Géopolitique : Au-delà des postures, une volonté d’apaisement sino-américaine

Le 25 juin, à l’issue du sommet de l’OTAN à La Haye, D. Trump fort de la puissance des frappes américaines contre les installations nucléaires de la République Islamique d’Iran insultait avec une rare vulgarité le New-York Times qui osait douter de l’efficacité des bombardements massifs par les B-2.

Au passage, tout aussi trivial, il menaçait le premier ministre espagnol Pedro Sánchez de lui faire « payer » son rejet des injonctions de la Maison Blanche de porter son budget défense à 5% du PIB, 26 juin.

Au même moment, Pékin accueillait à Qingdao, le ministre de la Défense iranien Aziz Nasirzadeh. Dans le contexte général de la rivalité stratégique sino-américaine, l’invitation tombait à point nommé pour désavouer en paroles et en actes la stratégie de Washington au Moyen-Orient.

La présence d’un haut dignitaire de la défense iranien à Qingdao, base navale emblématique, siège du Commandement de la Flotte du Nord, où la marine chinoise moderne avait, en 2019, organisé les vastes cérémonies de son 70e anniversaire (lire : 70e anniversaire de la marine à Qingdao. L’Inde et le Japon en vedette. L’US Navy absente. Incident avec une frégate française), s’inscrivait dans le cadre de la réunion des ministres de la défense de l’Organisation de Coopération de Shanghai.

Avec le Chinois Dong Jun, hôte de l’événement, l’Iranien était entouré, entre autres, du Kazakh Dauren Kossanov, du Khirgiz Ruslan Mukambetov, du Pakistanais, Khawaja Muhammd Asif, de l’Indien Rajnath Singh, du biélorusse Viktor Khrenin et du Russe Andreï Belooussov.

Le 26 juin, le discours du ministre chinois a donné le ton, étroitement aligné sur le nouveau narratif de l’appareil et de Moscou depuis que Donald Trump bouscule le monde par ses brutalités douanières et ses contrepieds stratégiques.

Mais chacun a pu noter que la force de la rivalité stratégique sino-américaine avait effacé l’éléphant dans la pièce des transgressions nucléaires militaires de Téhéran dont le régime est animé de la mystique de destruction d’Israël.

La Chine et ses alliés russe et iranien dans le rôle vertueux de garants de la stabilité planétaire.

Avec le Chinois Dong Jun, hôte de l’événement, l’Iranien était entouré, entre autres, du Kazakh Dauren Kossanov, du Khirgiz Ruslan Mukambetov, du Pakistanais, Khawaja Muhammd Asif, de l’Indien Rajnath Singh, du biélorusse le Viktor Khrenin et du Russe Andreï Belooussov.

Les pays réunis à Qingdao, sous l’égide de Pékin, devaient se voir ensemble, dit Dong Jun, comme un contrepoids à un monde devenu chaotique 混乱 et instable 不稳定, où se développent, allant jusqu’à menacer l’ordre du monde, l’unilatéralisme 单边主义, le protectionnisme 保护主义, la tentation hégémonique 霸权, et un style brutal de relations internationales par l’intimidation 恐吓行为.

Selon Xinhua le ministre iranien Nasirzadeh a exprimé « sa gratitude à la Chine pour sa compréhension et son soutien à la position légitime de l’Iran » et espéré que la Chine « continuera à défendre la justice et à jouer un rôle encore plus important dans le maintien du cessez-le-feu actuel et l’apaisement des tensions régionales ».

Sans surprise Pékin et l’OCS ont condamné l’attaque menée le 13 juin par Israël contre l’Iran, dont l’un des effets fut l’élimination de plusieurs hauts responsables militaires iraniens, prélude aux bombardements américains.

Enfin, après avoir soutenu le cessez-le-feu, le groupe a vertement critiqué l’intervention de Washington qu’il a, de manière insolite et sans élaborer, peut-être par allusion au statut d’État du seuil d’Israël, qualifié de « coup dur porté au régime international de non-prolifération nucléaire ».

Alors que les discours des ministres de la défense glosaient sur l’affaiblissement des élans de mondialisation, en marge de la réunion, le russe Andreï Belooussov et le Chinois Dong Jun se sont félicités de la richesse de leurs relations bilatérales « dans tous les domaines ».

Les deux n’ont pas directement fait allusion à la « guerre des douze jours » entre l’Iran, Israël et les États-Unis mais, oubliant leur propre stratégie unilatérale d’expression de la force, Pékin en mer de Chine du sud et contre Taiwan, Moscou en Ukraine que la Russie détruit systématiquement à coups de missiles, ils se sont présentés comme une alternative de sécurité globale.

En même temps, tous les participants ont, selon Xinhua, exprimé « une forte volonté de consolider et de développer la collaboration militaire ».

Les contradictions du rapprochement avec Téhéran et les exigences pragmatiques de la quête d’énergie.

Le 27 juin, trois jours apprès le cessez-le-feu imposé par D. Trump, Wang Wentao, ministre chinois du Commerce, membre du Comité Central, exprimait de la manière la plus claire la volonté de Pékin d’apaiser les relations sino-américaines. Il a pris la parole au milieu des risques déflagrants de la situation au Moyen Orient dont une escalade menacerait directement les intérêts énergétiques chinois. La déclaration suivait la promesse de l’appareil de livrer des Terres aux Etats-Unis.

Dans une ambiance générale où souffle le vent dominant de la puissance des rapports de force, on ne peut pas exclure que le retour au pragmatisme dont il est prudent de considérer qu’il pourrait n’être que temporaire, a directement été influencé par la violence des attaques conjointes de Tel Aviv et Washington contre Téhéran.

C’est un fait que ces dernières années, Pékin, exprimant depuis longtemps son opposition aux sanctions américaines contre l’Iran et critiquant le retrait américain de l’accord nucléaire iranien de 2015, est, au point d’organiser des exercices navals conjoints, devenu le soutien diplomatique et économique majeur de l’Iran.

(Lire nos articles de novembre 2014 Les arrières pensées de la relation entre la Chine et l’Iran et de juillet 2020 : La Chine peut-elle contourner l’Amérique par l’Iran ?).

Par ailleurs, malgré les sanctions, la Chine (elle-même a cependant pris soin de diversifier ses sources – seulement 13,7% de ses achats de pétrole viennent d’Iran -), reste, à hauteur de 90% du total des exportations de Téhéran, de très loin et par des voies détournées, le plus gros acheteur d’énergie de l’Iran.

[NDLR : Globalement le pétrole importé par la Chine vient à 19% de la Russie (1er fournisseur depuis 2022), d’Arabie Saoudite (16%), du Sultanat d’Oman, (13%), d’Irak, de Malaisie, d’Angola, du Koweit, des États-Unis, d’Iran et du Venezuela].

Enfin, l’image montrant que plus de 40% des importations chinoises viennent du Moyen-Orient dessine une vulnérabilité stratégique de Pékin directement liée au conflit en cours et à la vulnérabilité du transit par le détroit d’Ormuz que l’Iran a menacé à plusieurs reprises de fermer en réponse aux frappes militaires israéliennes.

Autrement dit la Direction politique chinoise qui, par opposition stratégique à l’Amérique, affiche son soutien sans faille à Téhéran, a tout intérêt à une désescalade rapide.

Les premiers signes concrets d’un apaisement sino-américain conjointement souhaité par Pékin et Washington, se sont manifestés, le 27 juin. La Direction politique a en effet fait savoir qu’elle approuverait l’exportation de minéraux de terres rares vers les États-Unis.

La déclaration eut lieu quelques heures à peine après une mise au point de la Maison Blanche affirmant que les deux parties étaient parvenues à un accord. S’il était confirmé l’accord constituerait une avancée majeure après des semaines de négociations sur l’accès des États-Unis à ces matériaux clés.

En tous cas, l’intention d’apaisement transparaissait clairement le 27 juin dans la déclaration du ministre du commerce Wang Wentao 王文涛, 61 ans.

En poste depuis 2020, cet ancien nº1 du Pari à Jinan et gouverneur du Heilongjiang, proche de Xi Jinping et membre du Comité Central depuis 2022 « espérait que les deux parties pourraient continuellement améliorer le consensus, réduire les malentendus, renforcer la coopération et promouvoir conjointement le développement sain, stable et durable des relations économiques et commerciales sino-américaines ». On ne saurait mieux dire.

Editorial de François DANJOU
30 juin 2025
https://www.questionchine.net/




Désinformation : Quel lien entre Histoire et Renseignement ?

Y a-t-il deux disciplines intellectuelles plus proches que le Renseignement et l’Histoire ? Dans les deux cas, il s’agit de parvenir à une connaissance objective des faits à partir de sources fiables et soumises à une critique constante, en fonction d’une interrogation raisonnée et systématique, que celle-ci se déroule dans la cadre de la rédaction d’une thèse ou d’une recherche historique, ou qu’elle corresponde à un
« plan de recherche ».

Dans les deux cas les faits et les renseignements qui les font connaitre ne sont pas par eux-mêmes totalement significatifs s’ils ne sont pas reliés les uns aux autres, hiérarchisés, synthétisés « exploités », diront les gens du Renseignement. Cette exploitation elle-même conduisant à de nouvelles interrogations et à de nouvelles recherches, dans un processus dialectique sans fin mais qui doit permettre, non pas de parvenir à une vérité qui n’est jamais totalement accessible mais du moins de s’en rapprocher

Le raisonnement par induction

D’autre part le Renseignement et l’Histoire partagent le fait d’être tous deux des sciences inductives, passant de la connaissance de faits particuliers à des conclusions générales, et non pas des
sciences déductives ; on part en effet des faits pour établir progressivement et prudemment un tableau d’ensemble, décrivant les corrélations entre les différents facteurs et leurs évolutions.

[…]

Pour lire l’article dans son intégralité, téléchargez le PDF en cliquant ICI




Hommage : La véritable stature du général Louis Rivet (1883-1958)

Le général André Rivet est méconnu des Français alors qu’il fut l’un des hommes les mieux renseignés en France avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. L’AASSDN estime de son devoir de faire découvrir celui qui a fait preuve des plus hautes valeurs morales et intellectuelles pendant près d’une décennie à la tête des services spéciaux français.

L’homme

Louis Rivet nait le 3 janvier 1883, à Montalieu-Vercieu, dans l’Isère, à mi-chemin entre Lyon et le lac du Bourget. Son père est menuisier. Il travaille trois ans avec lui avant de choisir la carrière militaire. Il s’engage en 1903 au 140e régiment d’infanterie à Grenoble. Il est nommé sergent en 1905, puis rejoint l’École d’infanterie de Saint-Maixent en 1908, dont il sort sous-lieutenant en 1909.

Il est affecté au 30e régiment d’infanterie, passe lieutenant en 1911, puis est affecté au 2e régiment de tirailleurs algériens fin mars Il prend part à la bataille des Frontières avec la fameuse Division marocaine, et est grièvement blessé au combat le 24 août 1914 à Florennes (Belgique). Il est cité à l’ordre de l’Armée.

Lire la suite dans le document ci-dessous :




Culture : Patrick Leigh Fermor« Entre Indiana Jones, James Bondet Graham Geene »

Ainsi fut-il présenté, par la BBC, en 2004, à l’occasion de son anoblissement par Elizabeth II pour services rendus à la littérature et aux relations entre le Royaume Uni et la Grèce, honneur qu’il avait refusé quelques années auparavant. Parfois identifié comme un des modèles de Ian Flemming – qui le cite dans le chapitre 2 de son livre Vivre et laisser mourir – Patrick Leigh Fermor (1915-2011) est une légende de l’autre côté de la Manche.

Il n’est besoin que de peu de distance pour que les imaginaires européens diffèrent. Il demeure peu connu sur le continent, exception faite de la Grèce qui fut le théâtre de ses faits d’armes pendant la seconde guerre mondiale. Mais il restera comme l’un des deux ou trois maîtres de la prose anglaise de
son siècle, tant il a sublimé ce genre qu’il est convenu d’appeler la littérature de voyage.

Paddy – de son petit nom – de lignée anglo-irlandaise voit le jour en pleine guerre. Son père, Lewis Leigh Fermor, géologue et chimiste réputé, esprit scientifique et rigide avec lequel il ne s’entend pas, dirige le Geological Survey of India. Sa mère, littéraire, pianiste, edwardienne est plus artiste dans l’âme. Le jeune garçon, fantaisiste, se fait renvoyer de plusieurs écoles et échoue à l’examen d’entrée au collège militaire royal de Sandhurst. Il décide en décembre 1933 de traverser l’Europe à pied, à la façon des clercs médiévaux, des Pays-Bas à Constantinople. De ce périple initiatique naîtront, au fil des décennies, trois de ses livres les plus passionnants : Le temps des offrandes, son chef d’œuvre de 1977, Entre fleuve et forêt, 1992 et La route interrompue, posthume, 2013.

[…]

Pour lire la suite de l’article dans son intégralité, téléchargez le en cliquant ICI




Culture stratégique : La Birmanie

BIRMANIE
Une guerre civile ignorée et un peuple en quête de liberté

La Birmanie, aussi connue sous le nom de Myanmar, traverse une des périodes les plus sombres de son histoire moderne. Depuis le coup d’État militaire de février 2021, le pays est plongé dans une véritable guerre civile, presque totalement ignorée par la communauté internationale. Pourtant, ce conflit oppose une dictature militaire brutale à une résistance populaire qui ne cesse de se renforcer, soulevant des questions fondamentales sur l’avenir du pays et la stabilité de toute la région.

Une histoire marquée par l’autoritarisme

Pour comprendre la situation actuelle, il faut remonter aux origines de l’État birman. Après avoir obtenu son indépendance du Royaume-Uni en 1948, la Birmanie a rapidement été confrontée à des divisions ethniques et à une instabilité politique.

En 1962, un coup d’État mené par le général Ne Win instaure une dictature militaire et introduit « la voie birmane vers le socialisme » qui dominera le pays pendant des décennies. Sous embargo occidental, isolée de la scène internationale, le marché noir représentant 80 % de son économie, sa dette
extérieure les trois quarts de son PIB, la Birmanie, jadis un des pays les plus prospères de la région, devient l’un des plus pauvres du monde.

[…]

Pour lire la suite de l’article dans son intégralité, cliquez ICI




Réarmement. Budget, commandes, reports : Le ministère des Armées se veut rassurant

Face à des interrogations et des critiques sur la passation retardée de certains marchés, le ministère des Armées a apporté quelques précisions jeudi. Il précise que « dans une situation budgétaire particulièrement contrainte, « les prises de commandes réalisées auprès des industriels de l’armement au premier semestre 2025 par la Direction générale de l’armement (DGA) vont en s’accélérant par rapport aux exercices précédents, marquant la poursuite de l’effort de réarmement de la France » et que les retards ont été « largement rattrapés ».

En 2025, ces commandes représentent pour les grands maîtres d’œuvre industriels :
– 725 millions d’euros pour THALES, avec notamment le maintien en condition opérationnelles du système de communication par satellites SYRACUSE, la poursuite du programme de radio logicielle CONTACT et le développement de liaison de données pour Rafale ;
– 318 millions d’euros pour Dassault Aviation, avec notamment le lancement de l’étude de levée de risques du futur standard F5 du Rafale, la poursuite de la production des avions Rafale et les travaux NGWS et le lancement de travaux sur un démonstrateur d’avion spatial ;
– 300 millions d’euros pour KNDS, avec notamment la poursuite du programme SCORPION, la fourniture de CAESAR et les travaux d’amélioration de la résilience de la production de munitions 40mm ;
– 168 millions d’euros pour Naval Group, avec la poursuite des programmes Barracuda, de la torpille lourde F21 et de préparation de la réalisation du sous-marin SNLE de 3e génération ;
– 128 millions d’euros pour Safran, avec notamment l’accélération des munitions AASM ;
– 106 millions d’euros pour Ariane Group dans le cadre du programme M51 ;
– 89 millions d’euros pour Airbus notamment pour les hélicoptères Caracal ;
– 69 millions d’euros pour MBDA, avec notamment la poursuite des programmes missiles anti-navire Exocet et anti-char MMP ;
– 11 millions d’euros pour Arquus, notamment pour des évolutions de véhicules blindés.

« Pour les petites et moyennes entreprises, plus de 300 millions d’euros de commandes ont été passées directement, par exemple auprès de SABENA Technics pour l’acquisition d’un avion banc d’essai de nouvelle génération, de CNIM pour la conception et la fabrication de chalands de débarquement pour la Marine Nationale, et d’Aura Aéro pour le développement d’un prototype de drone », ajoute le ministère qui annonce aussi que « le rythme des commandes doit s’accélérer d’ici la fin de l’année en vue de terminer l’exercice 2025 en conformité avec les termes de la Loi de programmation militaire 2024-2030. »

Le sénateur de Legge inquiet

Ces assurances et ces chiffres ne convainquent pas tout le monde.  Ainsi le sénateur Dominique de Legge, rapporteur de la commission des finances sur les crédits de la Défense, se demande qui raconte des « carabistouilles ».

Il avait déjà fait part de sa perplexité dans un Rapport d’information n° 615 (2024-2025), déposé le 14 mai 2025 et intitulé « Perspectives de financement des objectifs fixés par la loi de programmation militaire« . Il y écrivait: « alors que le ministère des Armées manifeste une volonté forte de sanctuariser autant que possible l’intégralité des acquisitions capacitaires prévues en LPM, le besoin de financement subsistant s’est traduit essentiellement par une hausse du « report de charges » (à savoir les dépenses qui auraient dû être réglées dans l’année mais dont le paiement a été reporté). Concrètement, le ministère des armées achète donc davantage qu’il ne peut aujourd’hui payer. »

Depuis la diffusion de ce rapport, la situation ne s’est guère améliorée. On est même « au bout du bout », selon lui. Les commandes listées ci-dessus, « c’est de la poudre aux yeux. Si on les passe, on ne peut plus les payer », prévient le sénateur qui pourfend aussi les reports de charges: de 3,8 milliards en 2023 à 8,2 milliards d’euros actuellement (soit 24% du budget des Armées »). D’où la première de ses dix recommandations: « Recommandation n° 1 : Mettre fin à la tendance au report significatif de crédits de paiement d’année en année, en cohérence avec le principe d’annualité budgétaire (ministère des armées et ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique) »

« Le roi est nu », résume amèrement l’élu breton qui regrette que le ministre des Armées n’ait peut-être pas « la bonne vision de ce qu’il se passe ».

Le ministère assure pour sa part que « le montant total de paiements entre janvier et juin 2025 pour le renforcement des capacités défense et d’innovation de défense s’élève à 12 milliards d’euros ; celui-ci est supérieur de près de 2 milliards d’euros à ceux enregistrés en 2023 et 2024 à la même période, et représente en six mois toute l’année de programmation militaire 2019, témoignant de la montée en puissance de la loi de programmation militaire. »

Philippe CHAPLEAU
Lignes de Défense
04 juillet 2025




14 Juillet 2025 : Revivez la cérémonie avec le programme détaillé

Le 14 Juillet 2025 a rassemblé des milliers de spectateurs autour d’une cérémonie à la fois solennelle et spectaculaire. Du défilé militaire sur les Champs-Élysées aux démonstrations aériennes, en passant par les hommages officiels, ce rendez-vous emblématique a aussi été marqué par la présence des forces engagées à l’international et des invités d’honneur, offrant un aperçu riche et détaillé des traditions et des engagements de la France.

Téléchargez le programme de la cérémonie du Service de communication du Gouverneur militaire de Paris en cliquant ICI






Géopolitique : « Génocide colonial » ou ruine de la France coloniale ?

Selon un histrion du nom de Jean-Michel Apathie, la colonisation française aurait été une entreprise génocidaire à ce point emblématique que le nazisme s’en serait inspiré… 

Ce faquin qui, il y a quelques années, proposait de raser le château de Versailles (!!!), n’inventait rien en proférant ces inepties. Il ne faisait en effet que répéter servilement le discours décolonial dominant, s’inscrivant ainsi dans la lignée de l’Emmanuel Macron candidat à la présidence de la République, qui osa parler à Alger de la colonisation comme d’un « crime contre l’humanité » décoloniaux. 

Singulier « crime contre l’humanité » et singulier « génocide » en effet, qui eurent pour résultat l’explosion démographique coloniale, et plus particulièrement algérienne, la population de ce dernier pays passant d’un peu plus d’un million d’âmes en 1830 à plus de dix millions en 1962…

Autre poncif de la doxa, la France aurait tiré sa richesse du pillage de son empire. Avant même tout examen des chiffres, la réponse à cette accusation récurrente tient en une question de bon sens : puisque la France tirait sa prospérité du « pillage » de son Empire, pourquoi son économie ne s’est-elle donc pas effondrée avec la décolonisation ? Pourquoi, tout au contraire, a-t-elle économiquement considérablement bénéficié de cette rupture durant la décennie 1960 ?

La réponse à cette question a été donnée en 1984 par Jacques Marseille qui publia un livre fondateur (republié en 2005) dont le titre était « Empire colonial et capitalisme français, histoire d’un divorce ». Dans ce livre, l’auteur bouleversait totalement et en profondeur la perspective coloniale en démontrant que :

1) Contrairement à ce qu’avait postulé Jules Ferry, les investisseurs privés se détournèrent de l’Afrique, laissant donc à l’Etat français le fardeau de sa mise en valeur à travers les emprunts d’Etat et les impôts des Français.

2) L’Empire ne fut pas une « bonne affaire » car ses produits qui n’étaient pas rares furent achetés par la métropole à des coûts supérieurs à ceux du marché international. 

3) Les territoires n’ayant pas de ressources propres, leurs budgets durent être constamment alimentés par la France. 

Non seulement la France n’a donc pas pillé l’Afrique, mais, tout au contraire, elle s’y est ruinée. Son empire africain fut même un boulet économique pour la France qui s’était condamnée à y assurer la totalité des investissements dans tous les domaines, qu’il s’agisse du génie civil, de la santé ou de l’éducation. En retour, et là encore contrairement aux mensonges des décoloniaux, l’empire lui fournissait à des prix supérieurs à ceux du marché des productions qu’elle payait en réalité deux fois puisqu’elle les avait subventionnées.

Bernard LUGAN
Afrique réelle
Editorial du mois de juillet 2025




Forum de Saint Pétersbourg : Ombres, deals et silence

Retour au Forum de Saint Pétersbourg,
si Vladimir le veut

Une curiosité : c’est Dimitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, qui s’exprime, lors d’une conférence de presse à Saint Pétersbourg, ce 20 juin. « Le président russe Vladimir Poutine rencontre des représentants d’entreprises étrangères en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF), bien que les contacts ne soient pas rendus publics afin de protéger les entrepreneurs des sanctions ».

Explication ? « Vous savez qu’en ce qui concerne nos partenaires qui continuent à travailler ici, l’environnement est très agressif dans leur pays. Afin de minimiser tous ces risques, nous ne divulguons tout simplement pas (les représentants d’entreprises étrangères en Russie) » (1). Original. Parce qu’apparemment, on se bouscule au 28ème Forum économique qui se tient cette année sur quatre jours, du 18 au 21 juin – le forum est né en 1997, honoré de la présence de Vladimir Poutine depuis 2002. On se bouscule, et pas seulement entre pays dits amis. « L’un des temps forts de l’événement sera un panel organisé (…) jeudi 19 juin, modéré par le président de la chambre de commerce américaine en Russie (AmCham), Robert Agee » nous dit Marin Saillofest pour le Grand Continent (2).

« À cette occasion, plusieurs investisseurs et hommes d’affaires américains discuteront avec des responsables russes de la mise en place de « conditions propices au rétablissement et au développement de la coopération commerciale entre la Russie et les États-Unis ».

Parce que, confiait Robert Agee à RT (3), la majorité du business américain voit la Russie comme un marché stratégique. « Il y a quatre ans », avant février 2022 et l’opération militaire spéciale russe en Ukraine, « 70% de nos entreprises considéraient la Russie comme un marché stratégique ». Il faut savoir que celles qui étaient déjà présentes sur le sol russe ne l’ont pas toutes abandonné. « Seulement 12 % des entreprises américaines installées en Russie avant 2022 ont pris la décision de quitter le marché russe, selon la Kyiv School of Economics, soit une proportion similaire à celle d’autres pays occidentaux. C’est notamment le cas de grands groupes comme Philip Morris, Pepsi, Auchan, Nestlé, Haier, UniCredit Bank ou encore AstraZeneca » confirme en effet Marin Saillofest (2). Qui sont-elles ? Robert Agee dénombre en particulier « les entreprises de biens de consommation, les fabricants de confiserie, les fournisseurs de produits pharmaceutiques et d’équipements médicaux… toutes ces entreprises sont restées et sont très actives et prospères ».

Ajoutant : « Celles qui sont parties « observent et attendent », espérant un dégel des relations entre les États-Unis et la Russie » – après peut-être une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine, retrouvailles évoquées par les deux parties sans qu’une date et un lieu ne soient arrêtés.

Bien sûr, si le climat s’était détendu entre Washington et Moscou depuis le retour de Donald Trump aux affaires, il n’est pas complètement apaisé sur l’Ukraine et se tend à nouveau à propos du Moyen-Orient, la Russie très hostile à un engagement militaire américain aux côtés d’Israël contre l’Iran. « Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a mis en garde contre le risque de déstabilisation radicale de la situation au Moyen-Orient si l’administration Trump devait donner une aide militaire directe des dans le cadre des frappes contre l’Iran » rapporte The Times of Israël (4).« Il a ajouté que Moscou est en contact avec Israël et l’Iran ». L’heure n’est plus, ou pas encore, au succès du Forum dans le monde occidental en 2013, quand Angela Merkel elle-même s’était déplacée, ou en 2018, avec la présence d’Emmanuel Macron ou de Christine Lagarde, patronne de la Banque centrale européenne (BCE). Le patron de Total ou celui de Siemens étaient présents en 2021.

Cependant, malgré l’Ukraine, le forum a réuni 130 pays l’an dernier (représentants d’entreprises) et une quarantaine de délégations de parlementaires pour un total de 21000 participants – dont plus de 4000 journalistes (5). Et la Russie attend cette année 140 pays (contre 130 en 2023), un record – et 50 délégations. « Parmi les pays représentés au plus haut niveau figurent l’Indonésie avec la présence du président Prabowo Subianto et le Bahreïn, avec le prince Nasser ben Hamed Al Khalifa » note Marin Saillofest (2), sans oublier « la venue à Saint-Pétersbourg des vice-présidents yéménite Tarek Saleh et sud-africain Paul Mashatile, ainsi que du vice-Premier ministre chinois Ding Xuexiang ».

Que l’économie russe, après des chiffres de croissance spectaculaires, (4,1% en 2024, au-dessus des prévisions du gouvernement et du FMI, voir l’infographie), prévoie un recul sévère au premier trimestre 2025 est anticipé depuis la fin de l’an dernier. TASS confirme : « Le ralentissement de la croissance économique de la Russie faisait partie d’un plan d’action planifié et les débats actuels sont centrés sur la question de savoir s’il faut maintenant accélérer l’économie, a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dimitri Peskov, en réponse à une demande de commentaire sur les remarques faites par le ministre du développement économique, Maxim Reshetnikov, qui a déclaré que l’économie russe était au bord de la récession » (6). La question est discutée avec la Banque centrale russe, notamment, comme aux Etats-Unis avec la Réserve Fédérale (FED), autour des taux d’intérêts.

Mais, souligne encore Dimitri Peskov, la décélération attendue est générale, « y compris aux Etats-Unis et pour les nations européennes ».

Malgré ce les entreprises étrangères sont là, attentives et… donc protégées, on ne les nomme pas, elles ne se nomment pas. Pas toutes, note cependant TASS (7) : « Le gouvernement russe ne négocie pas actuellement avec les compagnies pétrolières et gazières occidentales au sujet de leur retour en Russie, a déclaré à la presse le vice-premier ministre Alexander Novak. “Nous ne négocions pas. Personne ne m’a contacté ni n’a écrit de lettres’’, a-t-il déclaré ». Pourtant, en 2022, après l’ouverture des hostilités en Ukraine, certains avaient suivi, selon Reuters, une session intitulée “Les investisseurs occidentaux en Russie : Nouvelle réalité” » – nous le relevions ici (8). Peut-être, pour celles qui ont choisi en 2022 de quitter la Russie, le chemin de retour, si elles le souhaitent, sera-t-il plus difficile. Et pas seulement dans le domaine de l’énergie, la nouvelle réalité fait que la Russie se montre exigeante.

Pourquoi ?

Eh bien, nous dit encore Marin Saillofest dans un autre intéressant papier (9), « de nombreux hommes d’affaires et investisseurs russes ont considérablement bénéficié du départ, parfois précipité, de ces groupes. En se voyant transférer le contrôle d’usines, d’ateliers et de bureaux en état de fonctionnement, le pouvoir russe a contribué à la création d’une nouvelle classe d’oligarques : les 130 cafés de Starbucks en Russie ont ainsi été vendus au rappeur Timati et au restaurateur Anton Pinskiy pour moins de 6 millions d’euros ». Et cette nouvelle classe veut préserver ses avantages si, avec la fin de la guerre, les entreprises qui avaient quitté la Russie veulent y revenir. Vladimir Poutine est sensible à leur réclamation et ses équipes travaillent à une nouvelle législation.

Un exemple ? En bref : « En mai 2022, le groupe français Renault vendait sa participation dans le constructeur russe Avtovaz pour un rouble symbolique suite au lancement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. L’accord incluait cependant une clause qui ouvrait la voie à un rachat d’actions dans un délai de six ans ». D’autres groupes, comme Mercedes-Benz, Carlsberg ou McDonald sont dans la même situation, même si, pour ce dernier, la presse russe relaye une pression du public pour un retour à l’original. Mais ? « Afin de permettre aux investisseurs russes ayant bénéficié du départ des entreprises occidentales de conserver leurs avantages, les députés de la Douma d’État pourraient voter dès le mois de juin en faveur d’une loi qui rendrait caduques ces clauses de rachat ».

Business is business, le mot vaut pour la Russie aussi, a tranché Vladimir Poutine, fort de n’être pas tombé au contraire sous les coups des sanctions qui affaiblissent les pays européens, l’Allemagne, qui était le premier investisseur en Russie, d’abord. La France suit de près. Avec les Etats-Unis, beaucoup moins concernés, en observateurs discrets donc – et pressés de remplacer les perdants et d’investir dans les terres rares, une affaire qui conviendrait à Donald Trump.

 Les grands péchés ont de longues ombres, dit un proverbe anglais. L’irréalisme aussi.

Hélène NOUAILLE
La lettre de Léosthène

PS : Vladimir Poutine s’est longuement exprimé dans le cadre du Forum alors que nous achevions cette lettre.
http://en.kremlin.ru/events/president/news/77222

Infographie :

Croissance du PIB russe en % de 2000 à 2024 (source : Direction générale du Trésor, France)
https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/52d8f48b-f79f-4e60-ba55-a6e854629ca7/images/9a50ddac-68c1-4425-8572-9cd419f2f90b

Notes :

 (1) TASS, le 20 juin 2025, Putin meeting with foreign businesses at SPIEF, contacts not made public
https://tass.com/politics/1977089

(2) Le Grand continent, le 18 juin 2025, Marin Saillofest, Asie septentrionale : Économie russe : annonces, participants, discours de Poutine, que suivre lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg
https://legrandcontinent.eu/fr/2025/06/19/economie-russe-annonces-participants-discours-de-poutine-que-suivre-lors-du-forum-economique-de-saint-petersbourg/ 

(3) BigNewsNetwork, le 19 juin 2025, US companies want to return to Russia, lobby chief
https://www.bignewsnetwork.com/news/278392091/us-companies-want-to-return-to-russia-lobby-chief

(4) The Times of Israël, le 18 juin 2025, Le vice-ministre russe des Affaires étrangères met en garde les Etats-Unis contre des frappes contre l’Iran
https://fr.timesofisrael.com/liveblog_entry/le-vice-ministre-russe-des-affaires-etrangeres-met-en-garde-les-etats-unis-contre-des-frappes-contre-liran/

(5) Saint Petersburg International Economic Forum 2025, SPIEF in Figures
https://cdn.forumspb.com/upload/docs/2024/buklet/SPIEF2025_PromoBuklet_en_2606.pdf?17194091504741747

Le site du Forum 2025 :
https://forumspb.com/en/

Programme par journée (18 au 21 juin) :
https://forumspb.com/en/programme/business-programme/

(6) TASS, le 20 juin 2025, Russia’s economic slowdown was planned — Kremlin
https://tass.com/economy/1977109

(7) TASS, le 20 juin 2025, Western oil and gas companies not in talks about their return to Russia — Deputy PM Novak
https://tass.com/economy/1977177

(8) Voir Léosthène n° 1663/2022, le 18 juin 2022, Forum de Saint Pétersbourg, l’énergie et la Chine au centre

La presse est quasi silencieuse cette année sur la tenue, du 15 au 18 juin, du 25e Forum économique de Saint Pétersbourg, SPIEF en anglais, où se pressaient jusqu’ici hommes d’affaires et dirigeants politiques venus du monde entier. Guerre en Ukraine oblige, les Occidentaux ont déserté le forum cette année. Mais, nous dit l’agence Reuters, « des délégations de haut niveau de plus de 40 nations sont attendues ». Pour Vladimir Poutine, qui s’exprimait en direct ce 17 juin il y a une « fenêtre d’opportunité » à saisir quand l’Occident a provoqué « une vague d’inflation mondiale, la rupture des chaînes logistiques et de production traditionnelles, une pauvreté croissante et des pénuries alimentaires ». Le Global Times met l’accent sur le rôle des BRICS comme sur le développement des organisations régionales : « Qu’il s’agisse de la Russie, de la Chine ou d’organisations telles que les BRICS ou l’Union économique eurasienne, un consensus s’est dégagé pour renforcer les mécanismes de coopération. Par exemple, les pays vont accélérer les règlements monétaires libellés en yuan et en rouble, car le processus de mondialisation a été gravement endommagé par l’hégémonie américaine ». Où est l’Europe, dans cette affaire ? 

(9) Le Grand continent, le 30 mai 2025, Marin Saillofest, Renault, Mercedes-Benz, McDonald’s… Quelles entreprises pourraient se voir interdire de racheter leurs actifs en Russie ?
https://legrandcontinent.eu/fr/2025/05/30/renault-mercedes-benz-mcdonalds-quelles-entreprises-pourraient-se-voir-interdire-de-racheter-leurs-actifs-en-russie/ 




Guerre en Ukraine : Raids russes intensifiés, défense ukrainienne affaiblie

Davantage de drones et de missiles russes
et moins de moyens de DCA pour les Ukrainiens

Comment faire face aux raids aériens nocturnes des Russes qui vont crescendo? Le nombre de drones longue portée lancés par la Russie a connu en juin une hausse de 36,8% sur un mois, selon un décompte de l’AFP établi à partir des chiffres de l’armée ukrainienne. Selon ces données, la Russie a envoyé 5 438 drones d’attaque longue portée contre son territoire en juin — le nombre le plus élevé depuis février 2022 — contre 3 974 en mai.

La réponse la plus évidente à la question initiale est simple: en dopant urgemment les capacités de la défense antiaérienne. Or, les moyens spécialisés ukrainiens se réduisent dramatiquement.

Et ce n’est pas les déclarations récentes de la Maison Blanche qui vont rassurer les civils et les militaires ukrainiens. En effet, les Etats-Unis ont annoncé mardi avoir cessé de livrer certaines armes à Kiev. Selon Politico et d’autres médias américains, cet arrêt des livraisons à Kiev concerne notamment les systèmes de défense aérienne Patriot, l’artillerie de précision et les missiles Hellfire. D’autres sources US citent « les missiles Patriot, les obus de 155mm,  les munitions pour les lance-roquettes GMLRS, les missiles Stinger, Sparrow et Hellfire. »

Cette décision fait suite, selon ces médias, à des inquiétudes du Pentagone quant aux réserves de l’armée américaine, sur lesquelles est directement prélevée l’aide militaire à l’Ukraine. « Cette décision a été prise pour mettre les intérêts de l’Amérique en premier », a confirmé Anna Kelly, une porte-parole adjointe de la Maison Blanche,  sans donner plus de précisions.

« Si cette réduction de l’aide américaine ne provoquera pas l’effondrement des lignes ukrainiennes, elle nuira gravement à la défense de l’Ukraine, en particulier à ses capacités en matière de missiles antibalistiques et de frappes de précision », a estimé John Hardie, spécialiste de la Russie à la Foundation for Defense of Democracies (FDD), un institut indépendant basé à Washington. « Cette décision entraînera la mort d’un plus grand nombre de soldats et de civils ukrainiens, la perte d’un plus grand nombre de territoires et la destruction d’un plus grand nombre d’infrastructures essentielles », a prédit cet expert.

Philippe CHAPLEAU
Lignes de Défense
2 juillet 2025