Sécurité : La base militaire de Creil survolée par des drones fin novembre (armée)

La base militaire de Creil (Oise), qui abrite notamment des installations de la Direction du renseignement militaire (DRM), a été survolée par plusieurs drones fin novembre, a appris l’AFP auprès de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE).

Confirmant en partie une information de la revue Air et Cosmos, une porte-parole de l’AAE a indiqué à l’AFP que “la présence de plusieurs drones est avérée” dans la nuit du 26 novembre au-dessus de cette base qui abrite notamment des installations techniques de la DRM, un des principaux services de renseignement français.

Tout lien avec des provocations étrangères est à ce stade prématuré“, a ajouté cette source.

Plusieurs potentiels survols de drones au-dessus d’infrastructures critiques ont été signalées en Europe ces dernières semaines, et certains responsables politiques ont accusé la Russie de se livrer à ces actions de guerre hybride. Des survols ont aussi été signalés au-dessus de sites militaires en France.

Le 26 novembre, face à la présence avérée des drones, les militaires chargés de la protection du site de Creil ont tiré avec des armes de calibre 12, à canon lisse et à faible portée, selon Air et Cosmos, une information confirmée par une source sécuritaire à l’AFP. L’AAE n’a pas confirmé ces tirs.

Un hélicoptère avec un équipage spécialisé dans la lutte antidrones a été ensuite dépêché sur place, mais les drones avaient disparu, selon l’AAE.

Selon Air et Cosmos, six drones ont été signalés simultanément, un chiffre qui n’a pas été confirmé.

Cette base interarmées “sensible n’a subi aucune dégradation et reste pleinement opérationnelle pour l’ensemble de ses missions“, a ajouté l’AAE, précisant qu’une plainte a été déposée et qu’une enquête est en cours.

C’est le deuxième site particulièrement sensible à être survolé par des drones en quelques jours, après la base de l’Île Longue en Bretagne, qui abrite les sous-marins de la dissuasion nucléaire française, jeudi dernier, là encore sans qu’un lien puisse être établi avec la Russie.

La source sécuritaire a dit à l’AFP qu’il était trop tôt pour savoir si ces survols sont organisés ou s’il s’agit d’un phénomène de mimétisme consécutif à la publicité donnée à ces survols.

A Creil, les militaires ont eu des soupçons sur la présence de drones au-dessus de la base durant les nuits des 28 et 30 novembre mais “les conditions météo (nuit, brouillard épais, plafond bas) n’étaient pas propices à une levée de doute irréfutable”, a indiqué l’AAE, soulignant la proximité de l’aéroport de Roissy et la présence d’avions de ligne.

Plusieurs sources militaires ou sécuritaires interrogées ces dernières semaines par l’AFP ont insisté sur le potentiel risque d’emballement psychologique autour des signalements de drones en Europe, soulignant l’immense difficulté d’identifier un drone dans le ciel la nuit par un témoin ne disposant pas de matériels de détection spécifique.

AFP
08 décembre 2025

Source visuel : IA




Vidéo : Entretien avec Paul Paillole, l’homme des services secrets (1995)

Revoir l’archives de l’émission culte “Bouillon de culture” de Bernard Pivot. A l’occasion du 50e anniversaire de la Victoire sur l’Allemagne nazie, le célèbre présentateur de l’époque recevait en 1995 le colonel Paul Paillole, officier français des services de renseignement et chef du contre-espionnage pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dans cet entretien, Paul Paillole apportait un éclairage peu connu sur le rôle décisif des services spéciaux français et de leurs agents durant la deuxième guerre mondiale.

Voir des documents biographiques de l’AASSDN sur son parcours :
une vie au contre-espionnage par JC Petermann




Prix AASSDN du roman d’espionnage : « Nos chers Alliés » de Gilbert Gallerne récompensé

Le prix AASSDN du roman d’espionnage a été décerné dans les salons de la mairie du Ve arrondissement de Paris, le 7 octobre 2025 à Gilbert Gallerne, pour son livre « Nos chers Alliés » (Editions KONFIDENT). Le jury, présidé par Alain Juillet, président de l’Amicale des anciens des Services spéciaux français, était composé notamment de deux anciens directeurs généraux de la DGSE ainsi que du directeur de l’Académie du Renseignement. 

Présentation du livre

La mort brutale du journaliste Rafael Arno intrigue le parrain de la victime, Martial Blanchard, un cadre de la DGSI en délicatesse avec sa hiérarchie. L’enquête a conclu au suicide et l’autopsie n’a révélé aucune trace de violences, mais l’ordinateur du défunt a été piraté et l’on découvre qu’Arno s’intéressait à un projet européen ultra-secret, le Système de combat aérien du futur (SCAF). Le journaliste en avait découvert le noyautage par des sociétés américaines avec la complicité de responsables politiques français devant leur ascension à une très influente fondation transatlantique. Mais jusqu’où la compromission va-t-elle ? A-t-on, au plus haut niveau de l’Etat, favorisé une puissance étrangère au détriment de l’intérêt national ? Et à qui Blanchard peut-il encore se fier ? À son tour, le flic est devenu une cible.

Guerre économique,Young Leaders, barbouzes de la CIA et morts violentes : Gilbert Gallerne signe avec Nos chers Alliés un thriller d’une actualité brûlante.

Fiche d’identité

Titre : « Nos chers Alliés »
Auteur : Gilbert Gallerne
Editions : Editions KONFIDENT
Date de parution : 15 octobre 2025
Prix : 22,50 €
Pages : 352
EAN : 9782493837080
ISBN : 2493837088
SKU : 5758612

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Mutation : Une France à majorité africaine et musulmane d’ici à 2100 ?

Dans un entretien au Figaro Magazine, l’ancien directeur de la DGSE Pierre Brochand dresse un diagnostic glaçant : la France, minée par l’immigration de masse et la désintégration culturelle, glisserait lentement vers une “confrontation interne” qui pourrait précipiter sa régression.

Vingt ans après les émeutes de Clichy-sous-Bois, Pierre Brochand, ancien patron des services secrets français (2002-2008), livre au Figaro Magazine une analyse d’une rare lucidité sur l’état du pays. Loin des euphémismes politiques, il évoque sans détour la désagrégation de la cohésion nationale, l’épuisement du modèle d’intégration et le danger croissant d’un éclatement social et identitaire. « Si nous restons bras croisés, nous irons vers le pire », prévient-il. « Ce pire sera la régression de notre pays en tous domaines, à commencer par la sécurité et le bonheur de vivre. »

De Clichy-sous-Bois à la France de 2025 : vingt ans d’aveuglement

Pour Pierre Brochand, les émeutes de 2005 n’étaient pas un accident, mais le symptôme d’un basculement profond. Depuis quarante ans, dit-il, la France a laissé s’installer sur son sol des populations venues de cultures incompatibles avec la sienne, tout en refusant de voir les conséquences de cette immigration massive. « Nos immigrés sont entrés avec de lourds bagages culturels, religieux, historiques, qu’ils n’ont pas abandonnés à la frontière », rappelle-t-il.
Le résultat : des enclaves ethno-culturelles, où s’enracinent islamisation, endogamie, délinquance et refus d’assimilation.
Brochand estime qu’environ 25 à 30 % des résidents français sont désormais issus de l’immigration récente, mais que seule une minorité de 5 à 10 % est véritablement assimilée.
La majorité flotte, selon lui, « de la non-adhésion à la haine sur fond d’assistanat ». Une analyse brutale, mais conforme à ce que beaucoup d’élus locaux constatent sur le terrain : la fracture ethno-culturelle supplante peu à peu la fracture sociale.

La “guerre civile” ? Non, une “confrontation interne”


Contrairement à certains observateurs alarmistes, Brochand ne croit pas à une guerre civile au sens classique du terme — un affrontement organisé entre deux camps armés. Mais il décrit avec précision un processus de délitement, fait d’émeutes sporadiques, d’agressions, de pillages et d’une défiance croissante envers l’État. Un scénario où le pays s’enfonce dans des sables mouvants, sans explosion brutale mais avec une lente asphyxie L’ancien diplomate préfère parler de “confrontation interne”, un affrontement hybride où les lignes de fracture sont autant ethniques que culturelles.
Il évoque un “magma souterrain” de frustrations et de haines, dont les éruptions périodiques — émeutes de 2005, 2023 ou 2024 — ne seraient que les premiers signes visibles.

Un État impuissant face à la tiers-mondisation

Sous la forme de l’État de droit, l’État régalien “n’est plus que l’ombre de lui-même”, estime Brochand. Les forces de l’ordre, saturées et bridées par des contraintes juridiques, ne disposent plus des moyens d’assurer la paix civile. L’ancien patron de la DGSE dénonce un “renversement de paradigme” survenu dans les années 1970, lorsque la souveraineté des peuples a été remplacée par celle des individus : le droit de migrer a supplanté le droit des nations à se protéger.
Cette révolution silencieuse aurait ouvert la voie à une immigration devenue incontrôlable, mais aussi à l’impuissance volontaire des gouvernants, paralysés par la peur d’être accusés de racisme.
Le résultat : une France à deux vitesses. Les élites urbaines, abritées dans leurs “zones vertes”, continuent de prêcher le vivre-ensemble, tandis que la France périphérique subit le choc multiculturel sans avoir le droit d’en parler.

Démographie, insécurité, impunité : la bombe à retardement

Brochand identifie la démographie comme l’accélérateur décisif du déclin.
Selon lui, la France se dirige, avant la fin du siècle, vers une majorité africaine et musulmane — un basculement qu’il juge “impossible à vivre paisiblement”.
Ce changement d’échelle démographique, conjugué à la complaisance politique et judiciaire, alimente un système d’impunité généralisée. Les “zones de non-droit”, désormais plus de 1 500 selon certaines estimations, deviennent des “territoires perdus” où l’État n’entre plus qu’en convoi.
Brochand y voit les prémices d’une guérilla de basse intensité, semblable à des “insurrections coloniales en mode mineur”. Le terrorisme, les pillages et les violences urbaines ne seraient plus que les manifestations visibles d’un même mal profond : la perte de la confiance sociale et du sens du bien commun.

L’ancien directeur de la DGSE n’est pas fataliste. Il estime qu’un sursaut reste possible, mais à condition d’un courage politique inédit.
Il appelle à geler les régularisations, réduire drastiquement les naturalisations, externaliser les demandes d’asile et rétablir une véritable autorité pénale. Des mesures qu’il juge nécessaires pour restaurer l’ordre public et la souveraineté nationale — à rebours d’un État obsédé par les “droits individuels” au détriment du bien commun.
Dans un paysage politique où la lucidité se paie souvent au prix du silence, la voix de Pierre Brochand tranche par sa clarté et son expérience. Ancien diplomate, chef du renseignement extérieur, observateur privilégié des fractures du monde, il ne s’exprime pas pour choquer mais pour alerter : la France, si elle continue à nier la réalité, risque de basculer dans une “tiers-mondisation” irréversible.

 Breizh-info.com
20 octobre 2025
(dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine)

Source photo : Pixabay




Blaise Metreweli devient la première femme à diriger le MI6

Blaise Metreweli devient la première femme à diriger le MI6, après une carrière alliant terrain, cybersécurité et intelligence artificielle, marquée par une approche moderne du renseignement fondée sur la diversité et l’innovation. Sa nomination symbolise une évolution majeure d’un univers longtemps masculin vers un leadership fondé sur la compétence, la lucidité technologique et la discrétion stratégique.

Il y a quelque chose de profondément symbolique dans cette nomination… En plus d’un parfum de cinéma. Blaise Metreweli devient en effet la première femme à diriger les services secrets les plus mythiques au monde. Et, ironie de l’histoire : avant d’être “C”, elle était “Q”. Celle qui, dans l’univers de James Bond, conçoit les gadgets, maîtrise la technologie, pense l’innovation.
Sauf que là, il ne s’agit pas d’un scénario.

Diplômée d’anthropologie à Cambridge, ancienne rameuse de haut niveau, Blaise Metreweli a commencé sur le terrain, au Moyen-Orient. Elle a servi sur plusieurs théâtres d’opération, puis dirigé des missions de cybersécurité et d’intelligence artificielle. Une trajectoire complète, qui réconcilie l’opérationnel, le technologique et le stratégique.

Elle a travaillé au MI5 (renseignement intérieur) puis au MI6 (renseignement extérieur). Elle parle arabe, comprend les réseaux humains et numériques.
Surtout, elle défend une vision du renseignement profondément moderne : celle d’un service qui valorise la neurodiversité, ces profils dits “atypiques” qu’elle considère comme des forces et non pas des anomalies. Elle a compris que les intuitions singulières peuvent devenir un atout national à l’heure où il est essentiel de savoir regarder là où personne ne pense à le faire.

Ceux qui ont croisé Blaise Metreweli parlent d’une intelligence calme et d’une exigence silencieuse, avec un style de commandement qui tranche : sans ego, sans posture, mais avec une compréhension aiguë des enjeux contemporains que sont la technologie, la diversité et la géopolitique.
Comme le veut la tradition, elle signera désormais ses ordres à l’encre verte, héritage du tout premier directeur du MI6, Sir Mansfield Smith-Cumming.

En France, comme ailleurs, le renseignement reste un univers où les femmes sont encore rares à des postes de direction.
On y parle souvent de “vocation”, rarement de “carrière”. Et pourtant, elles sont nombreuses à servir, sur le terrain, dans les analyses, dans les liaisons internationales, avec la même exigence, loyauté et endurance que les hommes.

Je sais ce que cela représente, cette nomination, pour celles qui servent ou ont servi dans l’ombre. En devenant “C”, le nom de code du chef du MI6, Blaise Metreweli prend place dans une lignée prestigieuse.
Elle démontre qu’une femme à la tête du MI6, ne doit rien au hasard ou à la démagogie. C’est le reflet d’une époque où la force tranquille et la pensée complexe deviennent les meilleures armes d’un pays.

Je ne crois pas aux coïncidences, dans ce milieu-là. Seulement aux signaux : et celui-ci est fort !

Maï-Linh CAMUS
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16 octobre 2025




Il y a 23 ans, disparaissait Paul Paillole, figure majeure des Services spéciaux français

Paul Paillole en 1995

Le 15 octobre 2002 s’éteignait à Paris le colonel Paul Paillole, figure majeure des services de contre-espionnage durant la deuxième guerre mondiale. Vingt-trois ans après sa mort, son parcours reste un témoignage essentiel et un héritage toujours vivant des services spéciaux français.

À travers ses ouvrages (Services spéciaux 1935-1945Notre espion chez HitlerL’homme des services secrets) et par la création de l’AASSDN, Paul Paillole a contribué à expliquer l’action historique des Services spéciaux entre 1935 et 1945, à entretenir la mémoire de ses agents morts pour la France et à rendre hommage à leur action.

EN SAVOIR PLUS

Revoir l’entretien de Paul Paillole chez Bernard Pivot en 1995, où il apportait un éclairage sur le rôle des Services spéciaux français durant la deuxième guerre mondiale.

Voir la vidéo sur Youtube

Voir des documents biographiques de l’AASSDN sur son parcours :
une vie au contre-espionnage par JC Petermann




Nouvelle revue “Services Spéciaux” : Défendre la souveraineté : le combat de notre avenir

La revue de rentrée de l’AASSDN parait alors que l’Europe découvre la réalité d’une Amérique qui impose sa vision manichéenne du monde tant pour la paix que pour l’économie. L’Union européenne qui a laissé passer sa chance alors qu’elle était globalement la première économie du monde et une puissance géopolitique majeure se retrouve marginalisée et étale son impuissance. Les déclarations volontaristes de nos dirigeants ne sont plus que des paroles qui s’envolent dans le vent d’un monde qui change car le vrai pouvoir est dorénavant ailleurs.

Pour faire face à cette situation notre pays doit mettre toute son énergie pour s’adapter à ce qui a toujours fait sa force : l’affirmation de sa souveraineté et des valeurs qu’il a sans cesse cultivées.
Dans les années 60, le général de Gaulle s’en était servi pour affirmer notre spécificité et c’est dorénavant le devoir de tous d’y contribuer pour construire l’avenir de nos enfants. Les membres actifs de l’AASSDN, fonctionnaires civils ou militaires ont servi leur pays, quelle que soit la couleur politique des dirigeants de l’époque, car ils travaillaient pour la France éternelle et ce qu’elle représente. Aujourd’hui nous devons être des ambassadeurs de ces valeurs auprès de nos concitoyens de tous âges, qui les ont oubliées sous la pression des modes, du laxisme ambiant, et des idées venues d’ailleurs.

Voyant nos principes malmenés pour des motifs divers, nous avons le devoir de contribuer à faire connaitre les analyses de nos camarades de tous bords. Dans nos métiers, nous avons appris à ne pas faire confiance à l’idée qu’on impose, cette pensée unique issue de l’influence, qui nous éloigne de la vérité. Il faut savoir regarder le dessous des cartes. A côté de notre devoir de mémoire, c’est le but de cette revue et son seul objectif à travers des articles factuels et documentés.

L’été a vu disparaitre deux figures de notre monde de l’ombre. Le colonel Grué, ancien Directeur du renseignement du SDECE et combattant d’exception qui avait si bien écrit sur son long séjour comme prisonnier dans le camp n°1 des vietminhs. Vous découvrirez que ce légionnaire, par son humilité, sa ténacité, et son esprit d’ouverture, était un exemple pour nous tous. Eric Denécé, que nous avions accueilli au Congrès de Bon-Encontre, était un des meilleurs connaisseurs du renseignement sur lequel il avait écrit près de 30 livres. Disposant d’un réseau international impressionnant, il savait beaucoup de choses et n’avait pas peur de les écrire. C’est sans doute de ce côté-là qu’il faut chercher les raisons de sa disparition brutale.

Après le numéro spécial de 2025 sur la désinformation, nous commençons à mettre en chantier le numéro spécial qui sortira pour le Congrès de Granville. Le thème choisi, pour intéresser tout le monde, est l’influence mondiale, une ambition française. Nous y parlerons également de l’homme du renseignement que nous souhaitons mettre en valeur. Après André Sérot ce sera le colonel Fille Lambie, dit Morlanne, qui fut, entre autres réussites, le créateur du Service Action. Si nos moyens le permettent, nous voudrions faire un film sur lui, comme nous l’avons fait pour d’autres ; mais cela coûte cher

Vous avez tous accueilli avec des commentaires élogieux notre revue mais vous vous doutez qu’elle a un surcoût par rapport à l’ancien bulletin. Vous avez également apprécié notre film mémoriel sur le colonel Sérot qui représente un lourd investissement. C’est pourquoi, au-delà des cotisations, nous avons besoin de dons, qui sont partiellement déductibles des impôts, par des membres ou des amis, et recherchons des partenaires, pour des pages de publicité, afin de continuer à financer ces projets.

Je compte sur chacun de vous et vous souhaite une excellente lecture.

Alain JUILLET
Président de l’AASSDN

Extrait de la revue et sommaire




Vidéo : Hommage à Paulette Duhalde engagée dès 1941

Paulette Duhalde

Paulette Duhalde (1921-1945), jeune employée de banque à Flers, s’engage dès 1941 dans le réseau de résistance « Jeanne », lié aux services spéciaux britanniques. Sous le pseudonyme « Jojo », elle assure des missions de liaison et de transmission essentielles au renseignement : acheminement de courriers, collecte d’informations, contacts avec des agents opérant à Caen, Alençon et Paris. Son action contribue directement au travail de contre-espionnage mené contre l’occupant allemand. Arrêtée par la Gestapo en décembre 1942 à la suite d’une trahison, elle est incarcérée à Fresnes, puis condamnée à cinq ans de forteresse par un tribunal militaire allemand.



Déportée en 1944, d’abord à Aix-la-Chapelle puis à Cottbus, elle est finalement transférée au camp de Ravensbrück. Elle y meurt d’épuisement le 23 avril 1945, quelques jours avant la libération. À titre posthume, la France lui décerne la Légion d’honneur, la Croix de guerre avec palmes et la Médaille de la Résistance. Son nom demeure associé aux femmes et hommes des services spéciaux qui, dans l’ombre, ont risqué et sacrifié leur vie pour entraver le renseignement ennemi et défendre la souveraineté nationale.




Vidéo : La guerre face au retour des mercenaires ?

mercenaires

Dans cette émission, Claude Medori et Alain Juillet accueillent Valère Llobet, analyste et chercheur en géopolitique, pour découvrir l’ampleur du phénomène des mercenaires au 21ème siècle dans les guerres modernes. Après la mise en lumière du groupe Wagner ou de Mozart et BlackWater, nous découvrons toute l’importance de ces sociétés militaires privées dans les conflits actuels au profit des politiques impérialistes des grandes puissances.

Où se situe la France dans ce mouvement irréversible des armées privées ? Réponse dans cette émission.

Date de mise en ligne :  24/09/2025
Durée : 00:45:55
Compte YouTube : Open Box TV




Le dilemme européen en Ukraine : préparer la paix ou alimenter la guerre industrielle ?

Il n’est actuellement question que « d’accords de sécurité ». Le professeur américain Jeffrey Sachs dans un très intéressant article montre que «…cette expression familière confond deux notions très différentes : le besoin légitime des grandes puissances d’empêcher un encerclement hostile et la prétention illégitime des grandes puissances à s’ingérer dans les affaires intérieures d’États plus faibles. La première notion est mieux décrite comme une sphère de sécurité, la seconde comme une sphère d’influence. ».

Reconnaître cette distinction est plus qu’une question de sémantique. Cela permet de clarifier ce qui doit être accepté comme légitime dans la politique mondiale et ce à quoi il faut s’opposer. Elle aide également à réévaluer des doctrines historiques telles que la doctrine Monroe et sa réinterprétation ultérieure dans le corollaire Roosevelt, et elle éclaire les débats contemporains entre la Russie et la Chine d’un côté, et les États-Unis de l’autre concernant la sécurité nationale. Enfin, elle pointe vers la neutralité comme politique pratique pour les petits États pris entre les grandes puissances : la neutralité respecte les préoccupations sécuritaires de leurs puissants voisins sans se soumettre à leur domination ou à leur sphère d’influence.

En termes plus simples, il s’agit d’établir ou de rétablir la confiance : la rencontre Trump-Poutine peut être considérée comme allant dans le bon sens : on se parle. Traiter Poutine d’ogre ne sert pas à améliorer le climat.

Le conflit russo-ukrainien, pour le limiter au champ de bataille, semble être entré dans une phase terminale, sans pour autant que soit désigné un vainqueur et un vaincu. Les enjeux sont en effet beaucoup plus vastes que le seul terrain conquis. Un des aspects d’une éventuelle « victoire » ukrainienne serait d’y avoir gagné ce qu’on appelle des « garanties de sécurité ».

Mais une grande confusion règne à ce sujet. Fondamentalement, elles devraient assurer la paix dans cette partie de l’Europe. Mais la notion de « force de réassurance » inventée par le Président Macron augmente ces confusions et fait oublier, me semble-t-il, l’essentiel.

La première question à se poser est : qui a besoin de garanties de sécurité ?

Revenons brièvement sur les causes de la situation actuelle.

On notera en préambule que la Russie souhaite tout particulièrement régler le problème des causes qui l’ont amené à déclencher cette SMO (opération militaire spéciale).

Depuis la fin de la guerre froide, les USA, (et le clan « néocon » qui a pris le pouvoir au sein du département d’Etat) prônent une stratégie visant à tout faire pour protéger la suprématie, alors incontestable, des USA, en empêchant l’émergence de tout concurrent. Parmi les concurrents potentiels de l’époque (années 90), la Russie d’après Eltsine, l’Europe, et surtout la conjonction Europe-Russie.

On connaît les écrits et déclarations des conseillers successifs (Zbigniew Brezinski, Paul Wolfowitz, Richard Perle), et de la Rand Corporation et son scénario réaliste prévoyant des jours sombres pour l’Ukraine, etc. A la seule fin d’éliminer un concurrent potentiel, ces politiques ont mis en musique les mesures à prendre contre l’Europe et contre la Russie, à base de sanctions économiques, financières, énergétiques. Mais ces mesures se révélant inefficaces, c’est l’utilisation de l’Ukraine comme proxy contre la Russie qui a été l’option choisie. D’où le coup de force de Maïdan[1]

Cet évènement va de fil en aiguille envenimer les relations, but justement visé par les « néocons » américains. Tout cela est assez bien documenté pour ne pas en dire plus. Les dirigeants russes qui lisent les textes néocons comme tout le monde, assistant au renforcement de l’armée ukrainienne, n’ont eu de cesse de demander une réunion pour construire un cadre de sécurité en Europe, qui respecterait ce qu’ils estimaient nécessaire à leur sécurité et qu’ils croyaient conforme à ce qui avait été accordé « oralement ? » par diverses autorités occidentales dans le passé. Ces demandes n’ont pas reçu de réponse, voire ont été considérées avec mépris. C’est cette « négligence » et la protection des russophones de l’Est ukrainien, qui a amené les russes à déclencher l’Opération Militaire Spéciale, action, tout le monde le reconnaît, parfaitement contraire aux règles internationales.

Sans pour autant la justifier, Trump a même reconnu comprendre la réaction Russe.

On connaît la suite : les difficultés de l’armée russe à se mettre en ordre de bataille, avec de petits effectifs contre une armée plus nombreuse et bien armée, les objectifs définis par Poutine, démilitariser, et dénazifier l’Ukraine… Contrairement à ce qu’ont compris de nombreux observateurs occidentaux, il ne s’est jamais agi de conquérir toute l’Ukraine. L’armée russe n’a jamais eu pour mission de conquérir du terrain. Il s‘agissait, de détruire l’armée ukrainienne (attrition), et au fur et à mesure des progrès de l’installation de réseaux russes en Ukraine capables de désigner les objectifs, de détruire et rendre ainsi inutile l’aide occidentale, en appauvrissant les pays donateurs, eux-mêmes en difficulté.

L’observateur impartial ne peut que constater que, pour le moment, l’objectif visé au départ par l’administration néocon de Biden, qui était de s’en prendre à l’économie russe afin de mobiliser les foules en colère contre Poutine pour le renverser, n’a pas fonctionné (cf. Biden lors de son dernier voyage à Kiev). Considérant l’Ukraine comme un vrai proxy, que Biden a toujours refusé de vraiment armer, craignant une réaction trop vive de la Russie, la consigne donnée est : « Continuez à tuer du Russe ».

Pour la Russie, le problème de la fin de la phase actuelle, ne peut se régler qu’avec la nouvelle administration américaine, en reprenant le dialogue interrompu en février 2022, en vue de statuer sur le cadre de sécurité en Europe, la fin des sanctions et éventuellement la fin des opérations sur le terrain, celles-ci dictant le sort de l’Ukraine. Contrairement à ce que propose une propagande facile (il est plus facile de haïr un seul homme), Poutine n’est pas seul à décider : c’est l’Armée russe, ses chefs et le poids de l’état-major, qui décident de l’objectif final, qui est de laisser les armes sur le terrain décider de l’issue du conflit.

Les garanties pour la Russie

Pour la Russie encore, il est essentiel d’obtenir que les garanties accordées par la signature d’un accord, assurent sa sécurité contre ce qui pourrait être la poursuite d’une lutte hybride par des éléments incontrôlés, alimentés par des pays européens mécontents, ou par des réseaux néocons (CIA hors contrôle, Deep state attendant le départ de Trump, UE, cf. les déclarations de Kaja Kallas responsable de la politique étrangère de l’UE, Estonienne, qui demande encore et toujours le démembrement de la Russie, etc.).

Poutine a déclaré qu’il voulait la paix, pour permettre à la Russie de reprendre sa marche vers le progrès, etc., toute déclaration ne pouvant que nourrir la poursuite des objectifs initiaux des néocons toujours à l’affût. Car Trump, après des débuts tonitruants et sans doute peu efficaces se retrouve, peut-être malade (?), enlisé entre la crainte de perdre son électorat MAGA, de se faire doubler par des amis Républicains mal intentionnés (Lindsay Graham), et les propres contradictions de son programme (a-t-il d’ailleurs un programme cohérent ? Ainsi sa politique douanière vis-à vis de l’Inde qui vient de pousser ce pays, pourtant ami de l’Ouest, dans le camp rassemblé à Pékin). Ou bien, d’après certaines sources, enlisé par divers lobbies qui risquent de l’emmener et nous emmener dans des guerres qu’il ne veut pas (d’après des observateurs sérieux, le Mossad tiendrait Trump par des Kompromats fournis en son temps par son agent Epstein…) comme la reprise de la guerre contre l’Iran annoncée pour octobre (les médias ont parlé de rassemblement d’avions et de ravitailleurs US vers le Proche-Orient.)

Les garanties pour les Etats-Unis

Les USA (ou Trump) ont eux aussi besoin de garanties de sécurité : Trump a besoin de transformer la défaite de la stratégie de Biden en victoire pour lui-même: Steve Witkoff, envoyé spécial des EU au Moyen-Orient, aurait demandé lors de sa première rencontre avec les Russes à Ryad, de ne rien faire qui puisse accélérer la dédollarisation de l’économie mondiale entreprise par les BRICS. Au sein du camp atlantiste (néocons + européens de EU + 3 ), Trump doit s’assurer de ne pas être traité de traitre lorsqu’il devra mener la seule politique efficace pour mettre un terme à la tuerie : arrêter les livraisons d‘armes et d’argent, et retirer les conseillers de la CIA en poste dans l’armée ukrainienne. C’est ce qu’il comptait faire dès le début de son mandat, mais les Européens l’en ont empêché. Enfin avoir l’assurance que les fonds de pension US qui posséderaient déjà 20% des terres cultivables (en Ukraine) puissent continuer à assurer le financement des retraités qui ont voté MAGA .

Donald Trump, qui reste une énigme en tant que président, a besoin de sécurité pour rester en vie : un coup à la JFK est vite arrivé, une tentative a déjà été menée. Son grand projet géopolitique semble être de régler par des « deal», les relations avec la Russie et la Chine, ce qui apparait ni plus ni moins comme un partage des zones d’influence.

 Des rumeurs – ou des fuites aux meilleures sources – toutes récentes, font état d’un projet d’une nouvelle stratégie de défense nationale qui placerait les missions nationales et régionales au-dessus de la lutte contre les adversaires traditionnels que constituent Pékin et Moscou.

Au-delà des rumeurs, il y a des faits : Au tout début du mois de septembre, des personnes proches du dossier ont révélé que des responsables du Pentagone ont informé les diplomates européens que les États-Unis ne financeraient plus les programmes de formation et d’équipement des armées des pays d’Europe de l’Est, qui se trouveraient en première ligne en cas de conflit avec la Russie. Par ailleurs, Trump a invité Poutine et Xi au prochain G20 qui se tiendra en 2026 aux USA. Au plan intérieur, il a lancé une initiative visant à placer les villes américaines en proie à la criminalité et au dysfonctionnement, sous la tutelle de l’armée et de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Cette disposition ne manquera pas de voir s’élever une très forte opposition de la part de l’Etat Profond, néocons bipartisans, CIA malgré la purge menée par Tulsi Gabbard, directrice du renseignement national américain, mais aussi de la part des pays européens engagés dans une lutte contre la Russie jusqu’au dernier Ukrainien. Pour le moment, pour calmer ces oppositions, il louvoie, entre les nouvelles sanctions ou menaces contre Poutine, ( – Père, gardez-vous à droite, – ), et des promesses vagues d’aide aux efforts européens ( – Père , gardez-vous gauche– ). L’interprétation de ces faits dépend de Trump : agit-il dans la plus grande improvisation, ou bien, avec ses outrances et ses foucades, se trace-t-il un chemin vers ce qui devrait être une Paix ? …évitant les provocations, fake-attaques,etc .. montées par ses amis et alliés pour l’empêcher de poursuivre ses propres objectifs.

Des garanties pour l’Ukraine

L’Ukraine, ou ce qu’il en restera, doit bien sûr obtenir toutes les garanties que peut recevoir une nation vaincue : on n’en est pas encore là. Des Ukrainiens vont encore se faire tuer (pas ceux qui vont profiter de la dernière autorisation de quitter librement le pays, Zelensky préférant voir sa jeunesse à l’étranger que manifester dans les rues contre le gouvernement).

Parmi les garanties à lui donner :

  • Un système permettant de contrôler les groupes nationalistes qui pourraient vouloir continuer à jouer les proxy au profit des néocons US en lançant une guerre clandestine sur le territoire russe, ce qui pourrait provoquer des réactions de la Russie contre les bases de départ de ces raids ;
  • Des garanties pour les populations restées en territoire occupé, soit pour rejoindre le territoire ukrainien, soit pour conserver leur culture, leur langue, etc.
  • Dans le même esprit, autoriser les visites entre familles de part et d’autre de la nouvelle frontière (éviter les séparations qui ont été provoquées par le Mur de Berlin)
  • Des garanties de recevoir l’énergie nécessaire à partir des centrales nucléaires en territoire occupé ou du gaz russe.
  • Des garanties contre d’éventuelles incursions russes, garanties assurées par des commissions (d’armistice) du type de celles installées en France pendant la dernière guerre, commissions ukrainiennes installées près des plus importantes garnisons en Russie et commissions russes installées en Ukraine etc.

Des garanties pour l’Europe

Enfin, l’Europe doit recevoir aussi des garanties :

Celles-ci devraient lui assurer les conditions favorables à la résolution d’une part de la crise économique autrement qu’en développant une industrie d’armement et de préparation à la guerre, moyen historique pour les élites de résoudre les crises, et d’autre part de la crise structurelle qu’elle traverse, en reprenant dès que possible contact avec la Russie. A cette fin, il lui faudra sans doute changer une partie du personnel politique européen trop impliqué, non dans le soutien à l’Ukraine, mais dans la poursuite de la destruction de la Russie. Dans cet objectif, elle pourrait puiser dans son passé et prendre exemple sur l’instauration de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA). Celle-ci, entrée en vigueur en juillet 1952 pour une durée de cinquante ans, avait créé les bases d’une démocratie européenne et le développement actuel de l’Union. Sur proposition du ministre des AE Robert Schuman, elle devait empêcher une nouvelle guerre entre la France et l’Allemagne, la guerre étant rendue « non seulement impensable mais aussi matériellement impossible ».

Ces garanties devraient lui assurer aussi de désinstaller tous les motifs de crises futures : référendum pour les minorités plus ou moins brimées, comme les Hongrois, les Polonais d’Ukraine, révision des mesures ayant mis fin à la crise des Balkans en particulier, et ayant engendré un certain nombre de problèmes, dont l’installation d’un islamisme radical, dont il faudrait neutraliser les têtes de pont.

Et l’OTAN ?

Reste le problème de l’OTAN, plus exactement de l’utilité de l’OTAN, une fois que les USA se seront retirés (partiellement) d’Europe. L’organisation pourrait avoir un réflexe de survie, et temporiser jusqu’au départ de Donald Trump, en attendant un chef sérieux qui trouvera bien le moyen de recréer une méga crise.

A ce stade, et pour répondre à la question du jour, posée récemment par Pierre Lellouche sur Europe 1, le président Macron propose de préparer, avec un certain nombre de partenaires qu’il a, semble-t-il, convaincus, une force qui serait déployée après un traité de paix.

Ce projet présente trois difficultés :

En premier lieu, un problème d’effectif : les forces européennes disponibles sont peu nombreuses : quelques milliers d’hommes, quinze à vingt mille au mieux, essentiellement Français et Britanniques. Mais surtout, il faudrait les protéger, car il est hors de question qu’un soldat d’Europe occidentale soit tué au cours de ce conflit en Europe orientale, lors d’une attaque russe. Ils ont donc besoin d’une couverture aérienne, qui ne peut être qu’américaine, du renseignement américain, le plus performant, et de la logistique américaine, la plus solide. Sur ce sujet, Donald Trump est très réticent. Il est d’une grande prudence et encore très vague dans ses intentions.

En deuxième lieu, l’inévitable opposition russe à ce projet : un des objectifs de cette malheureuse Opération militaire spéciale, était d’empêcher l’Ukraine de rejoindre l’Otan. Si on fait rentrer des soldats de pays de l’OTAN en Ukraine, on fait rentrer l’OTAN par la fenêtre. Les Russes n’en veulent donc évidemment pas.

Enfin, la division des Européens eux-mêmes est un réel handicap. En Allemagne, on souhaite que ce projet passe au Bundestag. Or les socialistes sont contre. Il n’y a pas de majorité pour aller en Ukraine. En Italie, Matteo Salvini, vice-président du conseil des ministres, est contre. Donc, Georgia Meloni enchaine : « Nous n’irons pas au sol en Ukraine ». Les Polonais, pourtant voisins, s’y refusent également. Ne restent que les Français et les Britanniques. On notera aussi que le secrétaire de général de l’OTAN, Mark Rutte, ancien Premier ministre néerlandais, très allant, voudrait qu’on envoie tout de suite des forces en Ukraine, et donc qu’on participe directement à la guerre….

Dans cette grande confusion, au milieu de tant d’incertitudes, les armées européennes ne sont ni prêtes, ni près à se déployer en Ukraine.

Cet environnement donne au président Macron l’occasion de multiplier les sommets, de faire oublier la profonde crise politique et économique que traverse la France, en particulier : l’incapacité de l’Assemblée à voter un budget, entrainant la démission du Premier ministre, faute de majorité de soutien. La presse étrangère (Financial Times) évoque l’inconscience[2] [1] du Président Macron ou la recherche d’une diversion politique.

On peut imaginer que tous ces grands chefs sont mal renseignés, prenant leurs sources chez les Ukrainiens (pour eux les Russes ne savent pas se battre, les valeureux Ukrainiens mènent l’offensive, la victoire est possible, la chute de Poutine, « encore une minute Monsieur le bourreau … »). Cette hypothèse est (elle) réaliste ?

Ou bien tout le monde sait que la messe est dite, et on se comporte comme sur le Titanic, on multiplie les réunions, les repas, les embrassades avec tapes dans le dos du grand héros, ce qui permet à chacun de ces chefs d’Etat à mauvaise côte de popularité de durer, en attendant eux-aussi que Trump se casse ou soit cassé, pour reprendre le train-train ou marcher vers « enfin une vraie guerre sans empêcheur de faire la paix en rond ».

On pourrait en dire beaucoup plus, mais je pense que ce qui précède démontre que la « guerre » contre la Russie est tout aussi fantaisiste que les autres exemples de folie symbolique décrits ci-dessus. La difficulté, et peut-être le danger, vient du fait que les gouvernements ont effectivement le pouvoir de lancer des opérations de ce type, ou du moins d’essayer, et peuvent se persuader, par désespoir, qu’ils pourraient réussir. M. Macron a montré des signes inquiétants de ce type de réflexion ces dernières semaines, et le gouvernement français semble désormais préparer les hôpitaux à accueillir des centaines de milliers de victimes d’une future guerre. Nous avons besoin des hommes en blouse blanche.

Patrick FERRANT
Guerre en Ukraine : Les garanties de sécurité, opinion
Administrateur honoraire de l’AASSDN


[1] A ce sujet, Andriy Paroubiy, chef nationaliste et chef des snippers qui avaient tiré, lors de la Révolution de Maïdan sur la foule et sur la police, vient d’être abattu d’une balle dans la nuque à Lvov, par un Ukrainien mécontent .

[2] 2025 09 03 Blog Aurélien La guerre à notre époque