Les obsèques du général Jacques Rosier,
ancien chef de corps du 1er RPIMa,
ont lieu lundi 12 octobre à Montlouis
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Lorsqu’à l’été 1990, le colonel Jacques ROSIER arrive à Bayonne, pour y prendre le commandement du 1er RPIMa, je l’y ai précédé d’une année pour exercer les fonctions de commandant en second. Je connais déjà Jacques depuis une vingtaine d’années car nous avons sympathisé et ferraillé ensemble au Borkou (Tchad), dans les rangs des « Eléphants Noirs », notamment au dur combat de KOUROUDI, le 18 juin 1971.

A cette époque de 1971, nous sommes des jeunes lieutenants pleins d’ardeur, chefs des 2e et 3e commandos de la CPIMa, mais Jacques ROSIER sort déjà des normes. Il impressionne par sa force dans tous ses aspects : virile, physique, morale et intellectuelle.
Cette force redoutable, il s’en sert à merveille dans l’épreuve la plus dure que nous vivons alors : le combat à mener, à la tête d’hommes endurcis, instruits et entraînés pour la guerre.

En toutes circonstances, Jacques commande les siens avec « son cœur et ses tripes », mais aussi avec sa foi et son sourire. En base arrière, les sorties de cohésion du 2e  commando font parfois un bruit qui dérange les plus hautes autorités tchadiennes et françaises. Ses subordonnés lui obéissent naturellement comme si, usant d’un fluide mystérieux, il avait le pouvoir de renforcer leur énergie. En retour, ses hommes éprouvent autant d’amitié que d’admiration pour ce chef qui, de plus, a la « baraka » au combat.

Après son passage à la CPIMa, il sert principalement au 8e RPIMa. Il y prend, en 1978, le commandement de la 4e compagnie avec laquelle il intervient au Sud Liban, en Centrafrique et au Tchad. Puis, en 1986, il devient chef du bureau emploi du régiment.

Quand, en 1990, le commandement du 1er RPIMa lui est confié, la structure du régiment de Forces Spéciales dont veut se doter notre Armée est encore à l’étude, mais les tableaux de dotations et équipements sont sur le point d’être adoptés par l’EMAT. C’est donc la conception et la mise sur pied d’un tout nouveau régiment qui sont confiées au colonel Jacques ROSIER.
Par bonheur, cette mission, providentielle et historique pour les « parachutistes coloniaux » de 1990, correspond pleinement à l’idée qu’il se fait de l’emploi des paras : des « commandos de l’insolite » agissant, non pas massivement en unités organiques mais, à l’inverse, en petites équipes, en appliquant la belle devise héritée des SAS britanniques, « Qui Ose Gagne ».

Jeune lieutenant de cette époque, Eric VIDAUD, devenu chef de corps (2008-2010), se souvient fort justement de l’immense chantier de réflexion et d’innovations instantanément mises en pratique dans des opérations aussi dangereuses qu’inédites… et de la passion profonde de ses chefs à créer ce magnifique outil de combat à nul autre pareil…

De mon point de vue, Jacques ROSIER est surtout le premier serviteur du régiment, celui qui se donne à sa tâche, corps et âme. Sa piété de chrétien n’est pas seulement une obéissance aux devoirs religieux mais un attachement fidèle à ses amis, impliquant une entraide de chaque instant. Comment oublier ses fréquentes invitations, en fin de journée, à se rendre à « la Chapelle de la Citadelle » pour y cultiver, en l’arrosant copieusement, cette forme élargie de la piété qui est alors la sienne et la nôtre…

Promu général de division, Jacques ROSIER est devenu l’officier en activité le plus décoré de notre Armée. Dieu l’avait probablement créé beaucoup plus pour commander que pour obéir…

Homme d’une rare volonté, résolument tourné vers les actions les plus nobles, Romuald restera, pour ceux qui l’ont connu, l’un des « Pères » du régiment et son nom demeurera intimement lié à l’histoire du 1er RPIMa.

Claude BOUVINET

Source photo : Compte Facebook “Etre militaire”

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