logofb

 

 
 
line decor
Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
line decor
 

 


 
 
 

 
 
MEMORIAL NATIONAL A.A.S.S.D.N. / Ramatuelle - Var ( Livre d'Or )
Biographies des Noms gravés sur le Monument: Ha-Hz
 

HADENGUE

Edmond, Ernest

 

 

Né le 14 octobre 1908  à  Ennemain (Somme) de Emile, Joseph, Eugène Hadengue  et de  Madeleine, Marie, Elisa Forguet Epouse: ... Profession: constructeur d'avions Décédé le 4 février 1944  à  Mauthausen (Autriche)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Poste P2)Agent P2

 

Edmond Hadengue, constructeur d'avions, père d'un enfant, ayant fait la guerre de 1939-40, s'engage dans les Services spéciaux le 1er janvier 1941. Il est chef d'antenne.

Arrêté par la Gestapo le 22 janvier 1943, chez lui, à Amiens, 8O rue Lemerchier, il est interné à Fresnes et à Romainville. Déporté le 16 août 1943 à Sarrebrück, il meurt le 4 février 1944 , à Mauthausen.

Il sera éclaré "Mort pour la France".

 

*

Citation: "Dévouement total et désintéressé allant jusqu'au sacrifice."

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


HAMARD

Léon, Louis, Lucien

Pseudonyme: LEO

 

 

Né le 28 novembre 1919  à  Bar Le Duc (Meuse) de Léon, Pascal Hamard  et de  Eléonore Margerie Profession: inspecteur de police Décédé le 16 (?) juillet 1944 à Toulouse 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.- Groupe Morhange (Andalousie)Agent P2

 

Né le 28 novembre 1919 à Bar Le Duc (Meuse), Léon Hamard a perdu son père dans sa petite enfance. Inspecteur de police à la Brigade politique des Renseignements généraux, puis à la 8e brigade de police judiciaire, il s'engage dans la Résistance dès le 1er décembre 1940, à 22 ans. Il fait partie des T.R.(homologué comme chef d'antenne)  et du réseau Andalousie, avant d'entrer dans le groupe Morhange, sous le pseudonyme de Léo.

Durant toute la guerre, il mène une action de renseignement et de contre-espionnage extrêmement efficace et participe à de nombreuses opérations clandestines.

Le mardi 11 juillet 1944, lorsque son chef, Marcel Taillandier* (alias Morhange) se rend à Auch, dans la voiture de Georges Marchandeau, pour assister à la réunion des responsables du Gers, en vue de coordonner les groupes armés du département, Léon Hamard fait partie de l'expédition.

En sortant de Toulouse, sur la route nationale d'Auch, la Feldgendarmerie a établi un barrage à la sortie du pont de Saint-Martin-du-Touch. La sentinelle de faction hésite devant les papiers de Morhange et "actionne" son téléphone. Morhange, conscient du danger, ordonne le sauve qui peut. Léon Hamard, avec Georges Marchandeau, fait alors diversion pour permettre à leur chef de prendre la fuite. Celui-ci, poursuivi, sera abattu un moment après.

Léo Hamard et Georges Marchandeau sont aux mains des Allemands qui leur montrent la dépouille de leur chef, puis les emmènent au siège de la Gestapo à Toulouse, 4 rue Maignac.

Affreusement torturé cinq jours, Léon Hamard ne parle pas.

André Fontès, lui-même ancien membre important du groupe Morhange, rapporte que, le 14 juillet, des policiers allemands se présentèrent chez lui, à Tournefeuille, au bord du canal de Saint-Marthory, où se trouvait sa belle-mère, alors seule:

"La Gestapo y débarque, poussant devant elle le malheureux Léo Hamard, torse nu, un oeil sorti de l'orbite, le dos lacéré de cicatrices béantes dans lesquelles les Nazis lui avaient badigeonné de l'acide, complètement défiguré. Muller, le chef de la Gestapo d'alors, présent sur les lieux, demande à ma belle-mère si elle connaît Léo! "Comment voulez-vous que je puisse reconnaître un homme que vous avez si méchamment défiguré?", répond ma belle-mère. La Gestapo l'arrête,(avant d'être déportée à Ravensbrück) elle va passer quelques jours dans une cellule de la cave de la rue Maignac, à côté de celle du pauvre Léo, elle l'entend toutes les nuits gémir de douleur et appeler sa mère."

Il meurt le 16 juillet dans d'atroces souffrances. Enterré dans le jardin même de l'immeuble, son corps sera retrouvé à la Libération, le 29 août 1944. Le rapport du médecin légiste commis relèvera: un oeil crevé, la mâchoire fracassée, le dos lacéré, brûlé à l'acide chlorhydrique, les parties sexuelles passées au feu.

Le capitaine Léon Hamard sera déclaré "Mort pour la France" et proposé en 1954 pour la Légion d'Honneur, la Croix de Guerre et la Médaille de la Résistance.

 

*

 

Lieu de mémoire: une plaque commémorative au nom de l'inspecteur de police Léon Hamard a été apposée sur le commissariat de police, boulevard de l'Embouchure, à Toulouse.

 

Références :  Archives du Bureau "Résistance; "Services Spéciaux" de Paul Paillole, p.525 et  558 (Ed. Robert Laffont, 1975); Fontès, 27 novembre 1997 (A.A.S.S.D.N.); "Conte de faits" de Pierre Saint-Laurent , p.42 (Signes du Monde, Toulouse, 1995)


HAMON

Roger, Théophile, Marie

Pseudonyme:  JUVINIER

 

 

Né le 5 mars 1904  au Mans (Sarthe) de Fulgence, Marie Hamon  et de  Marie, Magdeleine, Julienne Phélippot Epouse:  Marie, Lucie, Joséphine Digue Profession: employé des Chemins de fer Décédé le 14 mars 1945  à  Günzerode (camp d'Ellrich, kommando de Buchenwald) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber, puis Armée Secrète (Le Mans), groupe Daum (alias Lavisse), Mithridate, Résistance Fer

 

Roger Hamon travaillait aux Chemins de fer. Entré dans la Résistance début 1941, pour fournir au S.R. Kléber des renseignements sur la marche et les horaires des trains militaires allemands, en liaison avec le groupe Résistance du Mans, dès août 1941, il travaille aussi au recrutement de volontaires pour l'Armée Secrète et fournit de fausses cartes d'identité aux réfractaires au S.T.O. Chef de groupe de l'Armée Secrète, il effectue des sabotages avec le réseau Action.

Arrêté le 23 octobre 1942, il est interné à Fresnes, puis, acquitté le 21 janvier 1943, libéré le 1er juin 1943 . Mais il est arrêté une seconde fois par la Gestapo le 26 février 1944 et interné à la prison militaire du Mans, avant d'être envoyé à Compiègne le 26 avril 1944. Déporté à Buchenwald le 14 mai 1944, il y meurt le 14 mars 1945. Sa fille, Yvette, a onze ans.

Déclaré "Mort pour la France", Roger Hamon recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


HELFER

Clément, Adolphe, Paul

 

 

Né le 30 janvier 1920  à  Colmar (Haut-Rhin) de Paul Helfer  et de  ......  Epouse: Marie Jaeger Profession: instituteur Décédé le 2 août 1944  à  Wesserling (Allemagne)

 Réseaux: S.S.M.F./T.R., Uranus-Alsace du S.R. Kléber Agent P2

 

Clément Helfer était Alsacien. Il avait perdu ses parents très jeune (sa mère à 5 ans, son père à 16 ans) et était devenu instituteur.

Après avoir participé à la guerre à partir de juin 1940, à 21 ans il s'engage dans les Services spéciaux.  Dès  le début de1941 en effet, il commence à recueillir et à transmettre des renseignements militaires et économiques sur le pays de Bade.

Muté par ordre en Allemagne comme instituteur, il est arrêté le 25 janvier 1943 pour espionnage et interné à la prison d'Offenburg (Allemagne). Traduit devant un Tribunal du peuple (juridiction du 1er Sénat du Volksgerichtshof) le 3 novembre 1943, avec Paul Gasser* et Louis Voegli*, il est condamné à mort. Sa peine étant commuée, il est envoyé à Stuttgart-Wesserling comme déporté politique. Employé au désamorçage des bombes, il trouve la mort au cours de ces manipulations,  près de Bonn, le 2 août 1944.

Clément Helfer sera déclaré "Mort pour la France", recevra la Croix de Guerre avec étoile de vermeil et sera proposé pour la Légion d'Honneur et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation  (Croix de Guerre):

"Instituteur alsacien animé du plus pur patriotisme, a, dès le début de 1941, lutté pour les idées qu'il n'avait jamais cessé de professer. Est entré dans un réseau de renseignements dont toute l'activité était tournée contre l'envahisseur. A recueilli et transmis de précieux renseignements militaires et économiques sur le pays de Bade".

A été  un modèle de courage et un constant soutien moral pour ses compagnons d'infortune.

A trouvé la mort par accident, en désamorçant des bombes, travail auquel ses bourreaux l'avaient condamné, le 2 août 1944 près de Bonn".

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Archives Nationales (dossier AJ 40 - 1522);  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4; mairie de Colmar


HELIOT

Jacques, Louis, Marie

 

 

Né le 19 février 1912  à  Grenoble (Isère) de Jacques Héliot  et de  Coralie Boisot Epouse:  Laure Leray d'Abrantes Profession: officier d'active (Saint Cyr, promotion 1930) Décédé le 22 avril 1945  à  Platting (Bavière)

 Réseaux:  B.M.A. , S.S.M.F./T.R.  Agent P2

 

Jacques Héliot faisait partie d'une famille de neuf enfants, dont le père était colonel. C'était un jeune homme brun, très grand pour l'époque (1,83 m), quand il intégra Saint-Cyr, en 1930, après avoir préparé le concours à Grenoble (son père, qui avait encore alors six enfants à charge, demanda une bourse pour son trousseau).

Il fut promu lieutenant en 1934  et, en 1939,  désigné pour suivre les cours d'officiers spécialistes du matériel d'optique. Il  préparait aussi l'Ecole de guerre, quand il dut partir aux armées, le 10 novembre 1939.

Embarqué vers la Tunisie, sur le vapeur "Del Piaz", il arriva à Sousse, avant d'être dirigé vers Zannouch (Tunisie) et de faire  partie du 12e Bataillon d'infanterie légère d'Afrique.

En avril 1940, il fut affecté en France au centre d'élèves aspirants du camp de la Courtine, puis au C.I.A. du Larzac, le 10 juin.

Capitaine en mars 1942, démobilisé le 3 décembre 1942,  tandis qu'il devient dans le civil ingénieur auxiliaire des Eaux et Forêts à Pré-en-Hail (Mayenne), il entre immédiatement dans les Services spéciaux, sous la direction du lieutenant colonel Bonotaux.

Arrêté le 15 mai 1944 à la Feldgendarmerie de Mayenne , où il va se faire pointer, il n'est pas alors autorisé à prévenir les siens de son arrestation. Huit jours plus tard, il est amené au château de son beau-père, à Lévaré par Laval (Mayenne) où il allait chaque dimanche et où se trouve sa famille (il a deux fils et une fille). Là est opérée une perquisition, tandis que toutes les personnes présentes sont enfermées dans une pièce du château.

Déporté le 17 août 1944, il meurt en Bavière, à Platting, le 22 avril 1945.

Le capitaine Héliot sera déclaré "Mort pour la France".

 

Références:  Archives du Bureau "Résistance"; dossier du SHAT; documents J.C. Petermann.


HENGEN

René

 

 

Né le 22 juillet 1895 de Jacques Hengen  et de  Rosa Feiner Nationalité : Luxembourgeois Epouse:  Marthe Eléonore Brassard Profession: comptable Décédé en décembre 1944 à Buchenwald 

Réseau: S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

De nationalité luxembourgeoise, René Hengen, qui a fait partie du S.R. belge jusque en 1935, s'engage dans les Services spéciaux français le 25 juillet 1940, dès l'invasion de la Belgique par les Allemands. Il est alors comptable dans une agence de voyages à Bruxelles et a une fille, Marcelle.

Arrêté le 8 août 1942, il est déporté et meurt d'épuisement à Buchenwald en décembre 1944. Son corps sera incinéré.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"


HEUSCH

Henri, Arthur

Pseudonyme:  HARDY, RIRI

 

 

Né le 29 novembre 1909  à  Paris XIIe de Henri, Louis Heusch  et de  Jenny Siégel Epouse:  Renée, Germaine Eugénie Terrier Profession: militaire Décédé le 5 octobre 1944  à  Buchenwald 

Réseaux: S.S.M.F./T.R., Groupe MayenceAgent P2

 

 

HEUSCH

Maurice

Pseudonyme: MAURICE

 

 

Né le 10 septembre 1924  à  Royan de Henri, Louis, Heusch  et de  Jenny Siégel Célibataire Etudiant Disparu le 28 juillet 1944  à  Neuengamme 

Réseaux: S.S.M.F./T.R., Groupe MayenceAgent P2

 

Henri Heusch, engagé volontaire en mai 1928, sous-lieutenant de réserve en 1939, avait fait trois périodes d'instruction avant d'être rappelé de septembre 1939 à août 1940 (citation à l'ordre de la brigade le 25 juin 1940). Il gagna la zone libre et réussit, rapporte sa mère, à passer en Afrique du Nord.

En novembre 1942, il est détaché à la Direction de la Sécurité militaire à l'État-major d'Alger.

Henri Navarre écrit: "La mission Brême fut confiée au capitaine Heusch, qui s'adjoignit son frère, ainsi qu'un radio. Après un stage d'un mois à la D.S.M. d'Alger, ils furent envoyés à Londres d'où, après une dizaine de jours d'entraînement, ils furent déposés en France, par pick-up, dans le causse de Méjean."

Arrivé en France le 21 juin 1943, le capitaine Heusch, avec son frère Maurice, constitue le groupe Mayence (du S.S.M.F./T.R.) à Lyon. Henri a alors 33 ans, il a un enfant (d'un premier mariage). Maurice, encore étudiant, a 18 ans. Leur père, le commandant Heusch,  est mort, ils sont soutiens de famille de leur mère aveugle.

"La mission Brême, explique Henri Navarre, était avant tout de liaison et de transmission dans la région lyonnaise. Elle devait, secondairement, reprendre contact avec quelques anciens correspondants du C.E. et transmettre leurs renseignements. C'est ainsi que Heusch prit langue à Besançon avec M. Freyre, avant la guerre excellent H.C. du C.E., qui maniait des agents de pénétration de l'Abwehr de Dijon. Freyre prit la direction d'une annexe dite "Bratislava" rayonnant jusqu'à la Haute-Saône, le Jura, les Vosges et Belfort.

Munie de plusieurs appareils radio fournis par les Anglais, la mission Brême-Bratislava travailla très efficacement jusqu'à l'arrestation du capitaine Heusch."

Henri Heusch, chef de poste de la Région Centre, est arrêté le 26 avril 1944, au cours d'une mission à Paris, est interné à Fresnes, d'où il part le 12 août 1944 pour Buchenwald, en passant par Châlons-sur- Marne.

Selon le témoignage du capitaine Pierre Hallard, Henri Heusch" faisait partie d'un groupe de 37 officiers français, anglais, canadiens et belges, arrivé au camp de Buchenwald en juillet 1944. Ce groupe, contrairement à l'usage, ne fut pas placé en quarantaine dans le petit camp, mais interné au Block 17 du grand camp, qui était un block de passage.

Dans la soirée du 16 septembre 1944, 16 d'entre ces officiers, la plupart appartenant à la French Section, furent pendus dans la cave du four crématoire. Peu de temps après, la Direction du camp décida l'affectation des 21 survivants du groupe dans les blocks du grand camp, mais avec défense expresse d'utiliser ces hommes à des travaux extérieurs au camp.

C'est ainsi que les capitaines Vellaud* et Avallard* et le lieutenant Heusch furent affectés au block 45, et les lieutenants Rambaud*, de Séguier* et Chaigneau* au block 1O, le mien. Je les fis placer à la table 5 de l'aile B, qui était la mienne.

Grâce à des complaisances, 2 ou 3 camarades parvinrent à partir en transport malgré les ordres donnés, et c'est ainsi que la capitaine J.M. Avallard fut dirigé sur Iéna.

Le 4 octobre 1944 à l'appel du soir (19 heures), 12 de ces camarades reçurent un avis d'avoir à se présenter le lendemain à 6 heures, rasés et coiffés, à la pancarte 5. Une lourde angoisse s'empara d'eux, car chacun savait que la pancarte 5 signifiait la mort. Ils nous firent leurs adieux ce soir là, et je quittais à 20 heures (heure de rentrée dans les blocks) le capitaine Vellaud et le lieutenant Heusch, qui me prièrent de recommander leur famille au commandant Paillole. 

Le 5 octobre au matin, avant le départ pour le travail, vers 5 heures 30, nous aperçumes nos malheureux camarades au rassemblement près de la pancarte 5. Le capitaine Hallard et moi-même dépêchâmes aussitôt l'Allemand Willy Heckel (qui leur avait déjà rendu de grands services) pour connaître le sort de ces infortunés. Willy Heckel, qui avait 7 ans d'internement, possédait un coupe-file qui lui permettait de circuler librement entre l'usine où j'étais employé et le camp, et ce à toute heure du jour.

De son côté, le lieutenant Rambaud, qui n'avait pas été convoqué, devait suivre également le scénario d'exécution, de l'intérieur du camp.

Vers 7 heures, le lieutenant S.S. Gusse (orthographe phonétique), adjoint du Lager führer, une brute dans toute l'acception du mot, vint auprès de nos amis et, de sa cravache, leur indiqua la cheminée du crématoire tout proche.

A cette insolence, tous nos camarades éclatèrent de rire et le narguèrent.

Ils furent aussitôt après enfermés dans les bunkers proches.

Ce n'est qu'à partir de 14 heures que les exécutions commencèrent au stand de tir situé à environ 100 mètres en face de l'entrée principale.

Les détenus employés aux abord du stand furent éloignés.

Le lieutenant Rambaud vit nos camarades sortir deux par deux, les mains liées dans le dos, sérieusement encadrés et dirigés vers le stand de tir.

Les détenus que l'on avait écartés du stand entendirent l'exécution qui eut lieu à la mitraillette, sans coup de grâce.

Le lieutenant Rambaud aperçut ensuite le transport des corps et leur entrée au crématoire.

Vers 16 heures l'exécution était terminée."

Henri Heusch, déclaré "Mort pour la France", capitaine à titre posthume, sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Croix de Guerre et la Médaille de la Résistance.

 

Maurice Heusch, étudiant de 18 ans, faisait partie du groupe Mayence; il était l'adjoint de son frère Heuri. Il assurait des transports d'armes et le convoyage de courrier pour l'Angleterre, maillon d'une chaîne de rapatriement dont le chef était Le Henaff*. C'est avec lui, le radio Vannier, Challan-Belval, Taragon et Villerabel, qu'il a quitté le port de Loctudy (à 30 km de Quimper) pour tenter de passer en Angleterre sur le "Jouet des Flots", le 2 février 1944 à 23 heures, comme le rapportera le colonel Paul Bernard. Mais le chalutier "assailli peu après minuit par un violent coup de vent, ne tarda pas à se trouver en fâcheuse posture. Vers trois heures du matin il évita de justesse le chavirement et, machine hors service, fut drossé par le vent et les courants vers les récifs du Raz de Sein.

Le 3 février, à 8 heures du matin, le "Jouet des Flots" fit côte à la pointe du Raz, à 2km S.E. de la baie des Trépassés.

Naturellement, ce naufrage au petit jour n 'échappa pas aux veilleurs des sémaphores ni aux patrouilles allemandes. L'équipage du bateau et l'enseigne Le Henaff réussirent à faire sortir de ce guêpier plusieurs naufragés, mais on ne pouvait sauver tout le monde. Plusieurs naufragés et Le Henaff lui-même furent capturés. L'enseigne parvint à s'évader" (il devait être repris peu après).

Maurice Heusch fut interné à Rennes, puis à Compiègne, avant d'être déporté à Neuengamme, où il disparaît le 28 juillet 1944, quelques jours avant la libération du camp.

Déclaré "Mort pour la France", il recevra la Croix de Guerre et la Médaille de la Résistance.

 

Jenny Heusch, la mère de Henri et de Maurice,  recevra la Croix de Guerre et la Médaille de la Résistance, car elle "a hébergé une partie d'un réseau clandestin de C.E. à Paris, conservé chez elle documents et armes. A fait obtenir des papier d'identité, moyens de transport et attestations nécessaires au service. Au cours des visites des services ennemis à son domicile, a conservé sur elle, en se faisant passer pour impotente, d'importants documents impossibles à retrouver en cas de perte.".

Une soeur des deux frères Heusch fut soldat sans uniforme des F.F.C.

 

*

Lieu de mémoire: le nom de Henri et Maurice Heusch, tous deux morts dans les camps à deux mois et demi d'intervalle, a été donné à une salle d'instruction et de démonstration du Ier Escadron du Train (leur père  avait également fait partie du Train).

 

Références:  Dossier du SHAT; archives du Bureau "Résistance"; : "Les Services spéciaux 1871-1944" de Henri Navarre, p.265, 266, 267 (Ed.Plon 1978); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°24, p.53, n°166, p.18


HIVERT

Gustave

Pseudonyme: TREVY

 

 

Né le 27 juillet 1921  à  Oran (Algérie) de Gustave Hivert  et de  Rose Roman Célibataire Profession: officier d'active (Ecole Polytechnique, promotion 1940) Décédé le 24 avril 1945  près de Villingen (Allemagne) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Vénus , sous-réseau Chabor)Agent P2

 

Gustave Hivert, né en Algérie, avait un frère employé à la S.N.C.F. à Blida. En 1935, il passa trois mois en Espagne et, quittant le lycée d'Alger, où il avait appris l'allemand, il intégra l'Ecole polytechnique, à Lyon. En en sortant, sous-lieutenant d'artillerie, démobilisé en novembre 1942, il tente, en vain, de partir en Algérie avec le capitaine Maurin. Il prend alors contact avec Q. d'Argenlieu, chef d'un mouvement de résistance étudiant, mais ce lien reste sans suite du fait de l'arrestation de ce dernier.

Du 1er janvier 1943 au 15 novembre 1943, il est ingénieur, chef de fabrication à l'usine Frais-Marais de la Société chimique de la Grande Paroisse, à Douai, puis fait l'Ecole supérieure d'électricité.

Il dira: "Le 8 juin 1944, au moment où j'allais partir pour rejoindre mon détachement F.F.I. stationné à la ferme de By près d'Orléans, mon camarade de Polytechnique Jacques Bodio, m'ayant présenté à son père (le commandant Chabor), celui-ci me fait comprendre que je rendrais plus de services en travaillant aux renseignements militaires." C'est ainsi que Gustave Hivert devient chef radio dans le groupe Chabor.

Il fait alors du renseignement (mouvements de troupes, recherche de dépôts, liaisons etc.) et il est chargé du chiffre et du contrôle du travail des radios du groupe Chabor. En septembre 1944, il écrit: "Je n'avais de contact qu'avec le chef de réseau, son fils, les deux radios et leurs gardes, mais le reste de l'organisation m'était inconnue."

Enfin il prend part aux combats de libération de Paris. Le commandant Chabor dira: qu'il "est de ceux qui prennent part aux combats de rue de Paris (aux Tuileries, rue de Tournon et place Saint Michel) avec des mitrailleuses procurées par le groupe Jean-Marie (du commandant Frager) et des armes retirées de leur cachette. A l'entrée des Alliés, liaison était prise avec les services du ministère de la Guerre, les postes radio fonctionnèrent pour l'information et les messages du général De Gaulle".

En janvier 1945, Gustave Hivert rejoint l'armée Delattre de Tassigny. Il est tué le 25 avril 1945, quelques jours avant la paix,  au cours d'une mission de reconnaissance en Forêt Noire, après avoir attaqué, avec deux camarades, un important groupe de S.S.

Déclaré "Mort pour la France", il recevra la Médaille de la Résistance, sur cette proposition de son chef de réseau: "Homme de grand coeur et de grand courage, toujours prêt à se sacrifier pour les autres. Il a rendu au réseau Chabor de très grands services et avait su mériter l'admiration de son chef et de tous ses camarades et subordonnés".

Le capitaine Gustave Hivert sera cité à l'ordre de la division.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4; Archives d'Alger (dossier 3230-104)


HOEHE

Pierre, Paul

 

 

Né le 1er novembre 1916  à  Schirmeck  ( Bas Rhin) de Joseph Hoehe  et de  Suzanne Dreyfuss Célibataire Décédé le 9 septembre 1942  à Fresnes 

Réseau: S.R. Kléber (Poste P3)Agent P2

 

Pierre Hoehe avait été blessé à l'oeil par un éclat d'obus en 1940. Prisonnier du 25 juin  au 16 décembre 1940, il avait été libéré comme Alsacien.

Il réussit alors à quitter l'Alsace pour rejoindre ses parents expulsés et réfugiés dans la région de Périgueux, à Quinsac (Dordogne).

Le 1er mai 1941, il s'engage dans le S.R. Kléber, est promu lieutenant le 21 octobre 1941, alors qu'il est déjà arrêté depuis six jours. Il sera fusillé à Fresnes le 9 septembre 1942 .

Capitaine à titre posthume, Pierre Hoehe sera déclaré "Mort pour la France", fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation: "Officier de réserve d'une exceptionnelle valeur"

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


HUGON

Jean, François, Pierre

 

 

Né le 28 mars 1913  à  Asnans (Jura) de Pierre, Henri Hugon  et de  Emma Pouthier Célibataire Profession: officier d'active Décédé le 1er février 1945  à  Hambourg-Neuengamme (Allemagne)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Central, Poste P2),  Vix ,  B.E. Martial, Albert, Armand

 

Militaire de carrière, Jean Hugon, 1,76 m, cheveux noirs, teint mat, front haut, yeux gris, a des aptitudes spéciales d'archiviste et de comptable. C'est de plus un excellent cavalier et il est capable de conduire tous les types de véhicules. Il a préparé le concours d'entrée à l'École d'artillerie de Poitiers, a été classé premier au cours de garnison de Colmar.

Il a été successivement: (1er septembre 1938) à Besançon, dans le Corps autonome des secrétaires d'état-major; (12 septembre 1939) au corps autonome des sous-officiers d'état-major; (26 décembre 1940) au 2e Bureau. Ainsi, à la veille de la guerre, il faisait déjà partie du bureau du S.R. de Belfort (Service de communications militaires). Enfin, à partir du 6 janvier 1941, il a fait l'École nationale d'armement, à Vichy . Il est père de deux enfants.

Quand il s'engage dans la clandestinité, le 8 novembre 1942, il devient responsable du T.R. 114 (Lyon) . Le 22 juin 1943, il est au cabinet du secrétaire d'État à la Défense et restera au S.R. Guerre (Poste 1).

Arrêté le 14 avril 1944 par le Milice à Vichy, remis à la Gestapo, il est blessé: il a une fracture de l'extrémité du radius gauche et de la styloïde centrale, une plaie profonde au niveau de la rotule droite. Déporté le 5 mai 1944 à Neuengamme, les dernières nouvelles reçues de lui datent du 15 août 1944. Il meurt  en déportation le 1er février 1945.
Jean Hugon recevra la Médaille  de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; : "Services Spéciaux" de Paul Paillole, p.96, 216  (Ed. Robert  Laffont, 1975); "La  Guerre secrète des Services spéciaux", de Michel Garder, p. 105 (Ed. Plon 1967); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°78, p.12; JL(?) p.264.; documents J.C. Petermann


 

 

 
Début
 

 

Avec les autorisations des "Ayants droit", de l'Auteur du Livre d'Or et de l'Editeur AASSDN

 

Dépot légal - Copyright

Enregistrer pour lecture hors connexion.

Toute exploitation, de toute nature, sans accords préalables, pourra faire l'objet de poursuites.

Lire l'Article L. 122-4 du Code de la propriété intellectuelle. - Code non exclusif des autres Droits et dispositions légales....