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Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
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MEMORIAL NATIONAL A.A.S.S.D.N. / Ramatuelle - Var ( Livre d'Or )
Biographies des Noms gravés sur le Monument: Ia-Jz
 

INDEKEU

Jean, Marie, Jacques

 

 

Né le 4 juillet 1914  à  Liège (Belgique) de Pierre, Jean Indekeu  et de  Clothilde, Joséphine Schuttens Nationalité belge Epouse:   Marie, Thérèse, Françoise Blanche Profession: ingénieur agronome Décédé le 2 juillet 1943  à  Brandebsburg

 Réseaux:  2e Bureau  ( Q.G. Lille puis Charente), S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Jean Indekeu  était ingénieur agronome à Louvain.

Il entre dans les Services Spéciaux dès juillet 1940, devient  interprète et agent de renseignements à La Rochelle où il habite  avec sa famille. Il a trois enfants.

Arrêté le 11 août 1942 dans cette ville, il y est interné jusqu'au 30 août à la prison Lafond. Déporté à Munster en septembre 1942, puis à Berlin en décembre, il est condamné à mort le 25 mars 1943 par le Tribunal suprême militaire du Reich à Brandebsburg et fusillé le 2 juillet 1943,  comme espion.

Philippe de Joncquières écrit à Mme Indekeu le 22 juillet:

"Jan avait choisi la vie dangereuse dont il avait accepté tous les risques. Jan est mort pour la France; n'a-t-il pas travaillé pour la France, sachant ce qu'il risquait. Il l'a généreusement servie et c'est pour cela qu'il est mort. Vous pouvez être fière de lui. Jan a été à un moment de ma vie un frère pour moi."

Déclaré "Mort pour la France", Jean Indekeu, chevalier de l'Ordre  Léopold avec palme, recevra la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.28-28


ISTRIA

 Simon

 

 

Né le 6 juillet 1893  à  Sollacaro (Corse) de Antoine, Pascal Istria  et de  Marie, Françoise Pangrani Profession: agent d'assurance Décédé le 28 janvier 1945  à  Dachau 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., Marco du S.R. Kléber

 

Simon Istria était d'origine corse, son père était boucher; il était employé à la compagnie d'assurance"l'Abeille", comme  André Dulauroy*.

Il avait fait la guerre de 1914-1918 et y avait été par deux fois blessé: touché à la jambe en 1914-15, il avait reçu des éclats d'obus le 26 juin 1916. Il fut alors deux fois cité à l'ordre de l'Armée et reçut la Médaille militaire .

Quand il commence à travailler pour la Résistance, il a cinquante ans, habite Paris et ses quatre enfants sont majeurs: un fils, parti en Corse, s'est engagé dans l'Armée; un fils, ancien réfractaire, se bat dans l'Est; un fils arrêté par les Allemands aux environs de  Cherbourg et détenu plusieurs mois a réussi à s'évader; sa fille, divorcée, vit avec sa mère.

Une attestation du réseau Kléber dit:

"Monsieur Istria, ardent patriote, commença à nous rendre directement service en janvier 1944, mais antérieurement il avait - dès mars 1943 -  accepté de servir de boîte aux lettres pour un jeune officier résistant. Par la suite, Monsieur Simon Istria rendit le même service de façon continue à notre réseau Marco. Il accepta d'enthousiasme d'aider à l'organisation de rendez-vous clandestins dans les locaux mêmes du bureau qu'il occupait à la compagnie d'assurances "l'Abeille".

Monsieur Istria fut malheureusement, comme quelques uns de ses camarades de réseau, dénoncé et arrêté le 16 mai 1944 à Paris, vraisemblablement à son domicile" (86 av. de Saint Mandé).

Détenu à Fresnes puis déporté le 15 août 1944, d'après la même attestation, ou le 5 juin 1944 selon son dossier administratif du Bureau Résistance, il meurt au camp de Dachau le 28 janvier 1945.

Le chef du réseau Marco le cite comme un "agent d'une valeur technique et morale exceptionnelle".

Déclaré "Mort pour la France", Simon Istria recevra la Croix de Guerre avec palme.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance;  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4 ; "Marco" de Guy Jousselin de Saint-Hilaire (A.A.S.S.D.N.)


JAULENT

Marguerite, Catherine, Rose

Pseudonyme: MARGOT

 

 

Née le 12 janvier 1900 à Perpignan (66) de Vincent, Raymond, Maurice Jaulent  et de  Rose, Véronique, Eulalie Garrigue Célibataire Profession: secrétaire Décédée le 5 avril 1945 à Ravensbrück 

Réseaux: S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber,   S.R. Marine,  ORA (Marc Breton), Barcelone FFCI

 

Marguerite Jaulent était secrétaire sténodactylo à Perpignan où elle était née. En 1939 déjà, elle sert de boîte à lettres pour des services de renseignements.

Pendant l'Occupation, elle  travaille d'abord pour le S.R. Marine de Barcelone: elle recevra cinq postes radio qu'elle  livrera  aux équipes clandestines envoyées en France.

En décembre 1941, elle entre dans le réseau Kléber, où elle est chef de secteur (Archives d'Alger).

Mais, à la suite d'une dénonciation, le 20 juin 1942, la Gestapo de Perpignan effectue une perquisition chez elle et y découvre un poste radio. Arrêtée ainsi que ses deux soeurs, elle reste un mois à la citadelle de Perpignan, avant d'être envoyée, en convoi, à Romainville, d'où elle part en déportation le 15 août 1942. Elle est d'abord internée au camp de Torgau, avant d'être transférée à Ravensbrück puis à Koenigsberg  sur Oder et enfin d'être ramenée à Ravensbruück le 3 février 1943, date à partir de laquelle  aucune nouvelle n'est plus parvenue à sa mère (laquelle survivra à ses trois filles: elle avait 80 ans en 1951).

Marguerite Jaulent sera déclarée "Morte pour la France".

 

*

Citation (Médaille de la Résistance):

"A travaillé pour les services alliés depuis 1939 comme boîte à lettres. Recevait et livrait pour le compte du poste S.R. Marine de Barcelone les postes radio des équipes S.R. envoyées en France. A assuré la livraison de cinq postes.

Dénoncée à la Gestapo de Perpignan a été l'objet d'une première perquisition le 20 juin, un poste a été découvert. Arrêtée ( avec ses deux soeurs),  est d'abord internée à la citadelle de Perpignan pendant un mois. Fait ensuite partie d'un convoi dirigé sur Romainville. Est déportée le 15 août en Allemagne, camps de Torgau, Ravensbrück, Koenigsberg sur Oder. Retour le 3 février à Ravensbrück. Depuis cette date plus de nouvelles."

 

Références:  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4, n°55, p.14; Archives d'Alger (dossier DG 3230 pièce 9, DG 3151 R3); Archives du Bureau "Résistance"


JEANNE

Robert, Louis, Edouard

Pseudonymes:  LE PÉDAGOGUE, BOB

 

 

Né le 7 mai 1917  à  Paris Ve de Étienne, Émile, Norbert Jeanne  et de  Henriette, Françoise Guillaume Épouse:  Yvette Madeleine Etienne Profession: instituteur Décédé le 28 mai 1943  à  Suesnes (Mont Valérien) 

Réseaux:  Villon, Turma-Vengeance, du S.R. Air Agent P2

 

Robert Jeanne avait fait l'École normale d'instituteurs et avait professé un temps dans une école de Saint Germain.

Il fut incorporé en 1937 dans l'armée de l'Air, fit les E.O.R., obtint le brevet d'observateur en avion en avril 1938  et fut promu sous-lieutenant en octobre.

En 1939-40, il participa à quatorze missions dans des escadres de bombardiers et fut cité à l'ordre de l'aviation de bombardement en ces termes: "Commandant d'aviation confirmé, a exécuté de multiples reconnaissances de nuit et bombardements. Le 14 mai 1940, au cours d'une expédition de bombardement de jour de ponts utilisés par des formations blindées ennemies, a exécuté sa mission avec le plus grand calme malgré l'intervention sévère de la chasse et de la défense aérienne. L'appareil, touché par plusieurs obus adverses, un moteur en feu, a pu être posé en campagne, l'équipage indemne".

Démobilisé en août 1940, Robert Jeanne reprit d'abord sa profession d'instituteur à Versailles, puis, ayant rencontré un camarade de guerre, Maury, il accepta un poste dans l'entreprise où ce dernier était chef de secteur, la Société française de représentation de machines outils (S.F.R.M.O.). En fait, le 1er janvier 1941, il est entré dans le service de renseignements de l'armée de l'Air, dans le réseau Turma-Vengeance (secteur de Normandie).

"Un de mes premiers et l'un de nos meilleurs agents", dira le commandant du S.R. Air de la zone nord occupée.

Il faisait partie du secteur Normandie, monté par Rupied en 1941 et dont le chef est Louis Esparre*. Robert Jeanne, dit Le Pédagogue, devint son adjoint et le remplaça, dit le général Bézy, "vers fin 1941 lorsque Esparre, compromis et sur le point d'être arrêté, dut être muté en catastrophe en zone libre.

Près de lui, deux ingénieurs, Maury et Rouaud, dirigeaient nombre d'informateurs et assuraient le courrier entre eux et Esparre, puis Jeanne.(....)

A Caen deux agents principaux, Pierre Doucet*, beau-frère d'Esparre et Henri Brunet" avec lequel travailla Robert Jeanne.  "Brunet, poursuit le général Bézy, dirigeait un petit atelier de reproduction de plans pour ingénieurs, architectes et entrepreneurs. Réquisitionné par les Allemands, il lui fut demandé, de début 1941 au jour de son arrestation, plus de 4 000 reproductions. Malgré la surveillance dont il était l'objet, il s'organisa pour faire un tirage supplémentaire de tous les documents importants qu'il remettait parfois à des porteurs mais dont il assura surtout le transport jusqu'à Paris, d'où ils étaient acheminés sur Limoges. Beaucoup portaient sur les travaux de la côte normande, les plans de fortifications en cours de réalisation, le port de Trouville, l'usine de Dives, etc. (Tous ces plans étaient transmis à la Centrale puis à Londres dans les meilleurs délais). Brunet reproduisit également des plans de réseaux de transmissions avec indications des localisations d'unités; ils portaient le plus souvent sur des unités de l'armée de terre et étaient remis à nos collègues pour contrôle."

Michel Rupied dit que "la plus belle fourniture a été un plan des fortifications allemandes en construction de la côte dans le secteur allant de Cherbourg au Havre, plan d'ensemble d'abord, puis plan détaillé et coté de tous les ouvrages."

Dans le dossier allemand du procès Esparre-Jeanne, il est dit qu'en avril et mai 1941 Esparre reçoit 12 à 15 reproductions de plans de l'armée allemande des mains de Brunet. Jeanne prend la relève début septembre 1941 et Brunet lui fournit de 12 à 15  autres reproductions et un certain nombre de formulaires en blanc de l'armée allemande (états de paiement de soldes, comptes-rendus d'effectifs, commandes de matériel de construction, etc.) Parmi les copies: plans de construction de fortifications, de hangars pour avions et dépôts de munitions, cartes des installations défensives d'un secteur côtier, plan du port de Trouville, de l'arsenal de Cherbourg, de l'usine électrométallurgique de Dives, des croquis des positions d'artillerie lourde sur voie ferrée et d'avions de camouflage, des extrait de cartes d'état-major françaises, une liste des noms de camouflage des unités de la 716e Division d'infanterie, un organigramme du réseau téléphonique de cette même division (classé secret) et un schéma des lignes téléphoniques (classé très secret).

Jeanne communique l'original des reproductions à Legendre, des doubles étant adressés à Rocher (commissaire de police à Paris) qu'il a connu par Maury. Trois copies seront prises par les Allemands chez Rocher.

"Ce qu'ignore Jeanne, écrira le général Pédron, c'est qu'un traître s'est glissé dans le réseau. Maury a fait connaissance à Paris d'un inspecteur de police qui dit être un agent de renseignements du général de Gaulle et avoir des liaisons avec l'Angleterre. Avec lui on va pouvoir raccourcir le circuit des documents détournés. En fait, cet individu qui se fait appeler Rocher, ne fait pas partie des cadres normaux de la police." Il fait partie de la Gestapo qui a  obtenu pour lui, d'autorité, la couverture de l'administration française.

"Peu à peu, poursuit le général Pédron, les secrets du réseau glissent dans la poche du traître qui, en identifie un à un les membres et se fait remettre les documents."

Robert Jeanne, dira son chef, commandant le S.R. Air "m'a régulièrement fourni des renseignements de tout premier ordre obtenus dans des conditions très dangereuses dans une région particulièrement surveillée par les services ennemis de la Gestapo. Tombé dans les mains de l'ennemi et torturé, n'a jamais rien révélé de l'organisation du réseau".

Le réseau fut en effet démantelé en novembre 1942 et Robert Jeanne arrêté le 11 novembre.

"Nous pensons, dit le général Bézy, que les Allemands avaient été mis au courant de son existence par une personne du C.E. (Martineau) arrêtée et ayant beaucoup parlé. Les Allemands réussirent alors à introduire auprès de Jeanne un soi-disant agent I.S. et Jeanne lui fit confiance pour acheminer plus rapidement ses fournitures pour Londres. Cet homme prit son temps pour connaître tout le réseau et le coup de filet engloba tout son état-major....

Le procès des neuf personnes du groupe Esparre-Jeanne se déroula du 1er au 11 mai 1943 dans la prison de Fresnes. Aucun des accusés ne nia les charges retenues, tous déclarèrent avoir voulu continuer à servir leur pays." (Les huit autres accusés étaient: Louis Esparre, Pierre Doucet, Henri Brunet, Maury, Rouaud, Suzanne Speisser, Cécile de Mayo et  Paulette Duhalde.)

Robert Jeanne dit aux Allemands avoir intégré la S.F.R.M.O. pour avoir un salaire meilleur que celui d'instituteur, qu'il aurait alors été recruté pour un service de renseignements par un certain Legendre, ancien officier d'aviation. Jeanne aurait, selon ses aveux, accepté de se charger d'une zone située entre la Seine et la ligne Chartres-Le Mans. Il aurait eu pour mission d'observer plus particulièrement: dans quelle mesure les anciennes bases aériennes françaises étaient à nouveau en activité; ce qu'on pouvait observer sur ces terrains et ses avions.

L'enquête des Allemands avancée au procès reposant sur des interrogatoires doit être considérée avec la plus grande réserve, compte tenu du fait que les accusés tentaient de minimiser leur action et de protéger leurs camarades. Leurs manoeuvres apparaissent à travers les informations données.

Il y est dit notamment par les Allemands que "vis-à-vis de l'extérieur, la firme S.F.M.O. s'occupait exclusivement de la vente de machines outils suisses... Dans la pratique, cette société constituait essentiellement une entreprise de camouflage derrière laquelle Teyssier, ancien directeur, dissimulait une importante activité de renseignement en faveur des services spéciaux suisses et américains.

Maury introduisit Jeanne dans cette société et lui procura un emploi de camouflage comme représentant. Il ne put être établi avec certitude (par la justice allemande) si Maury a agi uniquement dans le but de procurer à Jeanne une possibilité de camoufler son activité de d'espionnage sous une occupation anodine, comme ce dernier l'a déclaré lors de l'instruction (du procès) , ou si Maury ignorait encore les activités réelles de Jeanne au moment de son entrée dans la société.

En effet Jeanne (après avoir dit que Maury était au courant) n'a pas réitéré, mais au contraire affirmé que Maury n'était pas encore initié à ce moment précis.

De toute façon, l'entrée de Jeanne dans la société avait également comme but d'éviter à ce dernier l'envoi au S.T.O. en Allemagne."

Il est également dit dans le dossier d'instruction allemand qu'un jour "Jeanne apporta avec lui dans les locaux d'affaires de la S.F.R.M.O. les deux copies du réseau téléphonique de la 716e division d'infanterie transmises par Brunet (et saisies par les Allemands). Il les déploya sur la table dans le bureau de Maury et de Rouaud. Pendant qu'ils regardaient ces copies, Teyssier entra également dans le bureau et contempla lui aussi les plans. Tous furent d'accord immédiatement pour considérer qu'il s'agissait là d'une acquisition d'une valeur militaire importante.

D'après les indications de Teyssier (aux enquêteurs allemands) il fut encore question à cette occasion de la nécessité de faire parvenir des doubles de ces copies à Rocher. Maury avait mis Jeanne en relation avec Rocher (Maury pensait que Rocher travaillait pour l'Angleterre ou pour De Gaulle). Jeanne lui procura régulièrement des copies des informations fournies à Legendre ainsi que, plus tard, le double des plans de la 716e DI livrés par Brunet..(...)

Ultérieurement, Jeanne a tenté de décharger Maury en prétendant que dans l'entrevue capitale, celle où il a été mis en contact avec Rocher, il ne fut question, aussi longtemps que dura la présence de Maury, que d'activités anticommunistes à l'exclusion de toute activité au profit de l'Angleterre ou de De Gaulle."

Robert Jeanne a avoué un certain nombre d'activités de renseignement, par exemple le relevé du fléchage et de l'immatriculation de véhicules, l'observation des mouvements de troupes, des positions de D.C.A., des dépôts de carburants, des stations radio, des activités des chemins de fer, du moral de la troupe, des relations de militaires allemands avec la population civile française.

Il est  condamné à mort le 15 mai 1943. Une commutation de peine est demandée par M. Charles Saint, secrétaire général de la Délégation du Gouvernement, qui, le 25 mai,  tente  ainsi de prendre sa défense: "En sa qualité d'officier aviateur de réserve, il eut une très brillante conduite qui lui valut d'être décoré de la Croix de guerre. La cessation des hostilités, la défaite, portèrent un sérieux coup à son enthousiasme patriotique: il ne comprit pas que ses obligations militaires avaient cessé avec l'Armistice, il fut victime d'une imprudence dont il n'entrevoyait pas les conséquences fatales."

Robert Jeanne est fusillé le 28 mai 1943 au Mont Valérien.

Nommé au grade de capitaine à titre posthume, et déclaré "Mort pour la France", il sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra  la Croix de Guerre avec étoile de vermeil et la Médaille de la Résistance.

 

Références:  Archives du Bureau "Résistance"; Archives Nationales (dossier F 60 -1577); "Le S.R.Air" de Jean Bézy, p.68-69 (Ed. France Empire, 1979); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°24, p.47.


JEZEQUEL

Yvon (Yves), Léon, Joseph

Pseudonymes:  BLAVET, Yves JOSSE, DRUIDE, JOURDREN

 

 

Né le 23 août 1924  à  Lézardrieux (Côtes du Nord) De Yves, Marie Jézèquel  et de  Marie, Louise Brandt Célibataire Décédé le 6 janvier 1945 à Hambourg (Allemagne)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R.; S.R. Marine,  Réseau Turquoise (Mission Blavet)Agent P2

 

 

JEZEQUEL

Simone, Anne-Marie

 

 

Née le 4 juin 1926  à  Lézardrieux (Côtes du Nord) De Yves, Marie Jézèquel  et de Marie, Louise Brandt Célibataire Etudiante Décédée le 1er mars 1945  à  Ravensbrück 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Marine, Turquoise (Mission Blavet)

 

Yvon Jézèquel est un très brillant étudiant: après avoir obtenu la mention "Très bien"à la première partie de son baccalauréat, il a eu le bac Mathématiques élémentaires et le bac Philosophie la même année.  Un de ses amis, qui deviendra rédacteur en chef de Ouest-France en 1945, Paul Béguier, l'évoque au lycée de Saint Brieux, où Yvon Jézéquel se trouvait à l'arrivée des Allemands. Il faisait déjà partie, dit-il "d'une organisation pour le repérage lumineux. (repérage et balisage de terrains de parachutages)... Chassé du lycée de Saint Brieux en juillet 1941, pour avoir mené une manifestation contre un professeur collaborateur, ses parents le mirent au lycée Saint Louis à Paris, où il était inscrit en classe préparatoire à l'École Navale.

Mais l'occupation de la zone libre et le sabordage de la flotte à Toulon mettent fin à son espoir de servir la Marine nationale: Vichy ordonne la fermeture des classes préparatoires à Navale.

Vers le milieu de l'année 1943, il a des contacts avec la Résistance à Paris et rencontre le lieutenant de vaisseau Yves Le Hénaff* (réseau Dahlia) par l'intermédiaire de l'éditeur Louis Aubert*. Le Hénaff cherche à monter une évasion vers l'Angleterre. C'est alors que naît le projet "La Horaine". Yvon Jézèquel décide de rejoindre la France Libre pour entrer à l'École des cadets de la marine en Angleterre, section française. Les circonstances en décideront autrement.

 Il a alors 19 ans. C'est un garçon mince, à la belle chevelure brune ondulée, au visage doux, d'une grande réserve et qui cache une rare fermeté. Il prépare donc l'évasion avec Le Hénaff et s'embarque à Lézardrieux comme matelot sur "La Horaine" la nuit du 22 au 23 novembre 1943, enfin débarque en face de Dortmouth.

Incorporé au B.C.R.A., il suit une formation intensive d'agent clandestin avant d'être chargé d'une mission en France. Il y est débarqué la nuit du 29 au 30 janvier 1944 par une corvette anglaise à l'île d'Er, avec son radio Neybel, et gagne le littoral à marée basse.

 Simone Jézéquel, sa soeur, n'a que 17 ans, mais, spontanément, elle propose ses services au groupe qui se crée. Il faut dire que la famille Jézèquel est toute acquise à la cause: le père, Yves, fidèle serviteur de l'État dans l'administration coloniale a été blessé en 1917 et, à Lézardrieux, la maison Jézèquel est un refuge pour tous.

Simone accomplira des missions comme le transport de matériel radio. Des opérations maritimes ont en effet lieu tous les quinze jours par une vedette de la Royal Navy à l'île d'Er où sont débarqués des agents, du matériel, des instructions, des renseignements qui doivent être acheminés.

Début février, le capitaine André Cann (T.R. Jeune, mission Fanfan) et le lieutenant canadien Robert Vanier rejoignent Yvon Jézèquel, après avoir échappé au naufrage du "Jouet des Flots" et aux arrestations qui ont suivi (Le Hénaff, Pierre Brossolette, Émile Bolaert).

Louis Aubert et sa soeur, Germaine Richard, facilitent l'implantation à Paris: c'est chez Louis Aubert qu'ont lieu les émissions vers Londres. Le 7 février 1944, ce dernier, prévenu que l'étau se resserre autour d'eux, quitte son appartement avec ses hôtes, mais le pâté de maisons est cerné par la Gestapo et la Feldgendarmerie. La mère d'Yvon Jézèquel, arrivée sur les lieux en voiture et voyant ce qui se passe, est là pour recueillir son fils, Louis Aubert et "Ernest", sortis par une porte de service le visage dissimulé. La voiture sème la Gestapo.

L'équipe, réfugiée à Laval, travaille deux mois. Malgré les difficultés de départ, le réseau se met en place. Il s'implante dans toute la Bretagne, à Paris, à Lyon, à Dijon. Il compte 32 membres connus , d'après Alain Jézèquel (13 seront déportés, dont 6 en mourront; deux seront fusillés).

Le secteur du réseau Turquoise (qui travaille aussi avec d'autres réseaux comme Résistance-Fer) comporte toute la zone côtière du Mont Saint Michel à Saint Malo, région stratégique essentielle pour le débarquement allié. Il s'agit de fournir des renseignements sur les effectifs et armements allemands (43 750 hommes recensés), mouvements de trains (6 à 12 par jour), résultat des sabotages des groupes Action, bilan des bombardements alliés. Pour ces opérations, le code de Turquoise est Blavet.

"Les liaisons maritimes, dit "La Presse d'Armor" (10 octobre 1992), sont faites à l'ile d'Er par une vedette anglaise qui vient la nuit par grande marée, en principe donc tous les quinze jours (...)

Agents, matériel radio, armes étaient débarqués. C'est surtout le va et vient des valises d'instructions et de renseignements qui étaient importants et réguliers, car Blavet agissait pour le compte de plusieurs réseaux.

M. Kernanen se souvient de quatorze valises en une seule fois, transportées en charette par Louis Bougeant, de sa ferme de Kerbert jusqu'à celle de Joseph Coadou à Kerganzennec." D'autres "participaient aux opérations avec canots de pêche et chevaux de la ferme de l'ile d'Er.

Et tout cela sous les postes de surveillance côtière de la GAST. Ces convoyeurs étaient en ces débuts de 44 à peine armés. Voyant Marcel Kernanen ainsi dépourvu, Yvon Jézéquel lui prêta une nuit, pour quelques semaines, son 6,35 à crosse de nacre."

Mais en avril 1944, le principal local d'émissions, rue Gutemberg à Rennes, est indiqué par dénonciation à la Gestapo. Celle-ci y tend une souricière. Le 14 avril Yvon réussit à y échapper en sautant par une fenêtre avec une valise contenant les papiers et la trésorerie du réseau.

Quelques instants plus tard, Simone Jézèquel arrive de Lézardrieux porteuse  de faux papiers établis par leur père. Elle est arrêtée.

Yvon est arrêté à son tour le 16 avril par la Gestapo gare Montparnasse, à Paris. Le frère et la soeur sont tous deux internés à la prison Jacques Cartier à Rennes.

Yvon parvient à communiquer avec sa mère par des livres codés. Ses messages contiennent des instructions. Il fait ainsi avertir Londres et parvient à limiter les arrestations.

Dans un de ses messages, il dit: "Suis bonne santé- arrêté Montparnasse après deux jours de poursuites; suis découvert par la Gestapo centrale renseignements à Paris. Ai pu rouler Gestapo pour codes, mais crains essais allemands émissions. Prendre précautions. Le moral est magnifique et le débarquement aura lieu avant mon départ pour l'Allemagne."

Dans un autre message:"Donner nouvelles combats navals suite à mon dernier message (à Londres)". Il fait là allusion au fait que, dans les heures qui ont précédé son arrestation, il a informé Londres de l'itinéraire et du calendrier d'un important convoi allemand le long des côtes nord de la Bretagne. "Dans la nuit du 15 au 16 avril, rapportera son frère Alain, une escadre britannique attaque ce convoi au large de Plougrescant- Port-Blanc. L'engagement dure une grande partie de la nuit. Les batteries côtières allemandes dans un rayon de 20 km ouvrent le feu. Plusieurs bâtiments du convoi sont endommagés. L'unité allemande la plus importante (contre-torpilleur) est poussée à la côte par la flotte anglaise et coulée. Pendant des jours les populations côtières ramassent des débris, des canots bourrés de cadavres, des noyés par centaines... D'après des témoins, il y aurait eu entre 1 300 et 1 800 victimes allemandes."

Dans un autre message encore, Yvon Jézéquel donne ordre de transmettre à Germaine: "Le Roi d'Ys vous demande de faire tout votre possible pour transmettre à Londres le message suivant: Message de Blavet: suis prison Rennes stop. Kervarec pris - malchance stop espère sauver OK ou Mest-Bayanrd stop Attention messages Gestapo, TRG Fin." Il ajoute: "Transmettre à Germaine phrase suivante mot à mot: Amitiés du Potonec au roi Grégoire. Il rêve des trios de Beethoven et du menuet de Boccherini- médite sur origine Emidyce- Bonnes nouvelles de Cri-Cri. Ne sait plus où est Petit Louis. En relation avec Appel. Conclusion: l'Aventure est au coin de la rue. Fin."

Mais  il dit aussi: "Gestapo a proposé Simone libre si je donnais un ami. Suis sûr approuvez refus."

Il est affreusement torturé dans la prison de Rennes.

De son côté Simone écrit à ses parents: "Mes chers parents, voici presque trois mois que je vous ai quittés sans me douter de ce qui allait suivre ce voyage (...)

J'ai eu des nouvelles d'Yvon qui a toujours gardé le moral et beaucoup de courage. Malheureusement, il a quitté le 28 notre chère Bretagne pour l'exil.

Yvon n'a jamais été confronté avec moi. Il a été interrogé trois fois à ma connaissance. Moi j'ai été interrogée deux fois (15 heures)." En fait, Yvon a été affreusement torturé dans la prison de Rennes.

Dans le dernier billet de Simone, une bande de papier écrite au crayon et difficilement lisible: "Nouvelles excellentes hier soir. Temps splendide. Vivement Lézard, le sapin, le Trieux, les champs. Vivement une pièce qui sente bon, des fleurs, du linge propre, une table agréable. Vivement la liberté."

Yvon est parti le 28 juin 1944 pour Compiègne, puis pour l'Allemagne. A Neuengamme il subit le sort spécial des détenus dangereux. Il y meurt le 8 janvier 1945, selon son frère Alain (le 6 janvier, à Hambourg, selon son dossier administratif). Ses dernières paroles seront rapportées par un compagnon de détention, M. Boulenger: "Dites à mon père et à ma mère que je leur demande pardon pour tout le mal que je leur ai causé. Et pourtant, si c'était à refaire, je le referais."

Simone quitte la prison Jacques Cartier le 3 août 1944 par le dernier convoi de déportés, pour un trajet qui dure jusqu'à la fin du mois. Elle mourra à Ravensbruck deux mois après son frère Yvon (le 14 mars 1945 selon Alain Jézèquel; le 1er mars selon son dossier administratif). Six des camarades arrêtés en même temps qu'elle mourront en déportation.

Yvon et Simone Jézèquel seront déclarés "Morts pour la France".

Yvon sera fait chevalier de la Légion d'Honneur, recevra la Croix de Guerre avec palme, la Médaille de la Résistance et la Médaille des évadés, et sera cité par le Gouvernement britannique.

Simone Jézéquel recevra la Médaille de la Résistance. Un témoignage de gratitude de l'Angleterre signé du Maréchal Montgomery lui rend hommage en parlant d'elle comme d'"une volontaire des nations alliées qui a fait le sacrifice de sa vie pour que l'Europe puisse être libre".

 

*

Lieu de mémoire: le nom d'Yvon Jézéquel est inscrit sur le mémorial de la Bretagne résistante à Paimpol.

 

Références: "Le  Réseau Turquoise, la mission Blavet 1943-1944" de Alain Jézèquel, p.4 (A.A.S.S.D.N.); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°156, p.4; "La Presse d'Armor" du 3 octobre 1992; "Secret Flotillas" de Brooks Richards (Ed. HMSO, London, 1995).


JOHANNES

Jean, Jacques

 

 

Né le 29 janvier 1925  à  Thionville (Moselle) de Paul, Julien Johannés  et de  Marie, Gabrielle Hourte Célibataire Etudiant Décédé le 15 mai 1945  en Allemagne 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Jean Johannés a 17 ans, il est étudiant en Math Sup quand il entre le 12 novembre 1942 dans les Services spéciaux, dont fait également partie son père, le commandant Paul Johannés.

C'est lui qui prévient le réseau de l'arrestation de ce dernier, le 5 juin 1943.

Arrêté le 9 juin 1943 en cours de mission, victime du même dénonciateur que René Hengen* et Georges Simonin*. il est déporté le 14 janvier 1944  à Buchenwald-Dora et ne reviendra pas.

Administrativement décédé le 15 mai 1945, il sera déclaré "Mort pour la France". Il recevra   la Croix de Guerre avec étoile de vermeil, la Médaille de la Résistance et une attestation de service de l'Armée britannique signée du Maréchal Montgomery.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°24, p.53


JORIMANN

Louis, Adrien

Pseudonymes:  JEANDET, Simon BLANCHARD

 

 

Né le 2 août 1897  à  Elbeuf  (Seine  Maritime) de Robert Jorimann et de  Fanny Odier Epouse:  Juliette, Philomène Fleury Profession: cadre d'entreprise Décédé le 11 février 1945  à  Dora-Neuengamme 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Poste  P2)Agent P2

 

Louis Jorimann, engagé en 1916, avait fait cette guerre dans l'infanterie. Agent technique, il est devenu chef du personnel de la société Fulmen et habite Paris, 58 rue Saint André des Arts quand il s'engage dans la Résistance, le 1er février 1941.

Arrêté le 20 janvier 1943, il est interné à Fresnes puis à Romainville, avant d'être déporté, le 30 septembre 1943 , à  Sarrebruck, Hambourg et Neuengamme. Il meurt à Dora-Neuengamme le 11 février 1945.

Déclaré "Mort pour la France", "résistant d'un dévouement total allant jusqu'au sacrifice", Louis Jorimann recevra la Médaille militaire et la  Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


JOURDREN

Robert, Alain

 

Né le 7 août 1917 à Taule (Finistère), Alain Jourdren et de Marie Queguiner Décédé le 18 juillet 1944, à Bieuzy-les-Eaux

 Réseau: Turquoise (mission Blavet)Agent P2

 

Robert Jourdren était le fils d'un télégraphiste. Quand il est recruté pour la mission Blavet, dirigée par Yvon Jézéquel*, le 1er mars 1944, il a vingt-six-ans et va remplacer le radio July.

Le secteur du réseau Turquoise (qui travaille aussi avec d'autres réseaux comme Résistance-Fer) comporte toute la zone côtière du Mont Saint Michel à Saint Malo, région stratégique essentielle pour le débarquement allié. Il s'agit de fournir des renseignements sur les effectifs et armements allemands (43 750 hommes recensés), mouvements de trains (6 à 12 par jour), résultat des sabotages des groupes Action, bilan des bombardements alliés. Pour ces opérations, le code de Turquoise est Blavet.

"Les liaisons maritimes, dit "La Presse d'Armor" (10 octobre 1992), sont faites à l'ile d'Er par une vedette anglaise qui vient la nuit par grande marée, en principe donc tous les quinze jours (...)

Agents, matériel radio, armes étaient débarqués. C'est surtout le va et vient des valises d'instructions et de renseignements qui étaient importants et réguliers."

Mais en avril 1944, le principal local d'émissions, du réseau Turquoise, rue Gutemberg à Rennes, est indiqué par dénonciation à la Gestapo. Celle-ci y tend une souricière.

Après dislocation de la mission, Robert Jourdren se cache dans les environs de Morlaix et aide les gendarmes du Morbihan dans leur action de résistance. Quand il est arrêté par la Feldgendarmerie, la voiture dans laquelle il se trouve avec des gendarmes français en uniforme transporte des armes et des postes émetteurs.

Il est fusillé le 18 juillet 1944, à Bieuzy-les-Eaux (Morbihan).

Il sera déclaré "Mort pour la France"

 

*

Lieu de mémoire: La rue principale de Taule porte le nom de Robert Jourdren.

 

 

Références: archives du Bureau Résistance (dossier "Turquoise")

 


JOYEUX

Marcel, Jean

Pseudonyme:  JOLY

 

 

Né le 29 mai 1911  à  Saint Denis (Seine) de Auguste Joyeux  et de  Marceline Busseau Epouse: Marguerite Josselin Profession: officier d'active Disparu le 15 mai 1945

 Réseaux: S.S.M.F./T.R., A.S. Groupes Francs de Combat, réseau Mytridate (4e région, Toulouse) , réseau Action (groupe Morhange- Joly)

 

Marcel Joyeux, dont le père, décédé, avait été un grand mutilé de 1914, était lui-même père d'un garçon, Pierre. Capitaine de l'Armée de l'Air, il avait des aptitudes particulières de dessinateur d'études pour la marine et l'aviation, était moniteur de vol à voile et parlait l'anglais.

Il s'engage à partir de septembre 1942 dans une activité de résistance particulièrement intense. Il est en effet successivement chef régional des Groupes Francs de Toulouse, chef national adjoint des Groupes Francs des MUR (juillet 1943) et chef régional des Groupes Francs de Limoges (octobre 1943).

Commandant F.F.I., c'est, d'après un avis de la commission régionale pour la Légion d'Honneur, un "chef de grande valeur, qui a su communiquer sa flamme à son groupe, menant une vie d'enfer à la Gestapo et à la Milice... A participé comme chef de son groupe à tout transport d'armes, conduisant lui-même un camion. Allant aux parachutages avec ses G.F.. Posant des bombes au R.N.P., aux vitrines des collaborateurs. Effectuant filatures et cassages de gueules s'il le fallait. Camouflant des chefs de résistance ayant maille à partir avec la police française ou la Gestapo.

A monté et dirigé une évasion en juin 1943 de quatre détenus de la prison d'Agen en huit minutes. A participé avec l'équipe Morhange au rapt de trois P.P.F. très dangereux de Toulouse en octobre 1943. Leur interrogatoire permit de sauver plusieurs officiers et camarades également menacés. Exécution de plusieurs agents de la Résistance passés à l'ennemi, d'après les demandes des chefs des régions que Joly (Joyeux) surveillait. Noyautage des services de la police, de l'Hôtel de Ville, de la Préfecture, pour faux papiers et titres d'alimentation. Rapt de voitures de la commission d'armistice.

Était très aidé pour le matériel et les armes par l'Intelligence Service et le War Office.

Joly a été de chaque opération ou sortie de son groupe."

Le 15 mai 1945,en mission dans les lignes allemandes, dans les environs de Sémur-en-Auxois, il fait partie d'un groupe d'agents qui a recueilli des renseignements extrêmement importants pour les Américains, quand ce groupe doit combattre contre six Allemands qui tentent de leur barrer le passage,  réussit à réparer sa voiture criblée de balles sous le feu ennemi, puis tient tête à trente Allemands venus en renfort. C'est au cours de cet affrontement que Marcel Joyeux trouve la mort.

Les circonstances de cette mort ne sont pourtant pas claires. L'avis de la commission régionale pour la Légion d'Honneur dit qu'il "est tombé en martyr dans les geôlesallemandes sans livrer son secret". Et, dans son dossier administratif, il est dit qu'il a été arrêté par la Gestapo le 24 mars 1944 à Toulouse, interné à la prison Saint Michel de Toulouse, puis à Fresnes de mi-juin à mi-juillet 1944, enfin déporté le 16 juillet 1944. Il est officiellement disparu la 15 mai 1945, sans indication de lieu.

Déclaré "Mort pour la France", Marcel Joyeux recevra la Croix de Guerre avec étoile de vermeil et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation (à l'ordre du corps d'Armée, Croix de Guerre):

"A fait partie d'un groupe d'agents envoyés en mission dans les lignes allemandes aux environs de Sémur- en- Auxois; ils ont recueilli des renseignements de la plus haute importance pour la 3e U.S. Army. Ont combattu six Allemands qui tentaient de s'opposer à leur passage, ont réparé sous le feu de l'ennemi leur voiture criblée de balles, tenant tête à un groupe de trente Allemands. A été tué au cours de cet engagement."

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.28_29


 

 

 
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