Dans le numéro 200 de L’Afrique Réelle, Bernard Lugan revient sur la situation au Mali et estime que la dimension touarègue demeure une clé essentielle pour comprendre le conflit dans le nord du pays. Il critique une lecture principalement centrée sur le djihadisme, qui négligerait selon lui les dynamiques historiques et territoriales plus anciennes.
Pour Bernard Lugan, la crise qui affecte le nord du Mali s’inscrit dans une continuité historique remontant aux premières rébellions touarègues apparues après l’indépendance. Selon son analyse, ces revendications ont connu différentes expressions depuis 1962, en fonction des rapports de force et des alliances du moment.
L’auteur souligne notamment le rôle d’Iyad Ag Ghali, aujourd’hui à la tête du JNIM, et celui des mouvements regroupés autour de l’Azawad. Il considère que les catégories opposant simplement « nationalistes » touaregs et « islamistes » ne suffisent pas à rendre compte de la complexité des rapports de force locaux.
Bernard Lugan estime ainsi que la politique française au Sahel a trop longtemps privilégié la lutte contre le « terrorisme islamiste » sans accorder suffisamment de place aux réalités qu’il qualifie d’ethno-historiques. Dans son analyse, l’islamisme constitue davantage l’une des formes contemporaines prises par des conflits plus anciens que leur origine première.
Cette lecture, développée dans l’éditorial du numéro 200 de L’Afrique Réelle, conduit l’auteur à appeler à un changement de grille d’analyse pour comprendre les évolutions politiques et militaires du nord du Mali.
Extrait de L’Afrique réelle : Edito du numéro 200
https://bernardlugan.blogspot.com/p/lafrique-reelle.html

