, puis au camp de Lublin, en Pologne, où sa trace se perd en 1944. La date de sa mort est incertaine. Il a un enfant de treize ans au moment de sa disparition.

Déclaré “Mort pour la France”, Maurice Dargent sera cité à l’ordre du régiment et recevra la Croix de Guerre 1939-1940 avec étoile de bronze.

 

*

Citation :“Malgré l’arrestation de son chef de poste et les dangers encourus, n’a pas hésité à se rendre dans un endroit qu’il savait surveillé par la police allemande, pour sauver des documents. A eu une attitude exemplaire, malgré les tortures qui lui ont été infligées n’a communiqué aucun renseignement aux services allemands”.

 

Références: Archives du Bureau “Résistance”;  Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°1, p.26, n°21, p.19, n°103, p.7


DAROUX

Jean, Robert

 

 

Né le 5 juillet 1919  à  Sotteville- les-Rouen (Seine-Maritime) de Robert Daroux  et de  Germaine Briand Epouse:  Germaine Lemarie Profession: militaire d’active Décédé le  20 avril 1945  à  Bergen Belsen 

Réseau: S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Durant la guerre 1939-40, Jean Daroux, jeune licencié en droit, parlant l’anglais et l’allemand, fut…




Archives du site – Michel THORAVAL

 

Le ” Petit Michel ” nous a quitté. Notre Président d’Honneur, Michel THORAVAL, est décédé et ses obsèques ont eu lieu le vendredi 29 septembre 2006, à 14 heures en l’église de Fouras, en Charente-Maritime.

Voici ce qu’écrivait le colonel Paillole dans la présentation de la plaquette “Un parmi d’autres” qui raconte la vie de soldat de Michel Thoraval :

” Parachuté près d’Issoire le 19 janvier 1943, Michel Thoraval va insuffler une vigueur nouvelle à nos réseaux de Renseignements et de Contre-espionnage. Rien ne lui est étranger de la technique radio, du chiffrement et du déchiffrement, du parachutage, des liaisons aériennes nocturnes (pick-up), des problèmes de C.E., de Renseignements et plus généralement de résistance à l’occupant. Rien ne le rebute, rien ne lui fait peur. Sa gentillesse, sa prudence, l’autorité souveraine qui se dégage de son calme, de ses qualités techniques et humaines s’impose à mes camarades. Ainsi se rétablissent, se perfectionnent et s’amplifient nos liaisons et la foi en la Victoire. ”

Ce sont ces qualités qu’il a mises au service de notre Amicale pendant de si longues années.

HOMMAGE DU PRÉSIDENT DE A.A.S.S.D.N.

à g.: Lt. Georges SIMONIN ( Radio ), mort en déportation  

à dr.: Michel THORAVAL

 

Le Docteur Michel Thoraval est décédé le 25 septembre 2006. Il avait 85 ans.

Mu par un patriotisme exemplaire, il était animé des plus belles qualités qu’un service spécial ait pu rechercher pendant la guerre.

Évadé de France par l’Espagne où il avait connu cinq prisons dont celle de Miranda avant de gagner Gibraltar, il avait rejoint l’Angleterre au printemps 1942.

Repéré par l’I.S., il avait suivi un stage de parachutiste à Ringway et avait été formé à toutes les techniques de l’action clandestine en vue d’être envoyé en mission en France.

Ainsi, lorsque fin décembre 1942, le Commandant Paillole, qui avait gagné Londres après s’être lui-même évadé de France par l’Espagne et Gibraltar pour rejoindre Alger, fit part de ses problèmes et de l’urgence de les résoudre à ses amis responsables de l’I.S., ceux-ci lui proposèrent-ils Michel Thoraval.

Séduit, le chef du contre-espionnage français confia au ” petit Michel ” une première mission dans le Massif Central au titre des TR pour laquelle il suivit un stage complémenaire de ” pick-up ” à Tungmere où il rencontra le Group Captain Pickard.

Parachuté en ” blind ” le 19 janvier 1943 non loin d’Issoire par un Halifax, il s’acquitta parfaitement de cette délicate et périlleuse mission au cours de laquelle il rencontra Verneuil et les Généraux Frère et Olleris de l’ORA.

Récupéré par un Lysander le 18 février avec le Capitaine Bonnefous, il rejoint Londres avec d’importants documents destinés à être remis au Commandant Paillole à Alger, ce qui fut fait cinq jours après.

De retour à Londres en avril, il fut de nouveau parachuté près d’Issoire pour d’autres missions à haut risque : apporter des fonds et des postes de radio indispensables, organiser deux ” pick-up ” de personnalités et de membres importants de TR et réaliser l’évasion du Général Georges dont la présence était attendue à Alger par le Général Giraud et… Winston Churchill.

Cette dernière mission fut accomplie le 18 mai.

Un an après, il se prépara à débarquer en Normandie comme officier de liaison. Arrivé à Courseulles en juillet 1944, il prend contact avec les organisations de renseignement, de contre-espionnage et de résistance avant de devenir chef du poste TR de Rennes puis de Perpignan.

Il quittera l’armée à la fin de la guerre et reprendra ses études de chirurgien-dentiste.

Rejoignant l’amicale dès sa naissance, il en sera successivement Délé…




Memorial – biographies Ha-Hz

HADENGUE

Edmond, Ernest

 

 

Né le 14 octobre 1908  à  Ennemain (Somme) de Emile, Joseph, Eugène Hadengue  et de  Madeleine, Marie, Elisa Forguet Epouse: … Profession: constructeur d’avions Décédé le 4 février 1944  à  Mauthausen (Autriche)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Poste P2)Agent P2

 

Edmond Hadengue, constructeur d’avions, père d’un enfant, ayant fait la guerre de 1939-40, s’engage dans les Services spéciaux le 1er janvier 1941. Il est chef d’antenne.

Arrêté par la Gestapo le 22 janvier 1943, chez lui, à Amiens, 😯 rue Lemerchier, il est interné à Fresnes et à Romainville. Déporté le 16 août 1943 à Sarrebrück, il meurt le 4 février 1944 , à Mauthausen.

Il sera éclaré “Mort pour la France”.

 

*

Citation: “Dévouement total et désintéressé allant jusqu’au sacrifice.”

 

Références: Archives du Bureau “Résistance”;  Bulletin de l’A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


HAMARD

Léon, Louis, Lucien

Pseudonyme: LEO

 

 

Né le 28 novembre 1919  à  Bar Le Duc (Meuse) de Léon, Pascal Hamard  et de  Eléonore Margerie Profession: inspecteur de police Décédé le 16 (?) juillet 1944 à Toulouse 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.- Groupe Morhange (Andalousie)Agent P2

 

Né le 28 novembre 1919 à Bar Le Duc (Meuse), Léon Hamard a perdu son père dans sa petite enfance. Inspecteur de police à la Brigade politique des Renseignements généraux, puis à la 8e brigade de police judiciaire, il s’engage dans la Résistance dès le 1er décembre 1940, à 22 ans. Il fait partie des T.R.(homologué comme chef d’antenne)  et du réseau Andalousie, avant d’entrer dans le groupe Morhange, sous le pseudonyme de Léo.

Durant toute la guerre, il mène une action de renseignement et de contre-espionnage extrêmement efficace et participe à de nombreuses opérations clandestines.

Le mardi 11 juillet 1944, lorsque son chef, Marcel Taillandier* (alias Morhange) se rend à Auch, dans la voiture de Georges Marchandeau, pour assister à la réunion des responsables du Gers, en vue de coordonner les groupes armés du département, Léon Hamard fait partie de l’expédition.

En sortant de Toulouse, sur la route nationale d’Auch, la Feldgendarmerie a établi un barrage à la sortie du pont de Saint-Martin-du-Touch. La sentinelle de faction hésite devant les papiers de Morhange et “actionne” son téléphone. Morhange, conscient du danger, ordonne le sauve qui peut. Léon Hamard, avec Georges Marchandeau, fait alors diversion pour permettre à leur chef de prendre la fuite. Celui-ci, poursuivi, sera abattu un moment après.

Léo Hamard et Georges Marchandeau sont aux mains…




Memorial – biographies Sa-Sz

SANDEAU

Gérard, Lucien

 

 

Né le 1er juin 1904  à  Bordeaux (Gironde) de Joseph, Ferdinand Sandeau  et de  Jane Cassezon Epouse: Yvette Gravie Décédé le 2 avril 1945  au camp de Flohä (Saxe) Profession: mécanicien automobile

 Réseaux: F.F.I., A.S., Action C.D.M. (Région IV)Agent P2

 

Gérard Sandeau, qui avait un brevet supérieur de spécialiste automobile, appelé sous les drapeaux en 1924, avait fait l’École d’Artillerie de Poitiers et avait été nommé capitaine en 1930. Sa conduite durant la guerre, du 1er septembre 1939 au 25 juin 1940, lui valut la Croix de Guerre et une citation à l’ordre de la Division.

Dès le début de l’année 1941, il entre dans la Résistance, se mettant à la disposition du Service du Camouflage du Matériel de l’Armée dans la région de Toulouse où il habite (78 rue des Chalets).Il appartient aussi aux F.F.I., A.S.,  dans la secteur de Toulouse, du 1er janvier 1943 au 17 janvier 1944. 

Le général de brigade Émile Mollard, chef du réseau C.D.M. de la France Combattante écrit que Gérard Sandeau, “agent permanent du réseau C.D.M., a pris part effectivement au camouflage des armes, munitions et véhicules automobiles; son activité a permis de sauvegarder un important matériel et ainsi de le soustraite des mains de l’ennemi.

Après l’arrestation de ses chefs en 1943, le commandant Sandeau prit la lourde charge de chef départemental du réseau C.D.M. et son activité clandestine amena son arrestation.”

Dans le Bulletin de l’A.A.S.S.D.N., il est dit que Gérard Sandeau fait aussi du renseignement et que, l’hiver 1942-1943, après les premières coupes sombres dans les Services de S.M. et du C.D.M., des forces dispersées se regroupent, avec notamment l’installation d’une équipe du C.D.M. autour du commandant Pointurier*. Gérard Sandeau en fait partie.

D’après son dossier du Bureau Résistance, ‘il est arrêté par la Gestapo, rue de Constantine à Toulouse, le 17 janvier 1944. Prévenu des recherches de la Gestapo, dira Le général Anselme, commandant de la Vme Région, il “a refusé de s’éloigner même temporairement de son poste, poussant l’abnégation volontaire jusqu’au sacrifice intégral.”

Interné à Compiègne, il est déporté en Allemagne le 26 avril 1944. Roger Derrac, habitant également Toulouse, du réseau Françoise (évasion), attestera qu’il a été déporté en même temps que lui et dans les mêmes camps: Auschwitz, Buchenwald, Flossenburg et Flohä (Saxe). C’est là qu’il meurt le 2 avril 1945.

Déclaré “Mort pour la France, commandant à titre posthume, Gérard Sandeau recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Dossier du Bureau Résistance; Bulletin de liaison de l’A.A.S.S.D.N. n°3, p.9


SCHIBER

Armand, René

 

 

Né le 12 mai 1912 àThannenkirch (Haut-Rhin) de Valentin Schiber  et de  Aline Roth Epouse: Paulette Laurent Profession: interprèt…




Extrait du Bulletin : Prêtre et soldat (2)

Dans notre dernier BULLETIN (n° 28), nous avons commencé la reproduction de la première partie du livre écrit par l’Abbé VORAGE, Aumônier des Services Spéciaux de la Défense Nationale, décédé le 9 août 1959.

Le prêtre, après avoir décrit la naissance de sa vocation sacerdotale et de son entrée au S.R. a exposé ses premières missions secrètes pendant la première grande guerre.

L’Agent ” 37 bis “, alias ” NORBERT “, identifié par les Services de Contre­-espionnage Allemands a été condamné à mort par contumace et sa tête mise à prix.

Il doit se réfugier en France où, jusqu’à la fin du Conflit, il devra se contenter, sur l’ordre exprès des Services Spéciaux, d’exécuter des missions d’importance secondaire qui ne peuvent suffire à son activité.

L’Abbé ” NORBERT ” achève ses études théologiques et se consacre à son Sacerdoce dans la Paroisse qui lui est désignée dans la Vallée de Chevreusee: Beaurières.

La Paix revenue, le démon du ” renseignement ” le poursuit et il exécute périodiquement, sous des identités diverses, les missions que lui confient les Services Spéciaux avec lesquels il demeure en contact permanents.

L’ennemi le recherche toujours et c’est avec de multiples précautions que le SERVICE l’utilise.

La deuxième guerre mondiale éclate.

L’Abbé VORAGE ” NORBERT”, désormais naturalisé Français, veut encore servir.

Le Colonel RIVET, chef du SERVICE, lui confie des missions très précises tout en évitant de le remettre en contact direct avec l’Allemagne.

La défaite accable l’Agent ” 37 bis “, mais il ne renonce pas à la lutte et nous allons voir dans les pages qui suivent quelle fut, à partir de 1940, son existence d’Agent de renseignements et de Résistant.

L’Agent ” 37 bis ”  est mis ” au vert “

…Ce 14 juillet 1940, disait l’Abbé ” NORBERT ” en veine de confidences, est le plus beau que j’aie vécu. J’ai vu celui de 1919. C’était celui de la Victoire. Défilé, fanfares… Mais celui de 1940, quand tout était perdu, quand nous n’avions plus rien, ce fut une vraie fête ! RIVET nous avait réunis dans une maison du boulevard des Italiens à Clermont-Ferrand. Nous, je veux dire tous ses collaborateurs dispersés par la défaite. Il nous expliquait le nouveau dispositif qu’il avait dressé, nous distribuait les consignes, nous exposait comment la présence de l’ennemi, écrasante en zone nord, occulte en zone sud, nous contraignait à un camouflage plus rigoureux, à des ruses plus subtiles. Par surcroît, il faudrait se méfier aussi du gouvernement, ligoté par la convention d’armistice.

Nous allions devoir travailler en ” artistes “. Comme disait PAILLOLE : ” du travail sans filet “…

Autour du chef très aimé du SERVICE se tenaient alors tous les fidèles : d’ALES, PAILLOLE, RONIN, LAFFONT, MANGES père et fils, PERRUCHE, de VILLENEUVE. SIMONEAU, PELLISSIER, MULLER, et tant d’autres, tous bien résolus à retrouver la victoire en niant la défaite. Faisant mine d’acquiescer au slogan officiel du ” Retour à la Terre “, ils camouflèrent leurs activités sous des raisons sociales diverses. L’abbé ” NORBERT “, lui, pouvait continuer de servir sans autre camouflage que la transformation de son nom en ” DESGOUTTES “.

La paroisse que lui avait confié l’évêque de Clermont-Ferrand était un petit village juché dans la montagne, à 1.150 mètres : Borderolles. Il s’y installe au lendemain de ce 14 juillet. Privés de prêtre depuis longtemps, les montagnards lui firent fête. A la messe du premier dimanche qui suivit son arrivée, l’église regorgeait de fidèles. Se souvenant de l’auditoire qui l’avait accueilli le jour de son installation à B…