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Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
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MEMORIAL NATIONAL A.A.S.S.D.N. / Ramatuelle - Var ( Livre d'Or )
Biographies des Noms gravés sur le Monument: Bi-Bo
 

BIERSOHN

Paul, Louis

 

 

Né le  30 juillet 1891  à Wisches (Bas Rhin) de  Louis Biersohn  et de  Stéphanie Schoeffter Epouse:  Léonie Arbogast Profession: mécanicien roulant à la S.N.C.F. Décédé le 3 mai 1942  à  Fribourg (Allemagne) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., Uranus-Alsace du S.R. Kléber, réseau du capitaine Kleinmann (Mulhouse-Colmar)Agent P2

 

En tant qu'Alsacien, Paul Biersohn  a servi en 1914-18 dans la marine allemande. En 1939-40, sa profession de mécanicien de route à la S.N.C.F. le fait affecter à la S.N.C.F.

Dès  décembre 1940, il s'engage dans la Résistance. Il  fait à la fois partie d'un réseau qui aide les prisonniers et les persécutés évadés ou en fuite et des Services spéciaux, pour lesquels il est agent de liaison, achemine courrier et personnes. Il assure, en particulier, le courrier et l'acheminement des renseignements vers Belfort, chez Schwalm et Victor.

Arrêté le 20 octobre 1941, à la suite de la trahison de Wilser, en Alsace, en même temps que son chef Wenner-Greber et que Fischer, mis au secret, il est déporté le lendemain à Fribourg (Bade). Le 25 mars 1942, il est hospitalisé à la clinique de Fribourg, où il meurt d'une maladie contractée en prison, le 3 mai 1942. Ses quatre enfants, Joseph , Marie-Louise,  Raymond et Jean-Paul, ont alors 21, 19, 17 et 16 ans..

"Mort pour la France", Paul Biersohn recevra la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation (à l'ordre du corps d'Armée):  "Cheminot français, a fait partie d'un réseau d'aide aux prisonniers et aux persécutés évadés ou fugitifs et, en même temps, d'un organisme de recherche de renseignements pour le compte d'un important réseau. Agent de transmission courageux et habile, a accompli de nombreuses missionsd'acheminement de personnes et de courrier."

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


BIR

Jean, Gabriel

 

 

Né le 23 août 1893  à  Bry-sur-Marne (Seine) de Alphonse, Hyppolyte Bir  et de  Félicie, Cécile Adam Épouse: Lucienne Deshaies Profession: architecte Décédé le 1er février 1944  à  Oranienburg

 Réseaux: S.S.M.F./T.R., S.R.Kléber (Poste P2, Corrèze)Agent P2

 

Ancien combattant, Jean Bir a quarante neuf ans quand il s'engage dans la Résistance en janvier 1942. Veuf (sa première épouse s'appelait Hana Cheindel Schkrob), il s'est remarié et ses deux enfants, Roger et Jeanne Françoise, ont alors dix-huit et treize ans.

En sa qualité d'architecte, il est chargé d'effectuer le relevé d'installations allemandes en Corrèze.

Arrêté le 11 juin 1943, à Ussel (Corrèze), il est interné à Limoges, puis, le 18 juin, transféré à Fresnes. Pierre Larenaudie, interné avec lui à Limoges et à Fresnes, voisin de cellule, témoignera de son indéfectible foi dans la victoire et de la hauteur de son comportement. Le 30 octobre 1943, il est déporté: après un passage à Neu-Bremm  il est à Oranienburg, où il décédera trois mois plus tard. Là aussi, un camarade de déportation, Serge Bary, témoignera.

Déclaré "Mort pour la France", Jean Bir, était titulaire de la Croix de Guerre 1914-1918 (trois citations).

 

Références: Archives du Bureau "Résistance;  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


BLANC

Stéphane, Jean

 

 

Né le 29 avril 1893  à  Trevey (Haute-Saône) de Sigismond, Jean, Joseph Blanc  et de  Annette, Augustine Fourneret Epouse: Marie Yvonne Seanniard Profession: employé de  chemin de fer Décédé le 14 janvier 1944 à Natzwiller (Alsace), camp de Struthof 

Réseaux: S.S.M.F./T.R.,  Uranus du S.R. Kléber

 

Stéphane Blanc, qui a fait la guerre de 1914-18 dans l'artillerie, est employé de chemin de fer à Dijon (receveur de Ire classe) quand il s'engage dans la Résistance comme agent de renseignement. Il a alors 5O ans et un fils de 20 ans, André.

C'est à son guichet, en gare de Dijon, qu'il est arrêté par la Gestapo, le 24 septembre 1942, en  même temps que son correspondant, Aimé Spitzen. Il est interné à la prison de Dijon, puis au fort de Romainville, avant d'être envoyé, le 16 juillet 1943, au camp de Struthof , où il meurt  six mois plus tard.

Déclaré "Mort pour la France", chevalier de la Légion d'Honneur, Stéphane Blanc a reçu la Croix de Guerre (deux citations) et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


BOIRON

Charles, Louis, Auguste

Pseudonymes: BRANTOME, BRANDT, CHABOT

 

 

Né le 12 mars 1893 à  Marseille de Charles, Paul Boiron  et de  Marie, Louise, Joséphine Boiron Epouse : Marie Rose Barbaroux Profession: ingénieur Décédé le 1er avril 1945  à  Bergen Belsen (Nordhausen sur acte de naissance)

 Réseau: S.R. Air (François Villon)Agent P2

 

Fils d'un tailleur de pierre, Charles Boiron deviendra ingénieur.

Ancien combattant, il a fait la guerre de 1914-1918 et, en 1916, a reçu des éclats d'obus dans la cuisse, le bras et la jambe, au cours d'une opération à une heure tardive et par mauvais temps, pour laquelle il s'était porté volontaire. 

Il n'attend pas la seconde guerre mondiale pour s'engager dans les services de renseignements qui l'ont recruté depuis 1937.

A la veille de la guerre, il fait partie du Poste S.R. de Marseille (Section d'études régionales). Et, à partir du 8 novembre 1942, cet officier aux yeux bleus, aux cheveux blancs, de haute stature, et qui a pour signe reconnaissable d'avoir le nez cassé, devient l'adjoint  de Sérot  au S.R. Air du poste de Marseille (P4) et plus tard le chef d'un sous-réseau. Dans un télégramme arrivé à la Direction des Services spéciaux, au Comité français de la Libération nationale le 25 novembre 1944 (Archives d'Alger), il est dit: "...Recherchait terrains parachutage dans région Marseille et Vaucluse depuis nov. 42 étant chef de poste à Marseille. Avait deux radios parachutés dont le nommé Suche. Avait Garisson* alias Guillemet pour secrétaire". Il devient ensuite chef du S.R. Air sur l'Italie et fournit d'importants renseignements sur le pays au cours de l'année 1943.

Activement recherché par les services italiens et allemands, il est arrêté à Marseille par la Gestapo, le 8 novembre 1943,  avec sa femme et Mme Suche (libérée deux mois après). Une note du Service de sécurité de la Police allemande (Arch. d'Alger) dit qu'il est pris "en possession d'un important matériel d'espionnage".

Le général Bézy  rapporte un entretien que Charles Boiron eut avec Gervais quelque temps avant son arrestation et qui révèle  bien sa nature profonde:

Il "semblait, lui qui était foncièrement droit et honnête, troublé de ce qu'il faisait d'illégal pour le service depuis des années, vols à la mairie des cartes d'alimentation et autres papiers, réalisation parfaite de fausses pièces d'identité, surtout peut-être essais avec un chirurgien de Marseille d'une arme discrète à base de cyanure... Il avait dit à Gervais: "Voyez-vous , Gérard, je regarde de temps en temps Notre-Dame de la Garde et je lui fais cette prière:

Je vous en prie, ma Bonne Mère

Ne me quittez pas de la main,

Et faites qu'après la guerre,

Je retrouve le droit chemin."

Charles Boiron tient sous la torture, vingt-et-une heures durant dès son premier interrogatoire.

Relatant son arrestation, ainsi que celle de Madame Boiron, de Henri Pascal* et de leurs secrétaires, Maurice Garisson* et Koenig, Jean Bézy écrit:

"Je ne sais pas ce que Madame Boiron connaissait des activités de son mari et il se peut qu'elle ait été retenue et torturée surtout pour obtenir des aveux du premier. (...)

On peut affirmer que ni Boiron ni Pascal ne cherchèrent à fuir lorsqu'ils se sentirent menacés, le premier ne songeant qu'à s'occuper de son secrétaire et de sa famille, le second refusant de se désolidariser de ses ouvriers dont certains connaissaient ou avaient participé à son activité et aux opérations qui avaient eu lieu près de l'usine.

En outre, il est certain que Boiron avait, en liaison avec le général Ronin et avec des services voisins, des activités.(...) Boiron profitait des courriers du contre-espionnage pour entretenir une liaison directe avec Alger; Gervais en était du reste tout à fait d'accord. Et j'ai retrouvé des lettres adressées à Alger proposant de faire passer en Italie des gens bien placés pour avoir une action antifasciste certaine.(...) Sur une autre note, Boiron signala trois terrains d'atterrissage ou de parachutage.

Il ne semble pas du reste que ce soit sur des renseignements de cette nature que les Allemands aient cherché par tous les moyens, par leurs tortures effarantes sur lui et sur ses codétenus à avoir des précisions.

Boiron avait certainement, pour le compte du poste S.R. Terre et peut-être pour d'autres services, effectué des camouflages d'armes, d'archives, de documents, de poste-radio, etc."

Le général Bézy tenait ces informations de plusieurs sources: "le colonel Gallizia, ancien du S.R. Terre, lui-même en contact avec le capitaine Bonnard, affecté au poste de Marseille pendant que Boiron y dirigeait le poste Air; Pierre Brun, l'un de ses anciens correspondants et ami; Jacques Roux, du réseau Goélette, détenu un moment à Fresnes dans la même cellule que Garisson. D'après tous ces témoins il semble que le principal grief retenu contre Boiron et sans doute ses équipiers ait été un camouflage d'armes.(...)

Gallizia et Brun parlent d'une maison d'Oppède où Boiron avait camouflé un poste émetteur, des archives du poste Terre, des armes et de l'essence.

Et Roux, rapportant le témoignage de Garisson sur les séances de pendaison et de flagellation de Boiron, ajoute: "Les Allemands ont surtout insisté sur la clé du local de la rue de Crimée qui servait à camoufler du matériel qui a pu ainsi être sauvé".

Dans de courts papiers qu'ils ont pu faire passer pendant leur séjour à la prison des Baumettes, Boiron et Garisson affirment avoir fait tout ce qui était en leur pouvoir pour minimiser les conséquences de leur arrestation. Témoin ce billet de Boiron: "Dites bien à nos camarades que nous n'avons rien à nous reprocher. Nous avons fait notre devoir jusqu'au bout, Guillemet (Garisson), ma femme et moi. Brandt."

Koenig a fait un rapport sur ses propres interrogatoires. Jean Bézy en a extrait cette phrase de son tortionnaire, dite à un moment où il paraissait très mal en point: "Pourvu qu'il ne lui arrive rien, c'est le seul dont nous puissions espérer tirer quelque chose; Boiron et Pascal ne parlent pas. (Koenig devait s'évader le lendemain de l'infirmerie grâce à la complicité d'un infirmier et du coiffeur.)

Charles Boiron est déporté le 15 août 1944 à Nordhausen, puis à Bergen Belsen, où il meurt le 1er avril 1945, après un parcours particulièrement cruel.

Chevalier de la Légion d'Honneur en 1919, puis officier en 1934, le commandant Boiron est fait commandeur de la Légion d'Honneur en 1945 (décret du 3 mars). Il reçoit également la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation ( promotion au grade de commandeur de la Légion d'Honneur):  "Officier de valeur. Entré au S.R. en 1937, a servi sans interruption dans le même secteur, malgré sa physionomie caractéristique. Chef du S.R. Aviation sur l'Italie, a fourni des renseignements importants sur le pays au cours de l'année 1943. Recherché par les services ennemis italiens et allemands, a finalement été arrêté le 8 novembre 1943. Torturé vingt et une heures durant, dès son premier interrogatoire, s'est comporté en officier digne de la confiance que ses chefs avaient mise en lui. Magnifique exemple de courage et de simplicité."

 

Citation ( Médaille de la Résistance): "Chef d'un secteur très important, il a transmis au commandement allié l'ordre de bataille des unités d'aviation italiennes et allemandes stationnées en Italie et des plans de défense allemande de la côte méditerranéenne. Horriblement torturé, a trouvé dans sa conscience du devoir l'énergie nécessaire au mutisme".

 

Références: Archives du Bureau "Résistance; Archives d'Alger (dossier 3203-89); archives du SHAA; "Le S.R. Air" de Jean Bézy, p.213 et 302 ( Ed. France Empire, 1979); Rapport du Capt Morange, p.21 (A.A.S.S.D.N.); le Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°24, p.4 .


 

BOITE

Suzanne

 

Voir:  MERTZISEN Suzanne

 

 

 

 

 

 

BOLZINGER

Eugénie

 

Voir:  CLAUDEL Eugénie

 



BONNIER

William, Aimé

Pseudonyme JEAN-LOUIS

 

 

Né le 6 février 1921  à  Cournonterral (Hérault) de Maurice Bonnier  et de  Alice Cadrot Epouse: Yvonne Cornieau (ou Dumonteil, selon d'autres papiers officiels) Décédé le 10 janvier 1945 à Ellrich (Allemagne) 

Réseaux: S.S.M.F./ T.R., S.R. KléberAgent P2

 

William Bonnier, a d'abord été manipulateur radio pour Asturies; une fois ce groupe  grillé dans le Nord, il est intégré à l'équipe de Marco, dans la première quinzaine de juin 1944, avec un ancien matériel radio, que lui rachète Marco, d'après Guy Jousselin de Saint Hilaire.

Revenu travailler dans une usine désaffectée rue Amelot à Paris , à la suite de cette imprudence, ily est arrêté  par la Gestapo, le 27 juillet 1944.

Interné à Fresnes, puis déporté, le 15 août 1944, à Buchenwald et à Ellrich,il y meurt le 10 janvier 1945. Il laisse un enfant de deux ans et son épouse, couturière, se trouve totalement démunie à la suite d'un bombardement.

William Bonnier sera déclaré "Mort pour la France".

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Dossier Marco (A.A.S.S.D.N.);  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


BONOTAUX

Émile, Alphonse

 

 

Né le 25 juin 1896  à  Voujeaucourt (Doubs) de Alphonse, Louis Bonotaux  et de  Josephine Jacquot Épouse: Marcelle... Profession: officier de carrière Décédé le 25 juin 1945  (acte de naissance) ou le 14 février 1945,  à Dachau 

Réseauxx: S.S.M.F./T.R. , ORA, EMA,

 

Fils d'un ouvrier de fabrique, Émile Bonotaux, colonel d'artillerie,  avait été blessé gravement à la tête le 28 mai 194O devant Maubeuge.  Sa très brillante conduite lui avait valu la Croix d'officier de la Légion d'Honneur, avec la citation suivante:

"Chef de groupe de tout premier plan, qui a donné sur la Sambre et dans la région de Maubeuge la mesure de sa bravoure et de ses hautes qualités militaires. A fait preuve d'un cran et d'une énergie remarquables en appuyant à courte distance son Infanterie aux prises avec les engins blindés ennemis. Complétement encerclé par l'ennemi, a continué à soutenir l'infanterie jusqu'à épuisement  complet des munitions. A combattu ensuite dans les rangs de l'Infanterie pour essayer de percer l'encerclement ennemi."

Prisonnier, il s'évade en septembre 194O,mais ne cesse pas pour autant le combat.

De 1940 à 1942, il est l'adjoint du colonel d'Alès. On le retrouve en 1942 à Clermont-Ferrand  (13e DM) , délégué régional du 3e bureau des M.A. En 1943, il rejoint l'ORA.

Le  général Revers l'envoie à Alger pour prendre contact avec le commandant Paillole et, dit ce dernier (Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°47), "organiser des liaisons avec les commandements alliés et français, rapporter en métropole des missions et des moyens. Bonotaux fut donc un des premiers officiers de l'ORA à nous rejoindre. Il avait une certaine tristesse en me quittant pour rejoindre la France. Il devait être pris en charge par une organisation qui n'était plus la nôtre. Il me disait combien il était inquiet de cela. Son intuition, hélas, devait se réaliser."

Le 3 mars  1943, il doit assurer la première mission envoyée par le général Frère de France à Alger, par le Casabianca. Le colonel A. de Dainville raconte dans son livre que le colonel Bonotaux attend le  sous-marin, "en civil, son uniforme roulé dans son sac tyrolien, mais la mer est démontée, le sous-marin n'est pas là. Il attend le 4, planqué dans les buissons, il attend encore le 5 dans une ferme et finalement doit renoncer.

C'est la nuit du 17 au 18 avril que Bonotaux part en Lysander de la région d'Issoire, départ organisé par le T.R.; un des pneus creuvant à l'arrière, pour rétablir l'équilibre de son appareil le pilote troue le deuxième d'un coup de pistolet."

Le pilote Hugh Verity racontera son retour en France au cours d'une opération tentée par deux fois avant de réussir: dans la nuit du 20 au 21 juin 1943, pas d'accueil à l'arrivée; le 22, demi-tour après avoir franchi la côte anglaise, pour cause de panne de génératrice. Enfin, la nuit du 23 au 24, il est décidé de se poser à 1h40, avant le lever de la lune, mais la nuit est si noire qu'on ne peut distinguer la présence ou non d'arbres. Ce sera le seul atterrissage clandestin effectué sans le moindre rayon de lune: la peur aura été trop grande pour ne pas servir de leçon."

A l'occasion de trois voyages, dont son aller en Grande-Bretagne la nuit du 17 au 18 avril 1943, le colonel Bonotaux fait route avec Robert Lyon et celui-ci racontera plus tard qu'ils ont sympathisé en bavardant à l'arrière du Lysander et ont découvert, lors du troisième voyage, qu'ils avaient servi dans le même régiment d'artillerie en 1915-1916.

Emile Bonotaux, qui a été à Alger pour rencontrer le général Giraud, revient porteur d'ordres et de fonds (3 millions de francs) pour l'ORA. A l'arrivée, à 6 Km d'Amboise, ils sont accueillis par Déricourt et son assistant et dissimulent une part de leurs bagages dans une meule de foin, avant de se cacher dans un petit bois. Puis, le matin, ils prennent séparément le train d'Amboise à Paris.

Le colonel Bonotaux est arrêté le jour même. (Il semble, dit Hugh Verity qu'il ait été livré aux Allemands par Déricourt dont la cupidité est connue.) Les ordres du général Giraud qu'il porte sont clairs, compromettant pour le général Frère qui a été arrêté le 15 juin sans motifs lourds contre lui. Le colonel de Dainville cite ce rapport de la Gestapo: "A la suite de l'arrestation du colonel Bonotaux, envoyé le 24-6-43 comme courrier par le général Giraud à Frère, il résulte que Frère était non seulement le chef de l'Armée Secrète, mais qu'il était aussi prévu par Giraud comme chef de toute la Résistance pour la territoire français.".

Cet ordre précisait que, "s'il arrivait malheur au général Frère, on devait proposer sa place au général Lafond et, si celui-ci refusait, au général Olleris", comme ce dernier devait le rapporter.

Déporté le 3 mai 1944 , Emile Bonotaux retrouve le 5 mai, les généraux Frère, Olleris, Grandsard et Gilliot à Naztwiller  (Struthof), camp connu sous le nom d'"enfer d'Alsace". Ils sont tous étiquetés N.N., donc voués à la mort. Bonotaux et le général Frère sont là hospitalisés ensemble. Puis Bonotaux est transféré à Allach, enfin à  Dachau, où il contracte le typhus  et meurt le 14 février 1945.

Cité à l'ordre de l'Armée, officier de la Légion d'Honneur, le colonel Bonotaux recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références:  Archives du Bureau "Résistance"; " Le Service de Renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, p.282-283 (Ed. Plon 1978); "Services Spéciaux" de Paul Paillole, p.238;  "Les Liaisons extérieures de l'ORA" de Laurent Philipona, p. 67 (Coëtquidan 1999); "L'ORA" du colonel A. de Dainville, p.18,145, 178-179, 204 (Ed. Lavauzelle, 1974); "Nous atterrissions de nuit..." de Hugh Verity (Ed. France Empire, 1982); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°47, p.63-64.;  mairie de Voujeaucourt (Doubs)


BORDES

Jean, Henri

 

 

Né le 18 mai 1898 à Gimont (Gers) de Sylvain Bordes  et de  Léonie Dieuzeide Epouse: Léontine Puntis Profession: vollailler Décédé le 15 mai 1945 

Réseau:S.S.M.F./T.R.(Groupe Morhange) Agent P2

 

BORDES

née PUNTIS

Léontine, Jeanne

 

Née le 12 octobre 19OO  à  Samatan (Gers) de Jean, Louis, Mathieu Puntis  et de  Marie, Jeanne Laïrle Epouse de Jean, Henri Bordes Profession: volaillère Décédée le 28 décembre 1944  à  Ravensbrük 

Réseau: S.S.M.F./T.R. (Morhange)Agent P2

 

Jean et Léontine Bordes, qui se sont mariés en juillet 1928,  ont trois enfants: Colette vient de naître lorsqu'ils s'engagent, en 1943, dans la Résistance, Jeannine a treize ans, Louis quatorze ans. Ils sont  tous deux vollaillers  (elle a quitté son métier de couturière) à l'Isle-Jourdain, dans le Gers , la région qui les a vus naître. Joseph Danezan, mécanicien garagiste dans la même petite ville, attestera de leur appartenance au réseau Morhange.

Tous deux sont arrêtés le 28 janvier 1944 , dans des circonstances sanglantes, selon ce que rapporte Pierre Saint-Laurens dans "Contes de faits". Les faits racontés ici sont les suivants.

Deux agents de la Gestapo se présentent chez eux. Le capitaine Pélissier, qui se trouve au garage de Joseph Danezan, avec des membres du réseau, veut  tenter de les dégager à l'aide d'armes cachées. Mais les hommes de la Gestapo, qui sont armés de mitraillettes, blessent légèrement le capitaine Pélissier et plus sérieusement Danezan. Un des deux Allemands est mis hors de combat. La tentative est infructueuse: les Bordes sont emmenés à Toulouse. Henri Bordes est horriblement maltraité.

Léontine, déportée le 30 mars 1944  mourra à Ravensbrük neuf mois plus tard. Jean lui survivra six mois. On ne sait où il  est mort. Il est écrit dans son dossier du Bureau "Résistance" qu'il a également été déporté le 30 mars 1944, mais il y est aussi noté qu'il est "présumé fusillé à Compiègne". Pour Pierre Saint-Laurens il a été fusillé au Mont Valérien.

Henri et Léonide Bordes, tous deux été déclarés "Morts pour la France", recevront la Médaille de la Résistance.

 

Références: Liste Fontés du 27-11-97;  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°3, p.12 et n°1, p. 29; "Contes de faits- X15 Morhange" de Pierre Saint-Laurent, tome 1, p.151 ("Signes du monde"); dossier Barbieri (A.A.S.S.D.N.)


BORDES

Marie, François, Joseph

 

 

Né le 31 janvier 1880  à  Tartas (Landes) de Louis Bordes  et de  Jeanne ... Prêtre Décédé le 3O novemvre 1944  à  Gaggenau (Allemagne)

 Réseaux: S.R. Kléber(Vénus), sous-réseau Chabor- AllianceAgent P2

 

Le 1er mars 1942, quand il fut contacté par le commandant Chabor, le père Bordes était vicaire général de l'Évêché de Dax, la région dont il était originaire. C'était un homme aux yeux sombres, de taille moyenne, il avait plus de soixante ans. Il avait fait la guerre 1914-1918 comme brancardier, puis comme capitaine aumônier; avait été blessé au bras, en mai 1916, et au poumon, en septembre 1918 (citations à l'ordre du régiment et de l'Armée).

Dès le contact avec Chabor, il accepte , comme le rapporte une fiche établie par le réseau, "de faire de la recherche de renseignements sur les troupes allemandes dans la région landaise. Constitue un réseau d'informateurs, devient chef d'antenne. Héberge des officiers évadés et des Juifs cherchant à gagner zone libre ou Espagne.

Vers octobre 1943, le chanoine Bordes reçoit des jeunes gens du réseau Alliance et accepte qu'ils fassent des émissions à son domicile (6 place Lemné à Dax, ou Presbytère de Créon d'Armagnac ?), et ce malgré une mise en garde de Chabor.

Mi-décembre 43, il apprend qu'un de ces jeunes gens a été arrêté porteur de ses nom et adresse. Au lieu de fuir, il reste, disant que son arrestation serait un stimulant pour la résistance des prêtres du diocèse." Et elle le sera.

Le 8 décembre 1943, il est incarcéré à Bayonne, puis au Fort du Haa. Déporté à Buchenwald, via Compiègne, il meurt le 30 novembre 1944 à Gaggenau, en Allemagne (près de Rastadt). Il y est fusillé avec neuf membres du groupe Alliance.

Jusqu'au bout il a montré  "un extraordinaire courage". Ce fut, dit encore la fiche d'information du réseau, "une admirable figure du clergé français. Dans la région landaise son immense charité l'avait fait aimer de tous."

"Déclaré Mort pour la France", le chanoine Bordes sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Médaille de la Résistance.

 

*

Lieu de mémoire: cimetière de Gamarde (Landes)

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4; mairie de Tartas (Landes)


BOTTO

Louis, Urbain, Marie

Pseudonyme: FLOTTE

 

 

Né le 24 septembre 1914  à  Annecy (Haute Savoie) de Urbain Botto  et de Adèle ... Epouse:  Andrée ...  Profession: employé des P.T.T. Décédé le 1er janvier 1945  à  Ellrich (Allemagne) 

Réseaux: S.R. Air, réseau Navarre - Action - Samson, EM  P.T.T.Agent P2

 

En1939-1940, Louis Botto a fait la campagne de France. Employé aux P.T.T., ainsi que son épouse, il s'engage en octobre 1943 dans la Résistance comme radio. Il ont une fille, Danielle.

Le couple est arrêté probablement le 16 mars 1944. Andrée est relâchée au mois d'octobre, mais  Louis est déporté en Allemagne le 15 août 1944 et mourra, le 1er janvier 1945, à Ellrich (ou, d'après l'attestation du liquidateur du réseau, le capitaine Pierre Groueau, le 3 janvier à Dora).

Déclaré "Mort pour la France", Louis Botto recevra la Croix de Guerre et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  "Le S.R. Air" de Jean Bézy (Ed. France Empire, 1979)


BOULARD

François

 

 

Né le 27 novembre 1903  à   Plougrescant (Côtes du Nord) de François Boulard  et de  Françoise Perrot Epouse:  Albertine Janvier Profession: marin-pêcheur Décédé le 8 juin 1944 à Lanvollon (Côtes du Nord) 

Réseaux: S.S.M.F./T.R. , F.T.P.F. , réseau Turquoise (mission Blavet)Agent P2

 

François Boulard , qui avait fait l'École des mousses,  a été second maître de la Marine Réformée. Devenu marin-pêcheur, il entre dès juin 194O dans la Résistance.

"Habitant la zone côtière interdite (à Kergonnet par Plougrescant) il a, depuis le début de l'invasion, manifesté des sentiments antiallemands, comme en témoigne le rapport établi à partir des renseignements fournis par le chef du 2e Bureau des Forces Françaises de Bretagne, le capitaine Fassier. Sans arrêt, malgré la présence des Allemands dans le secteur, et sans se laisser intimider par les observations et les menaces des fonctionnaires encore soumis à l'influence de Vichy, il a colporté  tous les tracts qui lui ont été remis.

"Agent de transmission bénévole, il a, en outre, dans deux circonstances particulièrement graves, hébergé et ravitaillé un groupe d'officiers français, anglais et américains (douze personnes dont deux parachutistes). Ces officiers attendaient le passage d'une vedette de Paimpol qui devait les transporter en Angleterre.

Étroitement surveillé et ayant, au cours d'une perquisition opérée par la police de Vichy, subi, sous la menace des revolvers, un interrogatoire serré, n'a pas moins continué son activité, guidant, hébergeant et ravitaillant les officiers ou agents débarqués à l'île d'Er à quatre reprises."

François Boulard fait partie du réseau Turqyoise, mis sur pied par Yvon Jézéquel*. Le secteur de ce réseau (qui travaille aussi avec d'autres réseaux comme Résistance-Fer) comporte toute la zone côtière du Mont Saint Michel à Saint Malo, région stratégique essentielle pour le débarquement allié. Il s'agit de fournir des renseignements sur les effectifs et armements allemands (43 750 hommes recensés), mouvements de trains (6 à 12 par jour), résultat des sabotages des groupes Action, bilan des bombardements alliés. Pour ces opérations, le code de Turquoise est Blavet.

François Boulard, "tombé dans une embuscade à Peuvenan, alors qu'il transportait des armes à un maquis, poursuit le capitaine Fassier, a été torturé pendant cinq jours par la Feldgendarmerie de Plouaret. Conduit le sixième jour à Lanvollon, il fut, en quelques minutes, jugé et exécuté. Son corps n'a pas été retrouvé, les autorités allemandes ayant refusé d'indiquer le lieu de l'exécution."

(Cependant, pour le Ministère des Anciens Combattants, il aurait été arrêté  le 8 juin et fusillé le jour même; et pour la XIe Région militaire, subdivision de Saint Brieuc, il aurait été arrêté le 5 juin 1944.)

François Boulard sera déclaré "Mort pour la France".

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; dossier fourni par Alain Jézéquel (A.A.S.S.D.N.)


BOUREAU

Marc, René

Pseudonymes:  Marco BERSAT

 

 

Né le 3 juin 1906 à Paris VIIIe de René Boureau  et de  Emilie Haedrich Epouse: Marie-Louise, Justine Sayous Profession: officier d'active Décédé le 16 juin 1944  à  Saint Didier de Formans (Ain) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., Uranus du S.R.Kléber

 

Marc Boureau, dont le père était cocher et la mère couturière, choisit l'Armée. Il s'engagea en devançant l'appel, en mai 1926, fit l'École de Poitiers, fut alors promu au grade de sous-lieutenant, puis à celui de lieutenant après un an à l'Ecole d'application d'artillerie de Fontainebleau. Admis dans l'Armée active, à la mobilisation générale il était capitaine d'artillerie, ingénieur électricien. Fait prisonnier le 17 août 1940 à Nangeville, il réussit à s'évader le 15 juillet 1942 de Wahlstadt (Silésie), après quatre tentatives.

Il fut alors cité à l'ordre de l'Armée en ces termes: "Commandant de batterie de tout premier ordre. Le 5 juin 194O au sud d'Amiens, au cours d'une attaque ennemie par chars, a détruit avec sa batterie sept engins assaillants, participant lui-même au service des pièces en raison des lourdes pertes subies par son unité. Le 11 juin, a assuré sa mission d'appui direct malgré la violence des bombardements et le tir des mitrailleuses ennemies, servant lui-même ses pièces pour y maintenir son personnel."

En congé d'armistice, il s'engage le 15 juillet 1942 dans le S.R. Guerre clandestin, futur S.R. Kléber ( poste 4).

Henri Navarre écrit: "Le travail de P4 se poursuivit, en liaison avec l'équipe de P1 et avec la section Technica, du Deuxième bureau, jusqu'à l'anéantissement de Technica en février 1943, le démantèlement de P1 et celui presque total de P4 qui s'ensuivirent.

Au lendemain des arrestations, le poste 4, réduit à trois officiers, était commandé par le capitaine Mauer, qui faisait équipe à Lyon avec le capitaine Boureau.

Le poste continuait à travailler activement. En juin 1943, Mauer et Boureau réussirent à cambrioler à Tassin-la-Demi-Lune, les locaux d'un état-major allemand et à y soustraire de nombreux documents. Mais le 23 juillet tous deux furent arrêtés. Boureau parvint à s'échapper, mais Mauer resta aux mains des Allemands et fut déporté.

Après s'être mis au vert pendant quinze jours, sur le conseil du capitaine Lochard, chef de Kléber, Boureau décida de reprendre son activité avec le formidable dynamisme qui était le trait dominant de son caractère. Il s'installa à Lyon dans un nouveau P.C. Ses collaborateurs immédiats étaient sa belle-soeur, secrétaire du poste, ainsi que deux sous-officiers et deux brigadiers de la batterie qu'il avait commandée. Obligé de déménager précipitamment de ce P.C., Boureau trouva refuge dans un garage de la banlieue de Lyon, à Tassin-la-Demi-Lune. Avec une superbe décontraction, il roulait au volant de sa voiture, car il ne manquait pas d'essence: il avait détourné, avec la collaboration des cheminots locaux et au profit de diverses organisations de résistance, deux wagons-citernes destinés aux troupes allemandes."

Arrêté le 15 janvier 1944 à Lyon par la S.D., il est interné au Fort Montluc.Torturé, il est "assassiné le 16 juin 1944 par la Gestapo dans des conditions particulièrement bestiales". Fusillé au lieu dit Roussille, commune de Saint-Didier-de-Formans.

Déclaré "Mort pour la France", Croix de Guerre 1939-4O avec étoile de bronze, Marc Boureau seranommé lieutenant colonel à titre posthume.

 

Références:  "Les Services de Renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, p.243 (Ed. Plon 1978); Archives du Bureau "Résistance; documents Barnieri (A.A.S.S.D.N.).


BOUVET

Camille, Marie, Pierre

 

 

Né le 29 janvier 1903  à  Gujan Mestras (Gironde) de Jules Bouvet  et de  Catherine Dignac Epouse: de Magdeleine Gailhac Profession: notaire Décédé le 3O novembre 1942  à Suresnes

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Vénus), sous réseau Chabor, groupe Alliance. 2e Bureau A.R.A. Toulouse, D.G.E.R.Agent P2

 

Camille Bouvet était notaire à Dax. Depuis 1929, il était en liaison avec les colonels Rivet, Heurteaux et Groussard et avec le commandant Loustaunau-Lacau.

Démobilisé en 1940, veuf, il avait alors deux enfants, de 10 ans (Marie-Thérèse) et 8 ans (Jacques).

En novembre 1940, au cours d’une réunion organisée par Loustaunau-Lacau (alias Navarre), est créé, avec une dizaine d’amis sûrs, dont Camille Bouvet, le réseau Navarre-Alliance. Bouvet (pseudonyme : ABU 124) accepte de s’occuper du secteur des Landes, comme agent de renseignement et de liaison et pour assurer l’hébergement et servir d’agent payeur. Dax se trouve en zone occupée, à 20 km de la zone libre ; ses fonctions de notaire facilitent ses déplacements, ainsi que sa connaissance de la région comme fin chasseur. De nombreux agents et prisonniers évadés sont hébergés dans sa maison de la rue Pasteur, où il vit seul à partir de la fin du printemps 1941 afin de ne pas exposer sa famille. A la Libération, on apprendra qu’il a aussi aidé des juifs à fuir en zone libre.

Par une fiche de renseignements du réseau Chabor, on sait également que « en novembre 1941, il se mit au service du capitaine Gutenberg et du S.R. Kléber, ayant été contacté avec un mot de passe du capitaine de Buttet. Sa mission était de centraliser les renseignements militaires; il employait comme agent de liaison sa soeur, née le 3 octobre 1917 à Dax. Me Bouvet entra en relations avec le lieutenant Lenz, de la Gestapo de Biarritz, auquel il fournit des renseignements d'intoxication que lui passait Gutenberg."

Il a aussi aidé de nombreux résistants à passer en zone libre et était chargé de transmettre à Pau et à Toulouse les ordres et plans de débarquement.

"A plusieurs reprises, est-il dit dans la fiche de renseignements du réseau, la soeur du maréchal des logis Hugon, arrêté à Paris et détenu à Fresnes, lui écrivit imprudemment. Gutenberg se rendit à Paris et demanda à Mlle Hugon de cesser cette imprudente correspondance, ce qu'elle promit. Cependant Bouvet fut arrêté le 15 mai 1942 (dans son étude, 30 cours Foch à Dax), relâché à minuit puis repris le lendemain et dirigé sur Fresnes, sur ordre de Paris, il eut l'imprudence de parler aux Allemands qui l'arrêtèrent de ses relations avec le lieutenant Lenz. »

On peut se demander si Bouvet n’a pas été victime de l’agent infiltré par l’Abwehr dans le réseau Alliance (l’officier français Cavailhe, d’après Henri Noguères, « Bla » pour Marie-Madeleine Fourcade) et qui a donné le secteur méridional.

Dans la fiche du réseau Chabos, on lit :

« Bouvet fut affreusement martyrisé (le lieutenant colonel Delrieu, qui fut son compagnon de cellule, le vit souvent rentrer ensanglanté de ses interrogatoires), mais il tint tête aux Allemands avec un admirable courage. Ceux-ci parvinrent à lui arracher le nom de son chef, le capitaine Gutenberg, mais il donna de celui-ci un signalement tout à fait différent du vrai, de sorte que les recherches furent sans résultat, Gutenberg, prévenu, étant devenu Delaville, puis Chabor.

Me Bouvet fut condamné à mort, le 7 novembre 1942 et fusillé le 30 à Suresnes, gardant jusqu'au bout une magnifique attitude."

Deux heures avant sa mort,Camille Bouvet écrit cette lettre à sa mère:

"Ma chère Maman,

Notre recours en grâce a été rejeté et nous allons être exécutés à 14 heures.

Je te connais, tout ton courage, toute ton énergie et sais que tu supporteras ce nouveau coup en chrétienne et en Française.

Je te confie et je confie à Suzette et à mes frères, en particulier à André, mon dépôt le plus cher, mes deux chers petits. Je sais que tu en feras des chrétiens et des Français dignes de ce nom. Par le testament ci-joint j'ai fait mon possible pour qu'ils ne te soient point enlevés et ne doute pas que tu fasses le nécessaire pour cela.

Je suis, je l'espère, en règle avec le Bon Dieu, je vais encore me confesser et communier tout à l'heure. Puisse le Sacré Coeur m'avoir en sa sainte garde!

J'ai oublié de dire jeudi à André que j'avais une autre assurance vie à la Cie Suisse d'assurances pour la vie humaine. Faites le nécessaire à cet égard. Pour l'étude qui vaut actuellement un gros prix (8OO OOO F au minimum) vous ferez le nécessaire.

L'aumônier vient d'arriver, je ne sais si j'aurai le temps d'écrire à mes chers petits, embrasse les bien pour moi, élève les dans le culte de Dieu et de la France pour laquelle je meurs.

Remercie mes frères.

Je vous demande pardon pour tous les scandales que j'ai pu vous causer et vous embrasse bien, bien affectueusement comme je vous aime."

Déclaré "Mort pour la France", Camille Bouvet, cité à l'ordre de l'Armée, recevra la Croix de Guerre, la Médaille de la Résistance avec rosette et un certificat de service des Armées alliées signé Montgomery

*

Citation (à l’ordre de l’armée, Croix de guerre 1939-1945) : « Bouvet Camille, animé d’un ardent patriotisme et méprisant le danger, a fait activement partie d’un groupe de résistance, puis a travaillé comme agent du service de renseignements, acceptant d’entrer, pour ce faire, en relation avec des agents ennemis. Arrêté et torturé, a refusé de dénoncer son chef et a été fusillé le 30 novembre 1942 après plusieurs mois d’emprisonnement, montrant un magnifique exemple de tranquille courage. »

 

*

Lieux de mémoire: Mont Valérien.

A Dax : une rue « Camille Bouvet » ; dans la cathédrale, une plaque rappelant sa mémoire.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance" ; le Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n° 13, p.4 ; « Mémoires d’un Français rebelle », de Loustaunau-Lacau, éditions Robert Laffont.


BOUVRESSE

Paul, Lucien

Pseudonyme: PAUL

 

 

Né le 8 janvier 1892  à  Fontenelle Montby (Doubs) Epouse décédée, compagne: Jeanne Penin Retraité  de la fonction publique (percepteur) Décédé le 7 août 1945  à  Constance, des suites de sa déportation 

Réseaux: S.S.M.F./T.R. S.R. Kléber (Uranus), sous-réseau Casino

 

Paul Bouvresse était fils de cultivateurs.  C'est un homme de 5O ans, mutilé à 40% à la suite d'une blessure reçue en Champagne le 27 septembre 1915, quand il s'engage dans la Résistance, en février 1942. Percepteur à la retraite, il a été nommé par la mairie de Besançon, où il habite, chef civil  à la Cité Universitaire. Or les Allemands y ont établi leur quartier général.  Ainsi, Paul Bouvresse peut-il y récolter papiers et documents officiels et secrets qu'il remet au chef du réseau Casino.

Il est arrêté le 3 juillet 1943 par la S.D. de Dijon, à la Cité Universitaire. Interné à Dijon, il est transféré à Compiègne le 3 août 1943, puis déporté, le 19 janvier 1944 à Buchenwald.

Pendant sa déportation, sa fille aînée est tuée par les Allemands à Meaulde (Nord), le 28 juillet 1944.

Libéré le 11 avril 1945, rentré à Besançon  le 1er mai, il y retrouve ses deux autres enfants, nés de son union avec Jeanne Penin. Mais il mourra trois mois après son retour, en convalescence à Constance, des suites de sa déportation.

Paul Bouvresse, qui a reçu la Croix de Guerre et la Médaille militaire 1914-1918, sera cité  à l'ordre de l'Armée et recevra pour ses activités dans la Résistance la Croix de Guerre avec étoile de vermeil et la Médaille de la Résistance.

 

*

Lieu de mémoire: Le nom de Paul Bouvresse est inscrit sur le monument aux morts de Fontenelle Montby (Doubs), où il est né. Sa mort y est commémorée le 11 novembre.

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Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n° 13, p.4; mairie de Fontenelle Montby (Doubs)


 

 

 
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