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Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
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MEMORIAL NATIONAL A.A.S.S.D.N. / Ramatuelle - Var ( Livre d'Or )
Biographies des Noms gravés sur le Monument: Sa-Sz
 

SANDEAU

Gérard, Lucien

 

 

Né le 1er juin 1904  à  Bordeaux (Gironde) de Joseph, Ferdinand Sandeau  et de  Jane Cassezon Epouse: Yvette Gravie Décédé le 2 avril 1945  au camp de Flohä (Saxe) Profession: mécanicien automobile

 Réseaux: F.F.I., A.S., Action C.D.M. (Région IV)Agent P2

 

Gérard Sandeau, qui avait un brevet supérieur de spécialiste automobile, appelé sous les drapeaux en 1924, avait fait l'École d'Artillerie de Poitiers et avait été nommé capitaine en 1930. Sa conduite durant la guerre, du 1er septembre 1939 au 25 juin 1940, lui valut la Croix de Guerre et une citation à l'ordre de la Division.

Dès le début de l'année 1941, il entre dans la Résistance, se mettant à la disposition du Service du Camouflage du Matériel de l'Armée dans la région de Toulouse où il habite (78 rue des Chalets).Il appartient aussi aux F.F.I., A.S.,  dans la secteur de Toulouse, du 1er janvier 1943 au 17 janvier 1944. 

Le général de brigade Émile Mollard, chef du réseau C.D.M. de la France Combattante écrit que Gérard Sandeau, "agent permanent du réseau C.D.M., a pris part effectivement au camouflage des armes, munitions et véhicules automobiles; son activité a permis de sauvegarder un important matériel et ainsi de le soustraite des mains de l'ennemi.

Après l'arrestation de ses chefs en 1943, le commandant Sandeau prit la lourde charge de chef départemental du réseau C.D.M. et son activité clandestine amena son arrestation."

Dans le Bulletin de l'A.A.S.S.D.N., il est dit que Gérard Sandeau fait aussi du renseignement et que, l'hiver 1942-1943, après les premières coupes sombres dans les Services de S.M. et du C.D.M., des forces dispersées se regroupent, avec notamment l'installation d'une équipe du C.D.M. autour du commandant Pointurier*. Gérard Sandeau en fait partie.

D'après son dossier du Bureau Résistance, 'il est arrêté par la Gestapo, rue de Constantine à Toulouse, le 17 janvier 1944. Prévenu des recherches de la Gestapo, dira Le général Anselme, commandant de la Vme Région, il "a refusé de s'éloigner même temporairement de son poste, poussant l'abnégation volontaire jusqu'au sacrifice intégral."

Interné à Compiègne, il est déporté en Allemagne le 26 avril 1944. Roger Derrac, habitant également Toulouse, du réseau Françoise (évasion), attestera qu'il a été déporté en même temps que lui et dans les mêmes camps: Auschwitz, Buchenwald, Flossenburg et Flohä (Saxe). C'est là qu'il meurt le 2 avril 1945.

Déclaré "Mort pour la France, commandant à titre posthume, Gérard Sandeau recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Dossier du Bureau Résistance; Bulletin de liaison de l'A.A.S.S.D.N. n°3, p.9


SCHIBER

Armand, René

 

 

Né le 12 mai 1912 àThannenkirch (Haut-Rhin) de Valentin Schiber  et de  Aline Roth Epouse: Paulette Laurent Profession: interprète Décédé le 30 mars 1944  à  Buchenwald (Allemagne)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Uranus) Agent P2

 

Né en Alsace, Armand Schiber, est interprète . Il a fait le guerre de août 1939 à juin 1940 au 11e chasseurs (Vesoul), 25e GRDI.

Engagé ensuite dans les Services spéciaux, il est agent P2 le 1er janvier 1942.

Arrêté le 22 janvier 1943 (son fils, Jean-Marie, a alors deux ans), il est interné à Reims et transféré, le 25 janvier 1944, à Compiègne puis à Buchenwald, où il meurt le 30 mars 1944.

Armand Schiber sera déclaré "Mort pour la France" et recevra  la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation: "Excellent agent."

 

Références:  Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4

 

 


SCHMITT

Joseph

 

Né le 4 septembre 1903 à Scheibenhard (Bas-Rhin) de Georges Schmitt et de Maria Claus Epouse: Catherine Schwartz Profession: cultivateurDécédé le...

 Réseau: S.R. Kléber

 

Joseph Schmitt,  était cultivateur comme son père, à Scheibenhard, son lieu de naissance. Il avait épousé en 1934 une jeune fille dont le père était également cultivateur.

A la veille de la guerre, il faisait partie du B.S.R. de Belfort et se serait ensuite replié à Lyon, où il aurait été l'adjoint du commandant Lombart.

 

Références: Archives Nationales (AJ 40/1521)


SCHWALM

René, Edmond

 

 

Né le 1er novembre 1908   à  Sermamagny (Territoire de Belfort) de Alfred Schwalm  et de  Célina Grassler Epouse:  Marie Hélène Masson Profession: comptable Décédé le 30 juillet 1943  à  Cologne (Allemagne)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Bruno)Agent P2

 

René Schwalm, chef d'un service de comptabilité, père de quatre enfants, habite Arbois, dans le Jura, quand il entre dans la Résistance dès le 1er août 1940 .

Il est arrêté le 9 octobre 1941 à Belfort.

Déporté le 5 août 1942, il est décapité à Cologne le 3 juillet 1943, comme Paul Simmiger*.

Déclaré "Mort pour la France", René Schwalm recevra la Médaille militaire et la Médaille de la Résistance avec rosette.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


SEGERS

Emile, Gustave

Pseudonyme: BELGE

 

 

Né le 28 février 1904  à  Malines (Belgique) de Emile Segers  et de  Delphine Célina Lems Épouse:  Jeannette van Sweevelt Décédé le 15 août 1942  à  Berlin 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. KléberAgent P2

 

Émile Segers devient agent de renseignements au service du contre-espionnage français dès la retraite de juin 1940.

Arrêté pour "menées anti-allemandes et espionnage au profit d'une puissance étrangère", il est fusillé à Berlin le 15 août 1942. Ses deux enfants, Gustave et Camille, ont alors 15 et 16 ans.

Déclaré "Mort pour la France", Émile Segers sera fait chevalier de l'ordre de Léopold avec palme, et  recevra  la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.28


de SEGUIER

Jean, Joseph

 

 

Né le 27 mars 1918  à  Paris XVIe de Joseph de Séguier  et de  Johanne de Goyon Célibataire Profession: officier d'active Décédé le  5 octobre 1944  à  Buchenwald 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Jean de Séguier, qui s'était engagé le 13 avril 1937 dans les troupes coloniales (Tirailleurs sénégalais), se trouvait en garnison à Damas, qu'il quitta en août 1939, pour participer à la guerre en France.

Il est recruté comme agent P2 par les Services spéciaux au début de 1942. Libéré de l'Armée le 13 avril 1942, il est immédiatement rappelé à l'activité à Marrakech et détaché quelques mois plus tard au Service de sécurité militaire de Casablanca.

Jean de Séguier est déjà reconnu par ses chefs comme un "officier d'élite". Le chef d'escadron P. Paillole, directeur le la Sécurité militaire, dit de lui qu'il est "intelligent, actif, dévoué... ardent, généreux, d'une tenue excellente et d'une éducation parfaite.". Même écho du colonel Rivet, directeur des Services de renseignements de la Sécurité militaire: "Cultivé, énergique, très formé dans un métier spécial où accomplir des missions dangereuses." Le directeur technique des Services spéciaux, Pelabon, écrit qu'il "joint aux qualités physiques et intellectuelles une grande valeur morale dont l'esprit de sacrifice est le trait dominant. Remplit avec une sage maîtrise depuis plus de six mois une mission dangereuse en pays occupé par l'ennemi. Ardent, généreux, discipliné, le sous-lieutenant de Séguier est un officier d'avenir..."

Le 12 novembre 1943, il est parachuté en France. Le poste "Munich" des T.R. Jeune lui est confié. La mission "Munich", précise Henri Navarre, "devait s'installer dans la région de Limoges. Mais Séguier fut arrêté tout de suite (le 4 décembre 1943) dans des conditions qu'il n'a pas été possible d'éclaircir". Dans la citation reproduite dans le Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°24, il est dit qu'il "a accompli parfaitement sa mission jusqu'au moment de son arrestation".

Une note du Ministère des Anciens Combattants précisera qu'il "faisait partie d'un groupe de 37 déportés occupant des fonctions importantes dans les réseaux Buckmaster, Pernod-Evasion, S.S.M.F./T.R. et Vermillon, tous parachutés en France au cours de l'année 1943 et début 1944. Après leur arrestation, à des dates différentes, ils ont tous été rassemblés dans les locaux de la Gestapo situés place des États-Unis et Avenue Foch, puis internés à la prison de Fresnes, avant d'être déportés par l'un des derniers convois partis de Paris le 11 ou 12 août 1944". (La date de déportation relevée au Bureau Résistance pour Jean de Séguier, est le 17 août 1944.)

Il est envoyé à Buchenwald où il meurt, fusillé, le 5 octobre 1944. Sa mère écrira en 1945 au colonel Progin, à Casablanca: "Il est mort en criant: Vive la France! Je tiens ces détails de camarades à lui, déportés à Buchenwald".

Jean de Séguier sera déclaré "Mort pour la France".

 

Références: Dossier du SHAT; archives du Bureau "Résistance"; "le Service de Renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, p.265 (Ed.Plon 1978); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.28, n°24, p.58, n°166, p.18


SELLIER

Yves, Marie, Georges

 

 

Né le 4 janvier 1921  à  Nantes (Loire-Atlantique) de René, Pierre Sellier  et de  Michelle, Marie Mollat Célibataire Etudiant Décédé le 5 août 1945  à  La Limouzirière (Loire Inférieure), d'après mention sur l'acte de naissance, ou à Paris (Bureau Résistance) 

Réseaux: S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Uranus) , maquis de Loire inférieureAgent P1 et P2

 

Yves Sellier était étudiant et auxiliaire de police. Il avait fait la guerre de 39-40 comme engagé volontaire au 13e escadron du Train, était devenu sous-lieutenant.

A 22 ans, le 1er avril 1943, il entre dans les services de renseignements, puis dans le maquis de Loire inférieure (avec le commandant Yacco, Le Diouron et Briac).

Arrêté le 12 juillet 1943 par la Gestapo de Nantes, à la Limouzinière (Loire-Atlantique), pour "espionnage et sabotage", il est d'abord interné à la prison de Nantes, puis à Fresnes.

Le 4 janvier 1944, il est déporté à Buchenwald. Libéré par les Russes, il revient le 25 juin 1945, est hospitalisé à Prague puis à Lyon, mais meurt peu après, le 5 août 1945, à l'hôpital Broussais à Paris, d'une tuberculose pulmonaire bilatérale contractée en déportation.

Yves Sellier sera déclaré "Mort pour la France".

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4; mairie de Nantes (Loire-Atlantique)


SIMMINGER

Paul, Louis, Joseph

 

 

Né le 17 décembre 1911  à  Hollerich (Luxembourg) de Nicolas, Émile Simminger  et de  Maria, Elisabeth Christophe Profession: maître verrier Décédé le 30 juillet 1943  à  Cologne (Allemagne) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Uranus-Lorraine)Agent P2

 

Né dans une famille d'artisans spécialisés dans la création de vitraux d'art, Paul Simminger était maître verrier. Mobilisé en 1939, fait prisonnier, interné à Koenigsberg, il fut libéré comme Lorrain. Mais sa maison de Montigny-lès-Metz était sous scellés. Ses parents et lui-même expulsés en novembre 1940, il se réfugia à Nancy.

Dès le 10 décembre 1940 il travaille pour les services de renseignements.

Dans le Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°167, est publié cet extrait du récit de Jean Geiger:

"C'est à la fin de 1940 que Paul Simminger, expulsé de Montigny-lès-Metz, entre en contac avec le groupe de résistance L'Espoir Français à Nancy, qui travaille pour le compte du réseau de renseignements clandestin Kléber-Uranus.

Chargé des liaisons avec les antennes du réseau en zone interdite, il est arrêté (à Nancy) le 8 juillet 1941 à la suite d'une dénonciation", alors qu'il revient d'une mission à Metz.

Il est interné à la prison Charles II de Nancy puis à Fresnes , enfin déporté le 23 mai 1942 à Rheinbach (Cologne),

"Inculpé de haute trahison avec 18 autres membres du groupe L'Espoir Français, il est transféré à la prison de Trèves où il est jugé et condamné à mort par le Volksgerichthof (tribunal du peuple)",  le 27 janvier 1943, dit Jean Geiger. Avant  l'exécution, l'interprète Engeslhardt de la Gestapo  lira le jugement du tribunal du peuple venu de Berlin. En voici un extrait: "Les accusés ont agi dans l'intention de communiquer des renseignements à l'ennemi.

Paul Simminger l'a admis dans ce sens, puisqu'il a déclaré qu'il savait que son donneur d'ordre, Granthil, donc le successeur de celui-ci Chetelat, travaillait pour le 2e Bureau. Le Sénat ( tribunal allemand) ne doute pas que cet accusé ait su que le 2e Bureau français était connu comme une section d'espionnage. D'après la certitude du Sénat, qui repose sur l'impression claire de la personnalité normale de cet accusé et sur la façon habile de sa défense lors des assises et d'après l'avis du médecin appelé comme expert qui le certifie, il est complètement responsable et justiciable de ses actes."

Jean Geiger rapporte ainsi la fin de Paul Simminger:"Cologne 30 juillet 1943. Le bourreau est absent. C'est donc le premier contremaître mécanicien Hacker, aidé par l'aspirant au poste de bourreau Hans Mühl, qui décapite les trois condamnés: le Docteur Bricka de Toul, Paul Simminger de Montigny-lès-Metz, Roger Noë* de Nancy, et ce en 23 secondes pour le premier et 20 secondes pour chacun des deux autres. Ils sont décapités à la hache. Paul Simminger subit l'odieuse sentence sans faiblir et sans avoir parlé." Il est inhumé dans le cimetière de Montigny-lès-Metz.

(D'après l'historien Auguste Gerhards, les Allemands ne pratiquaient pas de décapitation à la hache, celle-ci étant interdite par leurs réglementations, mais usaient de la guillotine.)

Déclaré "Mort pour la France", Paul Simminger sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation: "Magnifique patriote, dès le 10 décembre 1940 il travailla pour les services de renseignements."

 

Lieu de mémoire: Une rue de Montigny-lèe-Metz porte le nom de Paul Simminger.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Archives Nationales (AJ40/ 1522); "Années noires" de B-G Le Marec, p.250 (Ed. Serpenoise, 1990); "Réseau l'Espoir français de Metz", de Jean Geiger (A.A.S.S.D.N.); "La Libération de Metz" de Pierre Denis, p.31 ("Ed. du 50e Serpenoise); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.5, n°167, p.25


SIMON

Jules, Etienne

 

 

Né le 3 juillet 1914  à  Metz (Moselle) de Eugène, Jules, Simon  et  de  Marie, Louise, Léonie Coustans Epouse:  Georgette, Louise Weber Profession: enseignant Décédé le 16 octobre 1944  à  Güsen (Autriche)

Réseaux: S.S.M.F./T.R.,  Marco du S.R. KléberAgent P2

 

Jules Simon était agrégé d'allemand et enseignait cette langue.  Il avait été appelé en 1938 au 156e régiment d'infanterie et était sous-lieutenant de réserve (lieutenant F.F.C.).

C'est M. Liard, spécialiste des problèmes des Alsaciens- Lorrains au ministère du Travail, qui donne son nom à Guy de Saint-Hilaire, du groupe Marco. Il devient ainsi agent de renseignements P2  le 1er novembre 1943et Guy de Saint-Hilaire lui confie sa première mission, qui consiste à prendre livraison de cartes d'identité. Mais il est arrêté dès le 6 décembre 1943, à la suite de l'arrestation du capitaine Marie-Joseph de Peich*.

Déporté, il  décéde en Autriche, à Güsen, le 16 octobre 1944. Son fils Alain a quatre ans.

Jules Simon sera déclaré "Mort pour la France".

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  "Résistance P.T.T." de Raymond Ruffin, p.49-54 (Ed. des Presses universitaires, 1967); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.28


SIMONIN

Georges, Louis

 

 

Né le 19 janvier 1912  à  Saint-Sauveur (Haute-Saône) de Auguste, Joseph Simonin  et de Marguerite, Louis Rousselot Profession: sous-officier d'active Décédé le 18 avril 1945 à Buchenwald (kommando de Zwieberg) 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Engagé en 1931, Georges Simonin était sous-officier de carrière. Il était à la chefferie du Génie, 2e Bureau, spécialiste radio. Alors adjudant, il combat en 1939-40 dans les services de contre-espionnage militaires puis, dès l'armistice, entre dans les services clandestins (S.S.M.F./T.R.), comme agent P2.

De juillet 1940  à novembre 1942, il est à Marseille le technicien radio de la direction des T.R., avec Paul Paillole. Ce dernier dit que, le 18 février 1943, Simonin aide Michel Thoraval à la première opération Pick-up réussie qui évacue Bonnefous à partir du terrain de Boën-Feurs (Loire), avec un important courrier faisant le point sur l'implantation de l'Abwehr et du R.S.H.A. dans l'ex zone libre et les activités collaborationnistes, et indiquant la création par Darnand, le 31 janvier 1943, de la Milice française.

Il réalise aussi les premières liaisons radio avec Londres et Alger. S'y rend lui-même plusieurs fois et en revient parachuté avec de nouvelles recrues. Il est ainsi en France occupée le chef d'un groupe de douze opérateurs radio.

Le "ramassage" par avion est toujours difficile. Simonin a notamment participé à l'évasion de France du général Georges; cet épisode est rapporté ainsi par P.J. Stead:

"Le groupe d'action, composé de Thoraval, Herrmann et Simonin, passait ses nuits sur le terrain d'atterrissage en compagnie de deux gendarmes amis et d'un garde supplémentaire. Le 16 mai (1943), l'avion arriva enfin, mais le pilote ne vit pas les balises et poursuivit sa route. La nuit suivante, un autre appareil dut rebrousser chemin à cause d'ennuis mécaniques. Le général Georges, là-dessus, redigea un télégramme bien senti à l'adresse de Churchill. Simonin l'envoya après qu'on en eut adouci les termes."

Peu avant, "le 23 avril 1943, à Mont-Vernet, près d'Issoire, une légère erreur d'estimation de l'altitude fit que Thoraval sauta d'une hauteur de 8O mètres (au lieu de 150 mètres, qui était l'altitude normale) - et percuta le sol assez brusquement. (...) Lorsque Thotaval reprit connaissance, il se vit entouré de ses vieux amis, le commandant Johannès, Simonin et Herrmann - qui se demandaient comment ils allaient pourvoir l'enterrer (...). On avait parachuté du matériel radio, des provisions et des cigarettes(...) Johannès et Simonin emportèrent le matériel dans deux voitures aux phares éteints."

Henri Navarre relate les circonstances de l'arrestation de Georges Simonin, à la suite d'un coup de filet de la Gestapo sur l'antenne T.R. de Limoges, en mai 1943. "A Clermont-Ferrand, les membres du poste 113 et du B.S.M. se sont dispersés et camouflés dans des villages proches. Mais ils ont laissé sur place leur famille et certains commettent l'imprudence de venir la revoir. Ainsi sont arrêtés le 5 juin au matin (le 9 selon le Bureau Résistance) le Capitaine Johannès, chef du T.R. 113, ainsi que le radio Simonin." Celui-ci se dégage à coups de revolver, dit A. Herrmann, "de ce revolver qu'il avait toujours à portée de sa main lorsqu'il émettait. Une battue organisée par la police de Clermont le fit découvrir dans un champ de vignes près de Beaumont."

Autre version de l'Allemand Heindrich Scheide, officier de l'Abwehr, lors de son interrogatoire du 14 octobre 1946. Celui-ci dit que, chargé de mettre au point l'arrestation de Johannés et de ses collaborateurs, il se présente chez Simonin, chemin de la Châtaigneraie, à Marseille, le 5 juin, mais ce dernier est absent. Sa logeuse dit qu'il doit rentrer le 9. Le 8 juin, Scheide retourne chemin de la Châtaigneraie et aperçoit Simonin parlant avec sa logeuse. Après l'avoir fouillé, Scheide l'emmène au commissariat de police. Mais Simonin sort une arme et tire. Scheide est touché au bras. Simonin s'enfuit, le blessé le poursuit, fait feu sans l'atteindre, son pistolet s'étant enrayé. Scheide le rattrape, s'ensuit une lutte violente, tous deux roulent à terre, le bras blessé se casse. Simonin ramasse l'arme, la recharge et tire, visant la tête, mais Scheide réussit à dévier le pistolet. Simonin prend la fuite. Un gendarme cycliste et à un policier passant par là, Scheide leur intime l'ordre de rattraper le fuyard. Simonin est repris.

D'abord interné à Lyon, il est transféré à Fresnes. Il sait alors résister à la torture.

Il est finalement déporté le 27 janvier 1944 à Buchenwald, où il meurt le 18 avril 1945, au kommando de Zwicherg.

Déclaré "Mort pour la France", Georges Simonin sera fait chevalier de la Légion d'Honneur, recevra la Croix de Guerre avec palme, la Médaille de la Résistance et les félicitations du Maréchal Montgomery.

 

*

Citation: "Après avoir combattu en 1939-40 dans les services de contre-espionnage militaire, l'adjudant Georges Simonin rejoint les Services de Renseignements de la France Combattante (réseau S.S.M./T.R.) en qualité d'agent P2, assimilé au grade de sous-lieutenant dès juillet 1940

Georges Simonin réalise les premières liaisons radio avec Londres et Alger où il se rendu à plusieurs reprises. Plusieurs fois parachuté sur la France occupée, en compagnie de nouvelles équipes radio. Il dirige alors un groupe de douze opérateurs clandestins.

Interné à Lyon puis à Fresnes,  il subit la torture mais malgré les mauvais traitements refuse de parler. Il est finalement déporté  à Buchenwald le 27 janvier 1944 où il trouve la mort dans des circonstances ignorées, au kommando de Zwicherg le 18 avril 1945."

 

Références:  Archives du Bureau "Résistance"; SHAT (Archives Paillole); "Services spéciaux" de Paul Paillole, p.221-465 - 503 (Ed. Robert Laffont, 1975); "Le Service de renseignements 1871-1944'" de Henri Navarre, p.257; "Le 2e Bureau sous l'Occupation" de Philip John Stead (Ed. Fayard, 1966); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.28, n°162, p.20, n°174, p.35


SOUBRE

Henri, Félix

 

 

Né le 9 janvier 1884  à  Saint- Germain-le-Val (Loire) de Henri Soubre  et de  Louise Hilaire Epouse:  Françoise Cotte Profession: éditeur Décédé le 12 avril 1945  à Buchenwald (kommando de Weimar) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Poste P2), "Le Coq enchaîné" de LyonAgent P1 et P2

 

Henri Soubre était libraire et éditeur, père de deux enfants. Il avait fait la guerre de 1914-1918. Blessé en France, volontaire pour le front d'Orient, il avait été cité deux fois à l'ordre de l'Armée.

Quand il  entre dans les services de renseignements, en août 1940, il a 55 ans.

Le 29 mars 1944, il est arrêté à Saint-Rambert-sur-Loire. Déporté le 15 août 1944, il succombe le 12 avril 1945 à Weimar, kommando de Buchenwald.

Déclaré "Mort pour la France", il sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


 


 

 

 
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