Catherine DIOR :
Une héroïne de la résistance rescapée des camps


Ginette Dior, dite Catherine Dior, naît à Granville en 1917. Sœur cadette du célébrissime couturier Christian Dior, elle intègre le réseau de résistance franco-polonais F2 en 1943. Arrêtée par la Gestapo un an plus tard à Paris, elle est torturée mais ne cède pas. Déportée à Ravensbrück, en Allemagne, elle en réchappe en mai 1945 et revient en France.

Catherine Dior intègre le réseau de résistance franco-polonais F2 en 1943.

Tout commence à Granville, en Normandie. Les parents de Catherine, Alexandre Maurice Louis Dior et Marie-Madeleine Dior, mènent une vie aisée et paisible entourés de leurs quatre premiers enfants, dont Christian, le second, grâce au commerce d’engrais et d’eau de Javel dans lequel s’enrichit le père de famille. Les Dior vivent dans une vaste villa, Les Rhumbs, face à la Manche. Catherine, benjamine de ses frères et soeurs, naît en 1917 et connaîtra, contrairement à sa fratrie, une enfance parisienne, la famille ayant déménagé à Paris sept ans avant sa naissance.

Les années qui suivent sont difficiles. Le krach boursier de 1929 contraint la famille à déménager dans le Sud, dans le petit village varois de Callian, à 800 kilomètres de la capitale. Ruiné « en quelques jours », racontera plus tard Christian Dior, Maurice Dior perd ensuite brutalement son épouse en 1931, à l’âge de cinquante-deux ans. Le frère de Catherine, Bernard, est quant à lui interné pour schizophrénie. À 18 ans, Catherine Dior se rend à Paris à l’invitation de son frère Christian et travaille auprès de lui. Malgré leurs douze ans d’écart, ils s’entendent à merveille et partagent une même passion pour les fleurs et les jardins, héritée de leur mère, mais aussi pour la musique et l’art. Catherine est par ailleurs la seule à qui Christian Dior confie son homosexualité.

Cinq ans plus tard, le grondement des canons de la Seconde Guerre mondiale contraint la jeune femme à retourner auprès de son père dans le Sud. Elle s’installe dans son petit mas sans confort ni électricité, Les Naÿssès, acquis par Maurice Dior suite à la vente de sa propriété granvillaise. « En ces temps de guerre, Catherine Dior y vit sans électricité ni agrément, cultivant sur le terrain qui entoure la maison de son père quelques haricots verts et petits pois pour leur subsistance. Des dispositions difficiles qui sont pourtant bien loin des enfers qui l’attendent », souligne un article de Madame Figaro qui lui est consacré en 2024. Christian est quant à lui mobilisé en septembre 1939, rejoignant la 47e compagnie du génie.

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Informations sur la revue dont est extrait l’article

Nom de la revue : Services Spéciaux
Numéro : 275
Dossier principal : Les différentes dimension de l’influence : profilage des comportement, diasporas, langues, religions …
Thème de la revue : 
Influence
Parution : Juin 2026
Pages : 128

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